Peut-être l’un des films les plus profonds d’Alfred Hitchcock qui signe ici l’un des ses plus grands coup de maîtres. Profond est bien le bon mot pour caractériser l’ensemble de "L’Ombre d’un Doute" en particulier en ce qui concerne les personnages ; tous fascinants et creusés avec le plus grand soin. On retiendra surtout la formidable relation passionnelle puis destructrice entre une nièce et son oncle (ce dernier campé par un époustouflant Joseph Cotten). "L’Ombre d’un Doute" est du pur Alfred Hitchcock dans toute sa splendeur ; le spectateur cherche à connaître le passé sombre de cet oncle mystérieux mais le maître ne l’entend pas de cette oreille et joue avec lui. Il s’éloigne du coeur de l’intrigue mais ne nous ennuie jamais grâce à ce superbe scénario et aux personnages secondaires souvent drôles ainsi qu’à une multitude de plans et d’idées de mise en scène. Magistral.
Un des premiers films noir où le point de vue principal est celui du tueur en série lié à une jeune héroïne fascinée et amoureuse de lui. Joseph Cotten, diaboliquement cynique et pourtant attachant contraste magnifiquement avec la toute fraiche et naïve Teresa Wright. De plus la description précise de la middle class américaine de l'époque garde un charme intemporel.
Intrigue bien ficelée, s'attardant de belle manière sur les relations entre les personnages.La mise en scène est excellente, très bien menée. Les dialogues laissent souvent présager un moment plus lointain du film. L'ambiguité des personnages et exquise, on regrettera une fin plutôt décevante pour un Hitchcock.
Pas étonnant que Shadow of a doubt demeurait le film préféré dHitchcock. Ce film est une vraie réussite en tout point de vue. Hitchcock aimait lidée dintroduire le mal dans les foyers dits de classe moyenne, venant ainsi perturber la petite vie tranquille dune bourgade sans histoire des Etats-Unis. Ainsi, il a plus axé son uvre sur la psychologie que sur laction proprement dite. Ce film qui ne se base ni sur la notoriété ni sur le charisme dune star brille par le jeu des acteurs tous épatants et parfaitement en harmonie avec leur rôle, ainsi que par lévolution des ces personnages. Le plus bel exemple reste le rôle de Charlie joué par une Teresa Wright tout juste auréolée de loscar du meilleur 2nd rôle féminin pour le film Madame Miniver. Tout au long du film, elle va perdre peu à peu son innocence, passant de la douce et rêveuse jeune fille qui trouve sa vie ennuyeuse et plate et qui voue une admiration sans faille, limite fusionnelle, envers son oncle Charles, à la femme qui a enfin pris conscience du mal et des réalités de la vie. Hitchcock a trouvé en Joseph Cotten linterprète idéal capable de mettre en images sa conception que chaque tueur se cache sous une apparence normale. Cet immense acteur est à ranger selon moi dans la catégorie des acteurs les plus charismatiques du cinéma, à linstar de Spencer Tracy. Sa présence et son regard profond et viril crèvent littéralement lécran. Et Hitchcock semble le magnifier dans chaque scène où il apparaît, tant sa réalisation est teintée de symboles (le quai de la gare qui sobscurcit lorsque le train arrive à Santa Rosa avec Charles à son bord; ses plans en contre-plongée pour montrer quil prend peu à peu lascendant dans la maison ). Lombre dun doute est une petite merveille hitchcockienne à découvrir absolument tant la réalisation et la psychologie des personnages sont peaufinées ; une petite curiosité aussi car les films dHitchcock où le héros est le méchant ne sont pas si légions que ça.
Hitchcock qualifie lui même ce film comme son oeuvre la plus réussie. Est-ce de l'humour ? Je ne sais pas, en tous cas c'est l'un des films les plus personnels d'Hitchcock. Il est moyennement réussi, nettement moins abouti, virtuose, brillant que ses meilleurs films notamment Vertigo, les enchainés, Psychose et Le crime était presque parfait.
Un excellent Hitchcock. Drame familial au sein dune sympathique famille dune petite ville californienne, qui reçoit loncle Charlie, personnage mythique, adoré, surtout de la fille aînée. Sur fond dune phrase musicale récurrente (la Veuve Joyeuse), Hitchcock ayant quasiment levé dès les premières images le voile sur le suspense, réussit le tour de force de nous faire vivre, par lintermédiaire de la jeune fille, la naissance du doute, puis des questions-clefs sur la vraie nature du Tonton. Tous les personnages, même les rôles les plus secondaires, toutes les situations, mêmes les plus banales, sont parfaitement et rigoureusement construits pour participer à la montée de langoisse. Du grand art.
Ce n'est effectivement pas le meilleur des Hitchcock, mais c'est un des premiers. L'histoire est simple, mais la fin offre quand même un certain choc. On remarque à quel point Hitchcock était jeune comparé à ses derniers films. En tout cas, il est triste de voir des oncles comme Charlie. Pour découvrir Hitchcock, "Shadow of a Doubt" est un bon départ.
