400 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
50 critiques spectateurs
5
21 critiques
4
12 critiques
3
4 critiques
2
7 critiques
1
5 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Schwann
19 abonnés
261 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 2 février 2012
Adaptation extrêmement fidèle d'une nouvelle remarquable. John Huston porte l'œuvre littéraire à l'écran avec précision et talent. Quelle merveille d'entendre Frank Patterson réciter cette ballade irlandaise - "You have taken the east from me; you have taken the west from me; you have taken what is before me and what is behind me; you have taken the moon, you have taken the sun from me; and my fear is great that you have taken God from me!"- et chanter The Lass of Aughrim, qui illustrent à la perfection la critique irlandaise de Joyce et sa vision de l'Art. C'est l'art d'ailleurs, dans ce dernier film d'Huston, qui côtoie la mort dans une éblouissante extase de mots, de sons et d'images.
Un film magnifique. Gens de Dublin, ou The Dead est une œuvre somptueuse, assortie d'acteurs exceptionnels et à la composition particulièrement admirable. C'est le dernier film de John Huston et ça se sent tant l'ouvrage est profondément mélancolique, ne serait-ce qu'avec ce titre (The Dead). Le monologue final, le dernier de l'œuvre de Huston, est un chef d'œuvre absolu. Bouleversant et poétique, à voir absolument.
La musique est légère mais elle vrille le cœur lentement, jusqu’à le vider, jusqu’à le faire imploser… 1904 : la neige feutre la nuit, feutre les vies, les passés vains, les avenirs éteints… Huston remplace la plume de Joyce par sa caméra, fidèle aux mots, fidèle aux images visionnaires. Il restitue l’aube d’un siècle qui s’annonce sombre, tragique, la fin d’un monde de certitudes, de convenances, de rapports superficiels propres à la bourgeoisie catholique irlandaise mourant d’ennui, figée dans une affectation qui sonne faux, s’installant dans un vide auquel on ne peut échapper (même pas Freddy qui est le plus lucide et se réfugie dans l’alcool). Une nostalgie pesante prend part à tous les propos et fait des choses vitales avec les détails dérisoires, précieux et inutiles : abécédaires fanés, dentelles et pudding brun… souvenirs de musique, musique des souvenirs… Et enfin, il y a les dix dernières minutes où l’on remonte vers un drame lointain qui redonne le vrai poids et la vraie valeur de la vie, porté par des chansons qui remontent les rues de l’hiver et conduit lentement vers un tourbillon d’émotions profondes et graves comme peu de films savent en donner.
Un film atypique dans l'oeuvre du grand John Huston! Une sorte de testament fixé sur pellicule à jamais... Une façon de montrer que derrière ses dernières lubies qu'il laissait transparaitre (l'honneur des prizzis) c'était un homme qui sentait venir la fin... D'ailleurs c'est l'ombre de la mort qui plane au dessus de cette marche funèbre qui terminera en apothéose dans une chambre d'hôtel, où un mari prendra conscience du temps qui passe trop vite sans qu'il ni puisse rien... Un film touchant poétique, lyrique, d'un classique déroutant... Loin du Faucon maltais mais tout aussi magistralement maitrisé!
Film très intéressant sur la haute société irlandaise de l'époque !! il peut cependant être ennuyeux pour ceux qui attende une intrigue ou de l'action car ça reste un film assez lent qui peut faire réfléchir sur la mort !!
Certains réalisateurs ne cessent jamais de surprendre. Ils ont réalisé de bons films dans leur vie, des films moyens, d'autres exécrables, et puis livrent pour la fin un testament qui ne trouve pas d'égal dans le passé. Ainsi, Robert Bresson parachève brillamment son œuvre avec L'Argent en 1983. De même, John Huston, qui possède quelques bons navets à son actif, s'est réservé pour sa dernière œuvre : il n'existe peut-être aucun autre film au monde aussi subtil, aussi enchanteur et aussi nostalgique que le crépusculaire Gens de Dublin. John Huston, parvenu à la fin de sa vie, accède à la beauté avec cette magnifique adaptation d'une nouvelle de James Joyce, élégiaque et pathétique.
