Un grand film, indiscutablement. Ce qui est extraordinaire avec Ingmar Bergman c'est son sens de la nuance psychologique : le spectateur a beau tenter de réduire les personnages à de simples traits de caractère, il déchante inévitablement. Psychologique est le cinéma du cinéaste suédois. Mais psychologisant, certainement pas. Sonate d'Automne, film d'intérieur - et qui, en ce sens, se rapproche plus d'un Cris et Chuchotements ou d'un Silence que d'un Septième Sceau - est une oeuvre de tumultes et de violences refoulées. Malgré son style visuel assez rébarbatif ( la photographie de Sven Nykvist n'a plus rien à voir avec celle du splendide Persona ), presque laid d'une certaine manière, le film étonne par son désespoir tour à tour inhibé et déballé, par ses petits personnages épris d'autodestruction et / ou d'autosatisfaction. Et finalement, quelque part, la beauté resurgit, dans cette lutte perpétuelle des sentiments humains, dans ce regard injecté de sang, dans cette main gauche s'enfonçant maladroitement dans un piano, dans le visage expressif d'une Liv Ullman acariâtre... Complexe et envoûtant, précis et mélancolique, Sonate d'Automne est un film sur lequel il faudra revenir : un classique.
Sonate d'Automne est un chef-d'oeuvre, n'en déplaise eux détracteurs de Bergman. Peu de cinéastes ont su comme lui capter les mouvements de l'âme et les élans du coeur humain. Ce portrait grinçant de relations mère/fille qui s'enveniment, tout en délicatesse et en subtilité, captive et prend aux tripes par ses dialogues virtuoses, par le face-à-face inoubliable entre Liv Ullmann et Ingrid Bergman, les deux femmes de la vie du cinéaste, et surtout par cette longue séquence, mythique, intense et émouvante et les rancoeurs de font jour, où la haine se déverse sans faire fi de l'amour que mère et fille peuvent se porter ; une immense leçon de cinéma. Lumineux mais glacial comme les vastes paysages suédois, concis et intimiste, le film évite néanmoins le pathos pompeux et livre un portrait de femmes poignants et inoubliable où l'art de la psychologie bergmanienne, sans parti pris autre que d'exposer la narration la plus nue, la plus à vif, et finalement la plus éloquente, illumine une histoire de départ au demeurant banale. Esthétiquement somptueux, aussi bien plastiquement que musicalement (musique qui se retrouve malgré elle presque telle un personnage de l'intrigue, à l'exemple de cette sonate de Chopin), Sonate d'Automne est une merveille, un bijou, un chef-d'oeuvre, ni plus ni moins.
Sonate D'Automne est le premier film que je visionne de la part du metteur en scène Ingmar Bergman, et je dois dire que je suis quelque peu déçu du résultat final. Certes l'interprétation est super, notamment le superbe duo Ingrid Bergman - Liv Ullmann qui est vraiment excellent, mais cette histoire s'avère pour ma part assez peu passionnante a visionner et j'ai eu du mal, à part sur quelques scènes, à m'interesser à cette histoire écrite par Ingmar Bergman lui-même. Une petite deception pour ma part, car je m'attendais à une histoire un peu plus captivante. 10/20
Sans être le plus éblouissant des films d'Ingmar Bergman, "Sonate d'automne" n'en demeure pas moins une oeuvre particulièrement profonde et marquante. Magistralement joué et doté de dialogues d'une grande intensité, ce huit-clos se fait rapidement étouffant, et même assez prenant. On pourra alors toujours reprocher à Bergman d'amener les conversations entre la mère et sa fille avec quelques lourdeurs, mais ce petit défaut est largement composé par toutes ces qualités de mise en scène et d'interprétation, les seconds rôles apparaissant intelligemment, sans jamais étouffer l'affrontement entre les deux principales actrices. Il se dégage ainsi une grande force de cette oeuvre singulière et très personnelle que je ne saurais que trop vous recommander. Marquant.
