Dogville
Note moyenne
3,6
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362 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 26 octobre 2015
Je ne peux pas mettre 5 étoiles car l'absence du décor m'a sincèrement perturbée. Je l'avais loué en DVD à l'époque et quand j'ai compris qu'il n'y aurait que des traces de craies sur le sol dans un studio, j'ai été désappointée. L'histoire est bien par contre. Et Nicole Kidman joue vraiment bien. Je ne sais pas si ce film aurait eu le même impact psychologiquement s'il avait eu un décor réel. Mais malgré tout je me suis laissé prendre au jeu et j'ai passé un (long) bon moment.
MemoryCard64
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57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 juin 2015
Un coup de massue sur la tête. Voila probablement la meilleure façon de décrire Dogville. Lars von Trier (dont c'est mon premier film) est réputé pour ses films transgressifs, mais je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi subtil et pessimiste. Le réalisateur montre l'humanité dans ce qu'elle a de plus bas et sale. C'est profondément violent et dur. La plus belle idée du film est de reprendre certains codes du théâtre. Les décors sont quasi inexistants et les maisons sont délimitées par des traits sur le sol. Ainsi, on peut observer ce que font les villageois même lorsque la caméra ne se concentre pas sur eux, renforçant l'idée que dans un si petit village tout se sait. De plus, les murs entourant le hameau font apparaître Dogville comme un lieu clos où rien n'existe au delà des limites du village. Les décors en disent déjà long sur l'histoire, c'est la première fois que je vois cela au cinéma. Leur présence (ou leur absence, c'est selon) permettent de se focaliser sur les personnages incarnés par une grande palette d'acteurs. Nicole Kidman est au sommet de son art et livre une prestation à fleur de peau qui permet au spectateur de nouer une empathie folle avec son personnage, Grace. Le long-métrage atteint presque les trois heures, pourtant l'histoire file à grande vitesse. Je ne sais pas si c'est les compositions de Vivaldi ou bien la narration parfaite de John Hurt, mais j'ai été absolument captivé par le séjour de Grace à Dogville. Ce dernier s'étale sur plusieurs mois et on a l'occasion de voir l'héroïne éprouver toutes les émotions humaines, et on partage autant ses rires que ses pleurs. C'est très beau. Quelques jours on passé depuis le visionnage mais je ne suis toujours pas complètement revenu de cette expérience. Je pense qu'il s'agit là d'une oeuvre qui marque sur la durée...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 mars 2015
Alors... Que dire ? M'attaquant à un Lars Von Trier, je me suis dis "Je vais me régaler".
La forme est déjà particulièrement intérressante, la découpe en chapitres avec la voix off est très bonne. Ensuite le décors... Simplement génial. De prime abord je vous accorde que c'est étonnant, mais une fois que la symbolique est comprise, c'est tout juste un coup de génie ! L'abscence d'intimité dans un village comme Dogville, l'oppression constante du regard des autres.
Chaques personnages est génials, des archétype d'une idée. Mr McCay, l'aveugle, est tellement bien inteprêté. Parlant constamment de la lumière... L'ironie du sort... On essait tant bien que mal de rechercher un rayon de lumière afin de s'évader de cette sorte de huit-clos, fascinant et opressant à la fois ...La place de Tom en tant que Gourou est terrible. Nous suivons longuement le fil de sa pensée, afin de pouvoir tout maîtriser, d'être un penseur. On peu voir la décadence que reservent les habitants de Dogville à Grace. La mise en place d'une dictature, l'addiction à la supperficialité. L'inutile devient indispensable, et tout retour en arrière est impossible. Sans parler de la scène du premier viol, choquante et effrayante, du fait de l'abscence de mûre. Tout ceci avec la terrible cloche sonnant chaque heure, demi-heure... Tout est maîtrisé et pensé. Le cadrage avec des plans coupés est très intelligent également.
La preuve que la racine humaine est la même quelqu'elle soit leur classe sociale.L'ivrogne suiveur, le torcionnaire violent Chuck... Nous avons ici une analyse complête des comportements possibles sous une dictature.