Les gens de Dublin, inspiré de La mort, dernière nouvelle du recueil The Dublineers, réussit le pari d'une délicate et très fidèle adaptation de l'immense écrivain James Joyce. Film sur la mort alliée au romanesque, c'est de plus le dernier opus dans l'inégale filmographie de John Huston, proche de trépasser lors du tournage et sûrement une de ses meilleures oeuvres, pour moi sa plus personnelle. Un personnage rend hommage à la fin du film aux trois grâces, définition qui colle bien à la mise en image éblouissante des Gens de Dublin où les mouvements de caméra saisissent au mieux l'atmosphère de fin de vie qui telle une chape de plomb, enrobe les personnages les plus âgés dont on perçoit qu'ils ne seront peut être plus présents lors du prochain réveillon (l'assoupissement dans l'escalier, la difficulté pour grimper dans la voiture). C'est un film sur le temps qui s'enfuit, beau comme un poème romantique du 19ème siècle, non sans humour avec des dialogues écrits au cordeau. L'interprétation est exceptionnelle (mention spéciale à Angelica Huston) et la fidélité au roman est telle qu'on a l'impression que Huston a pris le livre et a filmé chaque page avec sa caméra. Le dernier quart d'heure est un chef d'oeuvre absolu avec une émotion qui surclasse tous les films vus précédemment. Une oeuvre majeure, inoubliable.
Avec "Gens de Dublin", John Huston nous a quitté sur une oeuvre grave mais au combien apaisante sur la mort qui se clôt magnifiquement. Tout est fait pour qu'on rentre dans l'intimité des personnages à travers une réalisation intelligente et habile. On arrive presque à percevoir les non-dits, les émotions refoulées et les événements tragiques qu'ont marqué les personnages dont on aurait aimé mieux en connaître certains. En plus d'une mise en scène subtile et souvent dans un état de grâce indescriptible, tous les éléments des costumes et des décors sont minutieusement soignés, la musique est très belle et le jeu des acteurs magistral. C'est John Huston malade mais au sommet de son art qui a réalisé ce testament sans conteste le plus beau film sur la mort. John Huston peut reposer en paix à jamais dans le paradis des grands cinéastes.
Gretta et Gabriel ne vont pas danser ensemble, dans cette soirée d'épiphanie. La mort et le secret sont en permanence dans l'ombre des morceaux de bravoure habituels et chaleureux d'une soirée irlandaise, durant laquelle on chante, on joue du piano et l'on esquisse un quadrille. Huston conclut sa vie en tournant ce bouquin dont il rêvait depuis longtemps. Un film crépusculaire, épuré, tout en nuances, qui porte si bien son titre original. De façon inattendue, la révélation finale que fait Gretta m'a rappelé le rêve intime que Kindman ose dire à son mari dans Eyes wide shut, dernier film de Kubrick. Auparavant, Angelica Huston a écouté un chant sublime venant en hors champ. Nous sommes à Dublin en 1904, nous sommes aujourd'hui, nous sommes éternellement emportés par le souvenir de ceux qui nous précédés. TV2 - janvier 22 profiter de la nouvelle sortie en cinéma pour découvrir cette ambiance subtile de fête d'épiphanie irlandaise, il neige dehors, les tenues sont exquises autant que guindées. chacun y va de son petit poème, de sa petite chansonnette, la chaleur est douce autant les traditions sont rigides; une galerie de portraits ciselés, le fils ivrogne castré par sa mère par exemple; et pour finir la confession d'enfance de cette femme mure, qui se confie pour la première fois à son mari. Difficile de ne pas penser à la route de Madison. ou également au Festin de Babette. cine- déc 09
