Robert Vernay réalisateur de la période classique du cinéma français (1932-1969) aura sans doute été l’un des seuls à avoir porté à l’écran deux versions du célèbre roman d’Alexandre Dumas « Le Comte de Monte-Cristo » paru en feuilleton dans la presse à partir de 1844. Une première version adaptée en 1943 par Charles Spaak avec Pierre Richard-Willem dans le rôle d’Edmond Dantès suivie onze ans plus tard par une autre dont Vernay se charge lui-même de l’adaptation avec cette fois-ci le bientôt incontournable Jean Marais en Edmond Dantès. Le noir et blanc de la première version laisse la place à la couleur pour une reconstitution soignée mais sans doute un peu convenue et sans âme qui ne va pas être magnifiée par les choix scénaristiques de Robert Venray ni rachetée par la prestation corsetée et trop sage de Jean Marais qui n’était pas encore le spécialiste reconnu qu’il sera durant les années 1960 du film d’aventures. Les connaisseurs avisés du roman trouveront forcément que la substantifique moelle de l’intrigue a été massacrée à coups de serpe par la plume sans nuance de Robert Vernay. Certes un roman de près de 1400 pages en édition poche oblige à certaines coupes qu’il convient d’effectuer avec discernement en respectant l’esprit de l’œuvre originale. Sacrifier le baron Danglars (le sacrilège avait déjà été commis dans la version de 1943), un des trois auteurs du complot qui conduisit le jeune Dantès pour quinze ans dans les geôles du Château d’If est d’évidence une hérésie qui ne semble pas le moins du monde avoir sauté aux yeux de Robert Vernay qui a récidivé dans l’erreur. Idem pour l’absence totale de la descendance des trois cibles de Dantès qui constitue les marches de l’escalier que le Comte de Monte-Cristo va patiemment gravir pour assouvir sa vengeance machiavélique devenue aveugle. Vouloir placer Jean Marais au centre de quasiment toutes les scènes n’était sans doute pas le meilleur service à lui rendre, l’acteur très (trop ?) consciencieux et scolaire laissant vite apparaître les lacunes de son jeu. La suite a montré que Jean Marais n’était jamais aussi convaincant que lorsque l’intrigue le mettait en mouvement. Ce n’est malheureusement pas le cas ici où il semble écrasé par un rôle trop lourd à porter malgré une application louable et touchante. Jean Marais était réputé être un homme bon et son regard ne dit pas autre chose. Il n’avait donc pas à ce stade de sa carrière la capacité à retranscrire la hargne, l’arrogance et même la suffisance qui exhalent d’un Comte de Monte-Cristo que le roman ne montre pas forcément très sympathique semblant jouir exagérément de sa soif de vengeance qu’il attribue un peu trop facilement à un ordre lui ayant été donné par Dieu. Un film certes sympathique notamment grâce aux prestations des Jacques Castelot (cauteleux à souhait dans le rôle de Villefort), Daniel Ivernel (comme toujours dans le ton même si ici l’emphase méridionale le guette), Roger Pigaut (hâbleur juste comme il faut) et autres Noël Roquevert (impayable dans le rôle de Noirtier lui aussi sacrifié) mais qui a l’impardonnable défaut de trahir peut-être par manque d’ambition l’œuvre qu’il prétend défendre.
L'une des nombreuses adaptations du célèbre roman d'Alexandre Dumas. Qui a toutefois l'avantage de contenir tellement de personnages qu'il est facile pour un réalisateur d'adapter l'intrigue à sa sauce. En l'occurrence, choix étonnant, le baron Danglars ne figure pas parmi les complotistes qui envoient injustement Edmond Dantès en prison ! Et même Fernand Mondego apparait relativement en retrait. On se penchera surtout sur Caderousse, le vil renégat (Daniel Invernel), et sur le procureur Villefort, l'opportuniste sans scrupule (Jacques Castelot). Evidemment, c'est Jean Marais la vedette. Incarnant Edmond Dantès, le naïf endurci par 18 ans de prison, qui prépare sa vengeance, aidé d'une fortune considérable. Celui-ci est affublé de costumes assez somptueux, et d'ailleurs question décors (intérieurs et extérieurs), Robert Vernay est généreusement doté. Il va même jusqu'à fait intervenir Napoléon Bonaparte et Louis XVIII dans sa reconstitution ! L'intrigue de vengeance s'avère riche et bien filmée, tout en étant portée par la classe de Jean Marais. En revanche, je reprocherai quelques étrangetés dans le récit. Par exemple, des révélations ou situations qui vont parfois très vite, quand d'autres scènes semblent se traîner. Ou un Dantès qui met un peu de temps à être vraiment perspicace. Il y a aussi le fait que Dantès ne soit reconnu par personne alors que son visage n'a pas changé. Il sort même fringant et musclé de son emprisonnement de deux décennies ! Mais enfin, pas de quoi gâcher le plaisir. "Le Comte de Monte-Cristo" cuvée 1954 est un film français ambitieux et tout à fait divertissant.
