La Mort en direct
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Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 décembre 2020
« La mort en direct » (1980) est « le » film de science-fiction de Bertrand Tavernier qui – bien qu’avant la télé-réalité n’ose les pires choses -– raconte la mort en direct de Katherine Mortenhoe (Romy Schneider) filmée par l’œil-caméra de Roddy (Harvey Keitel,) pour le producteur de la télé NTV, Vincent Fireman (Harry Dean Stanton). L’idée est excellente mais le film pâti d’une lenteur à son démarrage et quand l’histoire s’installe, les émotions et la relation psychologique entre les 2 principaux protagonistes ne sont pas assez creusées. On a par exemple du mal à comprendre pourquoi Katherine suit Roddy et on finit par tourner en rond dans la fuite des 2 personnages jusqu’à ce qu’ils retrouvent l’ancien mari de Katherine interprété par le grand Max von Sydow, dans une scène qui magnifie la fin de ce film de 2 h 08 !
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 316 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 juin 2019
Romy Schneider, Harvey Keitel, Harry Dean Stanton et Max Von Sydow, le tout, devant la caméra de Bertrand Tavernier ! Comment (re)passer à côté de ça ? Alors, cette "Mort en direct" est-elle réellement une anticipation de ce que l'on appelle la télé-réalité ? Quand on voit ce film de nos jours, on est de suite tenté de répondre oui, c'est automatique, étant donné que le phénomène pollue les écrans de télé un peu partout. Mais, à l'époque, en 1979, je pense que personne n'a pu prédire pareille chose. Je crois que rien ne poussait à penser qu'un jour ça existerait. Moi, je pense qu'il s'agit d'un film simplement futuriste comme il s'en faisait à l'époque mais qui, encore une fois, trouve davantage d'écho de nos jours. En revanche, ce qui est certain, c'est que l'on a un questionnement à propos de la Mort et de son inéluctabilité. Bon, Tavernier, on le connaît. On sait quel regard il porte sur ses sujets. On sait que ce regard est très clinique et surtout froid. Et là, on ne déroge pas à la règle. Et, comme pour intensifier cela, on a mis les décors au diapason. Il n'y a qu'à voir la ville de Glasgow : sale, délabrée, grise, tout pour plaire quoi. Et, quand nos deux personnages principaux s'éloignent pour aller respirer l'air de la campagne, on tombe dans un environnement humide et brumeux. C'est vrai qu'il propose la matière suffisante pour faire travailler nos neurones ce film. Mais, il est tout de même assez compliqué de s'y intéresser pleinement. Tavernier a opté pour un rythme lent. Là n'est pas le souci. Le souci est que, à plusieurs reprises, le film comporte des longueurs qui le plombent nettement. Et ça, ajouté au rythme volontairement voulu, c'est un cocktail qui passe mal. Et, à ce titre, les vingt dernières minutes sont vraiment chiantes et n'apportent pas grand chose. Reste ensuite le trio, au sein duquel Dean Stanton est incontestablement le meilleur. Dans tous les cas, il faudra y venir à cette "Mort en direct", mais elle n'est assurément pas le film tout indiqué pour celles et ceux qui souhaiteraient découvrir le travail de Tavernier.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 février 2019
Entre True Woman Show en plein air et dispute orwellesque des droits à l’image, La Mort en Direct a de quoi impressionner. Plaçant la morale au centre des préoccupations d’un monde si parfait qu’il en a des airs de post-apocalypse, il devrait, en toute logique, carburer au dilemme. Doit-il seulement aux décors 100% made in Scotland d’être mis au ban de son potentiel ?

Le film parle d’authenticité, parce que le vrai nous manque dans cet univers où tout est aseptisé comme dans Brazil et où l’on court après des pilules comme si elles remplaçaient la trotteuse des montres. Il y a un côté très 80s dans cette manière de représenter l’enfermement du monde sur lui-même par un prolongement du quotidien, comme dans le déni de l’explosion moderniste. Mais cet aspect rétro ne suffit pas à expliquer l’autarcie placée comme fondement du scénario : il manque quelque chose à ce monde, des connexions ; le luxe du plaisir télévisuel et la décadence du loisir, transformant l’agonie de Katherine Mortenhoe en thème de série télévisée, ne font pas tout. Roddy le caméraman-voyeur va s’en rendre compte, d’ailleurs.

À travers des personnages au caractère bien affirmé mais mal développés au-delà de leurs points forts et faibles, on avance en pointillés, on est en manque de métaphore. Les blancs des dialogues s’étendent comme des blancs dans la trame même de l’histoire, si bien qu’on est balloté par une vie que le régisseur peine à nous faire passer pour aussi exceptionnelle qu’elle doit l’être dans l’œil du téléspectateur, celui qui, dans l’histoire, se délecte qu’une personne meure. Katherine, mourante, supposément en fuite, nous fait caresser la dimension banlieusarde de la cité, aspect qui ajoute au moins à l’immersion sans devoir être ostensible comme le reste, mais sans non plus ériger l’ennemi au rang monstrueux qu’il mérite, ni justifier la montée chez Roddy d’un regret si profond qu’il va tout changer.

