129 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
19 critiques spectateurs
5
8 critiques
4
5 critiques
3
3 critiques
2
1 critique
1
1 critique
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Bénédicte B
312 abonnés
47 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 5 mai 2019
Quel film ! Je ne suis pourtant pas une passionnée de poésie, mais ce film est un poème. Un pur petit bijou cinématographique. On en sort, on a l’impression d’être encore dedans… Courez y vite !
Pendant deux ans, de novembre 2015 à mai 2017, Mathieu Bareyre et Thibaut Dufait, son ingénieur du son, ont arpenté les rues de Paris pour y capter l'esprit de "l'époque". Chaque nuit, inlassablement, ils ont interrogé des jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans.
Mathieu Bareyre n'invente rien. Avant lui, Edgard Morin et Jean Rouch s'étaient livrés à un exercice de sociologie urbaine ("Chroniques d'un été", 1961). Chris Marker et Pierre Lhomme avaient tendu leur micro aux Parisiens au lendemain de la guerre d'Algérie ("Le Joli Mai", 1963). Plus récemment, David André avait filmé en 2013 un bijou "Chante ton bac d’abord" qui suivait des lycéens durant l’année précédant leur bac. En 2018, Claire Simon s'est quant à elle essayée à brosser le portrait d'une génération au sortir de l'adolescence ("Premières solitudes").
"L’Époque" ne raconte pas une histoire. Il ne raconte pas non plus l'Histoire. On n'y parle ni du Bataclan, ni de la campagne présidentielle, ni même de la loi El Khomry quand bien même de nombreuses séquences sont filmées sur cette place de la République où ses opposants se sont rassemblés. "L’Époque" ne fait pas non plus œuvre de sociologie même si on y filme un enfant de la bourgeoisie - qui se désespère d'avoir cédé à la pression parentale et de faire du commerce plutôt que de la philo - une étudiante de Sciences Po - franchement crétine sous l'effet de l'alcool - une khâgneuse en rupture de ban qui a rejoint les Black Blocks et confesse hors écran son addiction à la castagne, des petits dealers de banlieue, des Renois en demande d'intégration qui prônent l'éducation plutôt que la violence...
"L’Époque" filme des fragments poétiques de nuit. C'est ce qui fait sa beauté. C'est ce qui fait aussi sa limite. Au son de Nekfeu et de Vivaldi, "L’Époque" est une accumulation kaléidoscopique de courtes saynètes, de rencontres improbables, sans autre fil conducteur que celui de cette nuit et des substances euphorisantes qu'on y consomme. Parmi toutes ces silhouettes s'en distingue une, inoubliable. Sous ses couches de vêtements, on hésite sur son sexe. Rose a la langue bien pendue, un humour à toute épreuve. Française d'origine africaine, elle vomit les contrôles d'identité à répétition qui foulent au pied sa citoyenneté. Place de la République, face aux CRS impassibles, ce Gavroche du vingt-et-unième siècle a les traits d'une Marianne en colère.