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4,0
Publiée le 15 décembre 2025
Un avant goût tout à fait mèmorable nous avait ètè offert en 1942 par le même rèalisateur Pierre Vernay dans ce qui reste aujourd'hui encore la plus belle et la plus satisfaisante adaptation de Alexandre Dumas avec Pierre Richard-Willm dans le rôle titre! Cette version en couleurs naturelles (et restaurèe pour notre plus grand bonheur en 2K) n'en reste pas moins passionnante à suivre malgrè ses 71 ans au compteur! On ne s'en plaindra pas puisque Jean Marais incarne un Monte Cristo inoubliable tandis que Roger Pigaut, Jacques Castelot et Daniel Ivernel sont parfaitement utilisès, composant d'implacables crapules! Fidèle à l'oeuvre originale, "Le comte de Monte-Cristo" (1954) est à sa manière un classique du cinèma français en même temps qu'un incontournable! Prèsentè en deux parties au Cinèma de minuit...
Sidonis Calysta ressort en dvd, l’adaptation en 1953 du roman d’Alexandre Dumas. On en recense une dizaine aujourd’hui, sans compter celles qui s’en inspirent. Vieille de plus de soixante-dix ans, celle-ci marque bien son époque. Le classicisme de la mise en scène repose sur le souffle épique et romanesque de l’œuvre, à laquelle elle est très fidèle. Jean Marais dans le double personnage Dantès-Comte de Monte-Cristo est flambant comme un jeune premier, auprès de Noël Roquevert et … Jean-Pierre Mocky : Albert de Mortcerf, le fils de Mme de Mortcerf, la Mercedes Herera d’autrefois que Dantès s’apprêtait à épouser. C’est là tout le drame écrit par Alexandre Dumas autour d’une dénonciation, suivie d’une trahison qui conduira le héros en prison d’où il s’échappera avec le secret confié par un vieux prisonnier. Et qui fera la fortune de Dantès. Que cette version resitue dans un cadre scénographique filmé sur le souffle épique et romanesque de l’œuvre, à laquelle elle est très fidèle Pour en savoir plus :
Onze ans après sa version en noir et blanc avec Pierre Richard-Wilm, Robert Vernay met de nouveau en scène, en deux époques, le Comte de Monte-Cristo. Avec ses couleurs clinquantes et son Jean Marais, le film n'en est pas moins conforme aux canons du cinéma romanesque de l'époque : impersonnel et conventionnel, avec ses personnages univoques et simplistes. Ainsi les trois méchants auxquels Dantès doit sa déchéance, très fadasses. Je n'ai pas lu Dumas. Donc je n'ai pas vraiment d'avis à propos de l'adaptation du roman (fidèle ou pas ?). Mais l'histoire d'Edmond Dantès me parait maladroitement proportionnée, sa détention au château d'If réduite à peu de choses et sa vengeance tarabiscotée, à force d'accumuler les incidents hasardeux et favorables. Et dans cette dernière partie en particulier, la froide détermination affichée par Jean Marais confine à l'inexpression. L'acteur n'est vraiment pas habité par le rôle. A cause de quoi, ni le sentiment d'injustice, ni celui du ressentiment vindicatif ne sont perceptibles. Faut-il s'en étonner ? La scène -emblématique de la médiocrité de la mise en scène et de la direction d'acteurs- dspoiler: es retrouvailles, vingt ans après, entre Dantès et sa fiancée perdue, est dépourvue de toute émotion. Pourtant ça doit secouer de revoir son amoureux qu'on croyait mort. Non, c'est encéphalogramme plat, faute de la moindre sincérité ou sensibilité. Je ne me suis pas fait non plus à cette ellipse de vingt ans -de réclusion- qui conserve paresseusement les personnages dans le même état physique et mental. Pas une ride, et ce temps passé qui ne pèse rien fausse forcément la relation entre les personnages. Par conséquent, le premier épisode du film passe mieux que le second. La revanche de Dantès est indifférente, même pas réjouissante.
Cette version du Comte de Monte-Cristo se regarde assez facilement. Le film est en deux parties et la seconde partie est à mon avis légèrement en dessous de la première. Concernant la première partie, il faut saluer une bonne fluidité du scénario où tout s’enchaîne de manière claire et sans longueurs. Le seul point négatif de cette partie étant la barbe de pacotille d’Edmond Dantes. Dans la secone partie, on a parfois l’impression que les choses ont été accélérées pour coler à un format et en conséquent, certains personnages sont introduits un peu vite et on ne comprend leur intérêt que lorsque leur véritable rôle est dévoilé. Les gros plus de ce film sont sur la reconstitution historique qui est impeccable, et globalement une bonne histoire (d'où les nombreuses adaptations).
