Furie
Note moyenne
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60 critiques spectateurs

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Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 896 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 février 2019
Trente ans avant Arthur Penn dans La poursuite impitoyable, Lang avait abordé le thème du lynchage, et l'attaque de la prison locale par la foule fanatisée présente de façon identique le processus d'exaltation furieuse d'une foule, et de ce qui fut longtemps une des taches des USA: un lynchage sans procès tous les trois jours, et presque jamais de condamnés. Steve Tracy n'est pas Redford, et le shérif Edward Ellis n'a pas bien sur la présence de Brando. En revanche, la condamnation de la vengeance, déviance aussi perverse que le lynchage, donne une puissance inégalée au scénario. Court, efficace, ce premier Lang américain reste très classique dans sa facture et son final mais n'a pas vieilli ni perdu de son acuité. PC1 vo - février 2019
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 avril 2018
(...) En soi, le film est hyper intéressant, développant en creux quelques thèmes intéressants.Il y a déjà celui de la foule meurtrière. Toute la montée en puissance de la rumeur, ainsi que de l'échauffement des pulsions, est absolument magistrale. Au détour d'une séquence géniale, Lang montre donc comment, avant l'apparition des réseaux sociaux, on pouvait communiquer une information, qui se dégrade peu à peu, au fur et à mesure des transmissions et surtout, des transmetteurs (une commère qui cherche à se faire mousser alors qu'elle ne sait rien, des données erronées qui circulent). Le sommet de l'ironie est atteinte quand les habitants interrogent le malheureux adjoint du shérif, point de départ involontaire de la rumeur. Ce dernier dit alors la vérité, avant de se faire traiter de menteur par les habitants, lui répliquant que, eux, savent très bien de quoi il en retourne. Ahurissant, et terriblement authentique. Une fois la foule lâchée, le film vire alors au thriller intense, avec le pauvre Joe qui entend alors les habitants réclamés sa tête. Tandis que le shérif exhorte ses concitoyens (et électeurs, une donnée bien exploitée par quelques dialogues du film) à renter chez eux, on assiste à un moment hallucinant, celui où une femme vient dire à son mari que s'il persiste à protéger un meurtrier, elle le quittera ! Puis vient l'escalade de la violence, avec en toile de fond l'incompétence et le manque de discernement des politiques (un sujet malheureusement trop peu traité par le film). Le procès se révélera lui aussi un bien beau morceau de bravoure, avec quelques scènes épiques ainsi que les inévitables retournements de situation. Témoin et malgré tout acteur du procès de ses "meurtriers", Joe manipule donc l'issue des débats. Effondrée, la pauvre Katherine se bat quant à elle pour faire vivre sa douleur, un moment poignant, jouée à la perfection par l'actrice Silvia Sydney lors de sa comparution face à l'avocat de la défense. Il reste pour moi une petite faute de goût, c'est le passage où un film d'actualité est apporté comme preuve d'inculpation des prévenus, ce dernier ayant un montage bien trop cinématographique et trop peu réaliste pour être un reportage d'actualité censé être pris sur le vif. Visuellement, la patte de Lang est bien visible, avec notamment tout ce que son style expressionniste peut apporter aux cadrages et aux éclairages. On a ainsi droit à des visages bien découpés par les ombres, ces dernières apportant un certain cachet à certaines images fortes du film. Et puis, il y a le formidable plan où Joe est "hanté" par son acte, avec les quelques visages en surimpression qui l'entourent. Un plan qui vaut mille mots et qui résume parfaitement l'état émotionnel et psychologique du personnage. La critique complète sur thisismymovies.over-blog.com
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 septembre 2017
Une pépite de plus à la filmographie de Fritz LANG. Plus qu'un grand film, le film d'un grand (le plus grand pour moi). Super film sur la psychologie des foules puis le conflit intrapsychique entre la conscience morale et la pulsion de vengeance avec un fond psychanalytique tout en finesse, comme le sont également les passages plus "mélodramatiques" auxquels le réalisateur à l'élégance de couper court rapidement pour ne pas verser dans la sensiblerie (il n'a tellement pas besoin de cette facilité). Des effets/montages simples mais justes permettent de suivre les projections et le subconscient des personnages. Encore une fois et comme très souvent chez Lang (je ne dirai pas toujours car je n'ai pas vu toute son oeuvre), c'est extrêmement fin et réfléchi tout en ne sacrifiant jamais l'émotion et l'efficacité du suspens ou de la tension. Merci FRITZ
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 730 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 août 2016
Erreur judiciaire, procès, cavale et vengeance. Les ingrédients du film noir sont bien là et le film gagne encore plus en noirceur vers la fin où l'homme justement devient sans pitié pour ses assaillants, une vraie fureur jusqu'au renversement final qui ne peut éviter le côté moralisateur.
PierreTwo
PierreTwo

