Les Risques du Métier
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labellejardinière
labellejardinière

97 abonnés 276 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 octobre 2016
A certes un peu vieilli sur la forme - et tous les interprètes, surtout les gamines, ne sont pas au top - mais ce réquisitoire de Cayatte est toujours efficace en 2016. Réalisé en 1967 - c'était alors le début de l'hystérie dans ce genre d'affaires sinistres. "Les Risques du métier"....ou comment, en l'espèce, enfantillages, rivalités mesquines entre ados, frustrations et commérages divers peuvent faire accuser bien vite une brave pâte d'enseignant spoiler: (heureusement, cela se termine bien...).
La pédophilie, surtout par personne ayant autorité (comme par ascendant) est un grave sujet - mais encore faut-il ne pas partir du postulat selon lequel "enfance" rime forcément avec "innocence" ! Savoir distraire le faux du vrai est un art délicat - plus encore aujourd'hui, eu égard à la proximité que les mineurs ont avec le numérique. Pour un thème identique (avec une "victime" encore plus jeune - au jardin d'enfants !), voir le magnifique "La Chasse" (en 2012, au Danemark)....
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 janvier 2016
Quittant l'école en pleurs et en courant, une jeune fille traverse tout son village pour aller s'enfermer dans sa chambre. Que s'est-il passé ? Selon elle, son instituteur lui a fait des attouchements, ce qu'il dément, puis deux autres élèves vont l'accuser de pédophilie.

Suite à ce long plan-séquence d'ouverture, Jean Cayette met peu à peu son récit en place et va mettre cet instituteur face aux témoignages des trois filles en question. Alors, et ce assez vite, il est bien difficile de croire Jacques Brel coupable, d'ailleurs c'est dans ce sens-là que va Cayette, notamment via les flash-back et lorsqu'il s'intéressera à la vie d'une des jeunes filles. Du coup, tout va tourner autour du pourquoi elles disent cela et comment peut-il s'en sortir et c'est là l'une des forces du film, tant il va nous plonger dans l'enfer que va connaitre cet instituteur abattu, sans pour autant être K-O, et réussir à nous faire passer par diverses émotions autour de son sort.

Le sujet est très délicat, Cayette abordant la pédophilie, les faux témoignages ou encore la parole d'enfants mais tout cela est plutôt intelligemment traité, sans excès et s'intéressant surtout à la galerie de personnages où chaque rôle à son importance. Dans ce petit village, il montre aussi l'importance de l'opinion publique, capable d'injustes lynchages et comment elle peut influer, tout comme l'humiliation que va subir Brel, parfois à travers de simples scènes silencieuses qui en disent bien plus que n'importe quel mot. L'ensemble bénéficie d'une écriture solide et de qualitée, sachant toujours trouver les mots justes pour exprimer toute la complexité et difficulté de cette situation.

Alors, s'il y a un léger regret, ce serait plus au niveau de la mise en scène où Jean Cayette, spécialiste du film judiciaire, fait plutôt bien le boulot et se montre efficace, sans pour autant être transcendant. Le sujet est similaire à celui de La Chasse de Thomas Vinterberg, pourtant on ne ressent pas complètement toute l'horreur de la situation de l'instit et la plongée en enfer qu'il y aurait dû avoir. Enfin, ça reste tout de même plus que correct et Cayette met en place une ambiance difficile et un peu lourde, prenante tout le long, trouvant toujours le bon rythme et sachant prendre son temps lorsqu'il le faut. Devant la caméra, Brel représente l'innocence même et s'en sort merveilleusement bien dans ce rôle très compliqué, son premier au cinéma par ailleurs. Face à lui, les gamines sont aussi excellentes (surtout Delphine Desyeux), tout comme Emmanuelle Riva qui ne perdra pas pied et soutiendra jusqu'au bout son mari.

Pour son premier rôle au cinéma, le grand Jacques se fond merveilleusement dans le rôle d'un instituteur en proie à de graves accusations. Sans être totalement transcendant, Les risques du métier est efficace et traite avec intelligence et justesse de thèmes assez compliqués.
J.Dredd59
J.Dredd59

122 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mai 2016
Un des meilleurs films de Brel : la hantise des profs. De plus en plus vérifié de nos jours (comme quoi on n'a rien inventé) on s'aperçoit surtout que ce type de fait divers remonte à loin, et que rien n'a changé : les coupables, d'abord supposées victimes, n'ont pas grand chose, quand la vraie victime ne se relève jamais vraiment de ces accusations. C'est encore plus injuste qu'ici Brel joue un bon prof sympa, dupé pour une amourette et de la jalousie adolescente.
C'est en cela que le film est bon, il suscite des émotions, la tension et la psychologie des personnages sont là, ça n'a pas vieilli tant c'est réel, et tout le monde joue bien (sauf les gamines, toujours énervées). A recommander et explorez la filmographie de Cayatte car ses films sont souvent à messages.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 732 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 septembre 2015
Un film assez froid sur l'écrasement d'un individu. Le film est assez lisse et l'enquête policière vraiment d'une autre époque. En cela je trouve qu'il a vieilli.
Bruno65
Bruno65

