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Casse-tête mental à la Memento, le long-métrage de Cronenberg s’impose à nous comme un voyage schizophrénique dans l’inconscient de Spider, jeune aliéné au sombre passé. Incarné avec une puissance torturée et inouïe par Ralph Fiennes, ce personnage complexe et fascinant à la fois ne tarde pas à rendre l’histoire intéressante, si ce n’est que quelques longueurs sont tout de même au rendez-vous. Un scénario dont les caractéristiques sont similaires au héros (complexe et fascinant, donc). Si les éléments semblent parfois invraisemblables au premier abord, ce n’est que pour mieux nous manipuler, tel Spider tissant sa toile, et ainsi parvenir à imposer un twist final de haute ampleur. La psychanalyse se trouve, comme dans tout bon film de Cronenberg qui se respecte, au centre de l’intrigue, cette fois-ci à la manière d’un long-métrage de Lynch. On pense à Lost Highway, ou encore Mulholland Drive. Loin des délires viscéraux et charnels de Crash ou autres eXistenZ, Spider s’inscrit ainsi sans problème dans la filmographie au contenu divers et varié de Cronenberg, par la maîtrise de ce dernier à se réinventer dans chaque nouveau long-métrage. Et comme si cela ne suffisait pas, le sexe appartient à l’ordre du dégoût de par le passé stimulant du protagoniste (une prostituée à l’allure pitoyable a remplacé sa mère). De plus, la violence est, fait rare dans un film de Cronenberg, plutôt absente. Ainsi, l’univers de Spider est tout à fait inédit. Brillant par son scénario de qualité, plus complexe qu’il n’y parait, le long-métrage est une composition réussie de flash-backs et de moment de pure imagination, que ce soit dans la tête du spectateur ou dans l’inconscient du personnage principal. Sans faire réfléchir jusqu’à l’indigestion, les indices sont brillamment instaurés dans le récit et n’attendent qu’à révéler la vivifiante réalité.
Ajoutée le 21 mai 2012 à 21h41 Signaler un abus
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