Adaptation assez fidèle au roman. Jean Marais toujours aussi excellent dans ce type de rôle. La seconde partie "la vengeance"est un peu trop courte à mon goût, mais bon très difficile de faire tenir ce roman en 3h00 de film.
Un peu trop longue et blablateuse cette adaptation. Il lui reste tout de même le lyrisme de Dumas et offre, par son scénario, de beaux moments porté par d'excellentes interprétations (Jean Marais en premier lieu évidemment). Mais sur 3hon trouve quand même le temps long et les dialogues répétés, couplés à une mise en scène assez statique et très classique, m'ont fait sortir du film. Le résultat est mitigé pour moi.
Une superbe adaptation du roman de Alexandre Dumas, comme on savait les faire dans les années 50, une mise en scène classique mais grandiose , des décors naturels ou de studio , au top, des costumes et des décors super soignés. Et puis Jean Marais vraiment très bon, polymorphe, aussi beau et élégant en Comte de Monté Christo ,noble riche et fastueux dans la 2eme partie , qu’en miséreux néo-Christique, prisonnier à la longue barbe, dans la 1ere partie . Il tient complétement le film sur ses épaules. Un excellent montage, un bonne récriture du scénario donne une dynamique certaine et fait que le film n’a pas vieillit.
Première réflexion, quand on veut se venger de quelqu'un pourquoi faire si compliqué ! Vous me direz Marais aurait employé des moyens plus expéditif ce n'aurait pas été le même film et puis tout cet imbroglio est de la plume d'Alexandre Dumas, mais une adaptation a le droit de se libérer des carcans du roman d'origine surtout quand on sait que celui-ci était publié en feuilleton qui impose une contrainte d'écriture. N'empêche qu'on se demande qui sont tous ses gens et qu'on est parfois largué même si à la fin on retombe sur nos pieds. Et puis il y de ces facilités de scénarios grosse comme des maisons… (mais on est au cinéma). On remarquera le soin dans ce film apporté au détails afin de faire reconstitution d'époque (les décors, les costumes) mais alors pourquoi diable a-t-on laissé le maquilleurs composer ces barbiches ridicules ? Coté distribution, rien à dire, tous les acteurs sont bien dirigés, Marais n'ayant aucun mal à dominer. En ce qui concerne la réalisation elle est plus que correcte, Vernay n'ayant rien d'un manchot (il n'est pour s'en persuader de voir "Ils sont dans les vignes", un délire réalisé en 1952)
Jean Marais est bien joli mais le film a beaucoup vieilli même s'il a été recolorisé. L'interprétation est trop théâtrale, on a peu ses émotions après 18 ans de prison ! Tout s'enchaîne, les vengeances de façon froide, on y croit peu ! 2,9/5
Je n'ai pas lu le roman d'Alexandre Dumas, ni vu les autres adaptations sur "Le comte de Monte-Cristo ", c'est une découverte, mais j'ai adoré la version réalisé par Robert Verney datant de 1954 ! Edmond Dantes se fait emprisonné le jour de ses fiançailles, sur des lettres falsifiés a le condamner, par un haut magistrat dans un fort de prison au milieu de la mer. Grâce à un voisin d'un autre cachot sur la fin de vie, ce dernier lui avoue avoir beaucoup d'argents et se fait passer pour Dantes sur l'acte de décès. Dantes prend le costume du "Comté de Monte-Cristo" pour préparer un coup qui sonne l'heure de vengeance 23 ans après. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, très bonne adaptation du roman d'Alexandre Dumas qui donne envie de lire, c'est très bien mis en scène et ne vieillit pas au visionnage d'aujourd'hui. La grande réussite de ce long métrage vient de l'interprétation habitée et intelligente de Jean Marais qui s'éclate dans un rôle en or. Les comédiens qui l'entourent sont très bons aussi. Je le recommande
J'ai beaucoup aimé ce film et qu'il ait vieilli renforce l'aspect tragique de cette histoire. Cette mise en scène, type ancien livre d'images, convient parfaitement à rendre la nostalgie que ressent le héros de retour au pays sans y avoir passé sa jeunesse. De sa vie brisée il n'a, pour consolation et pour but, que, froidement, punir les misérables qui l'ont sacrifé. Cette détermination et cette froideur sont parfaitement incarnées par Jean Marais entouré de Lia Amanda parfaite en victime triste et résignée, de Daniel Ivernel( Caderousse) qui est l'image même de la crapule débonnaire, de Folco Lulli, le"copain" idéal en de telles circonstances, de Jacques Castelot, l'hypocrisie raffinée et élégante, et d'autres. Les dernières images, avec cette mélancolie qui imprègne tout le film, montrent bien que la vie a passé et qu'il reste malgré tout, un petit moment pour en profiter.