La grande illusion
Note moyenne
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Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 319 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 novembre 2021
La première fois, j'étais resté sur le bas-côté. Non pas que ça ne m'avait pas intéressé mais j'avais quand même regardé tout ça avec un oeil un peu lointain. Aujourd'hui, la donne a changé. Il y a bien quelques passages qui m'ont moins captivé mais, dans l'ensemble, j'ai adhéré et même encore mieux : j'ai compris pourquoi le film s'appelle ainsi. "Il faudra bien qu'on la finisse cette putain de guerre et j'espère que ce sera la dernière", "ah, te fais pas d'illusion" et à l'époque, je n'avais rien vu passer... Alors oui, on pourra avoir du mal à croire que des prisonniers de guerre furent aussi bien traités pendant leur détention mais moi, avec un peu de recul, j'y vois une manoeuvre de la part de Renoir pour injecter une dose d'humanisme à un film qui se montre ouvertement pessimiste envers l'avenir du monde en général (en 1937, l'éventualité d'un conflit armé contre l'Allemagne hitlérienne n'avait plus rien d'une éventualité), ainsi qu'envers ses personnages (lesquels cherchant à s'évader tout en sachant très bien qu'ils n'ont aucune chance de revoir leur foyer, si ce n'est les deux pieds devant). Et tiens, puisque l'on parlait d'humanisme un peu plus haut, attardons-nous un moment sur son cas. Au milieu de ce broyage de noir, on le trouve un peu partout. Que ce soit dans les relations entre les prisonniers, se déguisant, riant de bon coeur et chantant à pleins poumons, que ce soit entre les officiers des deux camps, ainsi qu'entre les peuples, tout simplement. J'en veux pour preuve ce passage où spoiler: les deux fuyards vont offrir leur plus beau Noël à une femme allemande élevant seule sa petite fille
. Et moi, je trouve ça beau de voir des choses pareilles car oui, ça paraît caduc dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, mais figure-vous que j'ai un coeur les amis. Un coeur qui peut être gros comme ça. Enfin, j'en termine avec le casting. Je laisse volontairement Von Stroheim de côté car on ne le voit pas beaucoup mais je ne peux que tirer mon chapeau à Jean Gabin, Pierre Fresnay et Marcel Dalio. Quitte à passer pour un vieux con, excusez-moi mais, parmi toutes nos "vedettes" du moment, je n'en vois aucune qui pourrait avoir la prétention de dire qu'elle chatouille les chevilles de ces trois-là.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2021
La grande illusion, c'est la paix. C'est le bonheur. C'est l'entente entre les classes sociales, l'entente entre les différentes cultures, se regroupant seulement grâce à un ennemi commun. "La nature se fout des frontières créées par les hommes". L'illusion serait que l'humanité le comprenne. L'amour n'a pas de culture, pas de frontière, pas de langue.
Mise en relief du cycle infini de la guerre dans un film tourné pendant les années où tout le monde s'y préparait. "Espérons que ce soit la dernière".. Et ben non.
Grande œuvre pacifiste.
Fibroptica
Fibroptica

4 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 septembre 2021
Dans ce film se déroulant pendant la Première Guerre mondiale nous suivons des soldats français détenus dans un camp de prisonniers en Allemagne. C'est un film qui parle de l'Homme. L'Homme en temps de guerre, soit la subissant soit la prenant plaisir à la faire. Les simples soldats allemands comme français se respectent car ils semblent tous deux embarqués dans cette bêtise qu'ils n'ont pas voulue. Les bourgeois eux y prennent plaisir à la faire, et se rapprochent par la similitude de leur caste, à l'image de l'amitié naissante entre le commandant Von Rauffenstein et le Capitaine de Boeldieu, étant même nostalgique d'un temps révolu, car leur monde est décadent. Les moments de profonde camaraderie entre les prisonniers sont tout bonnement exquis et réussis à nous faire nous attacher à ces prisonniers. Nous voyons que la similitude entre Allemand et français montre la bêtise de cette guerre et en fait un film profondément pacifique.
Tout simplement un incontournable du cinéma.
Laurent B
Laurent B

3 abonnés 46 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 juillet 2021
Film daté ayant mal vieilli dans lequel l’action est assez ténue. Il ne se passe finalement pas grand chose et le peu qui se passe n’est pas passionnant, à l’exception de trop rares moments,.

