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    Sonate d'automne
    note moyenne
    4,0
    381 notes dont 54 critiques
    24% (13 critiques)
    41% (22 critiques)
    24% (13 critiques)
    11% (6 critiques)
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    Votre avis sur Sonate d'automne ?

    54 critiques spectateurs

    Benjamin A
    Benjamin A

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    4,0
    Pour "Sonate d'Automne", Ingmar Bergman fait appel pour la première et unique fois à sa compatriote Suédoise et autre géante du cinéma Ingrid Bergman. Pour cette dernière, ce sera son dernier grand rôle au cinéma avant de malheureusement quitter prématurément notre monde. Et pour ce rôle, elle nous livre une remarquable composition et un face à face intense avec Liv Ullmann entre une mère et sa fille. C'est un remarquable mélodrame, mêlent habillement secret de famille, refoulement, non-dits, lien et haine entre mère et fille, vérité, regret, déception ou encore amour et notamment lors d'une scène nocturne ou l'intensité et la dramaturgie seront au rendez-vous. Tout cela est très bien traité par Ingmar Bergman, qui sait habillement se jouer de clichés et ne pas tomber dans le sentimentalisme mal venu ou la niaiserie. Sa réalisation est excellente, il fixe sa caméra sur le visage de ses comédiennes qui le lui rendent bien et laisse donc la place à deux formidables interprétations qui jouent beaucoup dans la réussite du film. L'humain y est dépeint de manière juste, triste, cruelle et bouleversante. Entre le calme et l’apaisement de la nature et la force destructrice de l'âme humaine, c'est un beau et marquant film que Ingmar Bergman nous livre sur fond de belle sonate d'Automne. Une réussite.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    5,0
    Sonate d'automne s'il m'a moins touché que Saraband, reste l'un des Bergman que j'aime le plus, avec Saraband justement. Pourquoi ? car l'un comme l'autre ils parlent d'une famille qui pourrait sembler heureuse en extérieur puis qui révèle petit à petit le mal qui le ronge, Bergman s'amuse à faire subir alors au spectateur une série de scènes de confessions mère fille absolument horribles, d'une froideur et d'une méchanceté absolument rare, le tout est enveloppé d'une tristesse presque insupportable, si l'enchaînement de scènes de confessions peut sembler artificiel, mais ce qui se dit ne l'est pas, on ressent dans ces dialogues une vérité, une réalité, une haine de l'autre, une déception, de la pitié, des regrets… La mise en scène n'épargne rien à ses spectateurs, on a Ingrid et Liv pleurant durant de long plan insupportable, insupportable pas parce que c'est nul ou trop long, mais bel et biens à cause des émotions qui prennent le spectateur. Mais je vais reprocher peut-être une ou deux petites choses au film, je ne pense pas que les légers flash back apportent quelque chose au récit, au contraire, j'aurai préféré que Bergman continue ses longs plans sur ses deux actrices, et l'histoire de famille sonne un peu cliché, je veux dire entre l'enfant mort, handicapée, la mère absente etc. On a ici un véritable étalage des personnages pour mélodrame, mais Bergman est beaucoup plus intelligent que ça, il utilise ses clichés et les retourne avec méchanceté et habilitée.
    Arthur Debussy
    Arthur Debussy

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    2,0
    Ingmar Bergman ne ménage pas le spectateur, «Sonate d'Automne» en est la preuve. La maladie y est représentée dans sa laideur et son humanité à la fois, les rapports familiaux sont loin d'être apaisés, distendus par les non-dits et les traumatismes d'enfance... Pas d'effets de manches larmoyants, uniquement de la sincérité. Bergman est de ceux qui croient en la nécessité du cinéma à rechercher la vérité, il est aussi l'un de ceux à s'en être le plus approché. Ainsi, ce long métrage illustre les rapports distants et haineux d'une fille, Eva (terrible Liv Ullmann), envers une mère absente, Charlotte, plus préoccupée par sa carrière de virtuose du piano et par elle-même que par sa famille. Cette mère (Ingrid Bergman époustouflante d'émotion contenue) qui n'a jamais réllement pu aimer Eva et sa soeur cadette et handicapée, Lena, revient un jour chez Eva et son mari suite à leur invitation. Mais Lena s'y trouve aussi et c'est l'occasion pour Eva de confesser avec rage sa détresse et d'accabler sa mère de reproches. La prise de conscience de Charlotte est profondément déstabilisante pour elle, mais les exigeances d'Eva sont finalement presque aussi inhumaines que l'était le comportement de sa mère. En effet Bergman refuse comma à son habitude toute psychologie hâtive et ne laisse pas à l'enfant le privilège de dénoncer sa mère sans retour : pour sa défense Charlotte avoue avec émotion qu'elle même était une enfant ignorée, et qu'elle ne connaissait pas la réalité de l'amour filial. Le pardon est donc nécessaire pour se reconstruire, tout comme l'était l'aveu. Si maintenant l'on évoque l'aspect formel du film, pour ce qui est de l'esthétique, au risque de se répéter : elle est parfaite. Inutile d'en dire plus, rappeler que c'est un film d'Ingmar Bergman suffit amplement. Un chef-d'oeuvre, évidemment. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
    Julien L.
    Julien L.