Un face-à-face glacial entre deux immenses actrices, respectivement Ingrid Bergman et Liv Ullmann. Une mère insensible retrouve sa fille qui l'a toujours admiré et, au cours d'une nuit d'insomnie, la fille va dire ce qu'elle n'a jamais pu dire à sa mère. A partir de cette histoire à priori simple, Bergman va développer tout ce qui fait le charme de son cinéma : toute la complexité de l'âme humaine. Un film brillant, un chef-d'oeuvre.
Rien à redire de ce film. Ingrid Bergman est vraiment excellente, Liv Ullmann paraît bien laide et adopte avec brio ce rôle de vieille fille. Cette nuit de conflit me restera longtemps dans l'esprit; les dialogues sont très fins et très intéressants. Que les films de Bergman sont beaux !
Sonate d'automne, réglement de comptes mère-fille.Un jour ou l'autre, on ne peut y échapper.La psychanalyse a été interdite en Suède, pays socialiste, jusqu'en 1968. De quoi les socialistes avaient-ils donc si peur, qu'on découvre les motifs et désirs secrets de l'âme humaine à travers ses agissements ? Voir aussi Fanny et Alexandre ainsi que Cris et chuchotements ( difficile celui-là, traite de la mort).
Qui suis-je pour critiquer Bergman? Un petit con prétentieux sûrement. Mais bon, autant j'ai adoré certains de ses films, surtout les comédies, comme "Sourire d'une nuit d'été", pleine de fraîcheur et d'esprit ; autant la vision de "sonate d'automne" m'a paru rébarbative et fastidieuse. Franchement, les relations capricieuses d'une fille de 50 ans avec sa mère de 70 ans, et sa soeur handicapée moteur, le tout appuyée par une image assez laide... c'est assez tristounet. Les critiques peuvent se branler dessus, je trouve pas ça très excitant. Surestimé.
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3,0
Publiée le 6 mai 2012
Les deux Bergman rèunis pour la seule et unique fois de leurs carrières respectives! La grande Ingrid, le gèant Ingmar et le thème, rècurrent chez le rèalisateur, de l'incommunicabilitè et de la solitude de l'être humain! Au côtè d'Ingrid Bergman, Liv Ullman est bouleversante! Pas le meilleur film du rèalisateur suèdois, mais les annèes de souffrance de la fille, la belle indiffèrence de la mère, sont bien retranscrites à l'ècran avec des scènes filmèes en gros plans, pris en champ et contrechamp! il faut-être un fervent adepte de l'incommunicabilitè et de la solitude pour adhèrer à cette histoire mais un huis-clos automnal d'Ingmar Bergman ne se refuse pas où celui-ci se sent plus que jamais portè vers le dèpouillement tel un Bresson ou un Dumont...
Une oeuvre psychologique absolument grandiose d'Ingmar Bergmann dans laquelle on assiste à une confrontation très forte entre une mère et sa fille... Un chef d'oeuvre inoubliable d'émotion et d'intensité à voir impérativement...
Un film psychologique superbement écrit... Avec mon actrice préférée Ingrid Bergman encore grandiose ! Je ne peut en dire autant de Liv Ullman que j'ai déjà vu plus inspirée. Son jeu de vieille fille à la limite adolescente pas finie est agaçant au plus haut point... Elle est femme et marié que diable ! La mise en scène manque de tension notamment dans certaines confrontations dont les dialogues en ont elles.
