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Le Désert rouge
note moyenne
3,9
180 notes dont 27 critiques
44% (12 critiques)
15% (4 critiques)
19% (5 critiques)
7% (2 critiques)
11% (3 critiques)
4% (1 critique)
Votre avis sur Le Désert rouge ?

27 critiques spectateurs

Cliff554
Cliff554

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4,0
Publiée le 02/11/2013
Premier film en couleur réalisé par Antonioni, "Le Désert Rouge" suit le parcours d'une femme atteint d'un mal inconnu au sein d'une petite ville portuaire du nord de l'Italie. Déjà, un détail qui marque nos yeux, ce sont ces plans composés par le réalisateur mettant en avant des couleurs ternes, dans une ambiance hivernale. Durant toute la durée du film, les personnages avancent, marchent, discutent en plein brouillard, que ce soit sur un bateau ou à l'extérieur d'une usine. Antonioni joue avec l'atmosphère que pour le spectateur ressente un sentiment d'oppression, à l'instar du personnage principal, interprété par la sublime Monica Vitti, touchante en femme fragile. L'atmosphère agit comme le reflet du mal être de la femme, Giuliana, en mettant en avant des décors sombres, lugubres, insalubres. Le scénario en lui-même est aussi innovant. Pas de climax ni d'événements faisant avancer l'histoire. Uniquement des bribes du quotidien de Giuliana viennent ponctuer le film, ainsi que ses rapports avec un autre marginal, Corrado Zeller (joué par le regretté Richard Harris). De ce fait, j'ai eu quelque peu de mal à accrocher à ce "Désert rouge" durant les premières minutes, le style et la narration étant déroutants. Puis, lentement, on se laisse porter par le rythme du film jusqu'à s'immiscer complètement dans le récit et à ressentir les mêmes émotions que le personnage de Giuliana. Antonioni effectue un travail très recherché et envoutant, à la fois réaliste et onirique. Je ne dirais pas que "Désert Rouge" s'inscrit dans la lignée du néo-réalisme italien. D'ailleurs, "Désert Rouge" n'appartient à aucun courant tant il s'agit d'un film atypique. Magnifique portrait de femme dans une atmosphère inquiétante, Antonioni filme la vie comme dans un rêve. En résulte un film que le spectateur ressent au plus profond de lui-même, en se laissant border par les bribes de vie filmées. "Désert Rouge" est bien plus qu'un simple film. C'est une expérience à part entière, portée par une réalisation majestueuse et par l'interprétation sans faille de Monica Vitti.
stebbins
stebbins

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5,0
Publiée le 14/08/2008
Encore un chef d'oeuvre du grand Michelangelo Antonioni. Il s'agit là d'une oeuvre plastique, d'une succession de peintures animées et ravissantes...Pourtant, nous ne sommes pas au musée mais bel et bien au cinéma . Pour son premier film en couleurs, le réalisateur italien a fait fort : en donnant chair aux détails les plus insignifiants, il signe l'un de ses films les plus profonds et les plus tristes : perfection de la chevelure flamboyante de Monica Vitti ( son meilleur rôle avec L'Eclipse ), manteau vert faisant figure de mirage dans l'immensité grise des usines, séquence éphémère dans laquelle une jeune femme s'allonge sur le sable rouge...Ici, les couleurs ont leur sens, il ne s'agit pas d'un simple caprice de modernité. Le Désert Rouge traite en partie des affects et des attaches, d'un homme voyageur et d'une femme sans repères. En cela, le travail d'Antonioni sur les contrastes est prodigieux. Aucunement illustratif et toujours subtil, ce chef d'oeuvre est donc une splendeur visuelle doublée d'une invitation à la méditation. Monica Vitti, plus désespérée que jamais, est extraordinaire. L'un des meilleurs films d'Antonioni.
Maitre Kurosawa
Maitre Kurosawa

