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Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia
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pietro bucca
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2,5
Publiée le 21 octobre 2025
Le film en lui meme est regardable, mais je trouve que ça a plutot mal vieilli, les dialogues ne tiennent pas la route, et le final est assez tiré par les cheveux.
Une fois de plus, le réalisateur Sam Peckinpah surprend non seulement à déconstruire son cinéma mais aussi les codes du western auxquels son film empreinte beaucoup le chemin. Désarçonnant par nombre de séquences, pour son récit qui n’a rien d’une chasse à l’homme en flirtant vers le road-movie d’un couple pour récupérer le cadavre du fameux Alfredo Garcia. Le film saisi également par la noirceur, la violence ainsi que l’immoralité suintant les pores de ses personnages. Néanmoins, la mise en scène du cinéaste dans son lyrisme appuyé apparait en roue-libre, déjouant certaines attentes pour tomber dans d’autres pièges à l’image d’un final trop facilement conclu. Une œuvre inaboutie, remplie de scories mais aussi d’une tendresse au final très cruelle.
Cela commençait bien... Une charge implicite contre l'hypocrisie puritaine qui déclenche une chasse à l'homme sous couvert d'honneur. Un anti-héros plus complexe qu'à première vue. Une proie qu'il n'est pas besoin de tuer. Le road-trip d'un couple de marginaux désabusés mais rêveurs. Un portrait de femme (amoureuse) contrasté. Et puis...bien sûr la fameuse scène de viol consenti! Est-ce uniquement ce cliché misogyne infâme? Ou le rythme de la quête ralentit-il également? Les péripéties se réduisent-elles à des redites? Les enjeux sont-ils trop découverts? Les ralentis et la photographie trop désuets? Quoi qu'il en soit, l'attrait s'est amenuisé et l'ennui s'est imposé...
Il m'a fallu un moment pour entrer dans ce film au rythme haché et à l'intrigue fuyante. Mais plus j'avançais dans le visionnage et plus je prenais du plaisir. Cette quête un peu folle - aller récupérer la tête d'Alfredo Garcia, un type mort dans un accident qui a eu le malheur d'engrosser la fille du parrain d'un puissant clan mafieux mexicain - va révéler à Bennie ce qui compte vraiment pour lui et ce qu'il en coûte de travailler pour des gens peu recommandables prêts à tout pour de l'argent facile. Le tandem que forment Bennie et Elita, l'ex d'Alfredo Garcia, génère des scènes et dialogues touchants. L'obsession de Bennie, décidé à rapporter la tête du cadavre pour toucher la récompense et relancer sa vie, n'a d'égal que le dégoût que cela procure à Elita à l'idée de profaner le corps d'un homme qu'elle a aimé. La quête les éloigne autant qu'elle les rapproche. Rapidement, les difficultés apparaissent, puis les drames s'enchaînent à un rythme accéléré. Pour Bennie, c'est la fin des illusions.
Un film qui se laisse suivre sans être un chef d'oeuvre. Les personnages sont attachants, c'est à mi-chemin entre le road movie, le Western et le film cocasse. Une vision de la femme absolument infaisable aujourd'hui.
Soleil, poussière, pourriture, alcool, voitures, armes… Film sublime. Le montage est colossal, complexe. C’est une symphonie de plans qui viennent s’intercaler là où on ne les attend pas et qui ouvrent sans cesse de nouvelles perspectives. Le rythme est également complexe, plutôt brumeux et comme à moitié ivre, parsemé de rapides éclats de violence. Un film qui se regarde comme ça, indéfiniment, pour le plaisir, pour l'ambiance et l'esthétique. La musique de Jerry Fielding est également excellente. J'ai l'impression que Fielding a parfois été discuté ou contesté, mais je trouve que sa musique est un élément clé des 5 films qu'il a faits avec Peckinpah de 1969 à 1975. Parce que ces compositions ne sont pas exactement ce à quoi on pourrait s'attendre dans de tels films. Il y a en elles une douceur qui contraste de façon passionnante et féconde avec la violence brutale de l'action. Il y a un sentiment général d’échec qui traverse le film, comme toujours avec Peckinpah, mais ce n’est pas désagréable, c’est presque doux dans ce rythme particulier et enivrant.
La première heure souffre d’un vrai problème de rythme : peu d’action et un érotisme un peu facile. Mais dès que le personnage incarné par Warren Oates s’empare de la tête, le film décolle et Peckinpah orchestre une ballade meurtrière particulièrement efficace. L’idée de faire de la tête un personnage à part entière est bien exploitée. Ce n’est pas un sommet dans la carrière de Peckinpah mais néanmoins l’un de ses films les plus personnels.