La fin, quant à elle, est sublime également. La fin de l'humanité. Personne ne peux changer la nature humaine, pas même la jeune utopique Grace.
Un film monstrueux, maîtrisé à la perfection. Un grand bravo.
Pierre L.
Pierre L.

20 abonnés 73 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2016
Lars von Trier, on aime ou on n'aime pas. Le réalisateur danois fait partie des rares désireux de s'extirper à tout prix d'une certaine conformité afin de faire parler leur extrême singularité, les situant au summum de la controverse. Avec un univers à la fois complexe, sombre et un brin provocateur, il est d'autant plus clair qu'une telle prestance cinématographique ne peut pas s'adresser à tous et crée à juste titre un bon nombre de détracteurs. A l'instar des super-productions formatées et abusives en effets spéciaux, le fondateur du film dogmatique se différencie de par son vœu de revenir à une sobriété plus expressive, plus authentique, donc plus apte à exprimer les émotions et les enjeux artistiques contemporains.

Avec Dogville, Lars von Trier ne peut pas être plus clair. Constituer un décor des plus minimalistes en installant quelques meubles ici et là au beau milieu d'une scène, et tracer au sol des lignes à la craie dans le but de simuler des situations, c'est du jamais vu. D'ailleurs, il y a de quoi être effaré à l'idée de voir inscrit au sol "groseillier" ou "chien" pour dire qu'à ces endroits, il y a un groseillier et un chien, tout comme ces portes imaginaires que les acteurs font semblant d'ouvrir et de fermer, avec le bruitage représentatif. En clair, il ne faut même pas deux secondes pour comprendre que Lars von Trier excelle dans son genre et cloue le bec à tous en s'inspirant de divers concepts théâtraux pour livrer une chronique à rallonge.

A l'inverse, le décor étant minimaliste au possible, le casting, lui, est très remarqué. Le spectateur assiste à l'arrivée d'une femme dans la petite ville de Dogville et accueillie par une troupe d'environ dix personnes, dix archétypes distincts, allégories de l'identité de cette bourgade. Grâce à son décor, le réalisateur laisse liberté totale à ses stars. Nicole Kidman, toute en douceur et fragilité, règne en reine et livre un prestation fascinante de complexité et de naïveté. Cette fois-ci, Lars von Trier ne mise pas sur des prestations lyriques exhibitionnistes et extrapolées. Nous sommes bien loin des hurlements de Björk ou de la déchéance progressive d'Emily Watson. Non, le réalisateur favorise cette fois la subtilité et le sous-entendu, afin de bâtir une interprétation propre au spectateur et susciter une véritable empathie envers le principal protagoniste. Là est l'authentique force de Dogville.

Maintenir l'attention du spectateur pendant environ trois heures avec, visuellement, le strict minimum est un challenge fort délicat tant il ne concerne qu'une infime partie de personnes. Mais il serait fort inadéquat de discréditer l'ambition folle de Lars von Trier tant son film fait part d'originalité. Le réalisateur livre une chronique sociologique avant-gardiste, au propos d'une rare puissance sur l'atrocité de l'Homme. Expérimental et abstrait, Dogville est unique et fait partie de ces œuvres auxquelles le ressenti du spectateur ne peut se partager et s'identifier tant il lui est propre. La longueur du film peut s'avérer difficile à supporter mais je garantis que le ressenti final est digne d'un grand chef d'œuvre du septième art. D'ailleurs, nul ne pourra cacher une certaine déplaisance à l'idée de ne pouvoir rédiger correctement son ressenti tant il envahit l'esprit.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 août 2014
