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Un film important à plus d'un titre : premier film parlant du cinéma britannique, il est également celui qui permettra à Sir Alfred d'acquérir une notoriété qu'il saura préserver jusqu'à la fin de sa carrière. Car c'est justement avec l'utilisation du son qui n'en est alors qu'à ses balbutiements, que tout le génie de Hitchcock va exploser comme une évidence. Alors que d'autres enregistrent la moindre ligne de dialogue comme un concours d'élocution, lui choisit de jouer avec la bande-son, la faisant intervenir comme un élément faisant partie intégrante de la narration, un élément à part entière du processus créatif. Utiliser des innovations techniques à la réalité immuable et parvenir à les faconner suffisament pour les faire rentrer dans le moule d'un univers - ici, Hitchcokien - préétabli : tel est l'art redoutable du maître du suspense. Cinéaste tout autant qu'il est chercheur, Hitchcock a été l'un des trés rare à être capable de plier l'image et le son à sa propre volonté, à l'inverse de grand nombre de ses collègues contemporains ou futurs, fidèles serviteurs et quasi-esclaves des contraintes imposées par leur art. Génie de la forme et permanence du fond : Ironie mordante et amoralité totale, blonde fatale venimeuse et mysoginie qui ne tente même pas de se dissimuler, art de l'elipse et du plan qui tue (à tous les sens du terme), où l'art de la suggestion écrase en intensité tout ce qui pourrait être montré. Tout Hitchcock est déjà là, inimitable et reconnaissable entre tous...
Ajoutée le 01 janv. 2012 à 16h10 Signaler un abus
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