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    4,5
    Bergman capte l'émotion à l'état pur. C'est extrêmement dur, puisqu'il ne nous épargne rien, il ne coupera pas sa caméra au moment des aveux, aux moments où les paroles sont atroces. Il n'y a que des mots, des phrases dans ce film, et un petit peu de piano, mais c'est sans doute une des plus belles analyses de la relation mère-fille. Les actrices sont à la perfection. Ingrid Bergman ne pouvait mieux rendre ce personnage complexe, et Liv Ullmann est bouleversante de simplicité, de retenue. A noter pour les fans d'Almodovar : on sent une influence énorme de ce film dans beaucoup de ceux du maître espagnol, notamment Talon Aiguille.
    Anaxagore
    Anaxagore

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    5,0
    Je reviens une nouvelle fois à Bergman pour dire toute l'admiration que «Sonate d'automne» (1977) éveille en moi. C'est à nouveau la souffrance et sa racine dans les rapports familiaux qui occupent le réalisateur. «Sonate d'automne» explore en effet, avec une acuité confondante, les rapports conflictuels d'une mère, Charlotte, pianiste célèbre (admirable Ingrid Bergman), et de sa fille, Eva, mère au foyer, frustrée depuis la mort de sa propre fille de 4 ans (merveilleuse Liv Ullmann). Le film, admirablement mis en scène, nous montre avec une violence peu commune Eva reprocher à sa mère son absence, son incapacité d'aimer et son égocentrisme. La fille accuse en particulier sa mère d'être la vraie responsable du handicap d'Helena, sa soeur, qui vit avec elle, sous le même toit. Le coeur et la clef du film résident bien sûr dans la double exécution du même superbe prélude en la mineur de Chopin, d'abord maladroitement par la fille sous le regard de la mère, ensuite par la mère sous le regard terrifiant de la fille. Scène d'une beauté hallucinante qui fait inévitablement penser à «Persona» et au double récit d'Alma, répercuté d'abord sur le visage d'Elisabeth, ensuite lu sur celui d'Alma elle-même. Et on ne peut du coup éviter d'interpréter l'ouvrage plus en profondeur. Charlotte et Eva ne sont-elles pas les deux faces d'une même nature féminine, écartelée entre le désir de maternité et le désir de réalisation d'une vocation autre, ... artistique dans le cas présent? Bergman, comme de coutume, interroge sans donner de solutions toutes faites. Il expose le problème; il montre la conséquence des choix avec une violence psychologique inouïe; mais il ne juge jamais. Et le film laisse les deux héroïnes à leurs doutes et à leur amertume solitaire! C'est terrible, mais c'est grandiose...
    Caine78
    Caine78

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    4,0
    Sans être le plus éblouissant des films d'Ingmar Bergman, "Sonate d'automne" n'en demeure pas moins une oeuvre particulièrement profonde et marquante. Magistralement joué et doté de dialogues d'une grande intensité, ce huit-clos se fait rapidement étouffant, et même assez prenant. On pourra alors toujours reprocher à Bergman d'amener les conversations entre la mère et sa fille avec quelques lourdeurs, mais ce petit défaut est largement composé par toutes ces qualités de mise en scène et d'interprétation, les seconds rôles apparaissant intelligemment, sans jamais étouffer l'affrontement entre les deux principales actrices. Il se dégage ainsi une grande force de cette oeuvre singulière et très personnelle que je ne saurais que trop vous recommander. Marquant.
    bluemaster
    bluemaster

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    4,0
    Huis clos qui ne cesse de monter en intensité, Sonate d'Automne montre progressivement le malaise qui existe entre Charlotte et sa fille. Ingmar Bergman met ainsi en scène l'incompréhension qu'il peut y avoir entre une mère et sa fille et les répercussions d'une enfance déséquilibrée sur la vie d'adulte. La palme revient aux deux actrices, Liv Ullman et Ingrid Bergman qui livrent une interprétation vibrante d'émotion et de vérité. Moins glacial que Cri et chuchotement, Sonate d'Automne est une drame familial qui finit tout de même sur une note optimiste. Encore une très belle oeuvre d' Ingmar Bergman.
    Plume231
    Plume231

