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Florentin Drugmand
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4,0
Publiée le 1 septembre 2020
Un film produit il y a plus de 60 ans mais qui est encore criant de vérité de nos jours avec un langage et un scénario dégageant une nostalgie du cinéma français d'antan perdu à tout jamais avec les navets tels que "taxi", "les profs" ou "les tuches"
Plongée brutale dans la politique fiction française d’après-guerre, terriblement réaliste vision des arcanes de la politique et des discussions et des manœuvres de chacun. Les animaux politiques que sont les responsables politiques sortent du bois surtout dans cette scène incroyable de l’hémicycle. Audiard aux dialogues n’a plus qu’à sublimer le tout.
Gabin s'est fait la tête d'Aristide Briand, le "perd la victoire", enterré près d'Evreux sans aucun signe religieux. Verneuil a probablement voulu en faire un radsoc type 3ème république. Il y a un équivalent américain à ce film avec Charles Laughton a la place de Gabin. Très beau numéro de Gabin à l'Assemblée Nationale. Tous ces représentants du gros capital qui se font offrir des places de députés, cela date en 2020. Ils se sont fait remplacer par des implantateurs capillaires qui se font passer pour des spécialistes de la finance. Blier, plus sobre, est aussi politiquement plus crédible. Son discours nationaliste est très actuel. Son retournement de veste européiste a connu ultérieurement quelques émules. Le président les aurait-ils traités de salauds? N'oublions pas en plus que c'est le radsoc Mendès-France qui a torpillé le premier le projet d'armée européenne. Cela ne fait rien, les monologues et dialogues sont percutants et Audiard s'est fait plaisir. C'est du cinéma bien fait et qui se laisse voir.
Une épée, un cador! Ce film résume admirablement le monde de la politique, la finance d'un état et ce que l'on appelle pompeusement les sciences politiques. Le tout étant servit par un humour succulent! A faire étudier dès le lycée.
Un des rares films français de politique fiction. La mise en scène d Henry Verneuil est très conventionnelle mais cela est rattrape par les dialogues de Michel Audiard et un Jean Gabin excellent comme à son habitude. Bernard Blier campe également son personnage à la perfection. Les scènes à l assemblée sont très bien et donne un certain envol au film. Face à cela on en oublie les quelques longueurs
Jean Gabin dans le rôle titre, Bernard Blier dans un rôle important et Michel Audiard aux dialogues : voilà de quoi éveiller la curiosité de quiconque apprécie les films de ces grands noms du cinéma français.
Avec "Le Président", l'équipe s'attaque aux affres des IIIème et IVème Républiques, en s'inspirant fortement de certaines figures politiques historiques comme Georges Clémenceau.
Cela pour mieux attaquer les tergiversations des français vivant sous la Vème République concernant l'élargissement des pouvoirs conférés aux comités européens pour créer des États Unis d'Europe (sorte d'Union européenne fédéralisée), mais également le manque de courage des politiques face aux enjeux électoraux ou aux politiques financières pour éviter la récession.
Le message (en réalité celui de Georges Simenon, qui a écrit le livre dont ce film est l'adaptation) a donc une résonnance particulière au XXIème. Soit le film était d'une grand modernité, soit rien n'a changé depuis.
Toujours est-il que la scène du discours de Jean Gabin dans l'hémycicle est le zénith du film : la mise en scène est très moderne (ce plan qui consiste à balayer de manière circulaire le Parlement), Jean Gabin y livre une incarnation forte de cet homme politique déjà dépassé par son temps et qui livre une leçon de morale et un avertissement aux parlementaires sur la moralité et le courage en politique, et les dialogues sont ciselés. Peut-être la meilleure raison de voir ce film.
Cependant, hormis cette scène, le film souffre d'un rythme assez plat. Il tire parfois un peu trop en longueur, ce qui pourra perdre une partie du public. Je me suis même surpris parfois à surfer sur mon smartphone pendant le film mais à rire quand même à certains dialogues, puis à oublier mon portable et à revenir d'un coup dans le film.
C'est le point faible du film et ce qui justifie qu'au final, je ne lui mette que la moyenne, malgré ses autres qualités indéniables. Cela gâche un peu l'expérience.