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4,5
Publiée le 11/01/2017
Après la trilogie de l'incommunicabilité, Michelangelo Antonioni passe à la couleur avec "Le Désert Rouge", film déroutant et abstrait qui met en scène un personnage totalement désespéré (Giuliana), interprété par la magnifique Monica Vitti. Alors que les précédents films du maître italien se focalisaient sur une incapacité des êtres à communiquer entre eux, celui-ci est plutôt la représentation d'une difficulté à vivre dans un monde incompréhensible et nuisible. Si Corrado (Richard Harris) semble pouvoir évacuer son malaise en voyageant sans cesse, en échappant donc à un décor uniforme, Giuliana ne trouve pas d'issue, condamnée à errer dans un monde pollué par l'expansion des zones industrielles, qui inspirent pourtant fortement Antonioni sur un plan architectural - et donc cinématographique. Le désespoir de Giuliana contamine les lieux dans lesquels elle évolue, il ne contraste avec le monde que par sa veste verte qu'elle porte au début et à la toute fin du film; hormis cet écart, sa chevelure fait écho au bois rouge de la cabane dans laquelle elle se trouve avec certaines connaissances et dans sa maison où, pendant une nuit d'amour qui engendre la séparation avec son amant, sa vision est absorbée par un rouge perçant et artificiel au-dessus d'elle. Giuliana doit se résoudre à accepter son état de dépression perpétuelle et dans son rêve de liberté qu'elle évoque à travers une histoire qu'elle raconte à son fils (une jeune fille vivant seule sur une plage déserte et qui soudain entend un bruit continu qu'elle ne peut localiser), réside l'idée que le bonheur est illusoire et que même dans le lieu le plus idyllique qui soit, l'harmonie sera toujours brisée par un événement irrationnel. Peut-être le film le plus sombre d’Antonioni, « Le Désert Rouge » est une œuvre exigeante au fort pouvoir de fascination, une pièce importante dans la filmographie du cinéaste.
Kiwi98
Kiwi98

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3,0
Publiée le 23/05/2015
Juste avant ses deux œuvres majeures « Blow Up » et « Zabriskie Point » qui feront sa renommée internationale, l’italien Michelangelo Antonioni part une dernière fois en virée avec sa muse Monica Vitti, et cette fois ci en couleur dans un univers radicalement différent de ce que le réalisateur de « L’Avventura » aura fait. Ici, dans « Le Désert Rouge », la tragédie n’est qui prétexte pour sublimer l’horreur. Sorte d’épopée au cœur de la solitude dans une atmosphère industrielle et dévastée, ou une palette variée construit un tableau mal dans sa peau à travers les yeux de Monica Vitti, qui en dehors de sa beauté, saisit sur le bout des doigts la complexité de son personnage. Une héroïne perturbée, perturbante, distante, attachante, visible et invisible, dont Antonioni laisse planer l’ombre dans un déluge de couleurs et de pollutions qui ressemble à une vision quasi post-apocalyptique. Car dans ce désert rien n’est beau, le gris domine, les marécages sont jaunâtres et le brouillard repoussant et irréel. Plein d’ambiguïté, languissant, excellemment mis en scène, Antonioni exerce un véritable trip au sommet de l’angoisse existentielle et conduit à une œuvre morte dans l’âme qui aurait tout aussi bien pu avoir été réalisée par un Andrei Tarkovski ou encore Bergman. Mais loin des grands, Antonioni offre sa véritable personnalité à travers le plastique, mis en image par un sens de l’esthétique absolu, enivrant et brutal, presque insupportable au fur et à mesure d’être à la traine sans dévoiler sa longueur forcée et désespérée, aussi seule que cette sublime Monica Vitti, une sorte d’archétype de la douceur absolue et de la beauté italienne dans tout son éclat, qui lorsqu’elle raconte cette simple histoire devient aussi onirique de fascinante.
S M.
S M.

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5,0
Publiée le 23/09/2013
Premier film d'Antonioni en couleurs et sans conteste, l'un de ses meilleurs. D'une beauté visuelle splendide, les tons rouges, verts et jaunes notamment ou encore les plans en extérieur (Le paysage industriel désolé), on a l'impression de voir des fresques et peintures en images. Chaque plan est une merveille qui nous amène à nous poser des questions. Monica Vitti est formidable de justesse dans sa triste descente aux enfers. Une expérience esthétique unique.
nekourouh
nekourouh

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4,5
Publiée le 05/04/2012
Quelle créativité et quelle originalité ! Antonioni ouvre à chacun de ses films de nouveaux horizons.
Anaxagore
Anaxagore