Les sentiments sont là, mais abstraits, éthérés, comme si on avait oublié de les arc-bouter et de les mettre en forme. C’est un « crève ou marche » lymphatique et presque mièvre, plein d’idée et en toute confiance dans son Scotlywood, mais plat comme les Lowlands.

septiemeartetdemi.com
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 février 2019
Un immense film de Bertrand Tavernier, porté par un formidable duo d'acteur,s Harvey Keitel et Romy Schneider, au sommet de leur art.
Les dialogues et le scénario, écrits d'après un roman de science fiction, sont excellents. Les thèmes traités dans le film, notre difficile face à face avec la mort, la toute puissance de l'image, les dérives de la télé réalité, l'homme robot, le pouvoir du cinéma, la liberté humaine : c'est un film d'anticipation qui dépeignait en 1980 le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, avec une immense poésie, sur fond de ciels brouillés et de lochs écossais. Magnifique. J'envie ceux qui ne l'ont pas encore vu et qui vont le découvrir.
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 897 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2018
Nouvelle présentation en Cinéclub à un public âgé. Une partie de celui-ci n'adhère pas au cynisme des médias poussé à l'extrême de filmer la mort: ah si Romy pouvait s'en sortir! La mise en route est un peu longue mais l'intrigue bien présentée. Le traitement des abus de la téléréalité reste prémonitoire et la vision de Tavernier parfaitement lucide. Il manque l'étincelle de génie pour en faire un film inoubliable, comme souvent chez lui. Tavernier a du repenser à celle qu'il a filmé en train d'embrasser son fils David dans ce film. Deux ans plus tard, les deux avaient disparus. Quand la fiction devient réalité... Novembre 2018. // Découverte de ce film de 1980, en compagnie de Max Von Sydow lui-même, qui ne quitte plus le Festival Lumière, Tavernier et Fremaux le suivent à la trace. Il reste avec le public pour revoir sa prestation durant le seul dernier quart d’heure de Death Watch, dans le rôle de l’ancien mari (destiné initialement à Noiret). Suis resté avec l’impression que Tavernier ne tire pas de ses acteurs exceptionnels, le meilleur de ce qu’ils pourraient faire, tout en restant excellents. Reste un scénario qui aujourd'hui n'est plus d'anticipation, glaçant portrait du cynisme des magnats de la téléréalité. La science-fiction de la caméra implantée dans les yeux n’est pas une chimère, juste une question éthique de plus à affronter: on le fait ou pas? Tourné dans une Ecosse aux paysages âpres et chatoyants de couleur, aux friches industrielles chargées d’histoire et aux banlieues laissées à l’abandon, La mort en direct ne fait pas dans le banal. Romy a vraiment accepté de jouer beaucoup de rôles éprouvants, et de face à face avec la mort. Son acceptation d’une fin proche après la révolte initiale , ne peut que rappeler des cas personnels vécus autour de soi. Cinéma vo octobre 2012.
chrischambers86

16 171 abonnés 13 133 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 novembre 2021
Bon, Harvey Keitel ne colle pas au personnage de Roddy! Mais Romy Schneider ètait une grande dame sereine, èpanouie, dont l'enthousiasme et la beautè rayonnaient sous toutes ses formes! Et même sous la direction de Bertrand Tavernier dont on connaît l'influence et qui signe là son cinquième long-mètrage, elle restait identique : sans dècevoir un seul instant, elle continuait à sèduire de la plus belle manière qui soit! Dans le grand boom des superproductions de S.F de la fin des seventies et du dèbut des 80's, Tavernier signe un thriller visionnaire, une rèflexion sur la « tèlè rèalitè » . Un film de S.F dont la vedette est surtout la mort! Dans un Glasgow dèlabrè, voici donc une oeuvre qui dèborde d'informations, d'analyses, d'inventions visuelles, de formes de reprèsentations qui le rend parfois impermèable à la poèsie du hasard! C'est un peu long mais le sujet choisi, grave et primordial, nous interpelle avec passion! il dit le drame des communications difficiles et l'obsession de la mort! Tavernier s'y implique avec un entêtement courageux! Sachons lui rendre justice! On notera la très belle photo du grand Pierre-William Glenn...
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 septembre 2018
Il faut reconnaître à Bertrand Tavernier un talent (parmi bien d'autres!) : le réalisateur n'est presque jamais là où on l'attend. Même si le film est adapté d'un roman, voir le cinéaste, habituellement plus intéressé par le passé, avoir cette fois une vision pour le moins pessimiste de l'avenir a quelque chose d'assez fort, d'autant que s'il va évidemment un peu loin, le voir quasiment imaginer la télé-réalité environ vingt ans avant son avènement étant notamment assez troublant. Après, c'est Tavernier : son regard est froid, clinique, presque distant, les décors sinistres et déserts qu'il filme, symbole d'un monde où l'éducation et la culture n'ont quasiment plus leur place, pouvant freiner un certain nombre de spectateurs : je le comprends, d'autant que le rythme peut parfois ralentir. Mais voilà une œuvre ayant du sens, ne cédant jamais à la facilité, sans pour autant avoir une démarche « poseuse » ou se disant que la force du sujet suffira. Il y a un vrai propos, des choix qui sont faits, un regard inquiet et inquiétant tout en cherchant toujours une part d'humanité chez chacun des personnages, aussi méprisables soient certains. Belle osmose également entre les comédiens, faisant preuve de beaucoup de subtilité, de complexité pour les rendre accessibles, du moins qu'on les comprenne. Harvey Keitel et Harry Dean Stanton sont excellents, tandis que Romy Schneider fait une nouvelle fois preuve de sa sensibilité, de son élégance, de sa beauté rayonnante, sans oublier l'un des dix plus beaux sourires de l'Histoire du cinéma, sans aucun doute... Bertrand Tavernier n'aime pas la simplicité, le manichéisme et le prouve encore avec beaucoup de talent, même si un peu plus de chaleur et une bande-originale d'un goût discutable peuvent, notamment, prêter à discussion. De quoi ne pas rester indifférent, en tout cas.
SociN
SociN

