Le film "L'armée des 12 singes" de Terry Gilliam inspirée de "La jetée"(que je n'ai pas encore vu) n'est pas un film de science-fiction.
Ce projet cinématographique raconte comment l'histoire du monde et de l'univers contrôle matière, et l'insolence de l'être humain à vouloir s'arroger le droit de penser qu'il vit au présent.
Dans le monde du réalisateur, James Cole, personnage sélectionné dans le futur pour ses qualités de bon observateur doté d'une bonne mémoire, n'est pas capable de se souvenir précisément d'une violente altercation entre les forces de police d'un aéroport et un individu dont on comprend au fil du scénario qu'il s'agit de lui.
Etrange! Mais je ne doute pas un instant que si des cinéastes lisaient ce petit paragraphe ils trouveraient une multitude d'hypothèses expliquant ce détail. Car oui! C'est un détail...
James Cole est interné dans un hôpital psychiatrique, et rencontre par hasard Jeffrey Goines, celui qui peut lui permettre de démêler l'intrigue.
En cinéma comme dans la vie, il n'y a décidément pas de hasard.
Jeffrey Goines est intéressant. Il est intéressant et il est peut-être la raison ultime de la réussite du projet intellectuel du film.
Des vérités noyées dans l'esprit dérangé et clamées par le protagoniste pour donner au spectateur cinglé dont je suis des pistes pour le conforter sans ses recherches sont divulguées. C'est une bénédiction! Il ne manquerait bien que nous soyons condamnés à l'ignorance...
L'histoire est belle, personne ne peut y être indifférent. "La folie est la loi de la majorité" selon Jeffrey, et des personnages que l'on pourrait étiqueter comme fous font de brèves apparitions pour mieux nous perdre. Se perdre dans un film, il n'y a rien de mieux... car nous voici dans ces moments là détectives!
Personne ne l'appelle James! Après visionné ce film plus de 10 fois vous ne l'avez toujours pas compris? Personne ne l'appelle James!
James Cole participe à travers un grand nombre de péripéties à la reconquête de la beauté. Il est doté d'un sens du devoir à toutes épreuves et ira (vous l'imaginez bien) au bout de sa mission.
Pour parler un peu de la psychiatre, devenue complice du voyageur de l'espace-temps, j'en viens à me demander les raisons qui font de cette personne la naïveté personnifiée...
Faites entrer Terry Gilliam l'accusé! Je vous le demande solennellement en prenant à témoin la terre entière! Comment une psychiatre, femme de pouvoir, dans un film aussi sérieux que 'L'armée des 12 singes" peut-elle être aussi fragile sur le plan intellectuel et moins informée qu'un malade mental comme Jeffrey Goines?
Monsieur le réalisateur Terry Gilliam, je vous soupçonne de conspirer contre l'humanité...
Mais passons, je ne suis pas encore juge, seulement spectateur, et pour sa défense je dirais en toute humilité qu'il est, avec ses équipes, à l'origine et à la finition d'un chef d'oeuvre cinématographique qui à l'instar de James Cole traversera le temps.
J'ai noté une phrase étrange dans la bouche de la psychiatre, provenant à n'en pas douter de l'inconscient du dialoguiste: "J'ai le sentiment de l'avoir déjà vu quelque part."
Réfléchissons... Si le futur est le présent, et que le passé d'un futur moins éloigné que le présent ne s'est pas produit pour cette psychiatre, d'où peut bien lui provenir ce profond sentiment d'avoir déjà rencontrée le héros?
Je vois cette complication interpersonnelle comme le mystère absolu.
Si le Grand Manitou tenant le rôle du réalisateur est dans l'incapacité d'y répondre, il est la preuve qu'il ne sait ni ce qu'il dit ni ce qu'il fait ni ce qu'il pense, que le temps n'existe pas et que nous ne sommes que les instruments dépendants d'une mécanique cosmique très fragile.
Avez-vous vu ce film? Non? Selon moi vous méritez la prison à perpétuité sans remise de peine...