Un visiteur
5 - Chef d'oeuvre
Ingmar Bergman signe ici l'un de ses films les plus ouvertement nostalgiques. Durant le voyage qui le conduit à une cérémonie couronnant sa carrière de scientifique, Isak Borg se remémore certains passages de sa vie, le plus souvent douloureux, et rencontre diverses personnes qui l'amèneront à réfléchir sur son existence et finalement à se réconcilier avec lui-même. Dans «Les Fraises Sauvages», la première chose qui nous marque est l'interprétation bouleversante d'humanité de Victor Sjöstrom. Tour à tour enjoué ou pathétique, drôle ou pensif, il remplit tout le film de son charisme vieillissant. Bien sûr les autres acteurs, des habitués de Bergman, sont loin d'être en reste. Mais la figure du professeur est particulièrement intéressante, dans sa façon de se remémorer des instants de sa vie, de réagir face aux autres, sa famille comme de parfaits inconnus, d'ouvrir les yeux sur sa condition et de vouloir enfin changer... «Les Fraises Sauvages» est une fois de plus l'occasion pour Ingmar Bergman de réfléchir sur ses inquiétudes face à la mort, la famille et ses responsabilités, la jeunesse, la mémoire, la solitude... Ainsi il utilise à la fois l'introspection et le rêve, le subconscient donc, pour analyser les échecs et les réussites de son héros. Cet anti-héros presque, que tout le monde juge froid et distant, alors qu'il nous apparaît de plus en plus affectueux et bienveillant, transformé par ce voyage "initiatique", lui qui arrive pourtant au terme de son existence. Un long métrage chaleureux et tendre, parfait point de départ pour découvrir l'oeuvre du suédois. Encore un Bergman à ne pas manquer! [4/4]
Ajoutée le 25 juil. 2009 à 23h22
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