Requiem pour un massacre
Note moyenne
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197 critiques spectateurs

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norman06

425 abonnés 1 827 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 avril 2019
Un chef-d’œuvre du cinéma de guerre et un poignant voyage au bout de l'enfer, meilleur film d'un immense cinéaste russe à redécouvrir.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2019
Tout part de l’intérieur : l’intérieur du cœur, l’intérieur du village, l’intérieur de la famille. Au contraire d’une étude qui partirait du général pour arriver au particulier, l’on part du propriétaire particulier pour arriver au général des armées. On ne sort pas de la famille : on en jaillit, comme jaillit la guerre et ses points chauds imprédictibles narguant les spécialistes : a-t-on jamais vu, en géologie comme en histoire, que la Biélorussie était volcanique en 1943 ? C’est pourtant bien là que Klimov va trouver ses brouillards photogéniques et ses forêts à faire sauter.

Car le premier choc vient de ces explosions, bien réelles, et que le réalisateur a l’audace de laisser sur les mêmes plans que ses acteurs. Le jeune talent Alekseï Kravchenko témoignera même avoir entendu siffler de vraies balles juste au-dessus de sa tête, ce qui rend presque fade l’utilisation d’uniformes authentiques. Dans cette réalité froide, on va lentement s’approcher du trauma, de bouleversements qui s’apprêtent à changer un jeune soldat naïf dans une stoïcité frugale – qui devait être induite par hypnose chez l’acteur, à laquelle il s’est finalement révélé insensible.

C’est peut-être aussi bien qu’aucune brume n’ait voilé ses yeux candides, car en eux, c’est toute l’histoire de la Russie qui défile, de la première bombe à la première désillusion, jusqu’aux secondes fois qui déjà prennent des airs horribles de banalité. Oui, les acteurs surjouent abominablement, mais n’est-ce pas la guerre qui est surjouée en premier lieu ?

Ce qui n’arrive qu’aux autres n’est pas forcément exceptionnel. C’est sur cette remise en cause que l’on entre dans la partie totalement poétique de l’œuvre, celle qui excuse que sa volonté ultime tienne du piédestal au devoir de mémoire autant que du cinéma. C’est la cité souterraine des Morlocks qui s’élance vers son ennemi fragile, en rêve, pour l’aveugler et l’assourdir. Mais ce n’est pas le cas pour le spectateur : il a tout loisir de contempler les jeux de lumière sur une cigogne ignorante, prête à remplacer avec zèle les générations que l’humain gaspille, ou d’ouïr avec les délices les sons étranges, ces voix étouffées et ces bombardiers dont les résonances extraterrestres nous rappellent à Solaris (Andreï Tarkovsky, 1971). Il peut aussi admirer le transport sans heurts de la caméra sur de longs et littéraux travelings, qui nous emmènent sur les chemins de Russie et sur ceux d’émotions à venir.

Finie la poésie, finis les langoureux allers-retours entre les deux mondes prosaïques de la vie et de la guerre, qu’à l’époque d’une Guerre Froide plus virulente, nous nous amusions à gai-luronner dans La Grande Vadrouille. Quel pas de géant entre les deux : la Russie de Klimov est si profonde, d’ailleurs, qu’on oublie que la Seconde Guerre mondiale s’est jouée avec les Américains. Et tant mieux !

La guerre, c’étaient aussi les Russes et les Allemands, dans toute la rancœur et la légitime défense hypocrites suivant le rompement du Pacte germano-soviétique, et des massacres inhumains dans ces régions qu’on a l’habitude culturelle de considérer comme froides, grises, inintéressantes, peuplées de diédouchkas bûcheronnant et de babouchkas enfoulardées. 628 bourgades ont été effacées de la carte en Biélorussie, nous accuse presque un carton épilogique rouge sur noir ; a-t-on encore envie de brandir macabrement la sordide médaille décernée chez nous par l’ennemi à Oradour-sur-Glane ? 628…

On ne voit qu’une de ces 628 bourgades dans le film ; une seule et pour de faux, c’est déjà une grande charge émotionnelle pour un seul film. Ne lésinant pas sur les dangers du tournage, Klimov fait tout faire par ses myriades de figurants. Il leur a bien fait comprendre l’ampleur et la gravité du sujet, et qu’un témoignage de guerre totale ne saurait être qu’un film total, mené dans toute sa gloire soviétique par un acteur total de 16 ans. On arrive à ne plus être sûr que ce sont les flammes ou les gens qui crient.