60 abonnés 825 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 septembre 2015
Jacques Brel est très crédible.Et même s'ils ont se doute qu'il n'est pas coupable,ont se laisse porter par l'histoire.
Alexarod

359 abonnés 1 874 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 septembre 2015
1er film sur un sujet si sensible et rare. Adaptation d’un livre de Cornec, lui-même tiré d’une histoire vraie (déjà) et malheureusement trop prophétique par la suite.
Force est d’avouer que l’histoire est très bonne, bien racontée. On voit les changements de mentalités des jeunes et les malheurs des ragots de villages. Comme dans « les assassins de l’ordre » plus tard (toujours avec Brel) et dans le procès Outreau, on constate les limites de la justice, un leitmotiv intéressant chez Cayatte. Malheureusement on remarque tout autant qu’on ne tire pas de leçons de cela… Cependant, je suis étonné, même pour l’époque, qu’on soit spoiler: emprisonné sans jugement et que le postulat « innocent jusqu’à ce qu’on prouve qu’il est coupable » ne semble pas exister
.
Contrairement à d’autres j’ai apprécié « l’enquête » du maire au début, ça permet de démarrer fort et de poser les personnages comme l’intrigue. Du coup, on ne s’ennuie pas en introduction pompeuse et on assiste aux 2 points de vue, ça fait partie de ping pong, ça change. Dans le même genre, la 1ère partie à charge contre le prof et la 2ème où ça rétro pédale passe bien, ça équilibre ; tout comme les profits des « victimes » en opposition au désespoir grandissant de l’accusé Les motivations des 3 filles sont diverses mais font vraies, là encore c’est bien trouvé. Notons que la psychologie des personnages est très poussée. Perso j’ai adoré la preuve de Brel, ça prouve l’importance du détail et de la réflexion tout en montrant l’inefficacité de la police. Par contre la fin est trop abrupte à mon goût, on aurait dit le final d’un vaudeville. J’aurais aimé voir la suite, les conséquences, les répercussions sur le prof, les élèves, les parents et le village.
Au niveau du jeu c’est sobre et fluctuant, là aussi le style fait vieux. Riva s’en sort bien, on voit son humanité et ses doutes qui la culpabilisent. Concernant Brel, hormis l’étrangeté de le retrouver en prof après sa chanson Rosa, il est plutôt bon, très naturel surtout, on a l’impression de retrouver le grand Jacques chanteur, il ne joue pas vraiment il est naturel, il laisse transparaitre sa personnalité. Vous me direz que vu le rôle c’est une bonne chose, et je suis d’accord, mais ça ne « fait » pas acteur du coup, sans doute parce que c’est son 1er film. Sinon le rythme est un peu lent et mou mais on dénote peu de longueurs. La trame est assez connue maintenant, devenant prévisible à force que l’on aborde ce sujet, mais en ce temps c’était original. Pas vraiment de musique, ça renforce le côté huis clos et dépouillé. Le son est bizarre, ça et le montage sobre donnent un côté « passé » à l’ensemble, un peu film d’auteur aussi. Au final c’est une très belle œuvre, qui mériterait d’être plus connue. Pouvoir constater la puissance des mots, que ce soit par la rumeur ou ceux qui amènent la culpabilité, est appréciable et trop rare. Montrer ce que les gens sont prêts à faire pour la morale bien pensante l’est tout autant.
Gabith_Whyborn
Gabith_Whyborn

44 abonnés 842 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mars 2015
Très bon film avec Jacques Brel dans un rôle d'instituteur accusé de viol...
Ca pousse à la réflexion, y'a de l'intrigue et Brel joue superbement. A voir.
chrischambers86