Ce film de Sam Peckinpah est étonnant. Étonnant car il s'agit probablement de son film le plus romantique. Romantisme au prisme de la vision noire du monde misanthropique de Sam Peckinpah. Romantisme porté par Warren Oates, personnage fort peu recommandable, petit arnaqueur, pas très classieux (voir ses poux pubiens). La manière dont le couple fonctionne, la relation au sein du couple Warren Oates et Isabella Delavega sont très fines et subtiles. Avec une direction d'acteur impressionnante. Et le moteur du film principal est l'amour que porte Warren Oactes à sa femme et la vengeance ou plutôt l'obsession qu'il a de porter la tête d'Alfredo Garcia, ce bellâtre qui a couché avec sa femme. Ce portrait de couple est étonnant et l'on ne s'attendait pas à ça de la part de Sam Peckinpah. La scène de piquenique fonctionne parfaitement. Même si elle est accointée à un viol et un meurtre. Bien sûr les accès de violence sont bien présents ici et surtout à la fin. Mais le film n'est pas là. Il est dans le portrait de ce couple de perdants qui recherche de l'argent et une unité. La tête d'Alfredo Garcia n'est qu'un prétexte pour nous conter les rêves de ce couple (le mariage, l'argent). Warren Oates est affublé de lunettes ce qui fait que l'on ne voit quasiment jamais ses yeux. Étonnant pour l'acteur principal, mais qui n'est pas une grande star. Le film aussi peut être vu comme un documentaire sur le Mexique profond. Les paysages des personnages rencontrés et les décors touchent un environnement assez pauvre et des villages avec des voitures qui sont toutes cabossées ou abîmées, mais aussi des paysages de routes et de campagnes. Une des grandes qualités de l'art de Sam Peckinpah est son génie des décors. Aucune scène ne peut être dissociée du décor et de l'environnement où elle se déroule.
Le film s'ouvre sur les images d'une ravissante jeune femme se prélassant au bord d'un lac, les pieds baignant dans une eau illuminée par les rayons du soleil, toute vêtue de blanc et enveloppée d'un drap de quiétude édénique. Ce n'est pas le seul moment où le film s'égare dans ce genre d'embellies. On a ainsi droit à quelques séquences où deux amants jouissent du simple bonheur d'être ensembles ; des scènes qui puisent leur beauté dans leur existence propre, sans sujétion à des contraintes narratives particulières. Tous ces moments qui n'existent que pour nous montrer qu'un espoir de bonheur subsiste. Et pourtant...
Et pourtant, tous se consument comme brindilles en flammes, éteints avant même d'avoir pu pleinement s'accomplir. Dans l'univers de Peckinpah, la violence est la règle ; la rare tendresse qui constitue son exception ne peut donc que s'effacer devant cet empire implacable. Un monde où les chasseurs de prime se battent pour tuer un cadavre, comme des mouches à l'affût d'une charogne fraîche, est un monde forcément boueux, poussiéreux, aux odeurs pestilentielles.
Genre initiatique par excellence, le road-movie n'a ici pour seule vertu que d'ouvrir les yeux de son héros sur sa nature de mouche à merde. Qu'est ce qu'il a été con d'avoir accepté de se vendre, et tout ça pour si peu, un fragment infime de ce que gagneront ses employeurs, les mouches à merde n+1, sans avoir à décoller une seule seconde leurs mains savonnées des rebords de leurs sièges en velours. Et quand il s'en rend compte, c'est déjà trop tard. Il n'a plus qu'à rebrousser chemin, sa culpabilité bien rangée dans un infect sac de toile, en déchargeant littéralement en cours d'errance le poids de ses fautes sur ses supérieurs en fumure. Une vengeance cathartique, libératrice, mais seulement dans la symbolique, puisque le mal est fait, sans retour en arrière possible.
Et pourtant, quelques onces d'humanité parviennent encore à jaillir de l'ordure, toujours aux pires moments. Le sourire sincère du terrible patriarche nouvellement grand-père qui ne faiblit pas d'un trait à la vue du panier dans lequel gît une tête décapitée. L'émouvant chagrin du porte-flingue pleurant son compagnon juste après avoir massacré à la mitraillette une famille de mexicains. La tendresse qui illumine un moment le visage du violeur en plein acte. C'est cette ambiguïté profonde, inextricable même, qui fait la force du long-métrage, son audace, sa liberté.
