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Alexcherbourg
23 abonnés
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2,5
Publiée le 27 janvier 2011
Stromboli raconte l'apprentissage initiatique de l'humilité devant Dieu. Bien que le sujet soit plus ou moins clairement exposé dans le texte introductif, la présence de Dieu est avant tout symbolique: le volcan. Rossellini a évolué depuis Rome, Ville Ouverte et évite maintenant les lourdeurs didactiques, il recourt à des associations d'idées et des métaphores. Le sujet le nécessitait sans doute: son plaidoyer prosélyte est plus que contestable. Là où le film est particulièrement subtil, c'est que le personnage principal joué par Ingrid Bergman est antithétique par rapport au groupe de villageois. Elle est étrangère, bourgeoise, alors que les habitants de Stromboli ont un mode de vie humble et ancestral.Sa métamorphose morale apparaissant ainsi singulière et l'antipathie qu'inspire le personnage font croire que le réalisateur ne cherche pas à franchir nos boucliers intellectuels. Pourtant, malgré le libre choix que Rossellini prétend laisser au spectateur, certains intellectuels ont été, tels la protagoniste, métamorphosés par le film: Eric Rohmer a trouvé sa foi mystique en regardant Stromboli. Ce film n'est donc pas anodin et il faut le voir en connaissance de cause. Si on laisse de côté sa religiosité, ce film a tout du bon film raté. Avant tout, en raison de sa technique approximative: par exemple pendant l'éruption du Stromboli, le réalisateur réutilise plusieurs fois les mêmes images, la bande son tourne en boucle avec les mêmes cris d'enfants récurrents, la postsynchronisation utilise parfois deux timbres de voix différents pour le même acteur... Ingrid Bergman surjoue. De plus, la psychologie des personnages est très grossière, sans nuances donc. A peine arrivée sur l'île, pourtant de son plein gré et dans des circonstances plutôt heureuses, l'héroïne n'a de cesse que d'en repartir. Le film n'aurait été que plus poignant si elle avait lentement mûri son étouffement intellectuel. Au final, un film brouillon et prosélyte, mais probablement à l'époque un des plus sincères réalisés par Rossellini.
Il s'agit d'un film assez inégal de Rossellini. Il est évident que le tournage a été compliqué, surtout quand on considère l'éruption volcanique imprévue et les tentaives osées de Rossellini quand il s'agit des jeux de caméra. Mais cela est il suffisant pour conférer une quelconque valeur ? Je ne pense pas. En revanche, la splendeur des décors naturels et la beauté du noir et blanc vont améliorent mon opinion de ce film. Malgré cela, il est indéniable que Stromboli contient des défauts majeurs. Le peu de profondeur psychologique des personnages est consternant et, l'ironie de l'histoire, c'est que les comédiens endossant les rôles ont un jeu à peine crédible, ce qui me paraît être un comble pour un film néoréaliste. Le propos intellectuel, quant à lui, est tombé en désuétude tant cette apologie du christianisme et de la pêche sont lourdes et traitées avec un talent plus que contestable. Je finirais en accusant ce film de supercherie faussement intellectuelle car si le discours tenu sur le mariage paraît argumenté et lucide, Voyage en Italie en donne une théorie située à l'extrême opposée. Rossellini a ce don incroyable, mais irritant, de sembler plus intellectuel qu'il ne l'est.
Je retiendrais de ce film la beauté, la concision néoréaliste avec laquelle tout est filmé. Ce fut mon premier Rossellini et le travail de l'image, de l'éclairage, des plans très raffinés. L'esthétique est presque parfaite. Néanmoins, en mettant à part l'exceptionnelle interprétation d'Ingrid Bergman, ce film est joué par des acteurs auxquels je n'ai même pas pu accrédité un semblant d'émoi. L'intrigue est originale mais elle s'éternise et le dénouement ext une caricature et totalement prévisible.