Au milieu des flammes, des blessés, des figurants qui se salissent et souffrent de façon si visible, pas de doute : Klimov est le Diable, s’amusant à remplacer la métaphore du diablotin sur l’épaule par un loris sur celle d’un commandant allemand, pour un peu d’exotisme. Le Diable, on l’appelle aussi le Malin : malin d’être jusqu’au-boutiste, de bouter le feu, de dépeindre l’enfer dans des images d’une dureté terrifiante.

Se rapprocher de la vérité, c’est dire la vérité, mais plus important encore, c’est en rapprocher l’Occident moderne (surtout quand il refuse à se croire près de ses utopies), et cela nous rappelle (si ça ne nous l’apprend pas) que les horreurs les plus viles ne sont jamais très loin, et qu’il y aura toujours des gens pour les révérer. Mais il y aura aussi toujours un chemin s’enfonçant vers la forêt et qu’on pourra pratiquer avec l’impression de savoir où l’on va. Requiem pour un massacre restera dans ma mémoire comme le meilleur film de guerre que je connaisse à l’heure actuelle, avant Il faut sauver le soldat Ryan et Lettres d’Iwo Jima.

septiemeartetdemi.com
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 octobre 2018
Requiem pour un massacre sorti en 1985, dernière œuvre du réalisateur Russe Elem Klimov et sous doute l'une des œuvres les plus dures méconnus traitant de la guerre et de la Seconde guerre mondiale.
Basé sur des faits réels, elle raconte comment de nombreux villages biélorusses et ses habitants fut détruits et massacrés durant l'une des périodes les plus sombres de l’histoire au regard de ce jeune résistant (Florya).

Une réalisation particulièrement bien soignée et menée, des images presque authentiques, dures, frappantes accompagnée par une bande son quelques fois dérangeante mais bien intégrée au contexte. Des plans séquences très expressifs et dont le réalisateur s'en sert comme outil émotionnel mais aussi des gros plans sur certains personnages comme Florya (que l'on voit à plusieurs reprises) parfois un peu long. C'est ce que l'on peut retenir de ce film durant deux heures

Avec atrocité, le réalisateur montre les souffrances endurées par ses villageois avec une première partie centré sur le personnage de Florya ainsi que cette petite fille dans une ambiance étrange, malsaine ou l'on peut remarquer ces plans expressifs entre autre et une seconde partie qui petit à petit avec intensité et crescendo va nous montrer l'insoutenable en assistant à des scènes particulièrement choquantes : spoiler: je pense à cette église dont l'on enferme ces villageois puis brulés par les nazis ou encore dans la première partie du film ou l'on montre cet homme brûlé face à Florya, cette petite fille au lèvres en sang et au visage écorché


De plus ce film est touchant par son personnage principal qui repose sur tout le film : Florya incarné par Aleksei Kravchenko jouant avec brillance son rôle que l'on se prend d'affection et que l'on à pitié pour lui.