Apparemment, le meilleur film de sa filmographie, il me devait de le regarder. N'ayant vu que ses films les plus récent (Melancholia, Anti-Christ et Nymphomaniac) je ne jugerai que par rapport à ceux-ci. Et je peux admettre qu'il est vraiment dans les bons. Le problème majeur, que tout le monde semble avoir remarqué, est qu'on est frustré (SPOIL) d'apprendre que tout le film se passe dans une salle avec des bandes blanches qui délimitent les murs des maisons avec quelques meubles. Et quelques faux buissons, montagnes, etc font vivre la petite ville de Dogville. Mais ce stratagème se révèle astucieux, utile et surtout très intelligent. Car finalement le réalisateur mise tout sur le jeu de ses acteurs pour faire vivre ce film et à l'air des écrans verts, et tout ce qui nous permet de déformer un visage humain, ici on joue sur l'aspect brut, théâtrale et le bon jeu. Et c'est un pari réussi! On s'y croirait presque! Les personnages imitant le geste d'ouvrir une porte, de ne pas voir au delà des murs. Il y a la bande sonore qui est d'une grande aide. On entend le vent, le bruit des graviers et la solitude qui émane de Dogville. Cette ville fait penser à celle de "Silent Hill" car perdue, avec des protagonistes très singuliers qui peuvent nous paraître sympathique mais qui ont en fait un lourd dessein dans leur tête. Le film est réussi sur le message à passer, qui est l'acceptation d'une étrangère et venant de Grace de laisser une chance à autrui. Mais le fait d'avoir trop donner sans donner de limites la perdra. Un inconvénient est certaines scènes qui tirent en longueur, et sans doute la déception quand j'ai vu comment on allait voir ce film durant les trois prochaines heures.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 juin 2014
Si le film met un petit quart d'heure a démarrer, on lui en tiendra pas compte tant le film est sublime. Calme et puissant, montant crescendo, avec cette idée de mise en scène absolument magnifique, les acteurs se font plaisir a jouer comme au théâtre et nous font plaisir par la même occasion. Très grand film pour Lars Von Trier, qui sera ni le premier, ni le dernier.
Vinceralmetaladicted
Vinceralmetaladicted

31 abonnés 85 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2014
Dogville et un film qui premièrement pourra marquer de par son esthétique plutôt surprenant. On pourra penser que ce décors minimaliste aux allures de pièces de théâtre est une ruse pour faire moins de dépense, mais très vite on se rendra compte qu'il s'y dégage un réel enjeux: ce village est avant tout un lieux où les gens sont relativement proches, et les éléments schématisés au sol perdent à la fin toute leur importance (mis à part Moses).
Au delà du visuel singulier, on a également une histoire assez bien creusée, et on se rend compte que on est loin d'avoir un scénario faible. L'histoire prend fin sur des extrêmes qui, de par la narration voix-off (qui est en fait le fil directeur du spectateur), arrive à convaincre.
Enfin c'est un film assez symbolique qui fait réfléchir sur la condition humaine et la nature de celui-ci, et on a, au fur et à mesure que le drame avance, des visions complètement différentes qui finiront (comme ça a été mon cas) par une compréhension de cette position extrême que prend Grace.
Ce qu'il y a de bien dans Dogville, c'est qu'on ne nous laisse pas le privilège de prendre partis pour un camp ou pour l'autre, et il est presque impossible d'y arriver d'ailleurs.
Enfin bref, un film qui fait réfléchir, dont on a rien à reprocher techniquement (et même si j'ai personnellement repéré quelques lenteurs, je n'ai pas pu m'empêché de me dire qu'il aurait été moins bien en étant plus rapide).
Chef-d'oeuvre 20/20
lastachille
lastachille

49 abonnés 384 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mai 2014
Ce film est une perle rare! de part son histoire très noir et dur, qui au début commence par une certaine innocence et qui prend différentes tournures très innattendues, et puis surtout son décors façon scéne de théatre! Et oui on fait souvent des décors avec des éclairages en spot sur celle qu'on veut montrer le plus ou le moi! Et ça c'est un bijou, il faut ABSOLUMENT le voir une fois dans ça vie!
Louis Morel
Louis Morel

61 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2014
Le génie expérimentale de Lars Von Trier explore avec "Dogville" les enjeux des décors, dont l'absence semble oubliée pour mettre en avant le jeu d'acteur et le scénario.