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    3,0
    Cela aurait été dommage vu qu'ils portaient le même nom, vu que leurs prénoms commençaient pareil, vu qu'ils étaient tous les deux suédois, vu qu'ils ont servis magistralement tous les deux le Septième Art, l'un en ne bougeant pratiquement pas de son pays natal l'autre à travers le monde, que les monstres sacrés Ingrid Bergman et Ingmar Bergman ne se croisent pas au moins une fois artistiquement... Ce croisement artistique s'intitule "Sonate d'automne", et si Bergman le réalisateur se montre parfois très créateur notamment en insufflant des teintes automnales dans la composition de ses plans, il fait surtout un très beau présent en donnant à Bergman l'actrice un rôle et une partenaire en or. La comédienne ainsi que sa partenaire Liv Ulmann sont admirables et donnent énormément d'intensité à leurs scènes en particulier lors de l'affrontement mère-fille nocturne. Rien que pour la réunion des deux Bergman, rien que pour l'interprétation des deux comédiennes principales qui trouvent chacune un de leurs plus grands rôles, ce film mérite d'être vu.
    parsifou
    parsifou

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    5,0
    Encore un chef-d'oeuvre de Bergman qui réalise le plus grand film d'analyse psychologique sur la relation mère-file. Sonate d'Automne est une pure oeuvre d'art où l'analyse est construite dans la seule perspective artistique. L'enfance d'Eva est un traumatisme puisqu'elle est impuissante à exprimer par des mots ce qu'elle ressent face à sa mère puisqu'elle est tétanisée par son admiration envers elle. Elle intériorise sa souffrance, elle s'interdit tout bonheur, elle mutile son amour pour ne pas vexer sa mère. Dans cette relation de destruction la mère cherche l'amour de l'autre mais n'arrive pas à en donner car l'Humain ne lui provoque aucune émotions, seule la musique lui permet de ressentir. La mère feint l'amour et la fille réprime la haine, la mère est l'inachevée création et la fille est l'enfance inavouée, la mère est le tourment de l'indifférence et la fille est la mémoire traumatisée. La scène où la mère joue pour sa Eva est absolument magnifique, c'est la révélation de la haine, le regard terrible d'Eva, la décomposition de son visage, l'impassibilité de la mère devenue le maître face à l'élève. Eva accuse sa mère d'avoir créer la maladie d'Helena faute d'avoir créer l'amour, la maladie est un plein qui a remplacé le vide maternel. La musique est un instrument de torture pour Eva puisque sa mère s'abstente par elle et la domine par elle. Le jeu des deux actrices est absolument incroyable de vérité, la tension est abominable, Charlotte se ratatine et se liquéfie face aux révélations d'Eva. La dureté des paroles d'Eva lui permet de sacrifier ses démons sur l'autel de sa frustration. Elle devient adulte en inversant son rapport avec sa mère, en détruisant son créateur elle réalise son humanité et elle achève sa mutation psychologique.Chez Bergman l'évocation de l'absence fait blêmir la lumière, le récit de la souffrance durcit l'image et l'obscurcit, tout le propos psychologique fusionne avec laréalisation artistique.Une oeuvre bouleversante et insaisissable.
    ElAurens
    ElAurens

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    3,0
    C'est le premier film du célèbre réalisateur scandinave Ingmar Bergman que je regarde, je m'attendais à un film assez froid et dur, et bien Sonate d'automne c'est exactement ça. Pour parler du scénario rien de révolutionnaire, une relation mère-fille complexe qui vont se dire leurs quatre vérités, j'ai d'ailleurs eu peur pour la fin, je pensais que la fille handicapée aller mourir, une chute dans l'escalier par exemple ou autre chose, mais heureusement Bergman n'est pas tombé là-dedans en faisant une bien meilleure fin, la mère qui retourne à son train-train et la fille qui reste chez elle. Après au niveau du casting rien à redire, Liv Ullmann joue un rôle très difficile et s'en sort bien et à ses côtés la grande Ingrid Bergman, dans son dernier film est irréprochable. Voilà pour moi c'est un bon drame, mais qui ne m'a pas chamboulé, à la fin du film je suis passé à autre chose, il ne m'a pas marqué.
     Kurosawa
    Kurosawa