57 abonnés 33 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 janvier 2016
Passionnant, haletant; prenant; j'aimerais que les films que je vois au ciné et qui durent 2h45 soient aussi bons et efficaces que celui-là de 1h30!
Et il est encore tant d'actualité: plein de sujets de société abordés sans lourdeurs aucune.
Un lynchage avait lieu tous les 3 jours à l'époque aux Etats-Unis comme il y a sans cesse de nos jours des massacres commis par des gens armés.
Le chien "Rainbow" aussi est génial: j'adore la scène où il trouve ce chien alors qu'il vient de laisser sa petite amie à la gare "you look the way I feel, lonely and small".
Aussi, c'est plutôt malin et original d'avoir utilisé le chien comme marquage du temps qui passe: on la voit plus tard avec des puppies donc on comprend que des mois sont passés.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 février 2015
Encore un film à thème mais quel thème! Quasiment universel et encore plus fréquent qu'ailleurs dans l'Amérique du début du 20 ième siècle : le coté hystérique et bestial d'une foule comparée à une meute de loups. Pour enrichir encore plus le contenu de son propos Lang ajoute une deuxième thème qui est la conséquence des effets du premier : les dégâts collatéraux irréversibles subis par une victime innocente. Il en ressort un film extrêmement édifiant et convaincant dans lequel on retrouve tout le talents et les excès du réalisateur. Spencer Tracy y tient une grande place, ses qualités de comédien sont bien utiles dans ses deux rôles, celui du candide puis celui du méchant; il y est parfait. Sylvia Sydney se remarque forcement bien que son rôle ne soit pas essentiel, Lang la filmant avec amour. ''Furie''est avant tout un film fort dont le sujet dépasse les acteurs puisque il s'agit pour l'homme de résister à ses pulsions et Lang excelle dans ce domaine depuis M le maudit dont il poursuit le réalisme. Les scènes de la foule sortant paniquée du tribunal, suite à la projection des images du lynchage, en sont un témoignage éloquent. Une fois de plus le cinéma des grands maitres constitue les meilleures leçons de vie qui soient si on prend la peine de retenir ce qu'il se passe derrière les images et les propos. Mieux c'est filmé, plus c'est éducatif donc directement profitable pour acquérir sagesse et sérénité.
gnomos
gnomos

66 abonnés 660 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 septembre 2013
Un très bon film sur le retour à l'instinct primaire des hommes, qu'il s'agisse de justice sommaire ou de vengeance. La bêtise de la foule et sa dramatique conséquence sont ici magistralement illustrées, ainsi que le thème de la vengeance, qui transformera un brave homme en justicier implacable. J'ai quand même noté une remarque du procureur, citant les deux ans de prison de l'un des accusés, puis comme seconde preuve de mauvaise moralité, de n'avoir aucune religion! mais bon, même si c'est hors-sujet, un petit chien est mort.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 septembre 2013
Fritz Lang frappe fort pour son premier film outre-Atlantique, en s'attaquant à la valeur de la justice américaine, et plus précisément, à la punition que mérite le lynchage. Mais le film va encore plus loin en questionnant la compatibilité de la justice et de la vengeance (on ne dévoilera alors pas la surprise scénaristique qui permet cette réflexion). Cette idée divise les personnages, mais aussi le spectateur, ce qui rend le débat encore plus passionnant. Lang ne choisit jamais son côté (les lyncheurs ou la victime), mais demeure presque dans une position attentiste, et alors, il ne se place jamais comme un tyran qui imposerait sa propre vision. Il place le spectateur face à sa conscience, et le laisse pleinement délibérer. Un tour de force brillant, à la chute mémorable.
TheDarkKnight74
TheDarkKnight74

