Le documentaire de Nicolas Philibert séduit d’abord par son authenticité. En suivant le quotidien d’une petite école rurale, il offre au spectateur une immersion rare dans un univers simple et sincère. La figure de l’instituteur Georges Lopez, filmée avec une grande humanité, incarne la patience et la bienveillance de l’éducation de proximité. L’émotion et la tendresse qui se dégagent des relations entre l’enseignant et ses élèves constituent sans doute le cœur vibrant du film. La mise en scène, volontairement dépouillée et sans artifices, renforce cette impression d’être au plus près de la réalité : le spectateur observe, écoute, et se laisse porter.
Cependant, cette approche a aussi ses limites. Le rythme, volontairement lent, pourra sembler monotone à certains, et l’absence de narration structurée risque de frustrer ceux qui attendent un récit avec une progression plus marquée. De même, le regard du réalisateur sur l’instituteur paraît parfois trop flatteur, sans véritable distance critique, ce qui donne l’impression d’un portrait idéalisé.
Malgré ces réserves, Être et avoir touche par sa simplicité et sa justesse. Sans chercher à en faire trop, le film parvient à capter des instants de vie qui, même s’il ne s’y passe pas grand-chose, restent mémorables. Cette chronique du quotidien laisse derrière elle une impression durable, faite de douceur, de réalité, et de souvenirs.