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Un visiteur
5,0
Publiée le 4 janvier 2010
Ce splendide et fascinant chef-d'oeuvre complètement inconnu, signé Yasuzo Masumara est un des plus beaux, un des plus aboutis et un des meilleurs films de tous les temps... Bien que Citizen Cane soit placé en 1er dans la liste des plus grands films de tous les temps, je placerai sans conteste ce film au sommet de ce classement... Je n'ai jamais rien vu d'aussi somptueux...
Onirique et byzarre mais bien témoignage sur la séquestration; on ne peut passer à coté de ce 'Blind Beast' japonais du fait des préférences originales des auteurs évitant toute allégorie facile, et comment rater de toute façon la scène de la caravane + la séquence du mur ou la Bête rencontre son châtiment final?
Un film très étrange sur le plaisir des sens. Plutôt prenant les trois quarts du film mais la fin est vraiment bizarre, et peut être dérangeante pour certains, notamment ceux qui n'ont pas l'habitude des drames japonais.
Troublant, séduisant et viscéral, la bête aveugle est un joyau du cinéma asiatique. Rarement, l’univers du tactile n’a jamais été magnifiquement exploité sur pellicule. L’idée de transposer une histoire sur un aveugle sensible au monde de l’art, en particulier à la sculpture, un des seuls arts plastiques permettant le toucher, est fantastique. Par la virulence des répliques, de la mise en scène et de la gestuelle des interprètes, le film nous fait oublier l’oppressante mise en scène, en huis clos. Emotionnellement marquant et souvent sidérant par les situations assez improbables, un superbe film…
La recherche du désir est aporétique mais c'est une métaphysique sensationnelle, où l'on s'adonne jusqu'à la mort, en ignorant tout le domaine de la perversion. La bête aveugle ne sait la raison pour laquelle elle agit, mais ne sait pas non plus si elle sombre, si elle se rassasie. C'est ce que le film raconte mais ne parvient pas lui-même à s'instruire. Car, si j'imagine cette facilité confuse du thème du désir et de sa suprématie aveugle, c'est simplement parce que c'est suranné, limité et maintes fois repris pour se croire philosophe.
Un film à l'atmosphère étrange et assez envoûtante mais c'est surtout sa 1ère partie qui est réussie, dommage que le réalisateur n'est pas assez insisté sur l'aspect thriller de l'histoire ; la 2nde partie vire vers le morbide mais le final a vieilli de nos jours et peine à réellement nous révulser. La Bête aveugle est intéressant à voir, le meilleur moment du film reste sans doute la découverte du hangar ou sera séquestré l'héroïne. La musique est jolie.
Novateur pour l'époque, ce film a malheureusement mal vieilli... Et puis quelle exaspération avec cette voix-off redondante nous cassant presque les oreilles!... Ceux qui espèrent retrouver dans "La bête aveugle" toute la force et l'odeur de soufre qu'ils ont pu percevoir dans "L'Empire des sens" seront déçus...
Si le cinéma possède une limite, c'est bien celle de sa seule sensation visuelle et auditive. En plongeant les images de son film dans une obscurité cloisonnante, Yasuzo Masumura tente d'amener «Moju» (Japon, 1969) dans l'appréciation du toucher. Tentative ardue même si la réalisation de Masumura arrive à cesser sa confusion des sens aux instants propices. Tout débute avec les photographies du corps enchaîné d'une femme, un corps déjà perdu dans le noir. C'est celui d'Aki. La tendresse de son corps, immortalisée par une statue d'elle même attirera les désirs tactiles de l'aveugle Michio. Après une duperie, l'aveugle enlèvera Aki et la séquestrera pour sculpter d'après ses attouchements son «chef d'oeuvre». Emprisonnée dans une cave avec deux corps géants de femmes sculptés en son centre, Aki tentera en premier temps de fuir la folie artistique de l'aveugle. Mais la lassitude gagnera la jeune femme et elle s'abandonnera à Michio. Leur amour transcendera la sensation liminaire de la vue et trouvera son accomplissement dans le toucher. A mesure que leur passion grandit, leur toucher aussi, si bien qu'il leur faudra pénétrer la peau, la scalper, la déchirer, l'arracher. «Moju» illustre alors une relation sadomasochiste qui les mènera à une mort hideuse, les membres du modèle Aki sectionné par Michio. C'est dans sa lente puis soudain chute vers la folie que «Moju» étonne et peu très aisément choquer le spectateur. Si l'invraisemblance passionnelle de la conclusion apparaît soudainement, le film arrive à palier ce défaut par une réalisation parfaite soutenant l'étrange expressionnisme des décors. In fine, l'appréciation du toucher fait peu effet, c'est surtout l'effroi de la passion qui saisit. «Moju» possède donc l'épuration du cinéma japonais, la fascination pour la passion qui semble caractériser le cinéma de Masumura et l'ambition ( forcément raté il faut l'avouer ) de dépasser le cadre de la vue.
Attention, film choc qui risque d'en étonner plus d'un. Cinéaste trop méconnu en France, Masumura a réalisé des films très différents les uns des autres. Celui-ci est une perle surréaliste qui prend la forme d'un huis-clos étrange. Tout d'abord, le film intrigue par un jeu d'acteur assez outré. Puis, la découverte du décor principal (magnifique et totalement surréaliste) fascine. Enfin, ce sont les relations très particulières qui se tissent entre les deux personnages principaux qui font glisser le film vers l'oeuvre culte instantanée. On prend alors conscience de la filiation avec un autre film japonais plus tardif, à savoir "l'empire des sens" de Oshima. Autre référence bien plus récente : "Audition" de Miike. Voici donc un film à ne pas manquer pour tous les amateurs de films trash et osés.
Film qui me semble un peu vieilli : manque de réalisme peu excusé par l'année de sa réalisation. Thèmes à foison : vampirisme, névroses, représentations de la femme à travers deux portraits, et de l'homme esclave de celles ci... Mais quelle confusion, jamais de choix, une rigidité et un extrémisme du discours. Le film est sauvé par un dernier quart d'heure qui n'épargne rien aux spectateurs, et par la beauté de l'actrice. Peut être faut il avoir une connaissance de la société japonaise pour mieux comprendre les idées du réalisateur ?
Un film ambitieux, mais malheureusement empêtré dans ses lourdeurs. Des dialogues pesants nous expliquent ce qu'on a déjà compris, et l'emphase des dernières scènes les font basculer dans le ridicule, au point de provoquer des rires dans la salle où j'étais.
La critique est unanime, le film est encensé... J'ai un avis moins tranché (enfin si l'on peut dire!!!) : d'un côté une actrice superbe, un décor hallucinant, un thème prometteur et un début du film qui, en dépit de ficelles narratives un peu grosses et d'acteurs qui surjouent, laisse espérer une suite ulta-sensuelle et envoutante, avec cette idée de communication uniquement tactile... J'attendais du Wong Kar Wai en fait...
Et là patatra !! On arrive à un remake de l'Empire des sens ! L'Empire du sens du toucher en quelque sorte... Un prétexte d'amour / passion pour montrer le masochisme poussé à l'extrème... Désir de choquer absolument? Fantasmes refoulés du réalisateur?
Cette fin irrespirable a provoqué quelques départs dans la salle, et à la limite si le but est de choquer les spectateurs pourquoi pas ; mais aussi pas mal de rires devant l'énormité de la chose (dont le mien), ce qui est dommage au vu de l'intensité dramatique et émotionnelle recherchée...
Bref, comme pour l'Empire des sens, j'ai un peu de mal à comprendre l'engouement de la critique et à être enthousiaste...