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Henner
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5,0
Publiée le 15 mars 2022
Un film délicat, élégant, superbement mis en scène avec Joan Fontaine et Louis Jourdan. Certes les ficelles sont parfois un peu grosses mais quelle importance ? On suit pas à pas la course amoureuse de l'héroïne acharnée à retrouver l'homme qu'elle a aimé puis perdu ( apparemment à son corps défendant). Ophuls sait capter le charme de Vienne, les restaurants, les brasseries, la fête foraine - admirable séquence des deux amoureux dans un train "fantôme" - l'opéra, les fêtes,les chanteurs de rue aussi. Les réalisateurs d'aujoud'hui pourraient s'inspirer de cette délicatesse de style au lieu de forcer le trait notamment sur les scènes sexuelles. Ce qui est suggéré a souvent plus de poids que la dissection clinique. On se promène délicieusement dans ce Vienne envoutant et finalement on sort de ce film comme d'une fête enchantée.
Un film mou qui mets en scène deux personnages qui passent à côté de leur vie. Elle a peine jolie vide et très cruche est amoureuse d'un jeune homme riche beau et musicien mais séducteur impénitent . Il lui fait un enfant et les oublient rapudement
Un vieux film qui en remontrerait à beaucoup de plus récents. Il est vrai que la restauration numérique fait des miracles et rend la vision agréable. Joan Fontaine, en jeune fille follement éprise d’un pianiste plutôt coureur, est particulièrement lumineuse, et Louis Jourdan donne à son personnage beaucoup d’épaisseur. Le récit, tiré d’une nouvelle de Stephan Zweig, est très triste, mais la réalisation est irréprochable. Un beau face à face à voir.
Letter from an Unknown Woman fait défiler les paysages peints qu’un forain anime en pédalant pour mieux incarner à l’écran la fabrique mentale et fantasmatique de l’être aimé, de cet autre que l’on idéalise, avec lequel on se projette comme si rien ni personne ne pouvait s’obstruer. Le train dispose d’une symbolique forte : il représente la modernité qui permet aux amants de se réunir en dépit de leurs trajectoires individuelles ; il incarne également un espace de passage qui orchestre le chassé-croisé de voyageurs jusqu’alors inconnus et qui vont, pour quelques heures, partager une destination voire un wagon. C’est dire que le train constitue un motif ambivalent et en perpétuelle évolution, un motif d’amour et de mort à la fois puisqu’il rejoue, par son mouvement ample et unilatéral, la passion qui obsède tant Lisa, et par son aspect anonyme la volatilité de l’amant. Les personnages ne cessent de l’emprunter : fuir la gare et sa famille d’abord dans l’espoir de voir une dernière fois Stefan, retourner à Vienne, accompagner l’artiste sur le quai et pleurer son départ pour Milan, changer de wagon avec l’enfant qui restera à jamais parti, emporté par le typhus. La mise en scène de Max Ophüls adopte en esthétique ce principe symbolique, tant elle multiplie les travellings visuellement superbes et techniquement impressionnants compte tenu de l’époque de réalisation. Nous avons l’impression que l’œuvre comme Lisa glissent sur les villes et les lieux afin d’extérioriser l’amour fou dans ce qu’il a de plus insatiable et mobile : il suffit, pour s’en rendre compte, de voir la séquence à l’opéra, perturbée par le départ intempestif de la nouvelle mariée, même celle du nettoyage des tapis située au début du film, qui n’est que déplacements au trot d’un étage à l’autre en passant par la cour centrale. C’est que le mouvement, thématique et esthétique, figure l’acte de lecture de la lettre dont les mots, assemblés les uns aux autres par Stefan, font surgir des images et ces images une vie, une vie entière à aimer, et moins d’une heure et demie pour la vivre à notre tour. Une œuvre immense.
Aux environs des années 1900, un pianiste emménage dans l'appartement voisin de Lisa, jeune fille Viennoise qui tombera très vite amoureuse de cet homme. Devant la caméra de Max Ophuls, Joan Fontaine joue donc auprès de Louis Jourdan, tous deux transpirant de sincérité et de talent. Noir et blanc sublime, musique envoutante, caméra fluide, "Lettre d’une inconnue" nous présente certainement l''une des plus belles romances du cinéma : l'histoire d'un amour malheureux mais infini, la confession d'une femme amoureuse oubliée. Bouleversant à souhait, l'adaptation du livre de Stefan Zweig (1922) a été justement menée par Max Ophuls, qui parvient à surpasser l'œuvre originale. Il nous livre ainsi un film sans fausses notes, magnifique et émouvant.
