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Un visiteur
2,5
Publiée le 29 septembre 2006
On m'avait dit que ce film était très bien ; je n'en avais reçu que de bons échos. Hélas, force m'est de constater qu'il est assez décevant au point de vue des relations humaines et surtout de l'apprentissage : pour les maternelles, cela va encore, mais pour les "grands" (CE2, CM1, CM2), il n'y a que les dictées !! C'est dommage. Je pense que ce film n'est pas réservé aux enseignants et qu'ils seront les seuls à ne pas être enthousiastes !
Rien n'est plus attendrissant que ce spectacle célébrant l'enfance. Alors oublions l'actualité qui cherche à couler le film, et plongeons dans cet univers d'ignorance, de gaieté, et de joie de vivre. Rions, pleurons avec Jojo et ses amis. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça fait du bien.
Autour d'un village Auvergnat,le ramassage scolaire s'effectue afin d'amener dans la classe unique les enfants de la maternelle au CM2. A partir de là,Nicolas Philibert nous brosse le portrait d'un instituteur chargé de transmettre le savoir par le biais d'une pédagogie "sur mesure" pour chaque élève. On devine à travers ce film toute l'importance et le role de l'école au sein d'un village qui sans elle,sans les cris et les rires d'enfants n'en sera plus un. C'est vrai,ce film est un peu idéaliste avecl'enseignant saint-homme et le gentil élève bien sage et juste parfois un peu turbulant.Il n'en demeure pas moins que l'on nous montre tout de meme un aspect inhabituel du milieu de l'enseignement et des problèmes de sces petites écoles en voie de fermeture.
Dans l'esprit "strip tease", l'excellente émission belge, des caméras se sont posées dans l'univers de M. Lopez, instituteur de rêve pour Marie, Johann, Guillaume et l'incroyable Jojo...
Loin du pamphlet pédagogique qu'on aurait pu attendre, être et avoir nous plonge dans le quotidien d'enfants de 4 à 10 ans regroupés dans une même classe.
Ne choisissant de ses 10 heures de bobines, que les moments les plus attendrissants, les plus drôles et les plus émouvants. Nicolas Phillibert réalise un documentaire bouleversant qui prouve l'incroyable émotion que peuvent dégager les enfants, quand une caméra à la bonne idée de se fondre dans leur intimité. Vous n'oublierez jamais la mémorable énumération des doigts de la main de jojo : "le pouce, l'index, le nageur, l'annulaire et l'horizontal" ou la détresse d'Olivier évoquant les problèmes de santé de son papa.
L'idée de départ est honorable et le film nous fait un peut découvrir une france oubliée, que l'on croyait d'un autre temps. Mais si les enfants sont adorables et naturels, le maître joue un peu trop le Gérard Klein exilé à la montagne, avec sa philosophie à deux balles... Non : l'école ce n'est pas ça !
Pour ceux qui ont oubliés qu'ils avaient été enfant un jour, ce film est pour vous. Nicolas Philibert aura suivi le temps d'une année scolaire une classe d'un village, la classe de M. Lopez. M. Lopez le visage même du maître d'école, celui des romans d'école, celui qui réussi à faire la part des choses, l'incarnation même du modèle adulte si important pour les enfants.
C'est un film pour enfants. Pour les enfants que nous sommes tous. Lorsque l'on voit ces scènes d'école que chacun de nous aura déjà vécu à sa façon, on se replonge dans ces cours de récréation, dans ces salles de classe si familières. Plus que la pédagogie de l'apprentissage, on apprend au travers de ces enfants une leçon de vie, la découverte de la vie en communauté. Pour eux, l'école demeure le premier pas vers la société, incarnée et surveillée par l'icône de l'autorité que représente le maître, M. Lopez. A l'école tout s'oublie, c'est un monde à part, un monde à soi, un monde par et pour les enfants. Lorsque l'on assiste à cette scène magique où le petit Jojo affiche ce qui restera comme ses éternelles mains tâchées, on repense à ce qu'avait écrit Kundera, l'écrivain tchèque : "Les enfants sont sans passé et c'est tout le mystère de l'innocence magique de leur sourire".
Etre et avoir, c'est retrouver une innocence qui avait été occulté et mise en jachère depuis que l'on a quitté l'enfance. Etre et Avoir c'est un peu comme Les Yeux Dans Les Bleus, sauf que la victoire au bout pour les protagonistes est plus belle...