Ce n’est pas le meilleur Verneuil, certes, mais quel film intéressant ! Style ‘’mille milliards de dollars’’ qui porte lui sur le deuxième grand sujet : l’argent. Celui ci porte sur le sujet numero 1, le pouvoir et par voie de conséquence sur la politique, cette chose publique que l’on abordait peu dans le cinéma français. C’est aussi un film de Simenon pour le fond, d’Audiard pour la forme parlée et de Gabin pour le spectacle. Quel spectacle, son discours à l’assemblée nationale est un moment rare dans notre cinéma national. Tout cela étant dit, il faut relativiser car il y a dans ‘’le Président’’ à boire et à manger. Tous les défauts des hommes sont abordés en vrac y compris ceux du Président du Conseil qui ne montre guère de compassion pour qui que ce soit. C’est un film utile pour ceux qui sauront en profiter quelque soit leur époque, qui sauront en tirer des leçons mais sans y apporter de jugement car la nature humaine est ainsi faite : ne faire que la critiquer, c’est se critiquer soi même sans se remettre en question. Tout est là. Merci dans tous les cas à Verneuil pour ce pamphlet démocratique. Pour le faire, il a conçu une mise en scène un peu plus élaborée que pour ses autres films, le vieillissement de la lettre de Chalamont en témoigne, cela convient bien au contexte de cette histoire éternelle des démocraties.
Des dialogues modernes et percutant, qui ont la chance d'être dit par d'excellents acteurs. Voilà ce que je retiens principalement de cet énième très bon film d'Henri Verneuil dans lequel Gabin trouve l'un de ses meilleurs rôle.
Le trio Henri Verneuil, Jean Gabin, Michel Audiard a commencé avec un film assez atypique dans le paysage cinématographique Français pour son cadre complètement politique. Bien que son contexte soit dépassé, Le Président exprime avant-tout un récit capable de parler au sujet de n'importe quel régime. Le sujet à suivre est Emile Beaufort, campé par un Jean Gabin investis, il incarne une forme d'autorité modèle pour ses pairs, ennemi à abattre pour les opportunistes et le peuple. Tout ce qu'il y a de plus logique pour un politicien complexe dont les multiples directions contradictoires sont le fruit et le résumé d'un simple patriotisme sans égal qui ne peut contenter une seule masse de population. Une telle aura à la fois porté par la prestance que Henri Verneuil confère à son personnage principal toujours chef dirigeant du pays même retraité et toujours leader dans l'âme. Un film à la fois en retard et mais véridique sur son temps.
Difficilement politique, le cinéma français a tout de même quelques exceptions à arborer fièrement. Si Costa-Gavras a largement popularisé le genre, "Le Président" est également à ranger en haut du panier. Fiction adaptée de Simenon, le film nous amène chez Emile Beaufort, ancien Président du Conseil des Ministres qui surveille attentivement la politique du pays quand bien même il est à la retraite. Alors qu'il prépare ses mémoires, Beaufort voit d'un mauvais œil la possible arrivée de Philippe Chalamont à la présidence du conseil. Ancien chef de cabinet de Beaufort, Chalamont a commis une grave erreur il y a des années et Beaufort ne lui a jamais pardonné, gardant sous le coude une lettre qui pourrait sévèrement entacher la réputation de Chalamont. Car aussi vieillissant soit-il, Beaufort aime toujours autant la France et refuse de la voir entre les mains d'un politicien manipulateur et menteur qui ne voit que les chiffres. Réalisé sobrement par Henri Verneuil (dont les cadres sont soigneusement choisis) et brillamment dialogué par Michel Audiard, "Le Président" est un grand film brassant de vastes thèmes politiques. Situé dans un contexte qui n'est jamais précisé (même si l'on devine que c'est durant la IVème République), le scénario dénonce l'argent qui mène la politique, parle de l'Europe et des hommes politiques intègres qui se font de plus en plus rares. Portant le film, Jean Gabin (évoquant beaucoup Clémenceau) est une fois de plus impérial, livrant une composition impressionnante qui ne s'arrête pas seulement à son inoubliable discours devant tous ses camarades mais qui révèle de belles subtilités. Face à lui et plus pernicieux, Bernard Blier est également impeccable, leur affrontement final montrant la sagesse de la mise en scène de Verneuil aussi bien que le travail monstrueux de ces deux acteurs, toujours autant formidables.
