Macbeth
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Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2025
Orson Welles parvient malgré peu de moyens à restituer toute l’ampleur de la tragédie de Shakespeare grâce à une mise en scène baroque, parvenant de façon très inventive à faire oublier ses piteux décors en carton-pâte et ses acteurs de seconde zone au casting. Un film certes ardu du fait des dialogues tirés de la pièce et ce peu aidé par l’affreux accent écossais dont font usage les acteurs à l’écran. Pour autant, avec son aspect brumeux, sordide et fantomatique qui vont conférer au récit une dimension toute particulière.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 331 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 août 2025
Après l’avoir adapté sur scène en 1936 (avec son Macbeth vaudou situé à Haïti et interprété par des acteurs noirs) et à la radio en 1940, Orson Welles se voit offrir l’occasion de porter à l’écran Macbeth. Bénéficiant d’un faible budget, il décide de le rejouer sur scène essentiellement avec les comédiens qui seront dans le film pour qu’ils connaissent parfaitement leurs rôles et, en bon expérimentateur, choisit de leur faire enregistrer les dialogues en amont du tournage (les comédiens bougeant les lèvres en fonction d’indications sonores) afin que le tournage ne perde pas de temps à cause du son. Cela permet à Welles de boucler celui-ci dans les temps et en respectant le budget, chose rare pour lui. Hélas, tournant juste après en Europe, il dirige le montage de loin et l’accueil est catastrophique.
Il faut dire que, contrairement à un Laurence Olivier qui sort au même moment son Hamlet, il se permet de modifier le texte de Shakespeare à sa guise en le réduisant, en modifiant l’ordre des scènes ou des répliques, en attribuant parfois ces dernières à d’autres protagonistes ou en créant un personnage absent de la pièce. En outre, il ne cache jamais la faiblesse de son budget en jouant sur l’aspect théâtral de ses décors voire en les dépouillant de tout artifice. Il traite ainsi la pièce avec autant de libertés que William Shakespeare en prenait avec la réalité historique. Enfin, il se permet de faire adopter l'accent écossais à tous les personnages afin de souligner le lieu de l’action. Cela amènera une très mauvaise réception lors des premières diffusions qui engendra un raccourcissement et un redoublage du film afin d’offrir des dialogues "compréhensibles" par le public américain.
La version longue est ainsi plus ou moins conforme aux désirs premiers du cinéaste et possède une narration légèrement mieux structurée car plus complète et la version courte présente par contre l’avantage d’être plus rythmée.
Quoiqu’il en soit, Macbeth vu par Welles reste un grand moment de cinéma. En effet, malgré son faible budget, le cinéaste offre une œuvre visuellement magnifique ou chaque plan pourrait être accroché au mur comme un tableau et réussit à nouveau à nous livrer des fulgurances de mise en scène avec notamment le plan-séquence d’une dizaine de minutes tournant autour de l’assassinat de Duncan (même si celui-ci est remonté dans la version courte). Il fait également encore preuve d'une attention toute particulière sur le travail du son (même si l’aspect expérimental de celui-ci a été diminué sur la seconde version). Enfin, Welles choisit des comédiens de talent issus essentiellement de sa troupe (même si ce ne sont pas les stars de celle-ci) et le personnage démesuré de Macbeth semble parfaitement taillé pour lui-même. Ainsi, même s’il fut à nouveau un revers commercial pour Orson Welles, Macbeth est une œuvre marquante du 7ème Art que ce soit dans ses deux versions qui laisse de multiples images en tête. Ainsi, même si certains pourront avoir du mal avec l’aspect théâtral assumé de l’ensemble, il est difficile de ne pas y voir un chef-d’œuvre.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 316 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 décembre 2024
Macbeth, noble écossais devenant Roi d'Écosse après avoir assassiné Duncan après machination fomentée par Lady Macbeth. Tyran et despote, mais aussi rendu dingue par la culpabilité, il ne pourra périr que par l'épée d'un homme n'étant pas né d'une femme. Cela paraît complètement paradoxal et pourtant c'est bien le cas : ce "Macbeth", c'est bien pour les anglophones (de naissance, je le précise) qu'il est le plus difficile à appréhender. Pourquoi ? Déjà parce que Welles, soucieux de coller le plus possible à l'oeuvre de Shakespeare exige de tous ses personnages qu'ils imitent le mieux possible l'accent écossais. En ressort quelque chose de très particulier, notamment des R étrangement roulés, rappelant des sonorités de l'Europe de l'Est. Donc des dialogues pas toujours facilement intelligibles. Ensuite, ces mêmes dialogues : s'ils usent d'un anglais moderne et populaire, font aussi appel à un anglais soit littéraire (shall) soit archaïque (thee, thou). Et enfin, et les Britanniques ont eu du mal à l'accepter étant donné leur attachement viscéral au théâtre, "Macbeth", dans la forme, n'est pas du théâtre, mais bel et bien du cinéma jusqu'au bout des ongles ! Par économie de moyens et obligation de faire vite, Welles ne dispose que de deux ou trois décors, mais faut voir ce qu'il en fait ! Jamais pièce de théâtre n'avait été adaptée de la sorte à l'écran ! Que ce soit au niveau de l'exploitation du décor, du noir et blanc, de l'utilisation intensive de la plongée et contre-plongée et d'artifices relevant simplement de l'inventivité, c'est un véritable récital visuel que nous avons là.
