Rien à dire, juste un navet grandiose qui vide bien le cerveau jusqu’à la dernière miette. Les américains ne jurent vraiment de rien. Peut-être suivent-ils les conseils de Musset un peu trop à la lettre. Car on a là une relecture de Faust absolument nullissime, avec un diable (pardon, Black heart, tu parles d’un nom de merde, on dirait le méchant des bisounours 2, avis aux connaisseurs) laid, numérique, qu’ils essayent de faire passer pour effrayant. Je me demande si ce n’est pas un vrai film d’auteur finalement, une étude brillante sur la laideur. Parce que ce soit dans le jeu de Cage (et dans sa coiffure), dans les effets spéciaux ou dans l’image en générale, dans les blagues ou dans les dialogues, il y en a de la laideur. Alors ok, je veux bien qu’il ne faille rien attendre du mec qui a fait Daredevil (où Affleck n’a rien à envier à Cage dans ce rôle), mais quand même. Sérieux, Cage qui rit comme un con à cause d’un singe qui fait des conneries à la télé, mais où est-on là ? Quelqu’un a sérieusement écrit ça ? En pensant que ce serait une bonne idée ? Euh, allo ? Purée, Ghost Rider qui siffle sa moto pour qu’elle vienne à lui… Faut le voir pour le croire. Mais le pire dans tout ça, c’est que maintenant, avec ça et le comic (sig), le public américain va penser à ça quand on va parler du mythe faustien où d’un mec qui vend son âme au diable (alors que putain, dans le même pays, il y a Phantom of the paradise, c’est quand même autre chose), ça va être leur référence. Et ce mythe européen va disparaître au profit de la merde la plus pure. Un travail de lavage de cerveau savamment orchestré (au contraire du film). C’est cette perspective qui m’énerve le plus, au-delà de la médiocrité du film. On devrait leur interdire de faire ça, on coupait bien la main aux voleurs alors pourquoi pas aux mecs qui ont travaillé là-dessus, ça éviterait peut-être que ce genre de choses se reproduisent (même si c’est de toute façon bien trop tard). Et avec le succès de ce genre de merdes, qui ont pourtant plus de prestige aux yeux du grand public mais qui sont loin d’être meilleurs (Man of Steel, belle propagande), ça n’est pas prêt de s’arrêter. Tout cela est bien triste.