La carrière de Gabin se recycle en politique, avec tellement d'audace dans le propos qu'elle y a forcément causé un remous. Un peu plus long que la moyenne avec ses cent minutes de bobines, Le Président est une grande machinerie de dialogues bien tournés qui y perdent au passage tout leur charme audiardesque. C'est une grande perte pour une création qui ne se retrouve avec pour avantages que la clarté étonnante de ses partis pris. Moins tous publics que la moyenne aussi, c'est un concentré de toute la vérosité politique avec une touche d'humour noir et beaucoup de blabla.
Simenon, Verneuil, Audiard et Blier; un quatuor qui ne pouvait donner qu'un grand film. Rôle sur mesure pour monsieur Gabin, qui comme d’habitude à droit aux meilleures répliques. Un duo Gabin-Blier ça ne se refuse pas. D'autant plus quand le rapport entre les personnages est aussi cruel qu'une relation d'un fils cherchant la légitimité du père le père qui la lui refuse. Au delà des questions politiques, la force du film réside dans ce duo. Un film de politique-fiction bien visionnaire sur le risque de voir l’Europe, encore en projet, passer sous le contrôle de la haute finance et de voir la politique servir les intérêts financiers personnels de chacun au lieu du pays et des citoyens. Voilà qui était bien vu, c'est, en effet, ce qu'il s'est produit.
Un film qui vieillit bien mal. En dehors des décors et des riches moyens mis en oeuvre, il s'agit aujourd'hui d'une oeuvre ennuyeuse et conventionnelle. L'intrigue est figée durant près d'une heure. Le président semble dépité, les acteurs sans enthousiasme jouent sans aucune passion. Il y a peu d'énergie et de dialogues savoureux. Je n'ai pas aimé. Puis, vient le plaidoyer de Jean Gabin à l'Assemblée qui remonte un peu le tout mais bien vite l'on retourne dans une torpeur sans fond.
Jean Gabin était l'acteur idéal pour interpréter le rôle d'Emile Beaufort. Il possède la carrure et le parlé d'un président. Ce film est une immersion tantôt cynique, tantôt sérieuse sur le milieu politique de la France. Les acteurs sont géniaux dans leur rôle, surtout Bernard Blier et Jean Gabin. Les dialogues de Michel Audiard sont bien écrits et s'inscrivent parfaitement dans la rhétorique si chère aux hommes politiques.
Un an avant le cultissime "Un singe en hiver", le trio Verneuil (réalisateur) Audiard (dialoguiste) Gabin (acteur principal) s'était déjà constitué sur le tournage du "Président" (1961), l'une des rares tentatives en France de "politique-fiction". Une fois saluée l'initiative, on doit constater que "Le président" est une très belle réussite, la charge cinglante contre les mœurs politiques de l'époque restant tristement d'actualité un demi-siècle plus tard. La force du film de Verneuil tient dans son contenu proche du documentaire, mais dont la forme est celle d'une œuvre de cinéma, transcendée par l'interprétation habitée, parfois grandiloquente, d'un Gabin aux accents gaulliens, vieux patriarche droit et respectueux des intérêts publics, au détriment du clientélisme de ses rivaux, dénoncé dans une tirade finale majestueuse parfaitement rédigée par Audiard. Les thèmes du débat politique de l'époque trouvent un écho contemporain assez fascinant, à l'instar de ces "Etats-Unis" d'Europe en construction, à l'heure où des voix se multiplient aujourd'hui pour défendre la sortie de l'euro... Outre la prestation hors-norme de Gabin (vieilli pour l'occasion), les seconds rôles sont remarquables, à l'image de Bernard Blier en opposant ambigu, ou encore Louis Seigner, Henri Crémieux et Renée Faure... Henri Verneuil signe donc un classique du cinéma français, vision acerbe mais non manichéenne du monde politique, magnifiée par sa mise en scène inventive et par les dialogues au cordeau de Michel Audiard.