Encore un chef-d'oeuvre de Bergman qui réalise le plus grand film d'analyse psychologique sur la relation mère-file. Sonate d'Automne est une pure oeuvre d'art où l'analyse est construite dans la seule perspective artistique. L'enfance d'Eva est un traumatisme puisqu'elle est impuissante à exprimer par des mots ce qu'elle ressent face à sa mère puisqu'elle est tétanisée par son admiration envers elle. Elle intériorise sa souffrance, elle s'interdit tout bonheur, elle mutile son amour pour ne pas vexer sa mère. Dans cette relation de destruction la mère cherche l'amour de l'autre mais n'arrive pas à en donner car l'Humain ne lui provoque aucune émotions, seule la musique lui permet de ressentir. La mère feint l'amour et la fille réprime la haine, la mère est l'inachevée création et la fille est l'enfance inavouée, la mère est le tourment de l'indifférence et la fille est la mémoire traumatisée. La scène où la mère joue pour sa Eva est absolument magnifique, c'est la révélation de la haine, le regard terrible d'Eva, la décomposition de son visage, l'impassibilité de la mère devenue le maître face à l'élève. Eva accuse sa mère d'avoir créer la maladie d'Helena faute d'avoir créer l'amour, la maladie est un plein qui a remplacé le vide maternel. La musique est un instrument de torture pour Eva puisque sa mère s'abstente par elle et la domine par elle. Le jeu des deux actrices est absolument incroyable de vérité, la tension est abominable, Charlotte se ratatine et se liquéfie face aux révélations d'Eva. La dureté des paroles d'Eva lui permet de sacrifier ses démons sur l'autel de sa frustration. Elle devient adulte en inversant son rapport avec sa mère, en détruisant son créateur elle réalise son humanité et elle achève sa mutation psychologique.Chez Bergman l'évocation de l'absence fait blêmir la lumière, le récit de la souffrance durcit l'image et l'obscurcit, tout le propos psychologique fusionne avec laréalisation artistique.Une oeuvre bouleversante et insaisissable.
Je reviens une nouvelle fois à Bergman pour dire toute l'admiration que «Sonate d'automne» (1977) éveille en moi. C'est à nouveau la souffrance et sa racine dans les rapports familiaux qui occupent le réalisateur. «Sonate d'automne» explore en effet, avec une acuité confondante, les rapports conflictuels d'une mère, Charlotte, pianiste célèbre (admirable Ingrid Bergman), et de sa fille, Eva, mère au foyer, frustrée depuis la mort de sa propre fille de 4 ans (merveilleuse Liv Ullmann). Le film, admirablement mis en scène, nous montre avec une violence peu commune Eva reprocher à sa mère son absence, son incapacité d'aimer et son égocentrisme. La fille accuse en particulier sa mère d'être la vraie responsable du handicap d'Helena, sa soeur, qui vit avec elle, sous le même toit. Le coeur et la clef du film résident bien sûr dans la double exécution du même superbe prélude en la mineur de Chopin, d'abord maladroitement par la fille sous le regard de la mère, ensuite par la mère sous le regard terrifiant de la fille. Scène d'une beauté hallucinante qui fait inévitablement penser à «Persona» et au double récit d'Alma, répercuté d'abord sur le visage d'Elisabeth, ensuite lu sur celui d'Alma elle-même. Et on ne peut du coup éviter d'interpréter l'ouvrage plus en profondeur. Charlotte et Eva ne sont-elles pas les deux faces d'une même nature féminine, écartelée entre le désir de maternité et le désir de réalisation d'une vocation autre, ... artistique dans le cas présent? Bergman, comme de coutume, interroge sans donner de solutions toutes faites. Il expose le problème; il montre la conséquence des choix avec une violence psychologique inouïe; mais il ne juge jamais. Et le film laisse les deux héroïnes à leurs doutes et à leur amertume solitaire! C'est terrible, mais c'est grandiose...
Un terrible face à face (pour reprendre le titre d'un autre film de Ingmar Bergman). Entre une femme frustrée, dont la vie a semble t'il été ponctuée de malheurs, et sa mère, brillante artiste reconnue internationalement, qui lui rend visite après bien des années. La tention monte de façon croissante, au travers de quelques scènes emblématique, dont la plus marquante et l'interprétation au piano d'un même morceau par les deux femmes. La fille le joue un peu maladroitement, et la mère la félicite de façon condescentente, avant de lui montrer la passion qu'il fallait mettre dans le morceau...Terrible est le long plan du regard glacial de Liv Ullmann sur Ingrid Bergman toute concentrée sur son jeu. La suite sera à l'avenant, jusqu'à la haine. Le génie de Bergman consiste à éviter tout manichéisme, à laisser au spectateur son propre jugement: a t'on le droit de se comporter de façon égoiste (comme le fait la mère avec ses deux filles), au service d'une carrière artistique ? Plus profondément, ne nous dit il pas : toute carrière artistique réussie ne se fait elle pas aux dépends de sa vie privée, de ses enfants ?