16 171 abonnés 13 133 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 juin 2018
Dans cette remarquable adaptation d'un roman de Simone et Jean Cornec, on suit le calvaire vècu par un instituteur accusè de pèdophilie (acte puni, à l'èpoque, des travaux forcès à perpètuitè) par plusieurs de ses èlèves! Un homme qui va subir l'èpreuve du petit village où il vit dont les habitants le jugent coupable avant la moindre vèrification des faits! Y compris de sa propre èpouse, troublèe par les tèmoignages prècis des diffèrentes jeunes filles (la redoutable Delphine Desyeux) et superbement incarnèe par Emmanuelle Riva! Andrè Cayatte maîtrise parfaitement son sujet puisqu'il ètait avocat avant de passer à la mise en scène! Et la plupart de ses longs-mètrages sont des films judiciaires pleins d'habiletè! A l'image de ce suspense prenant qui se rèvèle un grand film sur la diffamation! De plus, Cayatte montre le pouvoir de la foule contre l'homme seul, prèfigurant nombres de cas judiciaires similaires des annèes suivantes! Les habitants de ce petit village normand prèfèrent lyncher un homme plutôt que de prendre le risque de la prèsomption de son innocence! Portè par un Jacques Brel admirable (le film lui doit beaucoup), "Les risques du mètier" rèunira plus de 3,5 millions de spectateurs à sa sortie en 1967! Et ce n'est que justice tant l'oeuvre de Cayatte est une rèussite à tous les niveaux...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 décembre 2013
Comme souvent chez Cayatte, nous voilà avec un personnage central pris dans l'engrenage de la machine judiciaire ("Justice est faite","Nous sommes tous des assassins", "Il n'y a pas de fumée sans feu"...) dans un récit à double niveau, le second éclairant le premier. Soit un récit au présent dont la réalité affirmée est démentie par de fréquents flash-back qui donnent à en découvrir une autre. Un réalisateur toujours fasciné par les jeux de miroirs, ces objets qui révèlent l'inverse des choses. Une obsession pour l'envers du décor, cet au-delà du simple reflet qui se retrouve dans nombre de ses films et fait mouche.
gnomos
gnomos

66 abonnés 660 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 octobre 2013
On ne peut s'empêcher de penser à Outreau en voyant ce film, vieux de presque cinquante ans, où tout se joue sur la parole sacrée de l'enfant et aucune preuve matérielle, à quoi s'ajoute l'émulation, ici de jeunes filles réprimées par l'époque, ( nous sommes avant 68 ). Cayatte continue à dénoncer les travers de la police-justice- et les hypocrisies d'une ville de province, théâtre étouffant où tout se passe en trompe-l'oeil. Le personnage de Christine Fabrega est intéressant, lui aussi, qui n'hésite pas à instrumentaliser le pseudo-calvaire de sa fille pour une célébrité éphémère dans les médias. Cayatte frappe encore une fois fort et juste.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 28 novembre 2012
Pas mal, le film a vieilli tout de même et Cayatte ne laisse pas assez de doute aux spectateurs. Sinon on remarque Nathalie Nell dans un premier rôle pour lequel elle est déjà un peu trop agée, Delphine Desyeux correspond déjà plus à l'idée de la jeune ado de l'époque.
il_Ricordo
il_Ricordo

118 abonnés 407 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 décembre 2011
André Cayatte est un spécialiste du film social : Mourir d'aimer en 1971 raconte la liaison d'une enseignante avec l'un de ses élèves, âgé de 16 ans, inspiré d'un fait divers. Quatre ans plus tôt, il s'attaque à un autre fait divers, sur le drame de la pédophilie, d'après un livre de Simone et Jean Cornec, un couple d'avocats. Avec Jacques Brel en instituteur accusé de pédophilie, ce film dramatique rappelle la France des années 60 : les juges avec leurs euphémismes, les jeunes filles avec leurs "oui monsieur.", "non monsieur" (ce qui ne les empêche pas de mentir, évidemment). Emmanuelle Riva s'érige en conscience du film, avec cette même voix languissante qui ponctuait Hiroshima mon amour. Mais Les Risques du métier est surtout l'un des plus beaux rôles de Jacques Brel au Cinéma.
halou
halou

153 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 août 2011
La filmographie de Cayatte est extrêmement intéressante et passionnante. Ce film met en scène brillamment et sans lourdeur un individu (Brel, impeccable) face aux accusations d'agression sur mineur au sein d'une communauté. Le tout passionnera le spectateur et le poussera à la réflexion une fois encore.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 août 2011
Des films comme on en fait plus avec des acteurs comme on en fait plus interprétant des personnages comme on en fait plus. Vraiment dommage...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 mars 2010
Tout a fait d'accord avec la critique de titicaca120, que je compléterai cependant. Effectivement le 21° siècle n'a rien inventé en matière de pédophilie, sinon une amplification médiatique.
Jacques Brel, en ces années 60, nous fait une interprétation fabuleuse sur ce thème, mais surtout en inversant les notions d'abus de confiance et de pouvoir, des adultes sur les enfants et adolescents (qui permettent la pédophilie), en abus de confiance des enfants et adolescents sur les adultes, et leur cible privilégiée : les enseignants, le tout fondé evidemment sur les rumeurs médiatiques.
Un film plein d'enseignements, mais en rien précurseur en la matière, car déjà précédé par "l'homme aux clefs d'or" magistralement interprèté par Pierre fresnay en 1956.
Cet nouvel angle de vue nous conduit à mon avis à remettre en cause, la notion de responsabilité des jeunes sur le plan pénal, cela, dans la mesure où leur maturité est de plus en plus précoce, car amplement assistée par les médias. La limite basique des 18 ans doit évidemment être remise en cause selon cas.
Dont acte !
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