Il m'aura fallu, avouons le ,2 visionnages pour appréciez à sa juste valeur ce classique du très grand Max Ophuls qui a la différence des ces collègues américains pur jus, ne laisse pas le cadre viennois de cette histoire et son lot de cartes postales , parasiter et vampiriser sa mise en scène toute en élégance gracile qui peut dans ses conditions se concentrer sur la relation entre les deux personnages toute en tension douloureuse . Joan Fontaine comme chez Hitchcock fait encore ici imploser le cadre lisse de son image pour mettre à jour les fêlures de son personnage et parvenir à composer au début du film et sans ostentation , une jeune fille de 16 ans alors qu'elle en a le double.
Un très beau film de max ophuls. La photographie est splendide, l'atmosphère du livre de Zweig bien rendue. A voir, pour ceux qui aiment le noir et blanc, les belles actrices, les adaptations littéraires.
Sur le papier, l'histoire est magnifique et terrible à la fois : c'est la confession d'un amour impossible qui a ruiné une vie mais c'est aussi un coup de foudre inoubliable qui permet d'espérer. À l'écran, l'ensemble est avant tout axé sur le secret amoureux, sur la difficulté à exprimer ses sentiments et sur les conséquences de l'oubli, des idées mises en scène avec une sensualité particulièrement émouvante dans la première moitié qui révèle d'ailleurs quelques moments sublimes, à l'instar de cette balade romantique dans un train fictif. Mais l’homogénéité du rythme et des mouvements de caméra finit quelque peu par nuire à un ensemble dont la portée tragique devient du même coup moins forte. Par son côté littéraire, le film est moins bouleversant dans son mouvement final et s'assure surtout de boucler son très beau programme, même s'il est dommage que son esthétique n'accompagne pas davantage une dimension morbide assez inattendue. Il reste difficile de contester l'élégance du style d'Ophuls mais il arrive un moment où l'on voudrait le voir évoluer vers une forme plus heurtée, plus en phase avec une écriture audacieuse.
Très belle photographie noir et blanc, avec le jeu de Joan Fontaine. Peu habituée aux films classiques, j'étais inquiète... De la magie, de la sensibilité, de la qualité de facture et d'interprétation, j'ai été embarquée et je recommande
Deuxième film américain de Max Ophuls alors en exil, Lettre d’une inconnue contient toute la nostalgie de son auteur pour un passé révolu. Une chronique tragique d’un amour impossible dans une Vienne du début du XXème siècle minutieusement reconstituée dans ses décors tant extérieurs qu’intérieurs. Outre l’interprétation extrêmement fine de Joan Fontaine, Lettre d’une inconnue est aussi porté par une mise en scène remarquable. Max Ophuls multiplie les mouvements de caméra complexes (escaliers) et les cadrages d’une précision chirurgicale. Ce long métrage est filmé dans un noir et blanc magnifié par une excellente maîtrise de la lumière.
Aux environs des années 1900, un pianiste emménage dans l'appartement voisin de Lisa, jeune fille Viennoise qui tombera très vite amoureuse de cet homme. Devant la caméra de Max Ophuls, Joan Fontaine joue donc auprès de Louis Jourdan, tous deux transpirant de sincérité et de talent. Noir et blanc sublime, musique envoutante, caméra fluide, Lettre d’une inconnue nous présente certainement la plus belle romance du cinéma : l'histoire d'un amour malheureux mais incessant, la confession d'une femme amoureuse oubliée. Bouleversant à souhait, l'adaptation du livre de Stefan Zweig (1922) a été justement menée par Max Ophuls, qui nous livre un film sans fausses notes, magnifique et émouvant.
Je suis ravi d'avoir regardé ce film ! J'avais lu (il y a longtemps, quand j'étais étudiant !) la nouvelle et je me souviens avoir été bouleversé par l'oeuvre et je voulais la redécouvrir. J'ai eu un peu de mal à m'y mettre au départ car mes souvenirs me paraissaient différents mais finalement je ne regrette pas du tout ! C'est captivant, triste et poignant ! Les acteurs sont remarquables (Cocorico pour Louis Jourdan qui illumine ce film !) et on en ressort triste et désabusé ! C'est vraiment beau !
On pourrait être perturbé au début du film par sa lenteur, mais franchement, quelle histoire belle, triste, pessimiste, quels acteurs (et actrices), quelle réalisation élégante et quelle écriture des personnages. C'est un film raffiné, un film élégant, un film triste... Pas la claque que j'espérais mais très très bon tout de même.
Magnifique film, plein de sensibilité, d'une grande beauté. On s'identifie facilement à cette Lisa, à la fois rêveuse, naïve et très touchante, et on souffre pour ce Don Juan incapable de reconnaître ce après quoi il a toujours couru, sans le savoir. L'effet mélodramatique est parfaitement atteint.