Les Nuits de Cabiria
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cinono1

366 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 décembre 2020
Les Nuits de Cabiria est un film dont les pérépéties ont beaucoup vieilli, mais ou la sensibilité de Fréderico Fellini est intacte. Difficile de ne pas tiquer devant la candeur de Cabiria, qui ne fait pourtant pas un métier des plus simple...En fait, le film est plus perspicace quand il dresse le portrait des hommes que Cabiria rencontre, indécis, toujours à l'endroit ou ils ne voudraient pas être, bonimenteurs. La mise en scène de Fellini est superbe et la photographie l'est tout autant, s'attardant sur les visages d'une vie difficile, mais ou la beauté peut percer à l'image des yeux de Giuletta Maseni, ouverts et pétillants, les même que ceux qu'elle avait dans la Strada, et que son mari de cinéaste avait si bien filmé. Beau plan final, ou malgré les injustices, les coups bas, les espoirs envolés, le spectacle continue.
Hotinhere

791 abonnés 5 474 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 juin 2020
Portrait d'une prostituée pleine de vie mais candide. Une œuvre tendre et touchante portée par la mise en scène brillante de Fellini, l'interprétation de sa femme, l'attachante et géniale Giulietta Massina et la sublime BO de Nino Rota. Oscar du meilleur film étranger.
Elg
Elg

21 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 mai 2020
Un des défis du jeu d’acteur est d’être capable reproduire le processus de vérité qui nous anime dans la vie. Lorsque l’on assiste à une performance comme celle que nous offre Giuletta Masina, on est ébloui : Incarnée jusque dans le bout des ongles, l’émotion juste, nuancée, touchante et drôle… tout simplement renversante! Et puis quel personnage! Une fille de caractère, que dis-je, un bulldozer avec une âme qui peut devenir à fleur de peau. Un petit bout de femme débrouillarde et fière qui se retrouve toutefois en position de vulnérabilité en s’adonnant à la prostitution. À deux reprises, des hommes ayant réussi à faire battre son cœur, l’abandonnent après lui avoir subtiliser son sac à main contenant le fruit de son labeur. À chaque fois elle se relève de l’humiliation avec la force de continuer et l’espoir que les choses vont changer. Une leçon de résilience… à la sauce fellinienne. Une succession de tableaux où s’entremêlent jupons et soutanes. Bien que Les nuits de Cabiria ne soient pas aussi épicées que celles de La Dolce vita, elles évoquent tout de même les méandres dans lesquelles peuvent nous mener la débauche et toute la supercherie associée au clergé. L’œuvre à l’écran de Fellini s’apparente à celle d’un grand peintre. On observe à l’image et dans le propos une cohérence à travers l’ensemble de sa filmographie. Le grotesque, la dérision, l’outrance, la perversité sont en quelque sorte les couleurs qui définissent sa palette de réalisateur. On les retrouve en demi-teinte à travers Les nuits de Cabiria. Avec un immense bonheur!
William Dardeau
William Dardeau

36 abonnés 176 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mars 2020
Avec le recul, il apparaît clairement que Les nuits de Cabiria est un film de transition dans la filmographie de Fellini. Le film s'inscrit certes dans la veine du néoréalisme, mais il s'échappe du cadre à de multiples reprises: la courte procession, les fidèles à l'Eglise, l'extraordinaire scène dans l'appartement de l'acteur (tournée comme dans un giallo). Les premiers spectateurs des Nuits de Cabiria se sont certainement rendu compte qu'il se passait quelque chose d'important dans le cinéma de Fellini, et en fait dans le cinéma tout court: l'éclosion d'un génie. Et l'exceptionnel La dolce vita allait suivre. Mais il ne faut surtout pas mésestimer Les nuits de Cabiria que l'on peut considérer comme une oeuvre préparatoire, une sorte d'esquisse achevée. Amarcord est déjà dans Les nuits de Cabiria, et maintes scènes (en particulier celles citées plus haut) doivent être considérées comme fondatrices de l'oeuvre fellinienne. Il faut voir et revoir ce film poignant, qui clôt sans doute le courant néoréaliste. (André Bazin: Cabiria voyage au bout du néoréalisme).
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 décembre 2019
Je suis encore néophyte chez Fellini, donc si cela ne vaut pas grand chose de mettre Cabiria sur mon top 1 temporaire, le film confirme que je suis un nouvel adepte de son génie.