Ça n’est pas parce qu’un film a été considéré comme un chef-d’œuvre lors de sa sortie que, quatre-vingt ans plus tard, il apparaît encore comme tel. Le cinéma a trop évolué depuis ses origines, pour que beaucoup d’œuvres majeures ne deviennent pas irrémédiablement périmées.
Ykarpathakis157

6 197 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mai 2021
La Grande Illusion est l'un de ces films qui réaffirment la conviction d'un cinéphile que le cinéma en tant que forme d'art peut être utilisé par les cinéastes pour rassembler les gens. Le scénario du film écrit par Renoir et Charles Spaak est extrêmement profond et à plusieurs niveaux. Bien qu'il se déroule pendant la Première Guerre mondiale le moment de sa réalisation et de sa sortie est très important. Il est sorti au moment où le parti nazi en Allemagne devenait de plus en plus puissant et où une autre guerre mondiale était imminente. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il était la tentative de Renoir de détourner les gens de l'extrémisme qui les influençait. Bien qu'il n'ait pas atteint son objectif on ne peut qu'admirer les intentions du réalisateur. Si l'on devait résumer le film en une phrase je pense que la phrase à utiliser serait le pouvoir de l'humanisme. Renoir aime chaque personnage du film et pas seulement les soldats français même les soldats allemands sont traités avec respect. Les Allemands ne sont pas des caricatures stéréotypées comme on en trouve dans d'autres films de cette époque. Les officiers allemands traitent leurs prisonniers français avec gentillesse. Cela montre que Renoir a compris qu'il y avait des Allemands ordinaires et innocents qui étaient pris au milieu des guerres fomentées par d'autres...
Audrey L

806 abonnés 2 859 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 avril 2021
Censé représenter la Première Guerre Mondiale, La Grande Illusion est tristement prophétique (ou plutôt lucide, en 1937, sur ce qu'il se passe de l'autre côté de la frontière dès 1933) sur le cataclysme d'horreur qu'est la Seconde Guerre Mondiale, en s'avançant sur les conditions des juifs très mal vus par les personnages de toutes nations (même les français ne peuvent s'empêcher, au détour d'une colère passagère, de lancer des insultes antisémites, dont on sent que le scénariste les a piochées dans l'Allemagne de 1933 jusqu'à la sortie du film). Mais, loin de nous mettre le moral à zéro, La Grande Illusion affiche plutôt l'amitié que la haine, préfère parler de solidarité que de massacre : on suit donc le quotidien de quelques officiers retenus prisonniers parmi les soldats "moins gradés" dans un camp allemand. Spectacle de comique troupier (Marguerite, donne-moi ton coeur...), bonne entente (respect franc) entre les allemands et les français mais aussi entre les hauts-gradés et les simples bidasses, plans d'évasion qui progressent peu à peu, on entre dans la vie du camp avec une facilité déconcertante. Jean Gabin est formidable en Lieutenant Maréchal qui trouvera l'amour là où il s'y attendait le moins du monde (on a fondu, on l'avoue), les seconds rôles ne déméritent pas et sont tous mémorables (le petit Cartier qui fait le mariole sans arrêt, le nanti qui aurait pu mener une vie plus simple, les chefs respectables qui refusent de se tirer dessus entre ennemis ou le font avec de plates excuses que l'on devine sincères...). On pourra reprocher justement sa vision "idéaliste" si ce n'est "gentillette" de la Guerre (surtout la dernière minute, très naïve), mais on en a tellement besoin, entre deux films qui nous montrent l'atrocité de cette folie humaine, de cette douceur et candeur qui sont une véritable bouffée d'air frais. Quelques scènes auront même retenu notre attention par leur mise en scène soignée : l'homme travesti qui sort du vestiaire et provoque un saisissement total de ses camarades (on devine qu'ils n'ont plus vu de vraie femme depuis bien longtemps), Jean Gabin qui s'essaye à dire à une petite fille allemande "qu'elle a les yeux bleus" avec autant de maladresse que de sincérité. On se souvient de ces quelques passages avec un soupir bienheureux et empreint de tristesse à la fois, ce doux mélange représentant parfaitement La Grande Illusion. Jean Renoir nous prouve tout au long du film qu'ils ont beau être allemands ou français, officiers ou gradés, tout cela n'est au final qu'une Illusion : ce ne sont que des hommes.
vivaBFG
vivaBFG

