Derniers Avis : La passion de Jeanne d'Arc - Page 2
La passion de Jeanne d'Arc
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DaftCold
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1,5
Publiée le 19 avril 2020
He bien pour un film muet, j'ai pas trouvé ça terrible. Il y a bien deux trois scènes où on peut se dire que la réalisation est bonne... Mais pour le reste, ce n'est vraiment pas terrible. Il y a beaucoup trop de gros plans, on en perd l'interet émotionnel de celui-ci. Surtout pour Jeanne d'Arc. On ne la voit quasiment que en gros plan, du coup on a que des gros plans émotionnel... Alors que le film a des moments plus fort et moins fort. On manque de contraste. Le film est un classique par son sujet et son ancienneté, mais si on ne prend que le film lui même, en oubliant le contexte du film... Il est pas si terrible, et beaucoup de film de l'époque était bien plus réussi.
Lorsque Bruno Dumont met en scène Jeanne d’Arc, il en fait l’incarnation de la grâce. Carl Theodor Dreyer, lui, recherche l’inverse : on le voit scruter le visage de Maria Falconetti pour en extraire la douleur suprême, cette même douleur tout entière contenue dans le titre : la passion. Se tient là quelque chose de surréaliste, une œuvre abstraite dont l’ambition est d’embrasser non pas l’historique mais la souffrance atemporelle. Le dépouillement des décors sert ainsi à focaliser l’attention sur les corps qui s’y meuvent ou qui y souffrent : les intérieurs sont blancs, ont l’allure d’un hangar pas vraiment achevé ; l’extérieur mobilise un pittoresque léger, comme dégagé des pesanteurs exigées par une reconstitution historique en bonne et due forme (que rejette d’ailleurs Dreyer). Aussi fascinant que pénible, le film assume une esthétique du choc où les conflits – qu’ils soient de l’ordre de la parole, du mouvement ou du silence – construisent lentement une condamnation hallucinée qui permet au sacré et au cauchemardesque de s’entremêler. Puisque l’argumentation des ecclésiastiques repose sur la distinction entre Dieu et Satan, suivant une dialectique de la foi véritable – qui s’avère donc immuable – et de l’hérésie contagieuse – elle mobile –, Dreyer renverse la polarité en filmant les religieux avec des mouvements de caméra proches de la glissade, de la chute ; au contraire, Jeanne est souvent captée de façon statique, la seule animation de son corps traduisant la constance de sa foi. Ou comment changer, par les procédés du cinéma, la pucelle en martyr. La Passion de Jeanne d’Arc, c’est un supplice cinématographique des plus somptueux et pertinents : véritable essai artistique, le film se déploie dans un inconfort grandissant, jusqu’à déchaîner un chaos de figures, de flammes et de fumée qui transforme la Terre en Purgatoire et dessine, en creux, l’image d’un ciel absent que les âmes gagnent pour la paix et l’éternité.
Ce genre de film n’attire pas foule mais ça me plait finalement, c’est une figure nationale cette sainte femme condamnée par l’église inquisitrice moyenâgeuse. La métaphore du cinéma muet est une forme de style bien choisie, alors laissons la sans voix et assistons à son procès pour hérésie, le blasphème à Dieu Jesus, son roi Charles qu’elle s’entête. La mise en scène est en avance sur son temps à tracer le long vers l’envers du décor, après que les soldats soient dépassés par la foule comme enivrée, une sympathie inavouée à l’égard de la Pucelle d’Orléans. Elle entre dans l’histoire française et sa culture populaire folklorique, quand on entend des voix, c’est la passion de Jeanne d’Arc. Célèbre boutage d’anglais au 15eme siècle hors de France, on pensera à la béatification tellement attendue par le pardon de ses bourreaux, exécutant la sentence du bûcher destinée aux hérétiques et sorcières, le cœur du peuple ne l’oubliera.
La Passion de Jeanne d'Arc est un film un peu à part, parmi les plus anciens films du cinéma Renée Falconetti est parfaite en Jeanne d'Arc complètement possédée, grâce à son visage lunaire et hagard. En revanche, seule une partie de l'histoire de Jeanne d'Arc est racontée dans ce film : son jugement spoiler: puis sa mort et finalement, il n'y a pas de péripéties. En conséquence, malgré sa petite durée, le film est un peu ennuyeux, ce qui est dommage pour cette adaptation très correcte de la vie d'un personnage historique aussi importante. La scène finale est très marquantespoiler: (rarissimes sont les immolations aujourd'hui montrées à l'écran).
