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The Spy Gone North
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "The Spy Gone North" et de son tournage !

Origine du projet

En 2014, Yoon Jong-bin faisait des recherches sur les services secrets sud-coréens (NIS). Il est alors tombé sur le nom de code "Black Venus". "Ça a piqué ma curiosité. Après que le NIS et la CIA ont reçu des informations en 1989 sur le programme nucléaire nord-coréen, un espion, dont l'identité n'a pas été révélée, a été envoyé en Corée du Nord. J'avais envie de découvrir comment une opération d'espionnage, comme on en voit au cinéma ou en littérature, avait pu se dérouler dans la réalité, et ce qui s'était vraiment passé du côté sud-coréen."

Qui est Yoon Jong-bin ?

Né à Busan en 1979, Yoon Jong-bin a fait des débuts remarqués en 2005 avec THE UNFORGIVEN qui s'intéressait à la violence présente dans le milieu militaire sud-coréen. Présenté au festival international de Busan, ce film à tout petit budget a remporté trois prix, le prix FIPRESCI, le prix NETPAC et le prix du public du PSB, avant d'être sélectionné au festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard. THE UNFORGIVEN a également révélé Ha Jung-woo qui s'est imposé comme l'un des acteurs les plus sollicités du secteur. Depuis, Yoon a tourné des oeuvres plus grand public, comme BEASTIE BOYS (2008), autour de deux escort-boys interprétés par Yoon Kye-sang et Ha Jung-woo. C'est avec son troisième long métrage, NAMELESS GANGSTER (2012), qu'il s'est vraiment imposé, enregistrant 4,7 millions d'entrées et décrochant les éloges de la critique. Il a enchaîné avec KUNDO (2014), film d'époque de grande envergure. Avec son cinquième film, The Spy Gone North, il a retrouvé les faveurs du festival de Cannes, non plus comme jeune réalisateur de films indépendants, mais comme metteur en scène d'ambitieuses productions.

Park Suk-young alias Black Venus

Militaire de formation, Park Suk-young AKA Black Venus accepte de travailler clandestinement comme espion au début des années 90, dans l'espoir de collecter des informations sur le programme nucléaire nord-coréen. En se faisant passer pour un riche homme d'affaires, il réussit à entrer en contact avec le Conseil Économique Extérieur de la Corée du Nord à Pékin et ses propositions sont accueillies avec bien plus d'enthousiasme qu'il ne l'aurait imaginé. Mais de sombres tractations politiques entre les gouvernements des deux Corées mettent en péril ses exploits. Hwang Jung-min (Black Venus) s'est imposé comme l'un des plus grands acteurs coréens actuels. Il a incarné toutes sortes de rôles, qu'il s'agisse d'un quidam dans ODE TO MY FATHER (14,3 millions d'entrées) et VETERAN (13,4 millions), d'un chef charismatique dans BATTLESHIP ISLAND (6,6 millions), d'un célèbre alpiniste dans THE HIMALAYAS (7,8 millions), d'un flic devenu criminel dans A VIOLENT PROSECUTOR (9,7 millions) et d'un mystérieux chaman dans THE WAILING (6,9 millions).

Dans THE SPY GONE NORTH, alors même qu'il joue un espion, sa gestuelle et ses expressions de visage suggèrent ce qu'il ressent en son for intérieur. "Pour jouer ce rôle d'espion, j'ai longuement discuté avec le réalisateur, et on a décidé de l'aborder comme si on avait affaire à deux personnages distincts, si bien que mon jeu n'est pas le même quand il s'agit de Park Suk-young et de Black Venus. Par exemple, lorsqu'il est en Chine ou en Corée du Nord, il est Black Venus, et pas Park Suk-young : il a un style, une gestuelle et une élocution qui lui sont propres. J'ai cherché à l'interpréter non pas tant comme un espion que comme un homme d'affaires. En général, Black Venus et Park ne parlent pas le même dialecte – le "Gyeongsang", parlé dans le sud-est du pays, et le dialecte habituel –, et du coup, on peut facilement les imaginer comme deux personnes différentes."

Explorer les conflits en Corée

Dans tous ses films, Yoon Jong-bin explore divers aspects de la société coréenne d'hier et d'aujourd'hui. Mais son premier long métrage, THE UNFORGIVEN, et THE SPY GONE NORTH s'attachent au fossé qui sépare les deux Corées. La fin de la guerre de Corée en 1953 n'a, en réalité, pas mis un terme au conflit puisque les deux gouvernements ont certes signé un armistice – et non un traité de paix en bonne et due forme – et sont donc, du moins théoriquement, toujours en guerre. D'où une tension permanente qui règne sur la péninsule et un service militaire obligatoire pour tous les hommes en bonne condition physique. THE UNFORGIVEN aborde la violence propre à la vie militaire qu'affrontent les conscrits au cours de leurs deux années de service. À cet égard, ce film évoque la tragédie de ce pays coupé en deux d'une manière très personnelle, à travers le vécu de ces hommes qui s'entraînent pour défendre leur patrie contre les Nord-Coréens. THE SPY GONE NORTH adopte un point de vue d'une plus grande ampleur sur la division entre les deux Corées. Car le parcours de l'espion Black Venus nous permet de mieux comprendre les enjeux propres aux deux États et offre un regard inédit sur la ligne de fracture entre le Nord et le Sud.