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    4,0
    Quand on parle habituellement de drame bergmanien, le film qui vient directement à l'esprit est "Sonate d'automne". Des tunnels de dialogues à forte tendance psychologique et une mise en scène âpre qui met en évidence des personnages ne s'aimant guère: voilà le programme auquel on saura très vite s'il sera de notre goût ou pas. On aurait pourtant tort de s'arrêter au simple constat de la radicalité du geste alors que le film, s'il est vrai qu'il tient à peu, dévoile une forme de tendresse émouvante. Sauf que celle-ci se joue moins entre les deux femmes, quoique leur antipathie réciproque n'est pas définitive – leur relation est plus ambiguë qu'il n'y paraît au premier abord –, qu'entre le cinéaste et ses deux actrices. On ne parle jamais assez du talent de Bergman à sublimer les femmes, à aimer les diriger et à leur donner des rôles qui dépassent leur physique. Il y a un plaisir manifeste à voir Liv Ullmann habillée comme une poupée, réminiscence mise en scène par le personnage pour évoquer à sa mère une enfance traumatisante, et au contraire Ingrid Bergman en mère imposante, théâtrale, enfermée dans un rôle artificiel, manière sournoise d'échapper à une réalité qui lui est défavorable. Mettre en scène des personnages qui eux-mêmes orchestrent leur rencontre, qui établissent leur propre stratégie pour révéler une monstruosité inacceptable ou pour la nier, c'est tout l'intérêt de ce film brillant, moins dense que les sublimes "Fanny et Alexandre" et "Persona" mais remarquable dans son style et dans son élaboration. Ne soyez pas rebuter par la radicalité de "Sonate d'automne", mais tentez de persévérer, de comprendre ces deux femmes qui se haïssent mais qui voudraient s'aimer : c'est en ce sens que le film est cruel; aucun plaisir à mettre en scène la détestation, mais une étude précise sur la difficulté à se mettre à nu et sur la peur des conséquences.
    oneosh89000
    oneosh89000

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    5,0
    Pour un premier film du célèbre cinéaste suédois que je vois, j'ai choisi "Höstsonaten" , naïvement pensant me retrouver avecla moins dure de l'une de ses oeuvres. Sonate d'automne en est tout le contraire. Il m'a bien fallu trente bonnes minutes pour reprendre mes esprits à la fin de cet immense drame familial. Se déroulant sur une confrontation mère/fille , Bergman filme avec lenteur la puissante gravation qui leur est restée à vie. Grandiose Ingrid Bergman, à des années lumières de Casablanca, avec ses monologues , toujours garantie de très grande actrice en mère froide. Il en est de même pour sa fille , Liv Ullmann, prodigieuse dans ses paroles, sa gestuelle, son regard glacé. "Höstsonaten" est un chef d'oeuvre à part, en proie du début à la fin au pessimisme et à l'absence permanente de chaleur comme les paysages de Suède. Un choc psychologique que nous envoie cet Ingmar , auquel un spectateur non averti peut en pâtir très très facilement. Evidemment , il en refroidira plus d'un car ce spectacle n'est pas destiné à tout le monde , personnellement j'ai même hésité à mettre un cinq étoiles car le dramatisme prend un sens ultra large ici , trop diront peut-être même certains. J'ai opté au final pour le cinq car ce film maudit m'a énormément plu , le sujet et le traitement sont d'une profondeur que je n'avais jusque là jamais vu , les deux actrices principales sont exceptionnelles et l'absence de musique renforce un dramatisme admirable traduits par de longs plans fixes faciaux.Seuls les approbateurs de films de ce genre apprécieront cette Sonate car chez Bergman pas besoin de mots pour comprendre , un regard inquisiteur seul suffit , comme en témoigne cette scène de deux-trois minutes où la fille regarde tristement sa mère jouer au piano sans dire de mots. Si l'envie vous prend de plonger dans ce Bergman, ayez le coeur accroché et le mental vraiment solide.
    streptocock
    streptocock

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    5,0
    Sonate d'Automne est un chef-d'oeuvre, n'en déplaise eux détracteurs de Bergman. Peu de cinéastes ont su comme lui capter les mouvements de l'âme et les élans du coeur humain. Ce portrait grinçant de relations mère/fille qui s'enveniment, tout en délicatesse et en subtilité, captive et prend aux tripes par ses dialogues virtuoses, par le face-à-face inoubliable entre Liv Ullmann et Ingrid Bergman, les deux femmes de la vie du cinéaste, et surtout par cette longue séquence, mythique, intense et émouvante et les rancoeurs de font jour, où la haine se déverse sans faire fi de l'amour que mère et fille peuvent se porter ; une immense leçon de cinéma. Lumineux mais glacial comme les vastes paysages suédois, concis et intimiste, le film évite néanmoins le pathos pompeux et livre un portrait de femmes poignants et inoubliable où l'art de la psychologie bergmanienne, sans parti pris autre que d'exposer la narration la plus nue, la plus à vif, et finalement la plus éloquente, illumine une histoire de départ au demeurant banale. Esthétiquement somptueux, aussi bien plastiquement que musicalement (musique qui se retrouve malgré elle presque telle un personnage de l'intrigue, à l'exemple de cette sonate de Chopin), Sonate d'Automne est une merveille, un bijou, un chef-d'oeuvre, ni plus ni moins.
    Moorhuhn
    Moorhuhn