Klimov pour sa dernière œuvre tire un récit glaçant d'une Biélorussie martyrisée en horrifiant le spectateur dans cet œuvre méconnu mais grandiose. Un travail conséquent à été fait sur le son et les plans avec deux petits bémols tout de même à noter : les gros plans parfois un peu long sur les personnages et la bande son dérangeante et peu agréable par moment mais volontaire de la part du réalisateur pour rester dans son environnement. Mais c'est surtout ces images insoutenables qui marquent fortement les esprits. Un travail visuel, sonore et sensoriel mis en scène et maitrisé efficacement

Traumatisant, ce chef-d’œuvre est incontournable pour les fans de films de guerre. A voir pour un public avertis malgré tout
JoeyTai
JoeyTai

25 abonnés 485 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2018
C'est un film de guerre très dur. Le conflit sur le front de l'est est vu à travers les yeux d'un gosse de 14 ans. Le réalisateur n’épargne rien au "héros" : enthousiasme de celui qui veut se battre comme les autres, sidération devant la violence brute du 1er bombardement, dégoût devant la découverte de la nature exterminatrice de cette guerre, où aucune différence n'est faite entre soldats et civils... Le visage candide de l'ado va progressivement porter le poids de toutes les atrocités auxquelles il a assistées. De nombreuses scènes sont poignantes voire insoutenables. La mise en scène est efficace, très travaillée. Les acteurs sont eux excellents. La jeunesse et la candeur du héros, de même que l'absence de personnage récurrent à ses côtés aboutissent à ce que soit absent tout débat idéologique durant le film. Le réalisateur nous fait partager à hauteur d'homme le terrible parcours de ce jeune soldat qui essaie juste de survivre dans ce cauchemar.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 août 2018
Indéniablement, ce film est un choc, une exploration de la folie humaine au sein d'un des conflits les plus meurtriers de l'histoire, une course effrénée vers le chaos le plus absolu. Visuellement, le film est beau, avec quelques plans à tomber par terre, y compris lorsqu'il nous plonge dans l'horreur. Mais ce n'est pas beau pour frimer, c'est beau parce que le cinéma russe est comme ça, avec des plans composés de manière remarquable et des lumières sublimes. Oui, mais voilà, c'est un film de guerre aussi, du genre qui nous fait partager le sort des civils plutôt que celui des militaires. Peu d'action, mais de la peur, de la boue, du sang, le froid, la misère, la survie, le feu, les larmes. Difficile de trop parler du contenu, qui se découpe en une poignée de séquences, parfois trop étirées à mon goût, avec un son envahissant, qui vous pousse aussi aux confins de la folie. C'est un choc, c'est tout, une oeuvre qui ne conviendra pas à tout le monde, à réserver à un public averti. C'est surtout un film qui fait passer "Apocalypse now" pour un film de vacances dans une station balnéaire du Vietnam. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 avril 2018
Excellent film relatant de l'intérieur la shoah par balle. Permet de mieux comprendre de livres comme les bienveillantes par exemple.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 janvier 2018
Réalisé de main de maitre par un réalisateur un peu oublié, hormis ce film. Certaine scène sont presque insoutenable tant que c'est fait avec réalisme.
peter W.
peter W.

56 abonnés 1 137 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 novembre 2017
Le film avance comme un roulot compresseur dans l' horreur de la guerre, amenant le jeune héros aux frontières de la folie. La réalisation est caractéristique des productions de l' urss mais sans véritable propagande, On retrouve ainsi malgré tout des moments de poésies et d'humour mais aussi quelques lourdeurs.
X  M.
X M.

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mai 2018
amener le cinéma à un tel niveau est inimaginable. quelle expérience ! quelle intensité ! quelle beauté ! tout y est réussi et magnifié. onirique et réaliste. humaniste et destructeur. l'amour et la haine. la folie et la conscience. le film fait évoluer son personnage de manière tragique. et quelle technique de cinéma! des plans séquences au cordeau, une photographie éblouissante et une mise en scène parfaite. un tournage dantesque. de tous les films de guerre celui ci est sans doute le plus jusqu'au boutiste, le plus beau, le plus dur. celui qui laisse le spectateur dans un autre monde même 30 min après son long plan de fin. une merveille absolue !
Davynch Lid
Davynch Lid

