Derniers Avis : La passion de Jeanne d'Arc - Page 3
La passion de Jeanne d'Arc
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Tupois Blagueur
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5,0
Publiée le 3 septembre 2015
Rarement un film muet comme "La Passion de Jeanne d'Arc" aura eu autant d'impact qu'un film parlant. C'est un des longs-métrages les plus estimés du danois Carl Theodor Dreyer. Pourquoi ? Parce qu'au-delà d'une histoire tragique racontée comme une véritable pièce de théâtre, on a là un formidable travail sur la mise en scène. Dreyer passe une bonne partie de son temps à faire des gros plans à coup de plongée et de contre-plongée, nous montrant à la fois la grande fragilité et la grande force de Jeanne d'Arc (Renée Falconetti est transfigurée par ce rôle) et la position de force des hommes d'église, si sûrs de leur pouvoir et de leurs croyances. Elle est la proie d'une bande de requins qui se vont se faire un plaisir de la manger toute crue et la briser (en apparence) physiquement comme psychologiquement, comme l'attestent les divers travellings effectués dès qu'un des jurés quête un soutien. Tout est fait pour rendre le procès aussi réaliste que possible, comme si on y assistait, et l'effet est réussi. Voir ces faciès habités par l'absence de pitié (quoi qu'ils en disent) et la force impérieuse de croire détenir la vérité a quelque chose de fascinant. Fascinante, spoiler: la scène du bûcher l'est aussi : éprouvante et dure, elle voit le peuple se soulever puis se faire disperser avec violence par les soldats , donnant là aussi lieu à des plans frappants de beauté et de cruauté, c'est le clou du "spectacle". Attention, chef d’œuvre en approche !
Un film historique et un film d'anthologie également, mais pourtant un film assez peu enclin à nous émouvoir. Une sur-utilisation, voire une abondance de gros plans qui veut bien sûr exprimer la douleur de Jeanne, et du côté des bourreaux, montrer leur arrogance et leur "certitudes". Mais le procès nous happe et l'actrice est effectivement une incarnation assez impressionnante. Film austère (en plus d'être muet)
Ce film est muet, le problème c'est qu'il devait être parlant. Le résultat est une réalisation déconcertante et quelque peu psychédélique qui m'a assez vite ennuyée, mais je dois bien avouer que ce film est très avant-gardiste.
C'est il y a plus quatre vingts ans que l'austère maitre danois Carl Theodore Dreyer réalise "La Passion de Jeanne d'Arc", mais aujourd'hui presque cent ans après la sortie du film, il est impossible de nier qu'il est probablement le plus grand portrait cinématographique. S'inspirant des manuscrits du jugement de Jeanne d'Arc à Rouen en 1431, Dreyer dresse une palette d'émotions pures à partir desquelles il exprime au mieux la souffrance de Jeanne, aidé par Maria Falconetti qui l'interprète, le réalisateur l'ayant dénichée dans un théâtre parisien. À force de gros plans, le film insiste sur le visage très expressif de son actrice (jusqu'à souligner ses traits sur l'affiche), Dreyer cadre son visage avec un incroyable sixième sens, on est à un degré de raffinement palpable ou il oppose la douleur au jeu de l'objectif qui montre une Jeanne seule et contre tous, les juges, les théologiens et les gargouilles, produisant une atmosphère hyper réaliste mais surtout oppressante, lourde, mystique et désespérée, comme notamment au début du film, après les questions sarcastiques des juges Jeanne verse des larmes, puis quand on lui demande de réciter le "Notre Père" sa réaction est totalement ambiguë. Mais également la présence divine, la fenêtre filtrant la lumière pour déposer sur le sol une forme de croix. Si les juges sont sceptiques, "La Passion de Jeanne d'Arc" reste une envoutante anomalie dans le septième art.
Les dialogues, véritablement trop peu nombreux, sont très intéressants s'ils relatent mot pour mot le procès. Seulement, les gros plans incessant sont abominables ! J'en ai eu mal à la tête. L'actrice est sans doute remarquable avec ses yeux toujours humides et sa larme à l'oeil, même si ça m'a beaucoup agacé avec sa tête qui tourne dans tous les sens (Oui, avec la prestation, il semble évident que Jeanne était totalement folle ou possédée par ses voix). En dehors de la scène du bûcher (Toujours avec de multiples gros plans en continue !), le film aurait pu être tourné avec 1 seul décors : A savoir un fond blanc. Bref, un film qui, sortie de son époque, est totalement dépassé aujourd'hui, bien qu'il ne s'agisse que de mon triste avis.
La stricte éducation luthérienne marque profondément l'oeuvre du Danois Carl Theodor Dreyer. Dans "La Passion de Jean d'Arc", il métamorphose le procès, le martyre et l'exécution de Jeanne en une austère passion médiévale. Conçu pour être dans le silence complet, le film se tient au carrefour de trois mouvements contemporains : l'impressionnisme français, l'expressionnisme allemand et le montage soviétique. Dreyer utilise décors expressionnistes et théâtralise les angled de vues. Sans parler de la performance de Maria Falconetti qui marque le cinéma à la pierre blanche pour son dernier rôle. Elle exprime l'humanité d'une jeune fille par des plans rapprochés, s'imprègnant magistralement de la psychologie du personnage. Chef-d'œuvre.
