L'impression d'être comme un voyeur dans cette famille où l'on s'ennuie quand même profondément et ce n'est pas les réunions électorales ou autres rencontres pendant lesquelles certains mots sont plus hauts que d'autres que les péripéties vont tromper notre torpeur. J'ai parfois l'impression d'être dans un manoir d'Agatha Christie où il n'y a pas d'enquête policière !!!!
Un film qui se regarde, mais où l'on arrive jamais à s'attacher aux personnages. L'histoire n'est pas des plus passionnantes et même si l'on ne s'ennuie pas vraiment, le film tourne à vide.
Ce n'est pas le meilleur des Chabrol qui signait avec ce film sa cinquantième réalisation, pas le plus mauvais non plus mais on se laisse emporter sans passion par l'histoire de cette famille bourgeoise, dont les origines et les histoires ne sont pas toujours reluisantes, et dans laquelle l'hypocrisie est souvent de mise. Un récit qui bénéficie d'un casting exceptionnel dont (entre autres) la merveilleuse Suzanne Flon, si radieuse et naturelle, et la jeune et superbe Mélanie Doutey au regard tellement hypnotique. Les rouages de cet imbroglio familial tournent à merveille avec l'objectif de sauver les apparences, et ne pas entraver l'élection d'une de ses membres. Un bon moment à passer même s'il n'est pas inoubliable. On se serait volontiers passé de l'horrible musique, fût-elle signée Matthieu Chabrol, censée illustrer ce récit mais qui ne fait qu'agacer. Ce film est en lui-même celui d'une histoire de famille bourgeoise (celle de Chabrol) puisque cinq de ses membres y ont collaboré. willycopresto
Cette œuvre ouvre la cinquième et dernière décennie de longs-métrages Chabroliens qu’on pourrait résumer en une phrase: « casting choc pour film moyennement convainquant ». Cette nouvelle réflexion sur la culpabilité et les non-dits est un peu gâchée par une intrigue cousue de fil blanc. On s’en consolera aisément grâce à la réalisation rigoureuse et à la magnifique distribution du film. Mention spéciale à la regrettée Suzanne Flon et à la pétillante Melany Doutey.
L’un des derniers grands films de Chabrol qui dépeint encore et toujours la bourgeoisie provinciale. A travers une campagne électorale, les secrets et le côté obscur de deux familles bourgeoises volent en éclat. Comme toujours, Chabrol sait mieux que quiconque créer une alchimie entre ses thèmes de prédilection et l’actualité en ajoutant cette fois ci un côté froid pour l’ensemble des personnages (excepté Suzanne Citron) qui nous sont d’emblée répulsifs. Cela permet davantage de souligner la critique de ce vieux monde qui se meurt en décalage flagrant avec la réalité.
On reconnaît l'emprunte de Chabrol : bourgeoisie de province, famille, demeure familiale, trahisons et suspicions. Toutefois l'œuvre est poussive voire soporifique. On cherche la trame, le suspens est absent et en définitive même à la fin on en cherche l'intérêt.
A la vue d’un casting aussi brillant et d’un titre renvoyant directement à l’œuvre de Baudelaire on pouvait espérer un mélodrame romantico-psychologique mais Chabrol a en fait signer une de ses petite histoire de famille aussi déprimante que mal alambiquée. La fleur du mal est un film qui saura avant tout plaire aux amateurs de longue date du réalisateur qui apprécieront d’y voir toutes ses gimmicks en matière de scénario (amours impossibles, secrets de famille…) et de mises en scène (musique lancinante, flashbacks…), mais quiconque est un tant soit peu récalcitrant à cette patte vieillissante sera d’autant plus incapable d'entrer dans le film que le rythme pâteux et l’absence assumée de suspense rendent la trame très peu prenante. Par-dessus le marché les acteurs ne semblent vraiment pas investis dans leurs rôles, accentuant la piètre qualité artistique de ce long-métrage assimilable à un banal téléfilm.
Je n'ai pas reconnu Chabrol dont j'apprécie généralement les films. Les acteurs sympathiques ne parviennent pas à sauver une histoire sans rythme. Le scénario obscur et manichéen ne réserve aucune surprise. Tout paraît factice. Même si les deux jeunes gens se bécotent longuement, leur passion n'est pas convaincante. L’atmosphère de la campagne électorale n'a rien de réaliste et les décors aseptisés font toc (le HLM nickel, le matelas de la maison de campagne tout neuf). Heureusement, le jeu de Suzanne Flon et Bernard Le Coq nous aide à digérer ce film qui n'est pas très digne d'un grand cinéaste.
Comme certains, je suis surpris de la note positive donnée par les pros. Je n'ai pas pu m'interesser aux personnages, sauf celui tenu par Le Coq. Les autres sonnent creu ou "mal" joué !? J'adorais Suzanne Flon, mais là, dans un rôle de "gentille" poussé à l'extrème, ne ma pas paru crédible. Je n'ai pas aimé la réalisation de Chabrol.