47 abonnés 194 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mai 2013
Après son départ d'Europe, fuyant l'Allemagne suite à l'expansion du nazisme qu'il déteste, et après une brève escapade à Paris, Fritz Lang commence sa carrière aux USA sous la bannière de la Metro Goldwyn Meyer avec Furie, film de commande dont l'objectif engagé est de détoner en tant que réquisitoire sur le lynchage. Le réalisateur va alors s'y intéresser et se l'approprier pour le conformer à son grand thème de prédilection : la recherche de la justice. Une poursuite menée à travers Fury avec une maestria indéniable, dans un développement croissant en phase avec la tension dramatique. Spencer Tracy dans le rôle principal est magistral, son regard dur d'ange vengeur lui servira plus tard lors de son interprétation du Dr Jeykill et Mr Hyde de Victor Flemming. Mais le metteur en scène est trop habile pour laisser un acteur clé porter à lui seul le film sur ses épaules (ce que Spencer Tracy aurait sans aucun doute été capable de faire, mais là n'est pas la question). Sa place prédominante n'a de sens que si l'on considère tout le reste, à savoir ses proches (son frère et son ami, incarnés par des acteurs convaincants), sa femme bien sûr (Sylvia Sidney formidable sans ce rôle de fragilité et de déchirement intérieure), et les habitants d'une ville entière, dépeinte avec une farouche ténacité, une efficacité doublé d'un talent rare (la même que dans Les bourreaux meurent aussi, un des chefs d’œuvres de Lang). Tracer les lignes de ce tableau avec cette frénésie enragée permet à Lang d'apporter un dynamisme profond à son sujet. Il introduit le cadre de vie et de fonctionnement de la bourgade en citant différents niveaux emboîtés entre eux (les femmes qui échangent leurs ragots lors d'une scène métaphorique très drôle en parallèle avec la transmission alcoolique des rumeurs chez les hommes), les dissidences en rapport avec les postes occupés (le shérif bénéficie d'une aura de respect tant qu'il ne gêne personne). La caméra surfe avec rapidité, saisissant l'essentiel sur le vif, animant ce petit monde d'un bouillonnement émotionnel qui servira plus tard à déclencher la haine ardente conduisant au lynchage. Le dénouement tragique et implacable laisse le spectateur tout aussi furieux que la foule, avide de vengeance. Lorsque Joe Wilson reparaîtra, c'est notre propre image en miroir qui nous sera confronté, et cela nous aidera à prendre peu à peu conscience du bon choix qui s'impose devant l'attitude fanatique de la victime. Quant à ce dernier, toujours en forme de réponse à nos réactions morales, il choisira la voix de la justice, aidé par sa femme de manière subtile et intérieure. Furie est empreint d'une portée qui dépasse de beaucoup le simple cadre de la critique sociale, en nous imposant un examen de notre propre conscience. La construction du récit, l'utilisation du cadre de la caméra et la très belle photographie noir et blanc contribuent à élaborer cet écrasant suspens qui nous pousse dans nos derniers retranchements. La puissance et la diversité narrative n'atteint pas les sommets de Hangmen Also Die! Cependant, on s'en rapproche dans ce que l'on peut considérer comme son premier volume préparatif.
Grouchy
Grouchy