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5,0
Publiée le 29/05/2007
De tous les films d'Antonioni, "Il deserto rosso" (1964) est peut-être celui par lequel mon coeur est le plus vivement chaviré. Et cela parce qu'il constitue le point d'aboutissement de cette courte et fulgurante période créatrice qui commence en 1960 avec "L'Avventura" et qui voit le réalisateur italien produire ses ouvrages esthétiquement les plus radicaux et les plus purs. À partir de "Blow up", il s'orientera vers un cinéma, certes de qualité, mais davantage en phase avec les attentes du grand public. Cela n'est pas un mal en soi, mais explique que ses partis pris ne s'y retrouvent plus avec la même acuité. Pour ce qui est du contenu, "Le désert rouge" s'inscrit dans la continuité avec les films précédents. Il se présente comme l'exploration de l'âme d'une jeune femme dépressive en déphasage complet avec son entourage, et nous fait vivre de l'intérieur la vision convulsive qu'elle a du monde. La forme qui résulte de ce contenu et qui l'épouse à la perfection est d'une beauté sans pareille. Elle se distingue dans l'oeuvre du réalisateur par la découverte éblouie de la couleur. Et cette découverte s'opère, comme chez tous les grands réalisateurs (on songe ici à Fellini, à Ozu, à Kurosawa, à Tati, à Godard, à Bergman, à Tarkovski...), sous le signe de la responsabilité la plus assumée. Si le cinéaste fait usage de la couleur, il ne peut le faire avec désinvolture. Il ne s'agit pas de reproduire les couleurs naturelles triviales, mais d'inventer un monde nouveau aux mille teintes nouvelles. Antonioni compte certainement au rang de ces cinéastes qui ont su éviter le piège du naturalisme et on se surprend à rêver, à la vision des splendeurs du "Désert rouge", que nos contemporains puissent se souvenir un jour que la couleur était à la fois une chance et un danger!
Sergio-Leone
Sergio-Leone

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3,0
Publiée le 03/11/2012
Je suis un grand fan du travail d'Antonioni dont l'esthétisme bat tous les records mais "le désert rouge" ne m'a pas autant impressionné que "l'avventura" ou encore "Blow up" lui aussi en couleur. Le ciel gris et triste ajouté aux décors industriels renforce le propos d'Antonioni sur l'angoisse du personnage et la modernité mais dessert complètement la beauté visuelle habituelle à ses œuvres, à mon goût. Le réalisateur utilise également la couleur pour la première fois dans des contrastes saisissants, sans toutefois m'impressionner cette fois-ci.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

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3,5
Publiée le 16/05/2012
Un des films majeurs du cinéaste italien. Poursuivant sa réflexion sur notre monde post-industrialisé, toujours avec la présence envoutante de Monica Vitti, Michelangelo Antonioni réalise avec «Le Désert Rouge» un manifeste sur la modernité doublé d'une oeuvre d'art plastiquement remarquable. Son travail sur les couleurs, utilisées afin de raconter par elles-mêmes l'état des personnages et dramatiser le récit, se révèle étonnant. Comme nombre des grands cinéastes passant du noir et blanc à la couleur, Antonioni ose toutes les expérimentations possibles, peignant les éléments, arbres, maisons, sols,... à sa guise. Mais ce long métrage reste difficile d'accès, l'art d'Antonioni résidant surtout dans les non-dits : « Mes films ne parlent de rien, mais avec précision » avouait-il. Abstrait et désenchanté, «Le Désert Rouge» évoque les bouleversements physiques et psychologiques de la modernité, aussi bien par l'omniprésence des usines que par la névrose de la jeune héroïne. Angoisse existentialiste, vide sentimental, crise du couple, perte des repères, solitude,... l'individualisme inévitablement lié à la modernité est plus que jamais présent, profondément déstabilisant. Mais le monde industriel est ici représenté d'une façon plus subtile et ambiguë qu'on pourrait le croire : les usines sont source d'activité, vivantes par rapport aux personnages déshumanisés, et l'éclat de leurs couleurs révèle une véritable fascination de la part d'Antonioni pour cette beauté artificielle, par opposition à celle de la nature. «Le Désert Rouge» est donc un long métrage riche et complexe, aussi bien sur le fond que sur la forme : un chef-d'oeuvre magistral. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
GabbaGabbaHey
GabbaGabbaHey

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2,5
Publiée le 20/04/2011
Un très intéressant travail technique de la part de Michelangelo Antonioni... "Le Désert Rouge" brille par l'originalité et la force de sa narration, seulement, si la mise en scène est très bonne et les acteurs loin d'être mauvais (surtout Monica Vitti), le peu de contenu scenaristique, même s'il est magistralement traité, est parfois difficile a subir... Un film des plus intéressants, dans lequel la psychologie des personnages est extraordinairement bien étudiée, qui saura surement emmener très loin certains, mais qui m'a laissé un peu trop les pieds par-terre.
Trelkovsky
Trelkovsky