" Stomboli " est le tout premier long métrage que je visionne de Roberto Rossellini, et je dois avouer que j'ai été particulièrement captivé par le style de ce metteur en scène. Cette histoire qui est très ancrée dans la religion, raconte la vie d'une jeune Lituanienne qui épouse un pêcheur pour échapper à un camp de réfugiès, et va vivre avec lui sur l'ile volcanique de Stromboli, qui deviendra au fur et à mesure du récit, un véritable enfer pour elle. Dans le rôle principal, nous retrouvons une Ingrid Bergman impériale et qui nous offre une interprétation comme elle seule avait le secret. L'actrice, qui est au centre du film, se trouve être extrêmement émouvante, pleine de justesse et elle est filmée de main de maître - et certainement avec beaucoup d'amour - par un Rossellini qui l'épousera peu de temps après. Autres atouts de ce film d'exception , il s'agit d'une part de la photographie en noir et blanc de Otello Martelli - qui nous offre des images de toutes beautées de l'île de Stromboli où le film à été tourné - et d'autre part de la partition musicale de Renzo Rossellini très religieuse et qui apporte beaucoup de finesse sur les scènes clés de l'oeuvre. Il s'agit donc, pour moi, d'un véritable chef-d'oeuvre dans son style et qui me donne énormément envie de découvrir d'autres films de ce metteur en scène.
Très beau film de Rossellini, on souffre avec Ingrid Bergman tout au long de son calvaire sur la petite île volcanique italienne. Son jeu d'actrice est admirable ! Un grand moment de cinéma.
Roberto Rosselini signe un film qui pousse le réalisme à l'extrême nous trassant l'histoire de l'Italie d'aprés guerre sous beaucoups d'états. Il nous offre comme à son habitude un cinéma d'une grande qualité. Une littuaniènne (Ingrid Bergman) débarque par compromis dans le milieu pauvre des pêcheurs mediterranéens, sur une île volcanique en ruines. Une opposition va alors naître entre la pseudo-bourgeoisie opportuniste et la pauvreté à l'instinct de survie annimale, et cette opposition est rendue trés intéressante par un cinéma qui n'est pas là pour juger mais pour décrire. Je trouve juste dommage que la caméra se fixe autant sur les pleurs de la suèdoise, le néoréalisme nous a habitué à des acteurs amateurs qui vivent réellement leurs rôles ("La terre tremble","Rome ville ouverte"...). Néanmoins l'actrice comme son rôle dans le film sont extérieurs au milieu et on croit donc à son personnage. Je pense en effet que cette focalisation sur son ressentie projette le peuple (qui était jadis le héro du film) au poste dans lequel il n'existe plus que pour être un élément nous permettant d'analyser la psychologie de la star du film. Cette recherche de performance d'acteur n'a rien a faire au milieu de la description aussi juste et sublime de l'Italie en ruine, et de son état général lors de l'aprés guerre.
"Stromboli, terra di Dio" marquait en 1949 la première collaboration entre Roberto Rossellini et sa muse Ingrid Bergman. Conservant la marque assumée du néo-réalisme, cette oeuvre puissante est pourtant moins un portrait politico-social qu'une formidable étude de caractère, tout particulièrement celui de la protagoniste principale. Le film entier repose sur l'analyse de son comportement, tant l'intrigue est minime comme laissée de côté et que les personnages secondaires ne sont que des pivots répondants à l'âme perdue et désespérée tant exposée. Ambitieux et risqué mais amplement réussi. Le cinéaste va au contact des êtres et les observe : il ne leur laisse que très peu souvent la parole et ne cherche pas à s'embarquer dans de vastes dialogues inutiles. Pour lui, tout passe par l'image, les démarches, visages meurtris et expressions interprétables à de multiples niveaux. Style complexe et passionnant, rempli comme d'habitude de fines et intelligentes métaphores provoquant par la suite le ressenti du spectateur, puissant et inhabituel. Le huis-clos se fait sentir, l'enfermement est aussi bien physique que moral et l'on ressort bouleversé de quelques magnifiques séquences très inspirées. L'aspect documentaire sert la fiction, argumente le propos, le renchérit et s'inscrit parfaitement dans une logique de continuité visuelle tant sur le plan des cadrages que du montage. Vive, sèche, précise, sans détours, frappante et saisissante, voici comment se définit par de simples mots la mise en scène très recherchée du cinéaste, prenant du recul sur son sujet, privilégiant une forme au service du fond que l'on est pas prêt d'oublier, nous gratifiant de prises de vues aussi surprenantes que stupéfiantes. Bergman est magnifique, transporte son personnage vers les plus hauts cieux du septième art comme les profondeurs abyssales de la dépression. Ce film sublime n'a contre lui qu'un rythme parfois pas aussi tendu qu'on l'aurait espéré.