Ses réussites techniques n’avaient pas encore réussi à m’embarquer totalement ; c’est maintenant chose faite avec une énième apparition de Giulietta Masina dans le rôle-titre où elle donne une performance absolument hors-normes. Cela l’aidait sûrement que son mari fût aux manettes, mais c’est elle qui sait garder sa force de caractère tout en incarnant une prostituée bien conforme au puritanisme pas seulement cinématographique d’époque ; elle gère seule le compromis entre la crasse franche & la délicatesse de la suggestion.

Même aujourd’hui, cette censure conventionnelle n’entame en rien la richesse des humeurs de l’actrice & son milliard d’expressions à tout moment mises en valeur par un éclairage parfait. Fellini avait de moins en moins besoin de se rassurer : son génie était en train de s’asseoir & De Laurentiis était déjà là. François Périer, l’acteur français qui assure un financement en coproduction, aurait pu figurer seulement pour la forme s’il n’apportait pas grandement au défilé de tableaux continus qui font avancer l’histoire autour de ses protagonistes.

C’est la métaphore que, comme à chaque fois, Fellini m’inspire pour son film entier : l’impression qu’il a écrit l’ambiance comme une transposition du principe originel du cinéma, la simulation du mouvement image par image. Chez lui, les images sont des sensations – juste un peu froides par moments – défilant si vite qu’on oublie de faire attention aux dialogues & aux émotions changeantes.

Il y a des sentiments dans Les nuits de Cabiria, mais ni qualités ni défauts chez qui il préfigure : seulement des vies qui se croisent, peut-être de façon trop ordonnée (les tableaux s’imbriquent avec une joliesse de trop), mais avec tellement de mouvement & d’évolutions simultanées que le film devient naturellement immense.

Une heure cinquante ? J’ai eu l’impression qu’il faisait une demi-heure de plus, qu’il s’agissait de deux heures & demi de hauts & de bas aux encorbellements loquaces se jetant dans une fin très fellinique (on la sent venir de loin & monter longtemps) d’une magie difficilement égalable. Sauf s’il a fait encore mieux après, ce que j’attends de voir avec impatience.

→ https://septiemeartetdemi.com/
Jiminou76
Jiminou76

10 abonnés 129 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 août 2019
La très touchante histoire d'une femme cherchant l'amour au milieu d'Italiens perdus, arnaqueurs, misogynes... L'actrice, parfaite, est l'excuse pour Fellini d'explorer Rome dans ces quartiers pauvres où la prostitution accentue les guerres d'ego, la religion prouve le désespoir d'un peuple, l'argent l'absence de bonheur simple et comme souvent l'absence de justice dans un monde profondément vicié. Les thèmes classiques de Fellini mais dans un film simple dans son traitement, loin du génie / folie de ces œuvres les plus célèbres. Un film parfaitement juste, touchant, mais finalement moins marquant par tant de retenue, malgré la dureté de son propos et le brio de l'ensemble.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2018
Il y a eu l'inoubliable Gelsomina dans "La Strada", il y eut également l'émouvante Cabiria quelques années après. Difficile en effet d'imaginer le long-métrage sans Giulietta Masina qui remporta le prix d'interprétation féminine au festival de Cannes. Toujours sous la houlette de son fidèle maître, l'actrice signe une prestation bouleversante, enchaînant les expressions avec une facilité déconcertante, collant parfaitement avec le projet de Fellini. Le grand cinéaste signe une chronique douce amère, tour à tour drôle, déchirante, non sans y ajouter une chère touche de surréalisme. Avec "Mamma Roma" de Pasolini (qui travaille d'ailleurs sur ce film), un des plus grands films italiens sur la prostitution. Un film également sur la persévérance, le courage, à travers son héroïne, passée par toutes les injustices mais toujours debout.
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2017
C'est en 1957 que Federico Fellini co-écrit et met en scène Le Notti di Cabiria, relatant les déboires d'une prostituée un peu simplette et pleine de vie qui croit régulièrement au grand amour avant de connaître certaines désillusions...