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mars 2014
J'ai mis du temps à voir ce film qui ne m'a jamais vraiment tenté, mais quel claque ! Dogville est ce que l'on peut appeler un grand film. Je connais peu Lars Von Trier mais je vais vite m’empresser de le découvrir. Il nous raconte l'histoire de Grace, et sa vie à Dogville, petite bourgade Américaine situé dans les montagnes rocheuse, où elle fuit mafia et police. Tout le film se passe à Dogville, mais que dire de la façon dont Lars Von Trier nous montre cette ville, si il y a bien quelques meubles ou quelques murs en bois, tout le reste est représenté par des lignes blanches et des légendes, le tout dans un studio, où Von Trier s'amusera avec les lumières. La mise en scène donc très théâtrale est original et surtout superbe, ça rajoute un vrai plus au film, et permet aux acteurs de vraiment s'exprimer, Nicole Kidman en tête, parfaite de bout en bout et trouvant là son meilleur rôle. Malgré ses 3 heures, Dogville est captivant de bout en bout, présenté en 9 chapitres et un prologue, et narré par John Hurt en personne. Puis le fond, c'est une œuvre intelligente, dure, froide et pessimiste qu'il nous livre. A travers cette femme, on suit donc les réactions des habitants de ce village, leurs évolutions et leurs comportements vis à vis d'elle, et la cruauté dépeinte est forte et donne droit à certaines scènes choc comme celle du viol en arrière-plan. Malheureusement les habitants de cette ville, ne sont pas que des caricatures et même pas forcément exagéré, il nous montre la nature humaine, jusqu'à cet excellent, dramatique et pessimiste final. En plus de la parfaite narration de John Hurt, et Nicole Kidman, le reste du casting est parfait, que ce soit Paul Bettany ou même la furtive apparition de James Caan. Superbe, une très grande œuvre.
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 mars 2014
Lars Von Trier est un de ces réalisateurs qui marque, en bien ou en mal selon les personnes, et laisse son empreinte dans le cinéma. Comme d'habitude il ne déroge pas à cette règle, même si à l'époque où il a tourné ce film il est encore dans le mouvement du Dogme (qu'il a lui-même créé avec un compatriote). Ici le manque singulier de décors (en accord avec le Dogme) pourra en dérouter plus d'un, mais on se fait rapidement happé par cette austérité. Austérité qui ne nous quitte jamais vraiment car ce sentiment est ensuite relayé par les habitants de Dogville. Ce sont vraiment de parfaits salauds : déjà peu accueillants au départ, ils vont petit à petit se révéler être des geôliers pervers et rusés, la réduisant au travail puis à l'esclavage sexuel et physique. Il est étonnant de voir Grace se laisse faire sans rien dire et d'ailleurs, au bout d'un moment, elle est tellement passive qu'elle en devient agaçante (on dirait qu'elle cherche la merde en restant jusqu'au bout dans ce trou paumé). Et puis son secret est dévoilé, et alors là tout s'explique : son apparente faiblesse, le fait qu'elle se lasse faire, pourquoi elle s'est réfugiée dans ce trou du cul des Etats-Unis. Le summum de la violence dont ont fait preuve les habitants de Dogville se retourne contre eux, telle la vengeance juste qui s'abattrait sur des pêcheurs. Comme quoi des gens ordinaires peuvent devenir les pires monstres...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 février 2014
Oeuvre exclusive !
L'on y entre ou pas et c'est vite vu !
