Une fois n'est pas coutume, Michael Crichton adapte un livre qui n'est pas le sien : "Coma", un thriller médical écrit par Robin Cook. Et oui, on l'oublie parfois, mais avant d'être réalisateur, scénariste ou même romancier, Michael Crichton fut diplômé en médecine ! Nul doute qu'il trouva dans cette histoire de quoi s'amuser, d'autant qu'il connaissait personnellement l'auteur du livre. En tout cas, on sent dans le film "Coma" la patte indéniable de Crichton.
Le récit se déroule dans un prestigieux hôpital de Boston. Une docteur est dévastée par la mort de sa meilleure amie, tombée dans le coma après une opération bénigne. Lorsqu'elle creuse la chose, elle se rend compte qu'un nombre non négligeable de patients en parfaite santé ont subit un sort similaire. Hasard ou complot ? (certes, la réponse est évidente, sinon il n'y aurait pas de film...)
"Coma" bénéficie d'une belle distribution, dont quelques têtes qui deviendront connues. Richard Widmark en chirurgien en chef, Rip Torn en anesthésiste trouble, Michael Douglas en petit ami ambigu. Mais aussi Tom Selleck dans une courte apparition, et un petit rôle également de Ed Harris, dont il s'agit du premier long-métrage ! Face à tout ce monde, Geneviève Bujold tient bien la barre en héroïne déterminée. Un choix assez audacieux pour l'époque, où il était rare de voir à l'écran des femmes dans ce type de rôle.
Mais surtout, le scénario est intelligent. On sent l'aisance de Crichton à manipuler du jargon ou des procédures médicales techniques. Et à injecter une touche de SF en évoquant l'informatique.
Le film démarre relativement doucement, sur la base de suspicions qui montent crescendo. Pour aller dans la deuxième heure vers la paranoïa. Qui est dans le coup ? Et quel est le but de la conspiration ? La mise en scène exploite bien le cadre fermé et anxiogène de l'hôpital. Ce jusqu'à une étonnante séquence dans un building high-tech, dont le caractère cauchemardesque et là encore SF tranche avec le reste du film.
En résulte un suspense efficace, qui n'a aucunement vieilli, appuyé par une BO inquiétante de Jerry Goldsmith.
Pour l'anecdote, Michael Crichton ne voulait pas montrer les détails sanglants des procédures médicales, pour ne pas trop effrayer les spectateurs. C'est raté, car "Coma" est clairement LE film à ne pas voir avant une intervention chirurgicale !