23 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 avril 2021
Un film avec de belles images, de grands sentiments, et des moins grands, des bons acteurs, des très bons acteurs : mais ce n'est pas tout pour faire un film, il manque quelque chose : un scénario! Et là; ma foi, c'est un peu creux! Ce n'est pas qu'il n'existe pas, mais il est faible, peu exploité, avec assez peu de mouvement. Vous me direz qu'un film sur un camp de prisonnier, cela n'appelle pas trop l'action. A ceux-là, je dirai que "la grande évasion", y parvient tout à fait.
Dernier détail : dans ce film apparait les derniers soubresauts de cette aristocratie, qui se croit encore au-dessus de la plèbe, du bas peuple, mais qui se rend bien compte que cette période est à l'agonie, et va disparaitre avec eux, eux et leur fameux esprit "chevaleresque". On notera enfin que pour un film des années 30, mélodramatique, il ne finit pas si mal que cela.
A voir par les amateurs de mélo, de Jean Gabin et des films de J. Renoir
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 mars 2021
Grand film avec les prestations inoubliables de Pierre Fresnay et Erich Von Stroheim en nobles au code d’honneur décadent, des scènes d’anthologie (la flûte), le devoir du prisonnier, le juif (on est en 34) et les Allemands montrés humainement, un film qui fait croire en l’homme… oui mais… le titre ?
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 février 2021
« La Grande Illusion » de Jean Renoir (1937) fait partie - avec « Les Sentiers de la Gloire » de Stanley Kubrick (1957) et « La Chambre des Officiers » de François Dupeyron (2001) - de mon podium des films sur la Grande Guerre et ce alors qu’on ne voit aucun combat, aucune tranchée …
Ce film peut être vu de 2 façons : la première optimiste avec dans la foulée du Front Populaire, une Grande Guerre qui a permis de mélanger les classes sociales allant du capitaine de Boëldieu (Pierre Fresnay) à l’ouvrier parisien qu’est Maréchal (Jean Gabin) en passant par un professeur spécialiste des odes de Pindare, un Titi gouailleur (Carette) … et tous quel que soit leur rang ou leur classe sociale d’être solidaires pour creuser la nuit un tunnel pour s’évader de leur camp d’internement, et pour partager les colis de nourriture dont ceux très copieux de Rosenthal (Marcel Dalio) dont les parents juifs sont bien sûr banquiers, pendant que les militaires allemands doivent boire « une lavasse bien fade ». Illusion également quand Maréchal et Rosenthal qui après de multiples tentatives pour s’évader, y réussiront et seront hébergés par Elsa (Dita Parlo) une jeune paysanne allemande avec sa petite fille Lotte née d’un mari mort à la guerre ainsi que les 3 frères d’Elsa. Malgré la guerre et au-delà des frontières, une idylle va naître entre Elsa et Maréchal qui lui promettra de revenir après la guerre car sa petite fille Lotte « hat blaue Augen » et ce dans un vibrant plaidoyer internationaliste en faveur d’une nouvelle fraternité, ce film ayant été tourné dans l’esprit de 1936 !
L’autre lecture de ce film est pessimiste : dès que l’avion de Maréchal et du capitaine de Boëldieu est abattu par le commandant von Rauffenstein (Erich von Stroheim), un aristocrate connaissant un cousin du capitaine de Boëldieu, les 2 aristocrates se mettront à parler en anglais. Dans la prison forteresse que dirigera von Rauffenstein rendu infirme par de nombreuses blessures de guerre, il va retrouver de Boëldieu qui servira de leurre pour permettre à Maréchal et Rosenthal de s’échapper. Erich von Stroheim s’excusera d’avoir touché mortellement Pierre Fresnay alors qu’il visait les jambes mais « c’était loin et il y avait de la brume ». Le capitaine de Boëldieu sera immédiatement transféré dans la chambre/chapelle du commandant von Rauffenstein et lorsque Pierre Fresnay va « mourir dignement car à la guerre », Erich von Stroheim lui fermera les yeux et déposera sur son corps la seule fleur d’un petit géranium - seule trace de vie dans cette forteresse austère - car les 2 militaires de carrière sont bien de la même race, la race aristocratique que les temps nouveaux semblent vouloir condamner … mais est-ce bien finalement la réalité ?
Pour certains le titre de ce film pourrait être interchangé avec celui d’un autre film du grand Jean Renoir : « La règle du jeu » sorti en 1939 !
Xavier D
Xavier D