Ceux qui accrochent "se régalent" comme on dit du côté de Sète.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 février 2014
Très honnêtement, je déteste Lars von Trier pour son côté (trop) provocateur et je n'aime beaucoup ses films (Antichrist, Melancholia) sauf celui-ci que j'ai adoré ! Dogville se démarque -en bien ou en mal, c'est à vous de choisir- par son concept original : absence de décors, il n'y a que le stricte minium. Puisque c'est au spectateur d'imaginer la ville, peut-on parler de fainéantise de la part de l'équipe du film ? Non, car je pense que ça ne doit pas être quelque chose de facile à mettre en scène. Je trouve qu'on peut même parler de créativité. Bref, à cause de ce concept assez spécial, Dogville est l'illustration parfaite des long-métrage qu'on adore ou qu'on déteste. N'ayant nullement été dérangé par l'absence de décors, je fais parti de ceux qui ont beaucoup aimé ! Nicole Kidman est juste bluffante dans le rôle de Grace, une jeune femme très attachante, notamment grâce à innocente qu'elle laisse paraître. La narration n'est pas toujours nécessaire dans le cinéma mais là elle utile parce qu'elle permet de comprendre ce que les protagonistes ont en tête. Les dialogues sont également très approfondis. J'ai également apprécié la bande originale. Le scénario est bon, ce dernier possède une organisation spoiler: nous menant vers un petit twist final qu'on n'attend pas
: spoiler: les habitants de Dogville sont méfiants/Grace s'intègre peu à peu/Grace fait parti de "la famille"/les habitants la prennent pour une chienne/Grace en à marre/Ils vont trop loin/Grace se venge (révélation)
. Pour une fois, le côté provocant du réalisateur sert à quelque chose ! En effet, dans le façon dont j'ai compris le long-métrage, ce dernier montre spoiler: jusqu'où les gens sont prêts à aller en profitant d'une personne se trouvant dans une situation délicate ; le film dénonce un chantage atteignant son paroxysme (viols, travaux forcés, esclavage, violence, humiliations, injustices ect...)
. C'est aussi un film ayant pour thème spoiler: la vengeance d'une femme
; je ne sais pas si le réalisateur incite indirectement à suivre l'exemple de l'expression "œil pour œil dent pour dent" -ce qui serait très choquant étant donné la noirceur de la chute du film- spoiler: mais il y a tout un dialogue argumentatif sur la vengeance entre la fille et son père
. Il y a donc des scènes choquantes mais choquantes au sens moral donc la violence de ces scènes n'est pas inutile. Bref, je le dis de nouveau, on aime ou on aime pas, personnellement, j'ai aimé ce film à la fois dramatique et sombre.
Dex et le cinéma
Dex et le cinéma

723 abonnés 186 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mai 2014
Je n'ai pas pour habitude d'employer le mot "génie" facilement. Surtout en parlant d'un réalisateur. Mais Lars Von Trier est décidément un génie. Avec son Dogville, il signe une fable grandiose sur la violence et la noirceur humaine, sans décors (concept de cinéma d'une originalité extrême). La réalisation lyrique et grandiose de notre cher artiste danois, nous plonge avec virtuosité dans l'allégorie qu'il fait de l'âme humaine. Dogville est cette âme, et ses habitants, en sont la noirceur. La belle Grace, jouée par la splendide et talentueuse Nicole Kidman, incarne cette part de bonté présente chez tout le quand a lui, est la zone grise de l'âme, ni bon ni mauvais, ou bon et mauvais à la fois. Le talent scénaristique indéniable du grand Lars, parvient non seulement à captiver le spectateur, grâce à l'histoire et sa signification, mais surtout grâce au rythme prenant et onirique, atteignant son paroxysme lors de la conclusion du film, dans laquelle Lars expose une fois de plus la malveillance naturelle et indissociable de l'homme. Comme à son habitude (pour notre plus grand plaisir) il livre un film hautement symbolique, d'une profondeur hallucinante, et porté par un message d'un pessimisme grandiose. Pas besoin de décors. Le génie d'un excellent scénario et d'une réalisation splendide suffisent. Lars Von Trier est un génie. Dogville le prouve encore une fois.
laylahajji
laylahajji

2 abonnés 8 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 janvier 2014
Si j'avais dû noter ce film juste après l'avoir vu, je lui aurais donné un zéro. J'étais curieuse de découvrir un film de Lars Von Trier plus ancien puisque j'ai beaucoup apprécié Melancholia... Pourtant, autant j'ai trouvé Melancholia subtil, avec une morale intéressante, autant Dogville est pour moi un film qui prône l'absurde et la violence et qui va totalement à l'encontre de la quête de sens propre au septième art.