C'est à travers son épouse, la remarquable Giulietta Masina, qui recevra diverses et méritées récompenses pour ce rôle, que Fellini fait vivre cette prostituée et ses déboires amoureux, rappelant le personnage qu'elle incarnait déjà à merveille dans La Strada. En plus de proposer un saisissant portrait humain, Fellini met en avant avec brio les failles de cette femme et surtout l'horreur et la cupidité dont l'homme est capable, ainsi qu'un éternel espoir envers la nature humaine via les yeux de cette jeune femme.

J'avais été marqué par des qualités similaires dans La Strada, mais Fellini démontre à nouveau tout son génie et surtout savoir-faire, notamment via l'émerveillement proposé, ainsi que la richesse et tendresse dont font preuve son oeuvre. La force de Fellini, c'est de refuser de tomber dans le misérabilisme mais de proposer un portrait juste, intelligent et surtout émotionnellement fort et ce, malgré la noirceur du scénario qui voit cette fille chercher à sortir de son infortune, espérant trouver l'homme qui la libéra de sa misérable condition et existence. L'émotion et la richesse savent aussi passer par les regards ou visages des personnages, Fellini captant avec les brios les tourments de son protagoniste.

Le futur metteur en scène du remarquable La Dolce Vita n'hésite pas à injecter dans son récit quelques doses d'humour et d'espoir, tandis qu'il le mène avec grand brio, sachant gérer les rebondissements et créer une atmosphère puissante, prenante et poétique, avec des touches de désespoir et de mélancolie. Il se montre lucide sans porter de jugement, tandis qu'il fait preuve d'une vraie fluidité dans la narration et le montage. Il fait preuve d'un véritable talent pour diriger ses comédiens, son épouse est vraiment extraordinaire, et d'une justesse rare et la photographie en noir et blanc remarquable.

Federico Fellini propose avec Les Nuits de Cabiria une oeuvre remarquable, prenante, poétique et d'une intelligence et justesse rare, où il dresse le portrait d'une prostituée cherchant à ce qu'on la sorte de sa misérable condition, dirigeant avec grand talent son épouse Giulietta Masina.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 24 janvier 2016
Mon premier Fellini et je suis déçu. Je n'ai pas détesté, il y a de belles scènes (celle au bord de l'eau ou celle de l'hypnose par exemple), une belle mise en scène et une très belle interprétation de Giulietta Masina... Mais j'ai trouvé que c'était très inégalement rythmé, je n'ai guère été passionné, surtout que j'ai eu plusieurs fois du mal à voir où Fellini voulait en venir.
J'espère que les prochains Fellini seront meilleurs que ce film, qui n'est clairement pas mauvais, mais que j'aurai vite oublié.
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2015
On est tous amoureux de Cabiria, ce petit morceau de femme qui ressemble à un volatile, stressée, sans attache, morte dans l’âme, mais qui résiste à l’appel de la pauvreté, qui n’ose pas se remémorer, ni avouer, qu’elle habite dans les quartiers les plus pauvres de Rome.

Frederico Fellini, qui réalise ce film trois ans avant la sortie de « La Dolce Vita », fait ici de l’art avec la pauvreté. Il filme le monde, atroce, dans ce comte purement italien, atteint d’une poésie aigue et d’une grande humanité. Cabiria, elle est entièrement pitoyable, allant jusqu’à insulter ceux qui lui on in extremis sauvé la vie. Et pourtant, on se rapproche, et on découvre l’une des héroïnes les plus attachantes de l’histoire du cinéma. Elle regarde de l’avant, inspire une vie meilleure, mais elle est malchanceuse. Elle se laisse entrainer avec une star de cinéma dont elle ne tirera rien, les gens qu’elle croise l’humilient, la laisse sur le bord de la route, mais elle ne perd jamais une quelconque confiance en elle. Ce qui est choquant, c’est qu’elle semble avoir l’habitude de se faire traiter ainsi, comme une ordure…Et pourtant Fellini sublime son héroïne d’une manière quasiment extraordinaire, on la frôle, on la touche, son sourire est sublime, la peau tactile et sa gestuelle veloutée, des arguments maitrisés par la majestueuse Giulietta Masina qui n’a pas volé son prix de la meilleure interprétation Féminine au Festival de Cannes, le même festival ou son époux Frederico Fellini sera primé de la Palme d’Or pour « La Dolce Vita ».

