Adapté du soporifique roman de Kafka "Le procès", le film est tout aussi ennuyeux. Et les différences apportées par rapport au livre gâchent un peu plus cette oeuvre, comme la scène finale (seule chose intéressante dans le roman) qui devient ici absurde. Mais Orson Wells offre tout de même quelques plans qui méritent le détour pour des étudiants en cinéma ou des cinéphiles.
D'un point de vue personnel, ce film rappelle énormément de souvenirs. En effet l'an dernier j'étais en terminale L et en cours de littérature, on étudait en parallèle le film et le chef d'oeuvre de Kafka. Dans cette comparaison, il est important de signaler o combien Welles a considérablement cerné l'ouvrage de son auteur. Tout en donnant une reflexion sur la justice il reprend la principale idée du livre : l'entourage, la société écrasent l'individu. Tourné en partie à Paris (d'ou le bon nombre d'acteurs français) et servi par l' étourdissant Anthony Perkins, cet oeuvre a le mérite d'instaure un climat étrange et oppressant. Un conseil : lisez d'abord le livre.
Ce que l'on ne peut absolument pas reprocher à "The Trial" qu'a réalisé Orson Welles en 1963, c'est bel est bien son originalité. Notre ami cinéaste s'est attelé à une adaptation du célèbre roman de Kafka et l'assume complètement dès la première séquence. La logique du rêve excluant tout principe de récit traditionnel occupe vite le devant de la scène et malgré quelques hésitations, celle-ci parvient vite à s'imposer. Véritable démonstration de force du génie visuel de son metteur en scène, l'oeuvre se révèle bâtie autour de très nombreuses plongées et contre-plongées, travellings immenses et plans-séquences venant les uns après les autres. La grande force de cette démarche réside dans le fait que la caméra rentre directement dans l'action : en effet, au lieu de présenter un cadre classique, elle parvient à pénétrer dans le champ de la meilleure manière possible, en nous rapprochant des personnages mis en relief. L'espace est géré par une intelligence diabolique renforçant ma bonne impression à ce niveau. Le montage est admirablement utilisé et ce, sans aucun abus. Les changements de rythme sont maîtrisés tout comme l'utilisation de la musique dont on regrette pourtant la présence trop discrète. Venons-en à l'écriture : le scénario est plutôt mal construit, s'engouffrant trop souvent dans un joyeux bordel ni abstrait ni franchement compréhensible. Certains dialogues sont interminables et inutiles, donnant une très nette impression de parlotte. L'interprétation, si elle assure, n'excelle pas et ne réussit pas toujours à donner l'épaisseur escomptée. Les protagonistes exposés ne sont pas suffisamment creusés pour que l'on puisse s'y intéresser sans temps mort. Rythme terne, ensemble ne décollant pas mais quelques éclats de génie par-ci par-là concluent un film atypique et destabilisant mais bien trop bancal pour convaincre.
Je trouve qu'on ne parle pas assez de ce film quand on parle d'Orson Welles. Il est largement digne de l'oeuvre de Kafka. Personnellement, quand je l'ai vu, je me suis dit "mais comment O.Welles a fait pour connaître aussi bien ma façon de voir les choses?!!". Maintenant, j'ai l'impression que je ne peux pas éxpliquer aux autres comment je suis sans montrer ce film. A voir absolument.
Au regard des critiques généralement élogieuses, c'est un peu gêné que j'avoue avoir été déçu, et largué. Attendant tout au long du film un procès qui ne vient jamais, j'ai fini par décrocher avant la fin. Je suis pourtant certain que c'est un bon film, nécessaire, mais qui ne se regarde pas comme un long-métrage classique. Qui ne fait preuve d'attention, de concentration, et de réflexion ne saurait surement en apprécier la teneur. J'essaierai de m'y tenir la prochaine fois...
Le grand Orson Welles nous régale d'un casting époustouflant et d'une atmosphère des plus oppressantes et étranges à souhait. Inutile de préciser qu'Anthony Perkins est totalement bluffant. Cependant, cette adaptation de Kafka aurait légèrement gagné en efficacité si elle n'avait pas été ralentie par quelques longueurs... On frise tout de même le chef-d'oeuvre!
Un pur chef d'oeuvre! Que dire de plus? Chaque image est magnifique, travaillée...Un film qui fut une révélation pour moi et me fit découvrir un amour insoupçonné des plans basés sur le décentrage et les contre-plongées (renversantes dans ce long métrage). Noir, haletant, profond, prenant, magnifiquement interprété ( Je m'agenouille devant Antony Perkins, Romy Schneider...et Orson Welles!!) "Le Procès" est à voir et à revoir et restera à jamais un film culte.