Décalée, opportuniste, Karin (Ingrid Bergman) se lie avec un pêcheur îlien pour échapper à son camp d'internement. Elle ne fait que quitter une prison pour une autre...
Magnifique Film de Rossellini, et peut être le meilleur d'Ingrid Bergman avec 'Voyage en Italie'.
C'est un film très fort qui m'a beaucoup touchée. J'ai surtout aimé la fin, ambigüe et très émouvante. Elle peut être interprétée de différentes facon, mais je crois que la meilleure, c'est que la femme, inspirée par Dieu, qui lui redonne la force, le courage, et surtout la compréhension, retourne au village chez son mari, pour elever son enfant. Je crois que c'est le mot compréhension qui montre qu'elle rentre avec abnégation chez son mari. Ce film confronte deux univers, deux facon de vie. Le mari est rustre mais n'est pas mauvais. Il fait ce qu'il peut pour satisfaire sa femme mais n'est pas plus heureux qu'elle. Contrairement à ce que disent certaines personnes, le mari ne bat pas violemment sa femme, sans lui laisser de liberté. Au contraire, il essaye de la comprendre, et la seule fois où il lève la main sur elle c'est quand il croit qu'elle se prostitue. Il agit de la sorte car il a été élevé comme cela. Il ne faut pas oublier que ce film date de 1949, et que les mentalités n'étaient pas les mêmes. Je ne crois pas que ce film est un plaidoyer pour la liberté des femmes, mais plutot qu'il veut lutter contre l'egoisme. Ce qui est certain, c'est qu'il prone un melange des cultures. Je conseille donc ce film à tous, même s'il est un peu long au début, et qu'il n'est pas tout jeune...
S'il est un film dont on peut dire qu'il est "un reportage sur son propre tournage", c'est bien "Stromboli", magnifique lettre d'amour de Rossellini à Bergman, sa maîtresse enceinte, qu'il filme comme on ne l'a jamais encore filmée. Hymne (sévère mais pas austère) à la vie et à la nature - dans laquelle on peut voir ou non, le visage de Dieu, mais il faut se méfier de cette analyse religieuse, réfutée plus tard par Rossellini lui-même -, "Stromboli" multiplie les paradoxes : son filmage brut, voire simpliste (Rossellini haïssant la "belle image" et travaillant surtout sur le rythme), n'empêche pas l'explosion d'un grand lyrisme émotionnel, en particulier dans les célèbres et remarquables dernières minutes ; le réalisme quasiment documentaire de certaines scènes (la pêche au thon, impressionnante, et l'éruption du volcan, sans aucun effets spéciaux, la nature ayant courtoisement servi Rossellini lors du tournage) contribue à construire la symbolique et l'abstraction du sujet (l'enfermement et la libération).
Un film tragique, incroyablement triste mais servit par une mise en scéne époustouflante. Ingrid Bergman tiens peut être là son meilleur rôle. A voir aussi pour la vie plus-que-rurale de l'Itale d'après guerre.
Roberto Rosselini dirige ici Ingrid Bergman de très belle façon. Film assez interessant historiquement. Il décrit l'état des campagnes italiennes lors de l'après-guerre. Le scénario est assez simple, et la fin nous laisse un peu dubitatif, un peu inachevé. Cependant ce qu'il faut retenir ici, c'est la performance de la belle Bergman totalement désorienté au pied du Stromboli. Une musique très classque qui colle bien à l'image. Un classique du cinéma italien, qui a bien vécu. A voir.