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5,0
Publiée le 30/01/2011
Pour Michelangelo Antonioni, "Le désert rouge" est un changement : il s'agit en effet de son premier film en couleur, un pas en avant vers une nouvelle modernité cinématographique et donc vers un élargissement de son champ d'expression artistique. Pour le cinéaste, c'est l'occasion de brosser le portrait d'un monde en pleine mutation ; mais cela va bien plus loin que la simple image pessimiste qui saute tout de suite aux yeux. Non, "Le désert rouge" est bien plus complexe que cela : c'est à la fois un drame humain, un regard anxieux porté sur le monde industriel et paradoxalement une œuvre d'une troublante poésie et d'une beauté abstraite. C'est un film d'une ambiguïté constante. Antonioni semble donner deux grandes dimensions contradictoires à la mise en parallèle des personnages et des paysages industriels dans lesquels ils évoluent : d'une part, le vide existentiel des protagonistes et le profond sentiment d'illogique se dégageant de la façon dont les décors sont filmés semblent rapprocher ces deux éléments. Mais la vivacité et l'authenticité des tourments intérieurs de l'héroïne (interprétée par la magnifique Monica Vitti, qu'Antonioni film une nouvelle fois somptueusement) contraste avec la froideur et le caractère impitoyable du monde qui l'entoure. Quelle idée ressort de tout cela finalement ? Celle d'une humanité déshumanisée par le monde qu'elle créé, prise à son propre jeu, ou alors celle d'un univers artificiel construit sur le propre paradoxe de l'Homme ?... Le cinéaste italien signe-là une œuvre passionnante sur bien des plans ... Mais ce qui rend son film si exceptionnel, ce ne sont pas seulement les idées qu'il développe. Il s'agit également d'une pure œuvre d'art, expérimentale, poétique et abstraite. De paysages a priori froids et sans vie, Antonioni parvient à tirer quelque chose de profondément sensible et vivant. Il joue avec les formes et les couleurs, peint des tableaux précis, filme le réel comme de l'abstrait ... Dans cette atmosphère viciée, il y a quelque chose de fascinant et de beau. On ne saurait pas dire quoi. Mais après tout, c'est sans doute l'une des caractéristiques du génie artistique ; faire surgir des impressions d'objets que l'on n'aurait jamais imaginés ressentir comme tels. Chaque plan de ce sublime "Désert rouge" renferme ses contradictions, sa part de poésie, son inexplicable beauté ... C'est simplement un chef d’œuvre d'une richesse et d'une valeur artistique inestimables.
velvet-touch
velvet-touch

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5,0
Publiée le 15/11/2007
Il deserto rosso est un film d'horreur. C'est le film le plus tragique, le plus noir, le plus triste, le plus déprimant, le plus gris, le plus sans espoir qui ait jamais été fait. C'est une peinture étraignante qui se perd dans la beauté parfaite de couleurs atones, dans l'angoisse du rouge (les cheveux de Monica Vitti sont une fixation pour Antonioni), dans l'instabilité du vert, dans les nuances perfides du gris, dans ces pâles tentatives de rendre lumineuse une vie humaine qui ne vaut rien, qui est aussi froide que cette magnifique Ravenna industrielle. Les paysages, la sensation d'aliéneté est encore plus forte que dans les autres films d'Antonioni, les clins-d'oeil (les jouets, les dessins, les bateaux, le brouillard, les couleurs du magasin, etc. etc. etc.), les détails, le dialogue, les acteurs (quoi de plus affligeant d'Ugo "non ha ancora ingRanato?"), le désespoir de la vie, l'inutilité de l'amour et la maternité. Risible dire que le désert rouge est mon "film préféré": le désert rouge est une terrible critique à la société, un témoignage d'aliénation et de folie, une oeuvre d'art d'une force inégalable. La torturée Monica Vitti ne rend que plus fort cette sensation avec son rire, son accent, ses interprétations magistrales. Il deserto Rosso est simplement un film imperdable, l'un des films les plus importants de l'histoire du cinéma. Lui donner 4 étoiles est si réductif... les chefs-d'oeuvre ne se notent pas.
max6m
max6m