« Les Nuits de Cabiria », c’est également le souci et la conscience du détail, une cruauté presque ironique, celle des hommes, celle de Dieu, un rythme inégal dans un scénario merveilleux, qui s’appuie sur une thématique conventionnelle, qui referme pourtant des séquences inoubliables.

« Les Nuits de Cabiria » est un film qui sourit de son malheur, qui referme la lumière, pour que cette dernière soit valorisée lorsqu’elle éclate. Une œuvre inoubliable, forte, magnifique, à la limite proche de l’univers de Chaplin. Confirmant au passage mon amour pour le cinéma Italien.
Marc  Régis
Marc Régis

52 abonnés 244 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2013
Pas une ride. Magnifique film. Une des rares histoires simple de Fellini. Rome et les Romains comme ils n'existent plus. Drôle et bouleversant.
Noahdu77
Noahdu77

6 abonnés 50 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 juillet 2013
"Les nuits de Cabiria", c'est juste un chef-d’œuvre et je pèse mes mots. Un film tellement puissant ( la scène de la falaise ), qu'il faudrait inventer de nouveaux mots, pour le décrire.
L histoire dramatique de Cabiria, une prostituer depuis l'âge de huit, cherche le prince charmant. l'homme qui la sortiras de cette vie minable...
Fellini, nous prouve encore une fois, après "La strada", que c'est un génie.
GRANDIOSE !!!
Plume231

4 407 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 janvier 2013
Moins bien équilibré, moins prenant que d'autres oeuvres felliniennes de la même période comme "La Strada", "Les Vitteloni" ou encore bien sûr le légendaire "La Dolce Vita", "Les Nuits de Cabiria" est moins un film de Federico Fellini, bien qu'on reconnaît sa patte, qu'un film avec son épouse, la rayonnante et lunaire Giulietta Masina. Elle incarne à la perfection cette pute au grand coeur battante mais malchanceuse et incroyablement naïve. D'ailleurs le décalage entre cette naïveté et la lucidité du spectateur rend les sorts successifs de la protagoniste attendus et donc d'autant plus intenses. Un film difficile à voir quand on a beaucoup d'empathie mais dont la vision est justifiée par le talent de son actrice principal.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 octobre 2012
Sacrilège : j’ai dû voir ce film en français. Giulietta Masina avait un accent à couper au couteau. Et pourtant j’ai été scotchée jusqu’à la dernière scène. Magnifique moment où Cabiria se rend compte qu’elle a tout perdu. Sa maison, son argent, ses rêves. Elle n’a plus rien. Sauf son sourire.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2017
Les qualités d'écriture de Federico Fellini n'étaient déjà plus à prouver quand il réalisa «Les Nuits De Cabiria», il n'empêche qu'une fois de plus on ne peut qu'être émerveillé devant la profondeur et la tendresse émanant de son film. Comme d'habitude avec le maestro la mise en scène est exemplaire et la photographie magnifique, mais ce que l'on retient par dessus tout c'est l'extraordinaire interprétation de Giulietta Masina, sa femme. Elle joue ici un personnage haut en couleur : la prostituée au grand coeur Cabiria. Fatiguée de ses amourettes infructueuses, elle espère un jour tomber sur l'homme de sa vie, un prince charmant qui l'aimerait pour ce qu'elle est et qui la sortirait de sa misérable condition. Le scénario est donc des plus noirs, mais ce qui fait la particularité d'un Fellini c'est qu'il se refuse à verser dans le misérabilisme. Bien au contraire, le personnage de Cabiria est exemplaire de courage et de ténacité, même si parfois elle vacille elle se relève toujours de plus belle pour affronter la vie dans la plus grande des bonnes humeurs. Et c'est ainsi que s'enchaînent les péripéties pour la jeune femme, qui malgré les nombreuses difficulté qu'elle aura à affronter s'en sortira toujours la tête haute. Il ne faut pas s'attendre non plus à un récit gorgé de mièvrerie, chez Fellini l'acuité et la férocité du trait n'ont d'égal que la dureté de la vie de l'héroïne. Néanmoins il parvient à exprimer un optimisme salutaire et nous offre ainsi là un des films les plus émouvants de sa carrière. Une vraie merveille à voir sans hésiter! [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
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