Ce n'est pas forcément mémorable, mais c'est un classique intéressant à regarder.
Ce film muet (qui devait au début être parlant) réalisé par Carl Theodor Dreyer et sorti en 1927 est très bon. Le scénario présente donc Jeanne d'Arc mais non pas son enfance ni les batailles qu'elle a menée mais se focalise sur son procès et sa mort. Le film présente donc des aspects positifs de Jeanne, la présentant très souvent en victime et subissant les attaques de Chrétiens, ce qui est une très bonne chose. Effectivement, j'ai toujours eu une très mauvaise vision de l'Église et ce biopic me conforte dans cette idée, je trouve que c'est donc une très bonne chose de présenter l'Église comme étant en tort, surtout à l'époque de la sortie du film. Suivre ce procès est également une chose très intéressante car il nous apprend notamment beaucoup de choses. Si le scénario est bon, la réalisation n'est pas en reste non plus car je trouve qu'il y a beaucoup de plans assez expérimentaux qui sont magnifiques et les gros plans sur le visage de Jeanne sont également très bien traités. Pour ce qui est des acteurs, ils jouent tous très bien mais j'ai particulièrement été impressionné par Renée Falconetti, qui interprète donc Jeanne d'Arc, qui joue vraiment très bien ! "La Passion de Jeanne d'Arc" est donc un très bon film qui fait parti pour moi des meilleurs films muets.
"La passion de Jeanne d'Arc" est indissociable de la figure christique de Renée Falconetti actrice de boulevard choisie par Carl Theodor Dreyer à la place de Lilian Gish et de Madeleine Renaud d'abord envisagées pour le rôle titre. Depuis la canonisation de Jeanne d'Arc en 1924, Dreyer envisageait de porter sa vie à l'écran. Il est accueilli en France par le duc d'Ayen vice-président de la Société Générale de Films qui lui propose le manuscrit de Joseph Delteil Prix Femina en 1925. La confrontation du réalisateur avec Renée Falconetti lui intime la conviction que c'est le martyr du procès de Jeanne qui sera le mieux à même de faire suite à la canonisation toute récente de la combattante d'Orléans. Dans des décors minimalistes conçus par Hermann Warm déjà présent sur "Le cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene en 1920, Dreyer se concentre presque exclusivement sur les visages dont l'expression est travaillée par l'usage intensif de gros plans empruntés à l'esthétique de Griffith et d'Eisenstein. Renée Falconetti complètement habitée par ce rôle qui creusera le tombeau de sa carrière à seulement 36 ans (elle se suicidera en 1946 à Buenos Aires) est de tous les plans en alternance avec ceux de ses juges qui expriment de manière violente et répulsive la hargne d'une l'institution pour laquelle l'issue finale ne fait aucun doute. Représentée telle une piéta, l'actrice n'exprime que douleur et angoisse face au déferlement de haine qui lui fait face. Malgré tout lucide jusqu'au bout et fidèle à son idéal quand Jeanne comprendra la manipulation que représentent ses aveux arrachés par un subterfuge inique, elle retrouvera son âme de combattante pour affronter le bourreau. On retrouve dans "La passion Jeanne d'Arc" la glorification de l'idéal durement châtié chère à Dreyer qui ne cessera de l'exposer jusqu'à son dernier film "Gertrud", incompris du public au contraire de "La passion de Jeanne d'Arc" qui fut un triomphe malgré les coupures imposées par la censure. Depuis le film est devenu un classique incontournable dont les différentes ressorties au gré des nouvelles copies retrouvées ont toujours fait l'évènement. Parmi les juges outre la fine fleur de la Comédie Française de l'époque ont retrouve pour de courtes apparitions Michel Simon et Antonin Artaud.
Un film d'une grande beauté plastique et spirituelle.Le spectateur ne peut être que touché par la grâce.La magie des images des visages l'interprétation magistrale de l'actrice nous prouve que Dreyer reste un réalisateur génial à découvrir ou redécouvrir d'urgence.
