Tron : L’Héritage — quand Disney te met une gifle en néon dans la gueule
Sam Flynn, fils de Kevin Flynn, veut retrouver papa. Jusque-là, normal. Sauf que papa ne s’est pas barré au tabac du coin, non. Il s’est fait aspirer dans un ordinateur en 1989 et n’a pas trouvé la touche “échap� depuis. Résultat : le fiston, un mix entre Tony Hawk et un start-upper sous Red Bull, décide d’aller le chercher. Et bim, il se fait à son tour numériser dans un monde où les mecs se battent à coup de frisbees lumineux et de motos digitales. Un peu comme si Fortnite avait couché avec 2001 : L’Odyssée de l’espace.
Putain, Tron : L’Héritage, c’est beau. Mais genre, beau comme un coucher de soleil sur un serveur Nvidia. Les décors te donnent envie de lécher ton écran, les motos te font transpirer du cornea, et chaque plan est calibré pour que tu balances ton popcorn sans t’en rendre compte. Le réalisateur Joseph Kosinski te balance de la lumière, du chrome et de la symétrie comme un prêtre de l’esthétique numérique. C’est pas du cinéma, c’est une rave party dans une carte mère.
Bon, faut être honnête : côté histoire, on est sur un PowerPoint philosophique avec trois lignes de code. Le père, le fils, un programme devenu fasciste, et un message pseudo-profond sur la création qui échappe à son créateur. Tu sens que les mecs ont voulu faire un Matrix mais sans les Wachowski, sans la métaphysique, et surtout sans comprendre que le public a un cerveau. Mais t’en veux pas trop, parce qu’entre deux dialogues creux, y’a des disques qui s’entrechoquent et Olivia Wilde qui te regarde avec ses yeux de bug parfait.
La ., c’est pas juste un bonus. C’est une messe électronique. Daft Punk ont littéralement filé une âme à un film qui, sans eux, serait juste un fond d’écran animé. Chaque séquence claque grâce à eux : la boîte de nuit, c’est une bénédiction sonique, le combat de motos, c’est une transe cybernétique, et le générique, c’est une fin du monde qui groove. Les deux robots ont fait ce que Disney n’a jamais su faire : injecter du style dans la machine.
Jeff Bridges, c’est Dieu dans Tron. Il parle lentement, il sourit comme un moine sous THC, et il est littéralement en train de méditer dans un disque dur. Son fils, joué par Garrett Hedlund, fait le rebelle propre sur lui, mais ça passe. Olivia Wilde, elle, c’est la perfection digitalisée. Si Clu, le méchant clone numérique, veut dominer le monde, on le comprend : le mec a juste trop maté Olivia et a perdu la raison.
Tron : L’Héritage ne raconte pas grand-chose, mais il le fait avec un tel panache visuel que tu t’en bats royalement les bits. C’est une cathédrale de lumière, une orgie synthétique, un trip psychédélique pour ceux qui aiment les néons, les casques et les basses qui font vibrer les os. Ce film, c’est pas du cinéma, c’est une expérience sensorielle. Et franchement, entre deux dialogues mous, tu fermes ta gueule, tu ouvres grand les yeux, et tu dis merci. Parce que même sans scénario, Tron : L’Héritage a plus de style que 90 d des blockbusters modernes.
Plus de critiques sur