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5,0
Publiée le 20/08/2007
"Le désert rouge" est pour moi le plus grand film d'Antonioni, ou en tout cas le seul à pouvoir rivaliser avec cet autre chef d'oeuvre absolu qu'est "l'avventura". C'est aussi à mon sens l'un des plus beaux films en couleur de toute l'histoire du cinéma. Rien de moins. Réalisé en 1964, "Le désert rouge" est considéré comme le dernier volet d'une tétralogie exceptionnelle (après "L'avventura", "la notte", et "l'éclipse") dont il serait en quelque sorte le film somme. On y retrouve effectivement les thèmes chers à Antonioni: solitude de la femme moderne, crise du couple, rapport de l'individu au monde qui l'entoure, perte de repères et de sens, errance qui entraîne une souffrance, une douleur de vivre. Mais le film n'est ni le portrait psychologique d'une femme névrosée, ni une critique du monde industrialisé qui serait la cause de ce mal moderne. Antonioni traite son sujet en évitant tout naturalisme et toute dénonciation critique. Sa démarche est purement artistique et se révèle ici par le traitement inouï de la couleur. L'utilisation de la couleur permet de révéler l'état psychologique et mental des personnages; les paysages sont le reflet des sentiments et des tourments intérieurs de l'héroïne (magnifique Monica Vitti). Antonioni parvient ainsi à transformer un monde à la base austère et froid (les usines, les tuyaux, les terrains vagues, les marres de pétrole et de boue) en un monde abstrait d'une immense beauté. Mais c'est paradoxalement ce monde intérieur magnifié qui semble être à la base de la crise du personnage (Guiliana crira elle-même qu'elle ne supporte plus toutes ces couleurs). Contrairement à sa réputation, "Le désert rouge" n'est pas un film "intellectuel". Il suffit simplement de se servir de ses yeux pour ressentir. Et cette émotion forte, transmise par l'abstraction du film, en dit bien plus et se révèle au final bien plus enrichissante que tout discours vaguement psychologisant... A voir absolument.
scorsesejunior54
scorsesejunior54

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2,5
Publiée le 31/03/2006
Très profonde et avec une grande réflexion sur la vie, la mort, et tous les thèmes que ceci englobe, voici une oeuvre à côté de laquelle il serait dommage de passer à côté. Antonioni est quelqu'un qui pose sa caméra, réfléchit et pose des questions, souvent sans réponse. A une époque où on tentait de monter des films montrant la joie de vivre (on était encore dans l'esprit après-guerre), le cinéaste prend du recul et se demande si la vie vaut la peine d'être vécue, si aimer est une chose bénéfique dans la mesure où elle apporte toujours de la souffrance en réponse. Ce qui me dérange, c'est la vision du monde extérieur. J'ai eu l'impression que le metteur en scène ne remettait que très peu en cause le comportement humain et se cantonait plutôt à filmer des décors tristes, sans vie, monotones et que ceux-ci étaient en fait responsables du désespoir ici omniprésent. La tristesse prend vite le dessus sur l'espoir mais celui-ci renaît le temps d'une séquence sublime (Vitti qui raconte l'histoire de l'aigle à son fils). C'est complexe et tout est transmis par un regard, une ombre, ou par une parole qui suggère bien plus qu'elle n'en dit. On retiendra notamment une phrase résumant très bien le malaise présent dans "Il deserto rosso". L'héroïne dit, simplement "Pourquoi regarderais-je la mer si ce qui se passe sur Terre ne m'intéresse déjà plus ?" Minimaliste et intimiste, porté par une actrice principale magnifique et excellente, ambigüe, mystérieuse, trahie mais finalement terrfifiante. Comme l'ensemble.
Vladimir.Potsch
Vladimir.Potsch

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5,0
Publiée le 06/01/2006
En ce qui concerne Le désert rouge, il est facile de dire qu’Antonioni a voulu exprimer l’impossibilité de communiquer dans un univers d’usines et de béton. De même, consacrer cet article à la splendeur de la photographie et des couleurs, ou à l’importance accordée au déplacement des personnages dans chaque plan, et donc de la recherche effectuée pour que le plan s’y prète au mieux, ne serait pas non plus d’une grande nouveauté. Ce qu’il faut répéter, par contre, c’est que Monica Vitti n’a jamais été aussi émouvante que dans ce rôle de femme commotionnée et en constante demande d’affection. Elle n’est plus tout à fait la beauté froide et blonde de L’aventura et de La notte, la couleur lui conférant une humanité nouvelle dans un univers toujours aussi rétif aux épanchements et à la compassion (voir l’attitude de son mari). L’ingénieur américain, joué par Richard Harris, n’est pas vraiment un substitut au vide sentimental de la jeune femme puisqu’il essaye de fuir une réalité sociale et géographique dont elle semble prisonnière. Quand aux fantasmes, admirablement symbolisés dans un scène paradisiaque qui joue sur le contraste avec maestria, ils ne sont que la représentation d’un monde intérieur complètement décalé. Il ne reste que l’amour triste, celui de la chair, qui ne fait pas sortir la jeune femme du brouillard dans lequel il est métaphoriquement exécuté.
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