Je lui donne finalement deux étoiles pour l'originalité de la mise en scène, le jeu impeccable de Nicole Kidman, de Paul Bettany et de tous les acteurs secondaires. Une très bonne direction d'acteur par Lars Von Trier, une mise en scène relativement originale (pas de décors, seulement un tracé de lignes blanches qui délimite un espace qui représente le village de Dogville) et un découpage plutôt agréable (le film est divisé en neuf parties et chaque partie débute par une narration en voix off rappelant la présentation d'une pièce de théâtre).
Cependant, sur le fond, le film livre une morale plus que douteuse, véritablement absurde. J'ai d'abord été extrêmement déçue par ce film dont les critiques sont plutôt bonnes. En effet, la chute du film spoiler: où Nicole Kidman, la jeune femme qui s'est transformée en bonne à tout faire et en souffre douleur pour les gens du village décide de faire tuer tout le village à la fin du film par les hommes de son père.
en fait un navet de noirceur et de pessimisme.
Mais en y réfléchissant (car ce film a eu le mérite de me faire réfléchir), je suis parvenue à faire ressortir deux niveaux d'intérprétation: j'ai d'abord trouvé dans un premier temps, après avoir vu le film, qu'il s'agissait en fait d'une apologie de la violence, un film qui glorifie la vengeance de ceux qui ont été faibles et qui par la suite acquièrent le pouvoir. En effet, le personnage de Grace est d'abord démunie, elle accepte toutes les tâches vîles que lui donnent les gens du village, se fait exploiter, violer à plusieurs reprises et trahir par l'homme dont elle tombe amoureuse. Elle essuie toutes ces humiliations sans jamais se rebeller, s'indigner, telle une sainte, patiente et douce jusqu'au bout, attendant le moment de sa libération. Mais quand son père vient la chercher et lui propose de lui donner le pouvoir qu'elle désire, elle réfléchit et choisit de se venger en tuant toute cette vermine. Certes, le film peut dresser un portrait lucide sur ce que peut être la nature humaine dans sa bassesse, mais est-ce nécessaire de transformer le seul personnage "bon" et censé en monstre ? C'est en cela que dans un premier temps, Dogville apparait comme un film malsain, sombre et terriblement pessimiste, qui ne laisse aucune voie de salut à l'être humain, les êtres brimés devenant à leur tour des criminels. En bref, c'est une humanité pourrie jusqu'à la moelle que présente Lars Von Trier.
Mais dans un deuxième temps, et après plus longue réflexion, j'ai réussi à dégager une autre interprétation, un peu plus explicative: en effet, Grace, personnage vertueux au départ, qui semble dotée d'une humanité supérieure à tous les habitants du village, prête à venir en aide à quiconque lui demande n'est en réalité qu'un être humain qui a surestimé sa capacité à encaisser les humiliations et à endurer le malheur. Ainsi, passive devant ce qui lui arrive et devant le mal qu'on lui fait, incapable de se défendre au moment opportun, elle refoule toute son agressivité qui ressort d'une façon cruelle à la fin du film.
Lars Von Trier montre à travers son film, consciemment ou inconsciemment, que l'être humain le plus ppacifiste et le plus innocent en apparence ne peut s'élever au rang de saint, que la passivité devant l'humiliation peut au final devenir dangereuse quand cette personne obtient finalement les moyens de se défendre et de riposter. Même le personnage de Grace qui semble incapable de faire le moindre mal, va être celle qui ordonnera un génocide.
Deux étoiles donc pour la capacité de Lars Von Trier à dépeindre la noirceur et le mal qu'il peut y avoir dans l'âme humaine. Un film trop sombre cependant, d'un réalisateur certainement très torturé.
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