Redzing

1 451 abonnés 4 915 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 novembre 2021
Grand classique de William Shakespeare, « Macbeth » a connu bon nombre d’adaptations sur grand écran. Il faut avant tout souligner le caractère audacieux de celle-ci, signée Orson Welles. Non contente d’être la première adaptation de « Macbeth » au cinéma parlant, l’acteur/réalisateur s’est permis des libertés qui paraissent aujourd’hui anecdotiques pour une transposition du théâtre vers le cinéma, mais qui étaient culottées en 1948. Modifications de dialogues, ajouts/suppressions de personnages, représentation graphique de certains meurtres ou affrontements (même si la majorité reste hors-champ) : des audaces qui déplairont fortement à la critique très conservatrice de l’époque ! Cette réception négative est d’autant plus injuste que Welles a travaillé ici avec des moyens très limités. Un tournage effectué en une vingtaine de jours, des dialogues préenregistrés, des costumes pour la plupart loués… Si ce manque de budget est parfois criant (de son propre aveu, Welles est affublé pour ses dernières scènes d’un accoutrement qui le fait ressembler à la Statue de la Liberté !), l’acteur/réalisateur est parvenu à en tirer le meilleur. A l’image des tirades shakespeariennes clamées par l’accent écossais rocailleux des acteurs, les décors sont arides et minéraux, donnant l’impression d’un cauchemar primitif se déroulant dans des cavernes. Mais cela s’accorde très bien à l’ambiance presque expressionniste du long-métrage, qui joue avec les ombres et les expressions hallucinées de ses acteurs, dont Orson Welles lui-même, pleinement impliqué dans le rôle-titre. Et évidemment, l’intrigue de « Macbeth », fable sur l’ivresse du pouvoir et la corruption de l’âme, est toujours passionnante, et pleinement appropriée pour un passage au grand écran. Soyons honnête, cette version n’est pas la plus graphique, et demeure relativement abrupte (l’histoire débute directement avec la prophétie des sorcières, des éléments clés ne sont évoqués que par dialogue). Elle n’est donc pas forcément la meilleure à découvrir au cinéma pour ceux qui ne connaissent pas la pièce, à qui on recommandera plutôt de commencer par celle Polanski, de Kurzel… ou même la transposition au Japon féodal par Kurosawa ! Néanmoins, il s’agit d’une œuvre importante, qui a allègrement pavé le chemin à ses successeurs.