Avec «The Dead» (Grande-Bretagne, 1987), son dernier film réalisé dans un état terminal, John Huston renoue avec un goût pour les délices distingués du plaisir. L’idée générale que la dernière œuvre d’un cinéaste constitue un testament ou une redécouverte des sources est si consacrée et éculée qu’il pourrait paraître risible de l’attribuer au film. Pourtant «The Dead», adaptation de Joyce que Huston souhaitait depuis 1956, regorge d’un puissant élan vital. La longue soirée de Noël où tous les convives bourgeois s’adonnent à réveillonner trivialement présente l’occasion pour Huston de traiter, à travers chacun des personnages, de ses ressentiments à l’égard de la vie. A travers une ode, un discours de remerciement ou l’interprétation cristalline par un ténor de «The Lass of Aughrim», l’apologie des jours vivants filent en délicatesse le long des scènes. A l’aune de sa mort, Huston adresse un prodigieux salut à la poésie de l’existence. Cet entrain émotionnel dont ne se départage pas le film, sans verser dans le pathétique, ne délaisse pourtant pas l’ironie dont fait preuve depuis toujours le cinéma de Huston. Ces personnages ne sont pas plus puissants à œuvrer à leur bonheur que dans «The Maltese Falcon». Et dans la joie à laquelle se prêtent les convives tout au long de la soirée (les trois quarts du récit), transparaît le sentiment de la mort. Du chant trouble et tragique de la vieille tante Julia aux costumes noirs ténébreux, dignes en couleur du Torero mort de Manet, la présence de la mort se manifeste jusqu’à finalement prendre le pas sur le plaisir de l’existence. Et même encore, quand s’est assoupi le corps de Gretta sur le lit après qu’elle ait éclaté en sanglot, lorsqu’au dehors «il neige encore» comme il est écrit dans la nouvelle de Joyce, la mort drape le monde de ses flocons célestes, sans épuiser pour autant son fragile éclat. Résonne sous une volée de neige le dernier mot du film, clôturant l’œuvre de Huston : «the dead».
Rares sont les films se divisant aussi nettement en deux parties. Et de ce point de vue là, nul doute qu'il y a tout de même de quoi être quelque peu dubitatif devant les 40 premières minutes, certes sublime esthétiquement et atteignant une élégance rarement atteinte au cinéma, mais qui sont loin de nous captiver pour autant tant elle nous apparaîssent bavard et, avouons-le, d'un intérêt très moyen. Seulement voila, il y a ces 40 dernières minutes qui ont eu chez moi une répercussion que j'ai rarement l'occasion de connaître au cinéma, comme si tout d'un coup ni plus ni moins que la grâce s'était posé sur les épaules de John Huston, et ce afin de nous offrir un inoubliable moment. Mais oui, n'ayons pas peur des mots!! Car comment en effet ne pas être ébloui devant tant de poésie et de beauté, la réflexion sur la mort, l'amour et le temps qui passe se faisant elle aussi tout aussi somptueuse... Ce sont ni plus ni moins que des sommets cinématographiques qui sont alors éteints, et nul doute que ne serait-ce que pour cela, le film s'avère être un indispensable dans la carrière déjà bien remplie de son auteur. En tout cas, merci Monsieur Huston, nul doute qu'après un tel chant du cygne, il vous a été facile de trouver l'éternité...
Joyce est un des plus grands écrivains de tous les temps et de tous les pays. Gens de Dublin est l’une de ses meilleures nouvelles. Le miracle hustonien est que le film se hisse encore au-dessus de la nouvelle. La construction en quatre parties, trois quarts d’espace et un quart de temps, est un prodige d’équilibre. L’espace de la soirée peut s’étendre à tout jamais, figé dans l’éternité rassurante des répétitions et des traditions... Puis la musique arrive et le temps apparaît, et avec lui la mort... Humanité déchirante.
C'est évidemment à voir si on aime l'Irlande, la culture irlandaise, sa musicalité, son sens de l'au-delà. Autrement c'est de ce qu'on a fait de plus simple et de plus limpide sur la proximité de la mort, entre néant et pérennité. On a le sentiment de quelque chose de fantomatique sur la fin et on est, physiquement, terriblement ému.