Filmé de façon très particulière, presque comme une succession de portraits, ce film muet est une sorte d'ovni cinématographique avec un aspect hypnotique certain, où tout le charme résidera dans les regards et les expressions faciales des protagonistes. Le rôle de Jeanne d'Arc est tenu par une comédienne (Renée Falconetti) étonnante dont la prestation marquera le cinéma muet. Le procès et la condamnation de Jeanne d'Arc n'ont jamais été aussi bouleversants que dans cette adaptation forte et intense.
Que le sujet du film soit le procès de Jeanne d'Arc n'a que peut d’importance, c'est avant tout l'histoire d'une femme que tout le monde juge coupable. Cette femme est joué par Renée Falconetti, un seul de ses regards fait rentrer ce film dans la légende du cinéma. Le film use et abuse des gros plans sur Jeanne d'Arc, surtout sur ses yeux, sur ses larmes. Le film est muet, mais pourtant c'est comme si on ressentait dans notre cœur les paroles des personnages masculins qui nous brisent le cœur, et à côté de ça le courage et la détresse de Jeanne d'Arc. La réalisation est superbement belle, et Falconetti livre une des meilleurs performances de l'histoire du cinéma, après on peut presque trouvé que c'est surjoué, mais je ne trouve pas. Et il fallait en plus qu'on rajoute bien plus tard une BO originale gothique pour finir de faire de ce film un quasi chef d'oeuvre; on ne peut que pleurer devant tant de beauté et de noirceur à la fois.
C'est avec grande difficulté que je me lance dans la critique de "La Passion de Jeanne D'arc". Mais comment pourrait-il en être autrement ? Après presque un siècle d'existence, tout a été dit sur cet authentique chef d'œuvre de Dreyer.
Le long-métrage - à la croisée de l'expressionnisme et du montage soviétique - bouleverse durant toute sa durée. Le minimalisme formel de Dreyer ne fait que ressortir d'avantage la force brute de son image, et sa capacité à émouvoir par un simple regard, tantôt terrifié, tantôt plein d'espoir.
"La Passion de Jeanne d'Arc" fait du procès de cette dernière une métaphore, celle de la croyance personnelle face au collectif. Cette intention, faisant surgir des émotions contradictoires (la peur de voir Jeanne condamner, mais aussi le recul sur sa folie apparente) est traduite avec beauté par le cinéaste, isolant constamment l'actrice dans le cadre, préférant délaisser les mots, au profit de symboles, tous plus sublimes et tétanisants les uns que les autres.
Le regard de Jeanne (Renée Falconetti habitée) fait oublier l'écran, la caméra et la fiction, rendant son supplice insoutenable. Dreyer questionne avec complexité : la foi, la passion, la folie mais aussi, et surtout, le sacrifice , à l'image de cette scène durant laquelle Jeanne préfère mourir en martyr, que vivre résignée , passage obligé mais non moins déchirant.
"La Passion de Jeanne d'Arc" est un film fondamental, formellement minimaliste et pourtant d'une richesse vertigineuse. Carl Theodor Dreyer signe un long-métrage inoubliable, aussi bien par ses idées de cinéma que par les émotions qu'elles transmettent. Un chef d'œuvre.
Un film parfait sur ce personnage historique que fut Jeanne d'Arc. Tout est basé sur les minutes de son procès et sur sa fin. Le film rénové numériquement est particulièrement impressionnant, vu la distance temporelle (il fut tourné il y a 90 ans), et l'impression de modernité qui s'en dégage. L'expression des visages des protagonistes est restituée avec une précision extraordinaire. Et Renée Falconetti qui joue Jeanne d'Arc est tout simplement ahurissante de par son expressivité, la peur, la panique, la volonté, et tout simplement la foi, seule contre tous. Les sentiments de ses juges sont aussi parfaitement explorés, de la haine et le rejet qu'elle inspire, jusqu'à la compassion qui peu à peu se met en place chez eux. C'est un film, pour moi, marquant.
Ouah... Ce film dégage une telle puissance... La musique lancinante, jouée par une guitare électrique renforce encore plus le propos du film bien qu'elle soit assez répétitive. Renée Falconetti est extraordinaire dans ce rôle. Sa présence de jouer est un des plus gros atouts du film!