"L'ombre d'un doute" était le film préféré de Hitchcock. Et c'est effectivement un film un peu à part dans sa filmographie. Moins porté sur le suspense et l'intrigue, le film est centré sur l'analyse du comportement des personnages. Ce qui intéresse Hitchcock ici, c'est leur psychologie et l'intérêt que le spectateur peut y porter. A cet égard, le personnage de la mère est une totale réussite tant elle nous évoque familièrement une certaine gentillesse et innocence typiquement maternelles. C'est surtout à elle que nous songeons, à la fin du film, après la mort de son fils et c'est encore par elle que fonctionne le sentiment de tolérance de la fille, qui cherche à épargner sa mère. Focalisant l'histoire sur une petite ville américaine et une famille type, le film peut presque se voir, à certains égards, comme une étude de moeurs des classes moyennes américaines. Sous l'apparente tranquillité de cette moyennisation de la société, se cache, dans l'ombre, le mal, comme le résumera Cotten lors d'un monologue d'une sourde violence. Cette thématique sera l'une des principales sources d'inspiration d'un certain cinéma américain, bien représenté par un cinéaste comme Lynch par exemple (on pense à Blue Velvet ou Twin Peaks). Hitchcock s'intéresse pour la 1ère fois à l'étude sociologique de sa nouvelle terre d'accueil. Au niveau de la mise en scène, cela se reflète par une certaine simplicité, laissant moins de place aux trouvailles et expérimentations stylistiques qui feront la qualité de ses oeuvres ultérieures. Mise en scène simple, mais en totale harmonie avec le film, certains plans étant très évocateurs et extrêmement efficaces (le gros plan sur le visage de Cotten, l'effet de grue dans la bibliothèque). Comme toujours, le film est par ailleurs truffé d'humour, ici personnifié par l'ami de la famille, Herb. "L'ombre d'un doute" n'est assurément pas le chef d'oeuvre d'Hitchcock mais reste cependant un très bon film, qu'on peut voir comme un classique, et une référence.
La caractéristique principale du film est de s'inscrire dans une description réaliste,quotidienne,d'une petite ville américaine.Rarement le maitre du suspense a montré a ce point combien ses personnages,ses thèmes et sa dramaturgie prennent racine dans la vie ordinaire,dans la mentalité de l'Aaméricain moyen,de l'homme sans qualités.Jamais non plu à quel point son propos ne fait que mettre au jour ce que cache,recèle ou refoule chacun de nous.
L'un des plus grand films de la filmographie du maître! Tout y est parfait mise en scène, interprétation, tout quoi, que demander de plus qu'un tel film, tout ces plans de travers, tous ces inégalables mouvements de caméra, l'interprétation de Joseph Cotten en cynique et Hitchcock le disait bien 'plus sera réussit le méchant, plus sera reussit le film' et il avait raison! Ce film fera du jeune Hitchcock l'un des plus grand réalisateur du cinéma! Un chef d'oeuvre absolu!
Ce film était un des favoris du maître et ça se comprend ! "L'ombre d'un doute" où l'art de faire monter l'angoisse avec une intrigue fondée sur des a prioris seulement. Du grand art emmené par les acteurs de l'Hollywood de l'âge d'or, en particulier Joseph Cotten, terriblement inquiétant dans un rôle qu'il maîtrise sur le bout des doigts. Il y a un mystère agrémenté d'une relation passionnelle et passionnante entre une jeune fille et son oncle et Hitchcock n'a à aucun moment recours au démonstratif ou au montage effréné pour obtenir ce qu'il désire. Il n'y a pas non plus de musique marquante et c'est ce qui est remarquable : la manière dont un metteur en scène est capable de jouer avec le spectateur et ses nerfs sans recourir à des artifices inutiles et de bas étage. Encore une fois, je m'y reporte souvent, mais le célèbre livre d'entretiens que Sir Alfred a accordé à un certain français de la Nouvelle Vague permet de mieux comprendre ce divertissement splendide. Cette oeuvre est une des essentielles de la plus grande carrière qu'un personne ait jamais eu dans l'histoire cinématographique.
Je l'avais vu il y a longtemps : le revoir au cinéma a été une belle expérience, et surtout le témoignage éclatant de l'immense maîtrise d'Alfred Hitchcock. Tout est pensé, réfléchi, chaque plan, cadre, angle étant calculés au millimètre par un cinéaste au sommet de son art dans ce domaine, sachant on ne peut plus habilement construire un récit à contretemps des méthodes habituelles, prenant son temps pour installer une atmosphère inquiétante, où le danger semble constant sans (presque) jamais apparaître de façon évidente. Je ferais toutefois un peu le même « reproche » que dans nombres d'œuvres de Hitch : le brio a une certaine tendance à étouffer l'émotion, la proximité que nous pourrions avoir avec les personnages, un léger détachement pouvant opérer quant aux différentes relations tissées dans le récit. À défaut d'être enthousiaste, la maestria n'en reste, donc, pas moins totale, à l'image d'un noir et blanc du plus bel effet et un montage pour le moins remarquable. Si vous aviez encore un doute (et malgré les légères réserves), n'en ayez plus : ce thriller (vraiment) pas comme les autres saura autant vous surprendre que vous troubler.