Une fois de plus Chabrol plonge son petit nez chafouin dans les secrets intimes de notre bourgeoisie provinciale faite comme chacun le sait d’hypocrisie, de mensonges, de veuleries et de coups bas en tout genre. Dans ce village girondin en pleine période d’élections municipales tout semble se liguer contre Nathalie Baye, femme du plus gros pharmacien de la ville qui tente de succéder au maire en place. Les lourds secrets de sa famille ont été retracés en bloc sur un trac distribué par un mystérieux corbeau. Il faut dire que les deux familles qui ont uni leurs liens depuis plusieurs décennies ont quelques casseroles accrochées à leurs basques avec comme porte drapeau ce grand-père autrefois collaborateur qui aurait participé à la déportation d’enfants juifs et qui aurait été assassiné par sa propre fille (Suzanne Flon). Bernard Le Coq symbolise à lui seul le mélange devenu incestueux des deux familles : veul, hableur et coureur de jupons. Pour couronner-le tout le fils rentre des Etats-Unis pour concrétiser une union incestueuse avec sa cousine devenue par le jeu des remariages sa demi-sœur. Tout ça se terminera par l’élection de Nathalie Baye et la mort de Le Coq après avoir tenté de violer sa belle-fille. Rien que du beau monde ! Ce type de portrait est dans les habitudes de Chabrol mais cette fois-ci il corse la note encore plus que d’habitude. Le problème c’est que ces personnages sont globalement froids et manquent de l’humour qui faisait tout le délice de « Poulet au vinaigre » ou « L’inspecteur Lavardin » avec Poiret, Brialy ou Laffont. Son tableau de famille est pourtant plus vraisemblable car dans la vraie vie les gens ont rarement du recul et de l’humour sur leur comportement. Oui c’est vrai mais c’est aussi moins drôle !
Difficile de classer ce film, mais ce que je peux dire c'est que l'histoire est un peu "tirez par les cheveux". Relation ambiguë entre les personnages est intéressante (mais trop exagérées), la mise en scène correct et les dialogues avec un manque de charismes.
Emmené par un casting en grande forme (Nathalie Baye en tête) et un Claude Chabrol des plus inspirés derrière la caméra, « La Fleur du mal » nous plonge sans concessions dans le milieu de la bourgeoisie, où la mère de famille décide de se lancer dans la politique. Derrière le vernis apparaît ainsi peu à peu un monde cruel, diablement élégant et plus ou moins prêt à tout pour arriver à ses fins. Chabrol n'en fait néanmoins jamais trop, si bien que ce petit monde presque sans scrupules nous apparaît terriblement réalistes, et où les plus gentils et honnêtes sont loin d'être les grands gagnants... Une oeuvre très forte, aussi réussie sur le fond que sur la forme, à l'image d'un dénouement aussi saisissant que brutal, et tout simplement l'un des meilleurs films de son auteur.
Un Chabrol du début des années 2000, tranquille, un peu paresseux, aux allures de téléfilm. Mais un vrai Chabrol tout de même puisque toujours tourné vers la critique de la petite bourgeoisie de province, ici celle des élus et des pharmaciens… Film sur la culpabilité (grand thème chabrolien s’il en est) centré sur le personnage de la tante, superbement joué par la grande Suzanne Flon. Film enfin sur le passé et le souvenir, celui de l’enfance, de la jeunesse perdue et qu’on peut avoir l’impression de retrouver à la faveur d’une répétition tragique soixante ans plus tard. Au niveau de la distribution, Bernard Le Coq est égal à lui-même dans un rôle de salaud inattendu, Nathalie Baye est hiératique à souhait, Benoît Magimel correct en fils ingrat et Mélanie Doutey charmante en fille modèle… Il est dommage que toutes ces bonnes intentions soient gâchées par un scénario incroyablement lâche, particulièrement au niveau d’une fin cousue de fil blanc et expédiée à la va-vite. Trois étoiles tout de même pour l’atmosphère et la direction d’acteurs, deux domaines où Chabrol est maître depuis toujours.
Devenu drôlement libertaire, le père Chabrol. Avant on sentait une sorte de méchanceté, qui s'est bien émoussée, et contrairement à "Merci pour le chocolat", il n'y a pas cette magnifique photo et cette ambivalence sur plusieurs fronts qui donnait le côté malsain. Là, tout se passe en famille, et c'est moins spectaculaire, comme déjà écrit. Tout est un peu trop lisse. De plus, contrairement à la sublimation pianistique du précédent, ici on a du mal à imaginer l'intérêt intellectuel d'une campagne municipale. Ce film donne l'impression d'une commande ou d'un entre-deux, comme certains Woody. Bref, la note, c'est uniquement pour les jeux de caméra (à défaut de la photo), le jeux des acteurs (Flon en premier) qui arrivent à donner corps à quelque chose d'un peu ennuyeux, et pour la magie de l'ensemble qui fait penser à un souvenir de vacances à la mer. Par contre, à part pour porter hommage à Hitch' (et ses célèbres effets spéciaux à 1 Euro), il était inutile de nous faire le coup de la nuit américaine en plein midi, et encore moins de couper la pleine lune avec un carton, ça fait vraiment cheap !