Gros échec critique et commercial à l'époque, « Bring Me the Head of Alfredo Garcia » fut pourtant, selon ses propres dires, le seul film de Sam Peckinpah sorti comme il l’entendait. Le fait que le film a été tourné au Mexique avec beaucoup de locaux, loin d’Hollywood, a sans doute aidé. De même, la réputation du réalisateur a probablement permis au film de ne pas sombrer dans l’oubli, et de se constituer une petite réputation au fil du temps. Certes, mais que vaut le produit ? Le scénario démarre sur une idée assez géniale : un gangster mexicain met littéralement à prix la tête d’un certain Alfredo Garcia, qui a engrossé sa fille. C’est alors qu’un barman miteux saisit sa chance, sachant qu’Alfredo, qui est aussi l’amant de sa petite amie, est en réalité mort et enterré depuis peu. Récupérer sa tête (et la récompense qui va avec) devrait donc être une partie de plaisir… L’œuvre est à l’image de ce pitch, à savoir crasseuse et nihiliste. On suivra ce protagoniste décrépit, les lunettes de soleil vissées sur le crâne, la bouteille de tequila et le pistolet toujours à proximité, qui voit là une sinistre opportunité de changer sa vie. Ce personnage de loser complet, tellement vautré dans la médiocrité qu’il est prêt à tout, parla visiblement beaucoup au réalisateur, puisque l’on trouve plusieurs similitudes entre les deux hommes ! Le souci est que l’ensemble contient pas mal de maladresses ou de fautes de goût. Une première heure qui se traîne une fois passé l’introduction. Des scènes inutiles et/ou gratuites (pourquoi cette confrontation avec des bikers ?). Hormis les deux protagonistes, des personnages non développés qui ont certes une valeur symbolique, mais pas d’épaisseur (notamment les gangster interchangeables). Des acteurs qui semblent parfois à l’Ouest. La rumeur raconte qu’alcools et stupéfiants ont été allègrement consommés sur le tournage, ce qui expliquerait la chose… Et c’est dommage, car la patte de Peckinpah, bien visible avec entre autre ses fameuses fusillades avec ralentis et changements de plan, convient bien à cette histoire sordide. Et si la violence du film, aussi bien graphique que dans les situations, a visiblement choqué à l’époque, elle est aujourd’hui anecdotique, mais participe à cette atmosphère malpropre. De plus, la vision sans concession du Mexique est intéressante : l’histoire a beau se dérouler dans les années 70, on a souvent l’impression d’être un siècle plus tôt ! Bref, des idées et des éléments pertinents, mais qui ne suffisent pas à pallier les défauts de l’œuvre.
C'est beau de parvenir à autant sublimer cette médiocrité, celle de presque tous les êtres humains dans ce film, qui ne sont que des gens attirés par l'argent, et particulièrement ce personnage principal, qui perdra peu à peu son humanité, dans cette course uniquement motivée par l'appât du gain. Le personnage d'Elita est justement là pour marquer un contre-poids, elle qui aimerait juste un marriage, un voyage en amoureux, et qui en mourant, détachera complètement Bennie de notre monde, et le symbolisme glauque qui se dégage de cette scène où il parle avec la tête d'Alfredo Garcia, et voyage dorénavant avec elle, montre assez littéralement comment ce personnage dialogue désormais avec la mort elle-même, il n'est plus que violence. Mais cette violence est grandiose, les affrontements qui s'enchaîneront dans la dernière partie du film sont jouissifs à regarder, malgré le goût amer que laisse cette fin, inévitable mais brillante, en somme du très haut niveau, et les thématiques de Peckinpah à leur paroxysme.
On prend goût au personnage principal à la recherche d'une prime au Mexique. Quelques poursuites en bagnoles pourries, des affrontements à l'ancienne avec des vieilles pétoires. De l'alcool, de la terre, beaucoup de pourris pour finalement un peu de fric. Alfredo Garcia n'a pas fini de déranger notre personnage principal. Pas mal, sans véritables longueurs. Le final est aussi brutal que les fusillades et le scénario est quand même bien creux creux.
C'est vraiment du n'importe quoi. Je mets une étoile pour les acteurs et la tentative d'originalité mais j'ai vraiment l'impression qu'on s’est payé ma tête avec ce film. C'est un foutoir non jubilatoire. Je ne comprends pas la critique positive générale. Pathétique.
Il faut chercher beaucoup pour trouver un quelconque intérêt : noir, fade et long, le scénario est navrant et les scènes d'actions omniprésentes et sanglantes sont difficiles à supporter.
« Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia », tourné en 1975 par le grand Sam Peckinpah (« Croix de fer », « La horde sauvage » etc...) est un « road movie » hallucinant de violence et de pessimisme qui prend pour décor les vastes étendues de notre Mexique contemporain. Le héros, très habilement interprété par un Warren Oates habité, est un « looser » de la pire espèce qui prend peu à peu conscience qu'on se sert de lui pour faire un sale boulot. Bien que particulièrement improbable, sa longue quête désespérée finira peut-être par lui apporter la rédemption... En attendant, les morts violentes s'accumulent avec une réjouissante régularité. Comme à son habitude, ce réalisateur mythique joue parfaitement des pires bassesses humaines pour tricoter une histoire machiavélique et rocambolesque qui marque les esprits pour le meilleur et pour le pire. Le résultat est absolument passionnant et ne fait pas tache, loin s'en faut, dans son incroyable filmographie. Ce western moderne, trop méconnu à mon goût, est un pur chef-d’œuvre qu'il serait bien dommage de ne pas (re)découvrir, tant il est jubilatoire !