Il a fait jouer Bourvil, De Funès, Belmondo et Montand, il est l’un des, sinon le, pilier(s) de la comédie bien de chez nous, mais Oury est d’abord un cinéaste des années ’60-’70. Alors que s’engage une nouvelle décennie, il a sans doute compris qu’ils sont loin les succès du Corniaud et de La grande vadrouille. Mais sa rencontre avec Pierre Richard sur Le carapate le convainc de réessayer. Ce sera Le coup du parapluie, un film hors-série pour l’acteur, qui délaisse un temps François Perrin/Pignon, et ne porte pas non plus de chaussure noire – ni rouge. Comme de coutume avec le metteur en scène, qui sait toujours bien s’entourer, c’est très bien fichu. Vladimir Cosma glisse l’une de ses meilleures bandes-son, qui va de la funk accrocheuse façon Lalo Schifrin à ses envolées traditionnelles au lourd pouvoir nostalgique, en passant par un charleston mythique ou la musique de pub la plus cheap jamais entendue. Ah ça, il va être difficile de s’enlever de la tête Ragoutoutou, le ragoût de mon toutou : j’en suis fou. L’intrigue s’appuie intégralement sur les quiproquos. Mauvaise porte, agent double, baignade en smoking, comédien tueur, tout le monde se ment, tout le monde se trompe, et le grand blond au milieu cabotine comme on l’a rarement vu faire. C’est mineur, mais c’est aussi plutôt réussi, en tout cas dans le genre. Et ça constitue une bonne alternative pour qui ne l’a pas déjà vu cent fois. Ce qui, quand j’y pense, doit être assez rare.