82 abonnés 1 146 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 janvier 2021
Résolument dans un contexte plus que dramatique, et à l'époque des faits, ce long métrage cultissime, d'entre deux guerre, est parsemé de scènes franchement drôle. Les débuts de Jean Gabin et sa pléiade d'acteur aussi talentueux sur la caméra inventive de Jean Renoir. Les dialogues sont acérés. Filmé aux haut koenigsbourg, cette véritable forteresse alsacienne, dont mes pas ont foulé, les décors même en noir et blanc, est somptueux. Plus une satire, qu'un film d'évasion. Ce film est notre propre fierté d'histoire cinématographique française. Indémodable. Le rapport d'amitié entre les deux officiers allemand et français, demeurent émouvante, et donne un ton inhabituelle au genre. Un beau chef d'œuvre.
LE PASSIONNÉ
LE PASSIONNÉ

30 abonnés 242 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 décembre 2020
alors pour moi je mettrai moyen. je l'ai trouvé Longuet avec trop de script facultatif et surtout ce violon grinçant languinolant qui m'a fait saigné les tympans. hormis cela les acteurs sont très bons, l'histoire est bien goupillée, mais longuette avec peu d'intrigue.
Patjob
Patjob

43 abonnés 757 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 décembre 2020
Ce très grand classique du cinéma Français est en effet pétri de qualités. Réalisation, interprètes, montage, scènes marquantes, … Au-delà de l’histoire, centrée autour de tentatives d’évasions, les personnages mis en scène par Renoir sont, tous, des gens bien. La fraternité, l’entraide et la compréhension sont une constante des comportements, même en temps de guerre, guerre visiblement subie et non voulue. Que ce soit ceux des officiers, d’un simple geôlier (qui offre l’harmonica à Maréchal et se réjouit qu’il l’utilise) ou de la paysanne. Renoir fait montre d’un humanisme qui dépasse les camps et les frontières, qui ressemble à une forme d’internationalisme. Mais comment comprendre dans ce cadre la vibrante Marseillaise entamée par les prisonniers, interrompant le spectacle auxquels ils assistent, à l’annonce de la prise de Douaumont par les troupes Françaises ? Je n’ai pas l’impression que le réalisateur ait voulu dénoncer, au second degré, un patriotisme dérisoire à l’occasion de la reconquête certainement très couteuse en vies humaines d’un village dont l’un des personnages dira plus tard qu’il ne reste plus rien. Un autre axe fort du film est le propos selon lequel les différences de classe sont aussi, voire plus importantes que les différences de nationalités. Défendre les compatriotes et -surtout- la Patrie est un devoir, mais les affinités relèvent de la culture et de la classe sociale. La confiance aussi, l’officier aristocrate Allemand ne demandant que la parole de l’officier aristocrate Français, celles du bourgeois juif et celle de l’homme du peuple n’ayant aucune valeur à ses yeux. Ce propos est extrêmement pertinent ; mais le bât blesse un peu car Renoir montre avec emphase une sympathie, voire une admiration envers ces comportements élitistes et « chevaleresques » d’une classe sociale bientôt engloutie par le temps teintés de mépris pour les classes inférieures. Ce que Visconti traitera plus tard avec sensibilité, nuance et profondeur, Renoir le limite à l’attachement rigide à des valeurs et -surtout- des principes. Si l’on rajoute que la vision de la guerre, pour absurde qu’elle soit, n’est pas si dramatique (les comportements de potaches des prisonniers, leurs repas presque gastronomiques grâce aux colis reçus), le film m’a laissé un goût d’ambigüité nuisant fortement à ses indéniables qualités.
Chevtchenko2
Chevtchenko2