Shawn777

807 abonnés 3 938 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juillet 2021
Ce film, réalisé par Orson Welles et sorti en 1948, n'est pas mal du tout mais reste tout de même très long ! Là, on tombe tout à fait dans le genre de film que je déteste noter car il faut que je fasse réellement la part des choses entre objectivité et subjectivité. Lorsque les deux concordent, c'est parfait, mais lorsque je dois trouver le juste milieu entre ces deux situations, comme ici, c'est beaucoup plus compliqué ! C'est la première fois que je vois une version filmée, même animée d'ailleurs, de la pièce homonyme de William Shakespeare, et je ne peux m'empêcher d'avouer que j'ai pris plus de plaisir à la lire qu'à la voir. L'histoire, tout le même la connait : trois sorcières prédisent à Macbeth qu'il va être roi mais en échange d'un destin fatal, ce dont il n'est, dans un premier temps, pas trop au courant. On est donc en plein dans la tragédie et, forcément, le jeu des acteurs, en plus d'avoir un accent écossais à couper au couteau, est donc très exagéré. J'avoue avoir un peu de mal avec ce genre de film car je ne peux m'empêcher d'y voir la mise-en-scène appuyée et la jeu exagéré des acteurs, ce qui m'empêche alors réellement de rentrer dans l'histoire. Surtout qu'ici, Welles a garder les textes de Shakespeare, c'est donc tout sauf naturel. Après, ce n'est pas vraiment un reproche que je peux faire au film, c'est une adaptation fidèle de la pièce homonyme, c'est juste que, personnellement, j'ai beaucoup de mal avec ce genre. Cependant, en dehors de ça, je reconnais que les acteurs sont excellents, notamment Orson Welles dans le rôle titre mais également Jeanette Nolan qui prend son personnage très au sérieux. Mais voilà, j'avoue que, malgré la mise-en-scène magnifique et le très beau noir et blanc et jeu d'ombres, je me suis ennuyé la plupart du temps ! J'ai en effet eu beaucoup de mal à rentrer dans cette tragédie et j'ai décroché à de nombreuses reprises. Je reconnais donc que "Macbeth" est un film qui est bon qualitativement mais qui n'est, pour autant, pas forcément un plaisir à regarder.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 juillet 2019
Le plus sombre des œuvres théâtrales Shakespeariennes, un chef-d’œuvre incommensurable bien évidemment. J’en ai des frissons, où cela peut conduire ces dialogues crépusculaires de ce noble prétendant au trône de l’ancienne écosse, ambitieux follement meurtrier, à contrarier les princesses dans leurs abîmes d’intrigue de grotte château. J’aime beaucoup avec Hamlet, ces doux princiers fous fous foutus dans leurs complots imaginaires à intriguer les rivaux jalousement. Un beau film en noir et blanc remasterisé, que demander de plus ? C’est magnifique, les personnages costumés style viking, ça fait un peu influence des seigneurs Tatars Khans, il y a du Game of Thrones avant l’heure, avec ces pratiques barbares sauvages fin de l’Antiquité devenue christianisée. Dévoré dans son propre jeu machiavélique, pourchasser par l’ambiguë prophétie qui ne peut inexorablement se réaliser, Macbeth roi usurpateur courra à sa perte, encerclé par ses ennemis qui n’attendent que le moment venu, prendre ce pouvoir d’ambition. The King is dead, hail to the new King, a long live pour des générations futures assurées.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2019
D'un côté il y a la flamboyance de l'adaptation, avec un noir et blanc majestueux, charbonneux, une atmosphère à la lisière du fantastique vraiment prenante. Et puis il y a la lourdeur du texte, des dialogues parfois incompréhensibles (les enjeux m'ont paru flous alors que c'est la 3ème adaptation de "Macbeth" que je vois), le tout déclamé par des acteurs jouant comme au théâtre. O. Welles en fait des caisses, même si sa prestation est habitée, il se repose trop sur sa mise en scène qui fait la part belle aux longs plans, il y a un souffle épique qui traverse le film en dépit de son budget ridicule, production Republic oblige, c'est soigné mais aussi un peu barbant, sans doute trop scolaire ou respectueux du texte original. Bref, pas le meilleur O. Welles mais un film intéressant, de par son atmosphère et sa photo.
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2019
Une belle version condensée de 'Macbeth', avec d'intéressants choix de mise en scène et une atmosphère expressionniste parfaitement adaptée à l'univers créé par Shakespeare. Dommage que Jeanette Nolan manque tant de charisme en Lady Macbeth.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 730 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 août 2018
Élevé par le meurtre, déchu par le sang.
La prophétie est cruelle. C'est un monstre sanguinaire que les sorcières créent.
Vision sublimée de la tragédie shakespearienne. Mise en scène mettant en avant les peurs et la présence constante de la mort par les dédales de pierres, la nuit et le château fantomatique.
OW a la peur dans la yeux car « le sang appelle le sang ».
Je ne manquerai pas de citer cette phrase magnifique entre autres vers sublimes: « Mieux vaut être ce qu’on détruit, que par la destruction, vivre un plaisir douteux (doubtful joy) ».