Attention, cet avis contient ce genre de spoiler: Policier.e.s, passez au jaune ! Le gilet...pas l'alcool. . L'époque se voudrait une collection de rencontres d'où surgirait l'esprit d'une génération. Mais l'époque, le docu, succombe à l'époque, mode médiatique. L'oeuvre verse donc dans le jeunisme, le spectaculaire (de la belle image, scènes de fête, de casse, de confrontation avec la police...), la volonté de faire de l'authentique, du brut, le refus de toute explication ou contextualisation. Le réal y filme des "jeunes" (des 18-25), parisien.ne.s, la nuit. Et pas n'importe qui, 2 classes stéréotypées: des bourgeois.es blanc.he.s sans idéaux (science po, école de commerce, black bloc) et des habitant.e.s de "cités HLM" (en novlangue, on dit "banlieue") non caucasien.ne.s. Viennent s'ajouter Rose et Soall, 2 personnalités passionnées qui tranchent dans le "casting" (Rose a beaucoup de temps de parole, Soall ne parle pas strictement de politique). L'Etat, lui n'a pas droit à la parole. On n'en voit que le cirque médiatique, la surveillance invisible (en novlangue, on dit "vidéo-protection") et des CRS perçus en tant que machine répressive (faudrait pas qu'on aille s'imaginer qu'ils sont humains). Côtés "té-ci" et nuit debout, on crache beaucoup sur l'Etat auquel on demande tout. Bref, en bon nihilistes, on veut bien s'opposer voire caillasser le léviathan mais pas s'engager dans un projet constructif, ni faire de proposition. Les aspirations sont fortes, l'espoir est maigre. La diversité des points de vue est finalement homogène. Certaines paroles restent édifiantes et témoignent d'une jeunesse aussi inquiète qu'inquiétante. Les gauchistes seront brossés dans le sens du poil et les droitistes se scandaliseront. Si les républicains (ceux de la République, pas du parti politique) se désoleront de certains propos, le docu reste très bien emballé, la scène d'ouverture, le montage et les personnalités attachantes véhiculent des torrents d'une énergie pas toujours positive. Produit frais malgré les lourdes vapeurs d'alcool.
La jeunesse parisienne en fiesta ou en manif, avec ses rêves et ses révoltes. Le docu laisse la parole à une jeunesse diverse, étudiants, salariés, chômeurs, petits dealers, parisiens ou banlieusards. Des témoignages plus ou moins intéressants. Beaucoup de place donnée à Rose par rapport aux autres , elle dit des choses bien mais à la fin ça saoule !
L'Epoque de Matthieu Bareyre nous laisse une immense émotion, ce film n'a rien d'un leurre, il est utile, poétique, flippant, boulversant... Des images de qualités sur la jeunesse !
Excellent film, très beau message Très belle façon de filmer, le films à mis 4 ans à être fait et ça se voit, il est très bon, le mixage son est parfait et le montage et magique film à voir absolument
Assurément un immense film, important et précieux, qui a su capter l'essence profonde d'un lieu et d'un moment, mais surtout la promesse d'un grand cinéaste en devenir : car Matthieu Bareyre a le don de l'empathie, il sait venir montrer chez les autres ce qu'ils ont de plus sensible, de plus beau, de meilleur. Nulle doute que s'aventurer vers la fiction et la direction d'acteur lui ouvrirait de nouvelles voix très enrichissantes !
Si certaines séquences ne sont pas toujours à la hauteur, le film de Matthieu Bareyre saisit les témoignages avec une éclatante vérité, sans effet ni surdramatisation, et enregistre l’imaginaire de la nouvelle génération. "L’Époque" est un rêve, celui d’un monde qui vient.
Un film nerveux et poétique , émouvant, inquiet et drôle et très beau esthétiquement . Il nous permet de « rencontrer » des garçons et des filles qui ont des mots justes et souvent une énergie formidable . Je l’ai vu il y a deux jours et ne cesse d’y repenser .
film d'auteur très bien. j'ai apprécié aussi bien leçon son des images et surtout ce fond documentaire. si vous ne l'avez pas encore vu après c'est vous de le faire!!!
Ce film est un très beau portrait sociologique, à la mise en scène soignée et stylisée (on en attends pas moins après 3 années de tournage) et une bande son qui ravira les amateurs de set vitaminés. Cela mérite 5 étoiles, un film à voir donc. En revanche, côté message politique, le réalisateur enfonce beaucoup de portes ouvertes sans parvenir à nous faire passer un point de vue très clair.
belles images, indéniablement. Mais le reste ? j'ai l'impression que ça a été fait mille fois. J'ai trouvé ce film insupportable malgré sa courte durée. Cette violence omniprésente montrée avec bienveillance. Cet unique message, allons caillasser du policier. j'ai trouvé ça triste. Et puis l'utilisation de La Follia de Vivaldi, à en donner le tournis. Merci de citer le musicien dans les crédits.