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    3,5
    Je ne cacherais ma mini déception envers ce film que j'espérais adorer. Bergman est un de mes cinéastes préférés, les thèmes qu'il aborde me passionne et la manière dont il le fait aussi. Höstsonaten est un très bon film qui a su me toucher mais pas tant que ça. Techniquement parlant c'est du Bergman. Solide, sobre mais aussi surprenant. Le cinéaste arrive à nous surprendre parfois au détour d'un plan ( Je pense au "cauchemar" de Ingrid Bergman) et prouve qu'il est aussi un cinéaste au sens aiguisé de la mise en scène. La photographie aussi est très belle, en adéquation avec les couleurs de l'automne, des couleurs chaudes mais un peu sombres. Enfin je dirais qu'elle est surtout belle dans les flashbacks car c'est là que ces couleurs éclatent (la symbolique de ce choix visuel est d'ailleurs bien pensée) Mais en réalité pour moi la vraie déception du film vient surtout du fond. Alors pour ce qui est de la structure narrative, rien à dire c'est génial. L'introduction d'ailleurs est surprenante, le mari de Liv Ullman raconte un peu, introduit ce qui va venir, un peu à la manière d'un narrateur omniscient. Ce choix est judicieux. Par contre ce qui m'a un peu rebuté c'est la simplicité de la trame, du scénario, l'impression que Bergman ne s'est vraiment pas foulé. Pour ce qui est des personnages je suis mitigé. Le personnage de Bergman est excellent, tout comme son interprète qui montre un immense talent d'actrice. Mais celui de Ullman est bien trop exagéré, j'aime beaucoup cette actrice, d'ailleurs elle joue très bien mais son personnage de presque vieille fille c'est très maladroit et pas forcément adapté aux drames qu'a vécu cette femme dans la vie. Sinon la relation enrte la mère et la fille est fascinante, toute cette rancoeur qui immerge subitement, toutes ces explications, Bergman pond un drame familial puissant comme il sait si bien le faire même si je trouve que ce film contient "trop" de drames ( Mort de l'amant de la femme, de l'enfant, la soeur handicapée, etc...) Globalement j'ai vraiment beaucoup aimé ce film mais je ne peux m'empêcher de ressentir un arrière-goût amer. Techniquement c'est bien même si l'image a bien vieilli, le travail de photographie de Nykvist reste eprceptible ( et remarquable) par contre pour le fond de l'oeuvre je m'attendais à plus consistant, à moins facile car pour moi c'est une oeuvre qui a bénéficié d'un traitement trop simpliste pour se montrer percutant. Ceci dit le film reste très bon et accessible à qui veut découvrir Bergman, par contre le film est dur ce qui peut provoquer des crises de larmes. Pour ma part ça a à moitié marché et le grand fan de Bergman que je suis a été un peu déçu. Un beau film tout de même.
    Grouchy
    Grouchy

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    4,0
    Un sujet de court-métrage barbant au premier tour qui devient un long-métrage rempli de lyrisme et de dialogues qui font office d'action. Bergman jette tout son dévolu dans ses personnages, dont les deux principales héroïnes, construisant une rivalité mère/fille, la soeur de cette dernière, source de discorde, et les deux autres personnages masculins, très en retrait et quasiment absents. Si le rythme est lent, l'histoire n'en est pas moins structurée, la tension monte petit à petit pour se finir sur un épilogue ; le monologue intérieur est très utilisé pour renforcer le retrait de l'esprit des personnages au monde. Le film est une véritable histoire de famille à lui seul, se servant des flashbacks pour plus appuyer sur l'ambiance visuelle que pour la narration : en effet Bergman crée une belle étude de l'image : les couleurs sont très belles et ordonnées, et les cadres travaillés : les souvenirs sont des plans-séquences traités comme des peintures. La réalisation est à égalité avec l'histoire : l'ensemble est structuré, bien travaillé, sans toutefois posséder un sujet vraiment passionnant mais qui prend vraiment à coeur le spectateur.
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