13 abonnés 636 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 avril 2018
Malgré un casting 3 étoiles et une idée (la critique de la télé-réalité) extrêmement en avance sur son temps, le film pâtit d'un rythme beaucoup trop lent et d'un manque d'émotion. Il inspirera pourtant vraisemblablement Runing man et Truman show presque 20 ans plus tard.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2018
Lumière magnifique, décors impressionnants, très belle musique signée Antoine Duhamel : ce long-métrage international de Bertrand Tavernier parvient à créer une atmosphère suspendue, à cheval entre le polar et la science-fiction. Romy Schneider et Harvey Keitel sont superbes dans des rôles difficiles. Critique visionnaire des excès de la télé-réalité et du règne des images parasitiques, La mort en direct est un film exigeant, difficile d'accès et parfois long dans certaines séquences. Comme si Bertrand Tavernier avait voulu réaliser une œuvre qui serait elle-même l'inverse du fléau voyeuriste et nauséeux qu'elle dénonce, et donc ni intrusive ni racoleuse mais au contraire élégante et pudique.
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 mars 2018
Un film assez saisissant d'avant-gardisme dans son scénario. On assiste ici à une anticipation de science fiction, sans le moindre effet et qui pourtant, 30 ans après reste d'une grande modernité. Au-delà du scénario d'exception, cela reste du grand Tavernier, fluide, naturel, sans chichi mais filmé avec brio. Et puis Harvey Kettel et Romy Schneider crèvent l'écran dans cette histoire bouleversante aux personnages complexes.
DAVID MOREAU
DAVID MOREAU

160 abonnés 2 376 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 mars 2018
QUE LA FÊTE COMMENCE. Demain, dès l'aube, je partirais. Romy face à son destin. L'escalade de la télé réalité. Visionnaire en 1980 mais débridé de nos jours. Le dernier voyage d'une condamnée. Il faut vivre avec son temps, et le notre a bien changé. Dictature des images, solitude, une formalité désagréable. Nous l'avons tant aimée.
cameradine
cameradine

23 abonnés 90 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2018
Ce qui frappe, dans cette histoire, c'est de constater que ses thèmes (le voyeurisme de la télé-réalité, le transhumanisme) sont toujours, voire même plus que jamais furieusement d'actualité près de quarante ans plus tard ! Romy Schneider et Harvey Keitel bouleversent, elle, belle sans artifices et digne malgré ce que son personnage traverse, lui, gagnant en humanité au fur et à mesure que son personnage prend conscience de l'indignité de ce qu'il inflige à Katherine. Max Von Sydow fait également une apparition remarquée à la fin du film, volant presque la vedette à ses partenaires dans le rôle de l'ex-mari de Katherine. Seule la technologie a pris un petit coup de vieux, et l'on imagine sans peine ce que l'opération de Roddy pourrait donner avec les moyens d'aujourd'hui !
Mathieu B.
Mathieu B.

43 abonnés 835 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 février 2018
C’est pas récent, il ne faut donc pas être allergique aux vieux films. Et puis il faut être patient parce que la première heure est longue, mais longue... puis l’histoire démarre vraiment avec la fugue des deux protagonistes et la deuxieme partie du film passe très rapidement et très agréablement.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2018
Le point fort du film est la résonance actuelle du sujet point de SF dans le style mais un semblant de banalité quotidienne.
Le thème est choc et fort. Je pensais Truman show le seul en son genre mais ici point de grand spectacle. On s’attache bien davantage à l’humain et à la maladie témoin les longues scènes de confidence entre les héros.
Il n’empêche que la dénonciation est radicale. Quel détestable perversion de l’homme envers ce besoin de voyeurisme qui atteint ici ses limites.
Choquant et maîtrisé par l’émotion.
pierrre s.

556 abonnés 3 428 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 février 2017
Une idée de départ excellente, mais le reste ne suit pas. Le thriller novateur et visionnaire de Bertrand Tavernier est plombé par un faux-rythme, et on s'ennui.
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