Superbe.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 avril 2018
Avant Kurosawa, Orson Welles adaptait déjà le "Macbeth" de Shakespeare" dans un noir et blanc horrifique et un décor gothique. Réduire le château de Macbeth à une sorte de grotte théâtrale à ciel ouvert est la première grande idée de mise en scène qui frappe, elle souligne le délire d'une tragédie où le pouvoir se voit lié à la mort. En alliant à l'ambiance primitive un jeu d'acteurs outrancier (Welles en tête, totalement habité, au contraire de Jeanette Nolan peu convaincante) et un enchaînement de gros plans, plongées et contre-plongées, le cinéaste expose une virtuosité impressionnante mais qui, tout en se renouvelant, étouffe par son aspect démonstratif qui nuit à l'émotion. Ainsi, on est séduit par l'esthétique moderne du film tout en reconnaissant les limites d'un cinéma entièrement voué à sa dimension plastique et ne portant que peu d'intérêt à ses personnages.
hanson-blonde
hanson-blonde

6 abonnés 570 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 janvier 2016
Vu en projection il y a peu, j'ai retrouvé tous les codes de Macbeth. Après, je comprends que les gens aient été frileux par rapport à l'accent écossais, passablement incompréhensible !
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juin 2015
La mise en scène Wellessienne est comme toujours magistrale, proposant un film très stylisé à la photographie sublime, en jouant sur les contrastes de noir et blanc, on ressent ici toute la dualité et la folie du personnage de Macbeth. Malheureusement, je ne suis jamais vraiment rentré dans le film. La principale raison est la part théâtrale beaucoup trop poussée, en ce qui concerne le jeu des acteurs et la longueur parfois éprouvante des dialogues. J'ai de base beaucoup de mal avec le jeu théâtral qui convient selon moi seulement au dit théâtre, mais lorsqu'il est retranscrit dans un film, je n'arrive plus à y croire. Ceci, couplé aux décors volontairement surréalistes et à l'emploi du langage anglais classique, il m'a été très compliqué d'apprécier le film à sa juste valeur, si bien que je me demande à présent si j'ai un problème avec le film ou bel et bien avec la pièce originelle. Néanmoins, si je dois juger cette oeuvre selon des critères seulement cinématographiques, Macbeth est bel et bien un bon film, clairement pas le meilleur de Welles selon moi qui atteint l'apogée de son talent avec la Soif du Mal, mais tout de même une oeuvre intéressante.

A réserver à un public réceptif à ce genre de représentation.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2014
Orson Welles s'inspire de sa propre mise en scène de "Macbeth" au sein du Mercury Theater pour nous livrer sa vision personnelle de cette pièce, pleine de bruit et de fureur. Avec peu de budget et des décors en carton-pâte, il nous offre un film grandiose et tourmenté, à l'image du personnage principal qu'il incarne à la perfection, tiraillé entre la soif de pouvoir et les regrets. Les décors, minimalistes, renforcent la puissance de la mise en scène qui utilise tout ce que Welles apprécie (profondeur de champ, contre-plongée, éclairage soigné) pour nous plonger au cœur de cette adaptation totalement réussie, qui rend hommage à Shakespeare et qui correspond parfaitement au style de Welles. Le manque de moyens semble inspirer le cinéaste qui nous offre un film absolument saisissant dans lequel les décors expressionnistes se fondent à merveille avec les tourments du personnage.
tomPSGcinema

880 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2014
Je n’ai malheureusement toujours pas lu l’œuvre de Shakespeare, mais cette adaptation réalisé par le grand Orson Welles me donne clairement envie de la découvrir, notamment parce que j’ai trouvé l’histoire bien passionnante. De plus, la mise en scène du réalisateur de Citizen Kane est magnifique et nous propose des prises de vues comme lui seul en avait le secret. Sa performance dans le rôle-titre est également remarquable et la photographie que l’on doit à John L. Russell est assez envoûtante car rendant le film assez étrange (l’œuvre est souvent et étonnamment plonger dans le brouillard). "MacBeth" est donc un grand film de plus à mettre à l’actif d’Orson Welles !
DAVID MOREAU
DAVID MOREAU

160 abonnés 2 376 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 janvier 2014
OPERATION SHAKESPEARE. Orson Welles habité et dément, un magnifique noir et blanc, un jeu d'ombres et de lumières, mais alors à regarder, c'est pas le pied.
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