Pendant la visite d'Hitler à Rome en mai 1938, une mère de famille et un journaliste homosexuel se rencontrent. Une œuvre à la fois simple et bouleversante, pleine de pudeur, portée par un couple magnifique Sophia Loren/Marcello Mastroianni.
Rome sous l’Italie fasciste, Hitler rend une visite officielle à Mussolini tout le monde veut aller voir le défilé. Antonietta mère d’une famille nombreuse y serait bien allé aussi mais elle a ses taches ménagères à faire. Elle va faire par hasard la rencontre de son voisin d’en face viré de la radio car homosexuel, les deux vont passer ensemble une journée particulière. Une journée particulière est un film très pudique, sans esbroufe qui prend le temps de raconter ses personnages sans les juger. Avec ses deux acteurs au sommet , le cadre restreint fait un peu penser au théâtre mais Ettore Scola fait du cinéma à chaque instant. Dans son aspect théâtre il y a aussi ses dialogues qui ont une part très importante et qui colle parfaitement à ce que j’ai pu décrire. Un film peut être un peu trop austère à mon goût mais aux qualités indéniables.
Avec "Une journée particulière", Ettore Scola nous livre un drame (romantique?) aux forts accents néo-réalistes contrastant avec sa comédie précédente "Affreux, sales et méchants". Je le préfère dans ce registre plus intimiste et cette histoire d'une rencontre de quelques heures entre deux inconnus que tout sépare, avec comme toile de fond le défilé d'Htiler et de Mussolini à Rome, m'a séduit. Entre les deux protagonistes, le temps est suspendu. Ne compte que le présent, un moment de grâce comme le calme avant la tempête. Une bonne partie du film repose sur les acteurs et sur les interactions entretiennent leurs personnages; un jeu de chat et de souris la plupart du temps. La mise enscène se veut plutôt sobre et la photographie y est presque austère, belle mais triste. Cela colle parfaitement avec l'ambiance et le propos du long métrage. Si " Une journée particulière" ne m'a pas subjugué, c'est avant tout en raison du manque d'émotions ressentis. J'ai aimé cette force tranquille qui anime l'intrigue et le film mais je l'ai trouvé assez froid dans son ensemble. Un bon film.
L'élégante subtilité de Mastroianni couplée à l'intensité intérieure de Loren renforce l'efficacité de la charge politique contre le fascisme et les mises à l'écart sociales. Cependant toute empathie m'a été ôtée après la scène absurde spoiler: dans laquelle Antonietta se jette sur le corps de Gabriele - même si la résignation de ce dernier annonce son destin tragique. Un instant d'égarement qui entache cette journée particulière.
Je n'ai pas été convaincu par ce film. Certes, il y a une grande maîtrise de la caméra et l'épure de l'image et du décor est superbe. Mais ... j'ai trouvé que Sophia Loren et Marcello Mastroianni sont étrangement figés. L'idée scénaristique est là, par moment elle vibre et vous touche ; mais le plus souvent elle est statique et artificielle. Finalement, l'ennui vous envahit. Bref, j'ai été déçu.
Beau film sur un amour impossible entre une femme au foyer soumise et un homme homosexuel exclu pendant la période fasciste italienne. Un film qui se raconte sur une journée seulement celle de l'arrivée d'Hitler en Italie mais celle aussi de la rencontre de ses deux êtres malheureux. Une petite histoire dans une grande. Filmé avec élégance, Marcello Mastronianni est parfait (comme toujours) reste que le film est parfois assez lent et j'attendais également un peu plus d'audace de la part de Scola. Mais c'est tout de même un beau film.
Quel talent, un autre en aurait fait des tonnes, ici tout ce passe par petites touches, et d'ailleurs Scola ne juge rien ni personne, il montre, et ça suffit bien. Si Mastroianni est parfait (on a l'habitude) Sofia Loren creve l'écran de par sa beauté (elle est magnifiquement photographiée) et le talent qu'elle montre en incartant ce personae difficile et complexe. Ceux qui ont vu l'excellent "Carrière d'une femme de chambre" de Dino Risi tourné l'année d'avant méditeront sur cette phrase en voix off " A la chute de Mussolini, 40 millions d’Italiens se sont rendus compte qu’ils avaient toujours été antifascistes
Superbe film ! Un grand classique du cinéma italien, qui a su allier simplicité et richesse de scénario, le tout sur fond de fascisme. La mise en scène est impeccable et les acteurs sont émouvants, saisissants de justesse.
Une histoire d'amour en huit-clos comme un cri face à l'horreur qui se prépare au dehors, dans cette Italie en proie à l'hystérie mussolinienne. Les images d'archives sont parfaitement utilisées, tout au long du film nous entendons le bruit assourdissant provenant de la "grande fête fasciste", et cette simple et impossible idylle fait acte de résistance, comme un léger moment de douceur dans un monde de brutes... A mes yeux l'un des plus beaux films italiens de ces quarante dernières années.
Un film qui compte. Malgré la simplicité d'un scénario qui pourrait aujourd'hui sembler simple et convenu, Ettore Scola réalise ici peut-être son meilleur film, un film d'auteur, mais aussi d'acteur. En effet le scénario du film pourrait se résumé en quelques mots, une femme marié par défaut tombe amoureuse d'un ancien animateur radio homosexuel sous Mussolini. Jusque-là rien de bien transcendant... Et pourtant... Sophia Loren et Marcello Mastroianni rentrent au panthéon du cinéma avec ce film qui ne repose en somme que sur leur seul jeu d'acteur, exceptionnel. Un sujet qui marquera son temps et tout un pays fait de paradoxe : l'Italie, une société matriarcale de tradition où cependant le rôle de la femmme a longtemps été cantonné à celui de mère et d'épouse. Marcello Mastroianni tient là un rôle inhabituel, un animateur radio homosexuel objet de toute l'attention d'une épouse italienne ordinaire marié à un Italien des plus traditionnel, écrasé par le poids de la tradition. Leur brève rencontre va bouleverser leur être profond, la découverte de l'Amour vrai qui ne repose pas sur l'idée que chacun d'entre eux se faisait.