Le casting

Le casting de THE SPY GONE NORTH est époustouflant. Hwang Jung-min, Lee Sung-minCho Jin-woong et Ju Ji-Hoon incarnent l'excellence du cinéma coréen contemporain. Hwang Jung-min, qui interprète Black Venus, s'est produit dans des oeuvres d'une grande audace comme THE STRANGERS, ASURA: THE CITY OF MADNESS, NEW WORLD, THE UNJUST, et A BITTERSWEET LIFE. Rien d'étonnant à ce qu'il soit à l'affiche d'un film qui redéfinit le cinéma d'espionnage. Lee Sung-min interprète le dignitaire nord-coréen quasi invincible Ri Myong-un. La relation professionnelle entre les deux hommes rattrape la méfiance qui s'est installée des deux côtés de la frontière au fil des décennies. Mais grâce à leurs rapports, on prend aussi conscience de ce que les deux nations pourraient gagner à vivre en paix. La faculté du comédien à camper une attitude en apparence glaciale dissimulant une personnalité plus humaine le destinait à ce rôle.

Le personnage incarné par Cho Jin-woong, directeur des services secrets sud-coréens (NIS), est un mélange surprenant de froideur et de générosité, témoignant de ses différentes facettes d'acteur. Car au cours de sa carrière, il a aussi bien joué des salauds (MADEMOISELLE, A HARD DAY) que des hommes honnêtes et loyaux (ASSASSINATION, MAN OF WILL). Enfin, Ju Ji-hoon, l'un des comédiens les plus recherchés actuellement, s'est produit tout récemment dans ALONG WITH THE GODS qui a triomphé au box-office. Il a interprété toutes sortes de personnages, mais c'est sa dimension froide et cynique qui est mise en avant dans THE SPY GONE NORTH où il joue un ambitieux officier nord-coréen. Cette part d'ombre de la Corée du Nord se manifeste ici non pas sous les traits d'un vieil oligarque grisonnant mais d'un apparatchik jeune et privilégié de la nouvelle génération.

Un espion nommé Venus

Au départ, THE SPY GONE NORTH est né de la curiosité de Yoon Jong-bin pour cet espion surnommé "Black Venus". "Si je me suis d'abord intéressé à ses exploits, qu'on peut considérer comme l'opération la plus éclatante de l'histoire de l'espionnage sud-coréen, j'ai ensuite eu envie de réaliser un film réaliste qui n'exagère pas les faits. J'avais le sentiment que cette histoire, qui se déroule dans la dernière région du monde où règne encore la guerre froide et où deux nations – mais un seul peuple – se font face, renouvellerait le genre. J'aimerais soulever une question semblable à celle que posait le grand auteur du roman d'espionnage John Le Carré. "Pendant des décennies, nous nous sommes considérés comme des ennemis et nous nous sommes affrontés. Mais dans quel but ?" À travers ce film sur Black Venus et les personnages qu'il a rencontrés des deux côtés de la frontière, j'aimerais inciter le spectateur à réfléchir à cette question."

Un film d'espionnage différent

Le cinéma d'espionnage occidental, dont les intrigues se déroulent pendant la guerre froide, sont axés sur un conflit et une rivalité entre deux systèmes idéologiques, mais ce qui distingue la Corée, c'est que ces deux nations rivales sont habitées par le même peuple. "C'est très rare qu'un pays soit divisé en deux systèmes distincts. La Corée est le seul endroit sur la planète où règne encore la guerre froide. Du coup, le contexte émotionnel est différent des autres films d'espionnage. Je souhaitais que le spectateur ressente la tension suscitée par cette opération d'une complexité abyssale et ce combat subtil, si bien que j'ai travaillé avec les acteurs pour qu'ils reflètent ce climat particulier dans leur jeu. Par exemple, ils peuvent se sourire à un moment donné alors qu'ils continuent à se méfier les uns des autres", explique le réalisateur Yoon Jong-bin.

Lieux de tournage

Yoon Jong-bin avait l'ambition de montrer au spectateur des images qu'il n'avait jamais vues auparavant. "Mais comme il s'agit d'une histoire vraie, je me suis dit qu'il fallait que le public reconnaisse les lieux. Il n'est pas possible de tourner en Corée du Nord à l'heure actuelle, si bien que je me suis interrogé sur la manière de représenter Pyongyang, le fleuve Guryong, le marché etc. avec réalisme. On a résolu ce problème en tournant à l'étranger, en ayant recours à l'infographie et en construisant des décors en Corée du Sud. Je voulais que le spectateur ait l'impression que les scènes se déroulaient vraiment en Corée du Nord et, du coup, j'ai pris grand soin à mettre au point des décors réalistes."
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