140 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2013
Reprenant la plupart des thèmes de M. le Maudit, Lang lance un cri contre la rage humaine, qui se laisse emporter par ses pulsions et par une fausse justice qui est en réalité la vengeance. Les rôles sont progressivement inversés, la foule violente est innocente et le prisonnier présumé mort ( incarné avec brio par Tracy ) innocent à la base se laisse absorder à son tour par la haine et le désir de la mort. Le remords et la folie l'emporteront, la prise de conscience de l'éloignement de l'humanité le remettront sur le droit chemin. Lang traite avec justesse et excellence ces thèmes dans le scénario très travaillé et avec une réalisation riche rappelant ses films muets. Il dévoile un de ses films les plus poignants et un des meilleurs films à procès.
weezlesanguinaire
weezlesanguinaire

87 abonnés 467 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 janvier 2013
Un classique du cinéma qui n'a pas pris une ride . Je l'avais étudié en école de cinéma car il s'agissait du film préférer de notre prof . Tout est maîtriser la réalisation , le scénario et les acteurs , ce film est culte .
kinophil
kinophil

23 abonnés 262 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 novembre 2012
Dans son premier film américain, Fritz Lang renoue avec la chasse à l’homme de « M le Maudit » et rappelle que la démocratie et la justice légale sont les remparts à opposer aux pulsions bestiales de l'homme et de la foule. Il dénonce ici la sauvagerie collective et le lynchage, fléau de la vie sociale américaine. Le scénario est très bien écrit, es scènes de foule superbement filmées et Spencer Tracy est excellent.
real-disciple
real-disciple

114 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 septembre 2012
Un film au scénario aussi brillant que ne l'est l'interprétation des acteurs. A travers le portrait d'un futur marié subissant la furie d'une foule en délire qui se rend aussi coupable que leur victime, Lang critique violemment le système judiciaire et les valeurs du pays. Comment ne pas voir là l'Allemagne hitlérisée ? Rappellons que nous sommes en 1936 et pourtant ce film est toujours aussi moderne. La photographie et les dialogues sont un régal pour la vue (on a des airs de film noir) et les oreilles (superbe scène de procès bien rythmée et bien écrit). On finit par la déclaration finale de l'accusé lors du procès (comme dans M le Maudit) dans une scène déchirante. Excellent.
Buzz063
Buzz063

99 abonnés 919 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juin 2012
Pour son premier film américain, Fritz Lang s’attaque d’emblée à une des grandes tares de l’Amérique profonde de la première moitié du XXème siècle et livre un réquisitoire contre le lynchage. Une des grandes forces d’Hollywood a toujours été de faire venir des réalisateurs étrangers pour qu’ils expriment leur point de vue sur l’Amérique, et cette tendance est évidemment particulièrement forte à cette époque. Le nouvel arrivant Lang fait d’ailleurs dire à un de ses personnages que les immigrés connaissent mieux la constitution que les natifs américains car eux sont obligés de la lire. Tout le film est partagé entre l’attrait qu’exerce le pays et son idéal de liberté et l’envers du décor. Spencer Tracy est comme toujours parfait et passe sans problème du jeune idéaliste insouciant victime des circonstances et de la bêtise humaine à l’implacable bourreau de ses agresseurs dont la foi dans la justice a disparu.
chrischambers86

16 171 abonnés 13 132 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2012
En 1936, la carrière de Fritz Lang reprend son cours mais elle change alors totalement de sens! Après un retour au scènario, il signe là sa première rèalisation amèricaine avec le remarquable "Fury", qui sera suivie d'une vingtaine d'oeuvres parmi lesquelles quatre ou cinq de première grandeur! D'une grande puissance, c'est un film dèrangeant mais courageux pour l'èpoque, qui eu des petits soucis d'adaptation avec les studios ricains, mais qui n'hèsite pas à dènoncer les tares de la civilisation contemporaine! Mais c’est aussi un rèquisitoire contre le lynchage, l'une des grandes plaies de la vie sociale amèricaine! Tout en force, Spencer Tracy trouve en Joe Wilson un rôle en or et Sylvia Sidney, comèdienne de beautè, de fragilitè et de talent, brille de mille feux en fiancèe de Tracy! Classique unanimement reconnu, "Fury" reste sans aucun l'un des films majeurs de Lang, montrant que le cinèaste n'a rien perdu de son talent, même quand il tourne aux Etats-Unis...
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