Un des plus grand film italien, un film qui a imprégné de son empreinte l'histoire du cinéma, et ce à jamais.
C'est un très beau film que nous a offert Ettore Scola. Il renferme énormément d'éléments sur l'époque notamment en politique, sur la vie de famille, sur les conditions féminines, mais aussi et surtout l'impact de la dictature de Mussolini sur la vie elle même. On a déjà, beaucoup de mal aujourd'hui a comprendre l'engouement d'un peuple pour Mussolini et pour l'arriver d'Hitler. On connait l'histoire... Sur le coup, je pensais qu'Antonietta ne se rendait pas au défilé par conviction... Finalement rien à voir, juste la femme rappeler à ses obligations, et cette phrase d'une voisine "Il est vrai que tout le monde ne peut pas avoir une femme de ménage" est resté gravé dans ma tête. Aujourd'hui, on ne s'interdit plus de sortir si le ménage n'est pas fait et heureusement. En parallèle, on découvre Gabriel. On se doute que quelque chose se trame. Je le prenais pour un résistant au régime qui, soit se cachait, soit allait commettre un attentat en ce jour particulier. Finalement rien de tout cela, on lui interdit juste de vivre sa vie. La réalisation d'Ettore Scola est très belle. Une certaine finesse, une pudeur et de l'affection à travers la caméra pour ses deux personnages. Le duo entre Sophia Loren et Marcello Mastroianni fonctionne parfaitement, deux personnes en mal être qui se rencontrent. C'est un très beau film que je vous recommande fortement, il tient un message important et plus ou moins engagé. Et le tout est magnifiquement porté par Ettore Scola.
Après Affreux sales et méchants auquel je n'ai pas adhéré, me voilà satisfait d'un film de Scola. Une journée particulière est une belle histoire. Une histoire, triste et dramatique, mais une belle histoire, avec deux excellents comédiens (Marcelo Mastroianni et Sophia Loren) excellents et une mise en scène impeccable. Au final ce film n'est pas tant une critique du fascisme (omniprésent au cours de l'intrigue, ce qui tranche avec la solitude des personnages) qu'une histoire simple et touchante. Une belle œuvre du metteur en scène italien. À voir
Une journée, deux personnages, un immeuble. Et voilà. Il n'en faut pas plus à Ettore Scola pour pondre un film grandiose! Avec ces moyens simplissimes, il nous raconte le fascisme et ceux qu'il laisse sur le côté avec plus de force que des centaines de pages et documentaires déjà écrits sur le sujet. En plus de ça, il nous raconte aussi un amour impossible particulièrement déchirant, qui nait en quelques scènes seulement, mais auquel on croit profondément. Avec seulement un immeuble, il nous offre une mise en scène créative au service de son sujet, quoique parfois un peu trop théâtre filmé, maniant tout de même à l'envi le symbole (oiseau à l'intérieur et en dehors de la cage), le hors-champ, le non-dit, les jeux d'ombre, ou la profondeur de champ. Un grand film à voir pour l'Histoire, la grande, celle du fascisme, et l'histoire, la petite, mais tout aussi puissante, celle d'Antonietta et Gabriele.
Par la grâce d'une caméra aux mouvements doux, fluides, qui suit les personnages, les caresses, les enlace, Ettore Scola transforme un huis-clos à deux personnages en un film sensuel et âpre à la fois. La Loren n'a peut être jamais été aussi belle qu'en ménagère en robe d'intérieur. La bande-son, qui nous fait entendre en permanence ce qui se passe à l'extérieur, le fascisme, hors champ, crée un contrepoint permanent à ce qui se joue à l'intérieur, dans le champ, nous faisant sentir l'oppression sans jamais nous la montrer directement. Oppression du fascisme sur tous, oppression du mari sur sa femme, oppression de la société sur un homosexuel.
Une Journée Particulière, mon premier film d'Ettore Scola. Je découvre ce génie par l'hommage qui lui est rendu ce soir sur Arte, quel tristesse de ne pas l'avoir vu avant ... Je me retrouve totalement bouleversé par la mort d'un être dont j'ignorais l’existence il y'a quelques heures à peine. Ce long métrage je l'attendais depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois maintenant. Cette sensation m'avait fuit durant bien trop longtemps ! Ému par cette mise en scène des plus brillante, ce huit clos ou presque, là ou tout ce joue, tout les thèmes de l’affrontement ce trouve dans cet immeuble. Les mouvements de caméras sont somptueux, étincelant, pas un manqué on vit là une véritable leçon. Ces deux personnages sont quand à eux renversants, tout les opposent et pourtant ils finissent par s'en accommoder, ils s'apprivoisent pour combattre la solitude qui les rongent et trouve l'un dans l'autre un réconfort. Sophia Loren et Marcello Mastroianni sont grandiose, ils incarnent à merveille leurs rôles, ils contribuent pleinement au fait que ce film m'ai totalement retournée. La mélancolie et la grâce qui se dégage de chaque minute fait à la fois du bien et m'apporte une grande souffrance. Pour conclure cette critique je reprend les mots de la voix qui énonçait la diffusion de ce long métrage pour rendre honneur à son créateur :