1 abonné 84 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 août 2017
1984, c'est le titre d'un bouquin de George Orwell, mais c'est également la date où un certain Elem Klimov livrait le film phare sur la seconde guerre mondiale. A travers les yeux de Fliora, le spectateur découvre l'étendue du chaos qui règnait alors en Union Soviétique. Les mots me manquent pour essayer de décrire l'impact que peut avoir ce film dans le coeur du cinéphile. Ce chef d'oeuvre est capable de s'introduire dans vos connexions neuronales et d'y injecter le véritable sentiment du dégoût. Klimov nous enseigne l'aversion de la guerre à travers une représentation plus que réaliste des évènements. De chaque plan se dégage une odeur de charogne où la folie des hommes donne le vertige. Dans cette apocalypse presque irréelle, l'Homme tente de survivre dans un monde devenu fou. Fliora est le témoin de cette démence guerrière qui s'insinue en lui comme un poison. La caméra de Klimov traîne dans la boue, colle aux basques de soldats aux regards vitreux et s'envole dans les airs pour nous tendre le reflet nauséabond de ce qui semble être l'enfer. La réalisation de Requiem prend le spectateur à la gorge et lui offre le grand spectacle de la mort. Un show sanglant et poussiéreux traversé de moments lumineux où seule la poésie permet de reprendre son souffle. Ce voyage au bout de la nuit soviétique enfonce la tête du spectateur dans les tripes encore tièdes des victimes de la guerre. Klimov ne veut pas que l'on se dérobe face à la vérité : il nous révèle l'indicible. Ce cauchemar éveillé utilise à la perfection la puissance évocatrice du cinéma. Par sa virtuosité technique, Klimov nous donne à voir, à entendre et à comprendre. "Va et regarde" comme il est indiqué sur l'affiche.
Eprouvant, bouleversant, surpuissant...Le Cinéma dans toute sa splendeur. Accrochez vous, l'expérience en vaut largement la peine. Note : Le film est également connu sous le nom de Come And See. A ne surtout pas regarder en VF, la voix de Fliora étant assurée par le doubleur d'Arnold de Arnold et Willy.
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 629 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 août 2017
Un film âpre tant visuel que sonore qui mise beaucoup sur l’expression faciale de son héros qui vieillit peu à peu.
Jerome G.
Jerome G.

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 juillet 2018
Ce n'est pas un film, ce n'est pas un documentaire, c'est une plongée, une immersion sans protection dans l'abject, la folie, les atrocités de la guerre.
Pas de héros, pas de monstres, si ce n'est le spectateur qui se verra partagé entre sa prouesse et son voyeurisme condamnable.
Pour certains rescapés des Einsatzgruppen cette fresque que nous a dressé Elmer Klimov restera l'une des plus fidèle de ces années
Au plus proche de la réalité une immersion dans l'atroce
py314159
py314159

2 abonnés 144 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mars 2017
Les nazis en Biélorussie. L'absurdité de la guerre à travers le regard d'un adolescent. Très dur, notamment la deuxième partie du film.
Jerem69tt
Jerem69tt

138 abonnés 1 707 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 1 janvier 2017
Un film incroyablement confus et brouillon autant sur son scénario, ses personnages qui sont très durs à suivre ou son image et bande son. Il a pris un coup de vieux qui n’améliore pas la bande son déjà hasardeuse. Au niveau des personnages, on n’y comprend pas grand-chose notamment à cause d’un manque de dialogue, d’un manque d’explication et de contexte. L’atmosphère est lourde et sombre mais plutôt désagréable aussi avec des acteurs qui surjouent (notamment au début avec les regards et sourires). Le rythme est lent et l’ensemble est bourré de longueurs. La guerre, on connait et ce film ne porte pas vraiment d’intérêt, du coup on s’ennuie assez vite. Bref, un film avec beaucoup plus de défauts que de qualités et même s’il s’agit d’un film sur la guerre non réalisé par les américains, il ne vaut pas le détour.
edip89
edip89

1 abonné 48 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2016
Ce film est très réaliste et son atmosphère sur la Biélorussie de l époque es particulièrement bien réussi ! Film dure et a la fois poétique dans un univers sombre et violent ! Bravo !
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