Sorti sur les écrans en 1977, "L'Animal" de Claude Zidi s'impose comme l'un des divertissements les plus représentatifs et les plus généreux de la période ultra-spectaculaire de Jean-Paul Belmondo. Menée tambour battant, cette comédie d'action offre un concentré d'adrénaline et d'humour qui, malgré des faiblesses flagrantes d'écriture et des choix comiques parfois datés, conserve une redoutable efficacité.
Le point d'orgue du film réside sans conteste dans la performance physique ahurissante de Jean-Paul Belmondo. Réalisant ses cascades lui-même, l'acteur livre des séquences d'anthologie – dont la fameuse voltige sur l'aile d'un avion – qui forcent encore le respect aujourd'hui. Parallèlement, Bébel s'en donne à cœur joie dans un double rôle réjouissant : le cascadeur bourru Mike Gaucher et la star efféminée Bruno Ferrari. Sa complicité avec la sublime Raquel Welch est évidente, et le duo fait des étincelles au milieu d'une pléiade de seconds rôles savoureux (Aldo Maccione, Julien Guiomar) et de caméos mémorables. Grâce au rythme effréné imposé par Claude Zidi, ce cartoon sur pellicule s'enchaîne sans le moindre temps mort.
Cependant, le film n'échappe pas aux critiques. Son scénario est extrêmement mince, fonctionnant comme un simple fil rouge utilitaire destiné à relier les morceaux de bravoure techniques et les gags. De plus, la réalisation de Claude Zidi reste très impersonnelle, se contentant de filmer platement les scènes de transition entre deux cascades spectaculaires. On peut également regretter que Raquel Welch, malgré son magnétisme, soit parfois cantonnée à un rôle de faire-valoir esthétique, pénalisée de surcroît par un doublage français assez grossier.
Le point le plus sensible aujourd'hui concerne l'humour du film, et notamment la caricature outrancière de Bruno Ferrari. Reposant sur des stéréotypes particulièrement appuyés, ce personnage et certaines répliques grincent un peu à l'oreille d'un public contemporain. Face à ces excès et à ces clichés grotesques, on peut légitimement se demander s'il ne convient pas de regarder plusieurs de ces scènes au second degré. En abordant le film sous l'angle de la farce absurde et de l'auto-dérision volontaire, ces maladresses se transforment en témoignages amusants d'une époque révolue.
En définitive, "L'Animal" reste un divertissement hautement recommandable. Porté par une énergie communicative, des répliques bien senties et des cascades d'une folie inégalable, le film de Claude Zidi remplit parfaitement son cahier des charges. Pour peu que l'on accepte de prendre de la distance avec son écriture simpliste et ses clichés d'époque, le spectacle reste total.