Encensé par la critique, considéré comme le plus beau film réalisé sur Jeanne d'Arc, cette "Passion" ne déçoit pas tant Falconetti semble habitée par le rôle de la Pucelle d'Orléans. Dreyer s'attache aux minutes du procès, mais va plus loin encore dans la dramatique, mettant en scène la réaction de ses juges, parfois leurs doutes, leurs craintes ou leurs sarcasmes. Dreyer fait de l'histoire avant tout, et c'est en cela une belle réussite. Toutefois, le film, à mon sens, n'atteint pas les sommets du "Jeanne d'Arc " de Bresson, épuré et puissant, oubliant l'histoire pour plonger au cœur de l'âme tourmentée de son héroïne.
Je ne connaissais Dreyer que via son film Vampyr qui ne m’avait pas follement passionné mais qui était d’une puissance formelle vraiment incroyable. Malheureusement je dois dire, il en va de même pour La Passion de Jeanne d’Arc alors que j’espérais vivement être terrassé par ce film. Pourtant une nouvelle fois encore, sur un plan purement artistique, c’est génial. Tourné presque à la manière d’un film parlant, la forme est d’un dynamisme assez hallucinant pour un muet notamment au niveau du découpage qui crée un rythme remarquable. Le caméra est majoritairement à proximité des personnages, ce qui resserre l’action à l’extrême et confère au film ce caractère oppressant. Oppressant car le cadre est étroit mais aussi car le film parle du procès d’une femme dont la condamnation a déjà été actée depuis belle lurette. Et on ne parle pas du mythe Jeanne d’Arc ici. On parle bel et bien de Jeanne, la femme, avec ses émotions, son angoisse, sa détresse…
Le film aborde ainsi frontalement l’épreuve ressentie face à une mort certaine dont l’issue inéluctable se rapproche de minute en minute. Le passé glorieux de cette femme semble être si éloigné à mesure que la fatalité prend le pas sur les actes antérieurs. Celle qui était une chef guerrière inespérée est devenue un être fragile, très vulnérable. Et c’est aussi un film sur la foi, sur la manière dont elle empêche une personne de basculer dans la folie. J’ai beau être athée, je trouve que cette illustration est d’une beauté saisissante. Car si une extrême souffrance est perceptible, il subsiste toujours cette étincelle, cette petite dose d’espoir malgré une fin inévitable. On connaît tous celle-ci d’ailleurs et la représentation qu’en fait Dreyer est d’une force visuelle remarquable d’intensité, la conclusion parfaite d’une lente mise à mort.
Je pouvais être véritablement élogieux et totalement adorer le film. Mais je dois dire que l’une des principales qualités du film peut finalement très vite se retourner en faiblesse. Et pour ma part, je n’ai tout simplement pas accroché à l’actrice principale Renée Falconetti. Son jeu est très maniéré. Trop maniéré. Je dois avouer qu’au bout de son dixième regard en l’air avec les yeux vitreux j’en avais assez. Et le fait d’être convaincu par l’actrice m’aurait vraiment impliqué émotionnellement mais là ce n’est pas possible. Histoire de citer l’un des fameux reproches formulés par Bresson, j’ai eu l’impression de voir des pitreries. Me voilà donc particulièrement frustré parce qu’un seul défaut, et vraiment un seul mais de taille, m’a finalement empêché d’être pleinement conquis par le film.
Car il y avait tout pour me plaire. Une mise en scène remarquable d’ingéniosité et d’intelligence avec ce cadre resserré et dynamique. Dreyer nous offre d’ailleurs des plans impressionnants notamment sur la fin, sans compter cette photographie à tomber. L’aspect très austère du film dans ces décors aussi épurés que perturbants m’a également beaucoup plu puisque ça faisait la part belle aux personnages. Mais voilà, il y a ce surjeu de Falconetti qui ne m’émeut pas et m’a sorti d’un film dont je comprends (et partage) la majorité des louanges. Me voilà donc bien déçu malgré le fait que j’ai tout de même vécu une belle expérience de cinéma avec cette oeuvre qui reste l’une des représentations cinématographiques les plus réussies de la cruauté humaine. J’attends cependant beaucoup plus de la version de Bresson.
Un film magnifique, d'une incroyable modernité et beauté formelle. Pourtant je dois avouer que je n'avais pas très envie de le voir, je m'y suis astreint car il me semblait que cela manquait à ma culture cinephilique. Le seul bémol est l'effroyable bande son qui accompagne la version actuelle. Une cacophonie insupportable qui prend le pas sur l'image, un défaut hélas fréquent des restauration modernes. Heureusement qu'il y a une bouton "muet" sur la télécommande !