Un film muet qui aurait surement été a mes yeux un chef d'oeuvre en cinéma parlant . Avec le muet j'ai l'impression de louper trop de trucs et au final ça ne joue qu'avec une chose, l'actrice . Tout se joue dans son visage, ses yeux, elle fait ressortir beaucoup d'émotion et elle est parfaite . Le film est assez court (80 minutes) mais je suis venu a m'ennuyer a plus d'une reprise . Clairement un film qui aurait été incroyable en parlant avec des acteurs poignants là j'ai comme le sentiments qu'il manque un truc mais ça reste un très bon film a voir rien que pour le jeu de Maria Falconetti
J'ai vu un extrait de Vampyr du même Dreyer, la scène où on a le point de vue du mort et j'étais assez fasciné. Du coup, aller voir ce film en salle était la bonne idée du jour. Je tiens à préciser que j'ai vu le film dans une version un peu particulière puisque ne contenant pas une note de musique, il paraît que c'est se que Dreyer voulait, ce qui se rapprochait le plus de la version originale. Je ne sais pas, mais du coup a vision du film s'en trouve quasiment transformée. Je ne sais pas si un jour je pourrais revoir le film ainsi. Cependant, je n'ai rien contre une musique ajoutée pour le dvd, mais bon tout cela n'a rien à voir avec le film. Et quel film, c'est vraiment splendide. Ce qui marque c'est le jeu des acteurs, souvent dans les muets, par absence de son, les acteurs se voient quasiment contraints de surjouée face à la caméra, comme si leur expression devait être appuyée pour bien que le spectateur comprenne, ça ne m'a jamais dérangé plus que ça mais là on sent vraiment la différence. C'est peut-être dû au procédé du gros plan mais c'est sublime, voir quasiment sans interruption le visage de Jeanne apeuré, pleurant, mais aussi fort, déterminée qu'elle est à défendre sa cause, persuadée d'être envoyée par dieu, il faut le voir. Finalement on est pas si loin de Kechiche dans l'idée, les gros plans sur le visage font qu'on voit l'âme de cette fille. Le film est assez similaire dans le fond à celui de Bresson, sauf qu'on a pas le son, mais la force implacable des mots est ici remplacée des émotions autres, mais pas moins fortes. Les deux films sont vraiment grands, je pense que c'est bien de voir les deux, tous deux dans un noir et blanc magnifique, et toujours ce silence insupportable. C'est quelque chose que j'adore au cinéma le silence, mais pour la première fois, grâce à l'absence totale de musique je l'ai ressenti tous le long. C'est une expérience vraiment unique en salle, et je suis content de l'avoir vécu ainsi, je pense qu'il est rare de voir ce film dans ces conditions. Je ne peux conclure sans parler de la fin, du bûché qui est absolument formidable, cette passion... C'est à la fois très pur, très beau et horrible. Et tous les acteurs sont fabuleux. Grand film. Je ne sais pas si je préfère le Bresson ou pas.
Magnifique noir et blanc d'époque, le plus beau film de ce fin de siècle avec le Sunrise de Murnau. L'ampleur historique en plus, Jeanne d'Arc prend aux tripes malgrés l'interprétation limité de son actrice pricipale (au regard mémorable). Pas besoin de faire un résumé, tout bon français fan de cinéma se doit de voir ce film. Tristement culte.
Le sujet me semblait tout désigné pour Dreyer : Jeanne d'Arc. Parce que la figure de Jeanne d'Arc est on ne peut plus passionnante dans l'Histoire de France, et pour saisir son personnage, on ne peut pas passer à côté du mysticisme qui l'entoure, même en la traitant de façon historique, la légende qui entoure Jeanne d'Arc est un élément à prendre en compte. Et puis Dreyer, c'est quand même un mec qui a fait pas mal de film sur le fait religieux, et le voir sur ce personnage me semblait assez intéressant. Alors ce que j'aime le moins dans ce film, c'est son actrice principale, pour moi j'ai l'impression qu'elle grimace (habitudes du muet, certes) tout du long et ça me gène complètement dans l'émotion. Heureusement, la mise en scène et la musique permettent de remporter le tout. Intéressant.
Considéré généralement comme un des plus grands films de l'Histoire du cinéma, je dois dire que je ne comprends absolument pas la réputation surfaite pour moi de cette oeuvre. Techniquement il y a rien à dire, c'est prodigieux même dans la première partie qui se concentre sur le procédurier (si on peut appeler cela comme ça !!!), et qui donc aurait pu tomber très facilement dans le statique, avec ses mouvements de caméra énergique et souple, et la dernière demi-heure est un beau moment de puissance sur le plan du montage avec une superbe coordination des mouvements de foule notamment. Par contre je suis plus nettement réservé sur la direction d'acteurs ; les comédiens qui interprètent les juges jouent avec outrance et Renée Falconetti se contente de rouler les yeux et d'avoir toujours une larme sur la joue, pas de quoi crier à une des plus grandes performances d'actrice de tous les temps comme le font de nombreux critiques. Un film indispensable pourquoi pas mais un chef d'oeuvre non quand même pas.
Mystique, époustouflant, l'un des chefs d'oeuvre de Dreyer. Rene Falconetti atteint la grâce, celle du martyr, de la Vierge qui expurge les souffrances. Indispensable.