49 abonnés 1 374 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 décembre 2020
J'ai trouvé ce film à des années lumières du chef d'œuvre annoncé. Est-ce le temps qui a fait son œuvre ? Toujours est il que malgré une interprétation de belle facture (mention spéciale à Pierre Fresnay), cette lutte des classes durant la Grande Guerre reste assez molle et peu passionnante. Certes, le film diffuse un message humaniste mais les camps de prisonniers paraissent plus proches d'une colonie de vacances. On est bien loin de l'horreur que fût cette guerre. Le plaidoyer pour le rapprochement entre les peuples est louable mais encore eut-il fallu y ajouter un soupçon de dramaturgie pour y captiver le spectateur.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 331 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 décembre 2020
1937 : la présence de Benito Mussolini à la tête de l’Italie et surtout celle d’Adolf Hitler comme Führer de l’Allemagne exacerbent les tensions en Europe et rendent la probabilité d’un nouveau conflit de plus en plus grande.
C’est à cette époque que Jean Renoir choisit de signer une œuvre se situant lors de la Première Guerre mondiale qui prône la solidarité entre les peuples. En effet, dans La Grande Illusion, le cinéaste tient un discours disant que ce sont les rapports de classes et non les frontières qui séparent les peuples. spoiler: Ainsi, on voit que le commandant von Rauffenstein considère le capitaine de Boëldieu, bien qu’étant un prisonnier français, comme son égal car ils appartiennent tous deux à la même catégorie sociale supérieure, à l’inverse de Maréchal et de Rosenthal qu’il considère comme inférieurs car ils appartiennent à un milieu plus populaire (même si Rosenthal est visiblement très cultivé). De même, bien que, sur un coup de colère, il tienne à un moment un propos antisémite, Maréchal dit qu’il se moque que Rosenthal soit juif et qu’il voit surtout qu’il a été "un bon copain", aspect à souligner pour un film tourné à une époque où l’antisémitisme commençait à faire de ravages. De même, ce duo est accueilli par une femme allemande (qui a pourtant perdu les hommes de sa famille en France) car ils sont tous d’origine populaire (Maréchal entretiendra même un début de relation amoureuse avec elle).

Toutefois, pour Renoir, les hommes peuvent également dépasser la barrière de la classe sociale. spoiler: Ainsi, de Boiëldieu estime ses compatriotes et ira même jusqu’à se sacrifier pour eux.

Cet humanisme de Renoir n’est pas pour autant totalement aveugle. spoiler: Effectivement, dans la séquence finale, alors que Maréchal souhaite que la guerre qu’ils traversent soit la dernière, Rosenthal lui dit qu’il se fait des illusions, propos d’autant plus retentissant à l’époque de sa réalisation que celui qui le tient est juif.

Le réalisateur est visiblement un humaniste et cela se voit. Comme à son habitude, il privilégie les comédiens à la technique et on ressent pendant tout le film que le cinéaste aime les acteurs et leur offre de beaux rôles et de grands moments de cinéma spoiler: , les plus marquants étant ceux de La Marseillaise et surtout de la discussion entre Pierre Fresnay et Erich von Stroheim
. Il faut d’ailleurs noter que, malgré son court rôle et la présence de nombreux grands acteurs (Jean Gabin qui semblait incontournable en cette fin des années 30, Dita Parlo, Marcel Dalio ou encore Julien Carette), ce dernier est véritablement fascinant dans son personnage d’aristocrate souhaitant conserver son rang social même s’il sent que cela relève d’un monde en voie de disparition.
Ainsi, La Grande Illusion est un film de guerre où la violence est très peu présente et est même peu souhaitée spoiler: (c’est avec regrets que von Rauffenstein est obligé de faire tuer de Boëldieu et les soldats allemands ne sont pas spécialement gênés lorsqu’ils se rendent compte que Maréchal et Rosenthal ont passé la frontière suisse et qu’ils ne peuvent plus par conséquence leur tirer dessus)
.
Possédant pleinement la qualité cinématographique du cinéma de Jean Renoir, La Grande Illusion est donc une belle œuvre humaniste qui fait donc partie des meilleurs films de années 30.
Rudy Colas
Rudy Colas

7 abonnés 14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 octobre 2020
La Grande Illusion ? Ah un grand classique avec Jean Gabin . Je l'avais vu pendant le confinement . Touchant ce Film .
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