Ce film, on le trouvera très bon uniquement si l'on a lu et surtout apprécié l'oeuvre de Franz Kafka. Car sinon, on risque de ne pas y comprendre grand chose et de trouver cela... étrange. Au-delà de ça, j'ai trouvé l'oeuvre de Welles très bonne et très imaginative, surtout qu'il s'agissait d'adapter une oeuvre compliquée. A découvrir.
je suis en TL et cette année, nous étudions l'oeuvre de Kafka et le film de Welles. le film est très fidèle à l'oeuvre de kafka. l'univers kafkaien est très bien reproduit. et puis, ça m'a donné l'occasion de retrouver un acteur que j'apprécie beaucoup: Anthony Perkins (Psychose....).
Voilà du pain béni pour les amateurs de critique thématique et d'analyses barbares: "Le procès" enchaîne plongées écrasantes sur contre-plongées déroutantes, plans-séquences grandioses sur montage virtuose, accumule morceaux de bravoure sur morceaux de bravoure jusqu'à l'explosion finale inexprimable. Et l'ensemble, mis bout à bout, est aussi ennuyeux que grotesque. Comment Welles a-t-il pu signer un fatras aussi indigeste ? Je l'ignore. Je sais simplement que ce film a pour lui, malgré tout, un grand mérite: il prouve que le génie sans âme est un talent bien vain.
Je l'étudie en TL en parallèle avec le roman de Franz Kafka. Orson Welles nous livre un film très fidèle au livre, étrange, avec un casting international. Les décors sont impressionnants, Anthony Perkins confirme après Psychose qu'il est un excellent acteur, Orson Welles en avocat malade se révèle aussi inquiétant que repoussant. Ce rôle permet une nouvelle fois à Welles de jouer avec son corps comme il l'avait fait dans La Soif du mal (la première fois qu'on le voit, il cache son visage avec une serviette). Un film très intéressant qui aide à la lecture du roman de Kafka.
Allez je lui met ses 4 étoiles il le mérite amplement. Quel film ! Que ce soit en lisant l'oeuvre de Kafka ou en voyant le film de Welles, on n'échappe pas à une sensation d'étouffement, de persécution, de perdition. Mais alors, là où l'oeuvre de Welles est vértiablement un grand film, c'est que la caméra en dit bien plus que le scénario et les dialogues qui témoignent déjà de l'intelligence de ce film.La caméra de Welles est fabuleuse, plus possible de faire du cinéma sans se référer à moment où à un autre à Orson Welles. J'en perds mes mots tant ce film est fascinant. Si vous conaissez le livre il y a beaucoup de chance pour que vous ne soyez pas déçu. Mais pour ceux qui ne conaissent pas le cinéma d'Orson Welles et l'oeuvre de Kafka, un conseil...Regardez ce film !!!!! C'est grand et hypnotique.
Quand Orson Welles disait que le procès était le meilleur film qu'il avait jamais tourné, il ne trompait en réalité que lui-même. Car même si il faut reconnaitre une grande maitrise technique à ce film et un certain sens du malaise bien rendue ici, il est tout de même profondément ennuyeux. C'est tout de même ennuyeux pour un film qui se veut important. Sinon, il faut reconnaitre la qualité du casting, notamment avec la belle prestation d'Anthony Perkins. Sentiment mitigé.
The Trial, ou un film qui réussit l'exploit de surpasser Citizen Kane du même Orson Welles. Un Orson Welles très inspiré, qui torture psychologiquement son personnage principal (et ses spectateurs avec, voyons !) grâce à d'énormes forces antagonistes. Ce fonctionnaire, présenté comme quelqu'un d'absolument normal se retrouve soudain à la merci de toute une société bureaucratique : l'identification est alors complète, chacun ayant connu des périodes de sa vie ou tout se retournait contre lui. Outre cette identification, l'immersion est elle aussi, totalement réussie. Welles ne lésine pas sur des techniques narratives qui lui sont propres, avec ses contrastes noir/blanc, ses premiers plans/arrières plans, ses jeux d'ombres et de lumières (qui en auront inspiré plus d'un), des angles de prises de vue servant autant le sous-texte du film que le jeu des acteurs. A ce niveau, Anthony Perkins trouve, peut-être pas son meilleur rôle (encore que celui-ci est aussi fort que celui de Psycho) mais assure une de ses meilleures prestations, loin de tous clichés et si crédible qu'on oublie complètement l'acteur, ce que les stars ne réussissent pas toujours à faire. Accompagné de Jeanne Moreau, Romy Schneider (toutes deux excellentes également) et du maître Orson Welles lui-même, qui continue à prouver qu'on ne peut pas parler de lui en tant que réalisateur, mais en tant que cinéaste, touche à tout. Une ouverture qui lui permet d'être si balèze (autant au sens propre qu'au figuré) que sa direction est toujours juste. Un cinéaste qui, comme Kubrick, excelle dans la connaissance du jeu, dans le sens de la narration et dans les procédés filmiques. The Trial mérite davantage le titre de meilleur film de Welles que Citizen Kane.