En attendant de voir le film de Sokurov qui n'est pas un auteur que j'aime beaucoup jusqu'à présent et de lire l'oeuvre de Goethe, je me fais un petit film de rien du tout réalisé par l'anonyme FW Murnau.
Si le thème du film me passionne, si j'adore le cinéma de Murnau j'avais quand même quelques petites appréhension avant de voir ce film, la peur d'être déçu sans doute.
En tous cas la première scène m'a fait ravaler ma salive. Quelle virtuosité, quelle classe, quelle beauté. Une chose est sûre, on a là, sans doute une des plus belles lumières du cinéma muet. On a une photographie des plus admirables. On joue sur le clair obscure, on a ce Méphistophélès qui, géant, déclenche la peste. On a une composition du cadre juste admirable. C'est réellement beau et fascinant.
On sent qu'on aura quelque chose de magnifique à se mettre sous la dent. Et le film l'est vraiment, magnifique. On n'oserait plus faire ce genre de films aujourd'hui de peur de tomber dans l'excès, dans une copie de la peinture et on aurait raison, sauf que là dans ce film ça passe admirablement bien. J'irai peut-être même jusqu'à dire que visuellement il est plus beau que Nosferatu ou bien que City Girl.
Mais, car oui il faut bien qu'il y ait un mais, je n'ai pas été ému outre mesure par ce film. Là où j'ai trouvé justement City Girl déchirant. Bon après c'est pas le même genre, on est d'accord. Et je dirai qu'il y a un petit passage où le film pédale dans la semoule vers l'heure de film, ce qui m'a à ce moment sorti complètement du film, malgré sa beauté plastique indéniable.
Je dirai qu'à quelques petits moments ça manque d'âme. Et pourtant dieu lui-même sait qu'on a des moments de pure beauté.
Après ça reste du grand cinéma et Murnau et son directeur photo restent des génies incomparables, mais je ne peux pas cacher une légère déception sur le milieu du film.
Waw, quelle puissance ! Murnau dans toute sa folie créatrice... Un film incroyable où chaque plan est une oeuvre photographique et où la musique, même sans être d"époque, envoûte profondément. Un grand chef-d'oeuvre !
Murnau offre un dernier chef d'oeuvre à l'expressionnisme allemand - qui s'essoufflait déjà - à travers une histoire de lutte du bien et du mal, et de combat intérieur. Comme souvent chez Murnau, la fin est lumineuse, la lumière vainc le monde des ténèbres (on peut évoquer la désintégration de Nosferatu, l'étonnante fin positive du Dernier des Hommes, et l'ultime retournement de situation de L'aurore, son film suivant). Ici, un mot terrasse l'emprise du mal : l'Amour. En adaptant Goethe, Murnau s'approprie de nouveau un mythe germanique et crée une oeuvre dans la lignée de Nosferatu ou bien des Nibelungen de Lang. C'est l'occasion d'offrir des effets spéciaux renversants, et une mise en scène symbolique, presque dans l'abstraction. Il faut voir Mephisto répandre la peste sur la ville, ou bien le voir embarquer Faust sur son tapis volant à la découverte des splendeurs qu'il lui réserve. Les scènes finales, à l'approche du dénouement (Marguerite sous la neige, le bûcher) nous rappellent l'aptitude de Murnau à nous émouvoir.
Film d'un beauté plastique à couper le souffle, Faust est très justement considérer comme un chef d'oeuvre absolu du 7ème art. La mise en scène de F.W. Murnau est prodigieuse, et cette histoire de ce personnage qui vend son âme au diable est vraiment très captivante. Voici un long métrage muet, tout simplement prodigieux, l'image de Carl Hoffmann est magnifique, les décors époustouflants et les costumes de Méphisto ( superbement jouer par Emil Jannings ) font froid dans le dos et aide a créer la peur chez ce personnage vraiment diabolique. Il s'agit sans aucun doute de l'un des plus beaux films de l'histoire du cinéma, car cette oeuvre magistrale même si elle date de 1926, n'a pas prit la moindre ride. 20/20
Commençons par le Mal, présent dans la thématique du film, bien qu'assez peu dans sa forme ; j'avoue avoir eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. Ceci n'étant bien sûr que le point de vue d'une néophyte du muet ; de plus, ce point de vue a rapidement évolué... FAUST est un film qui marque tant par sa puissance que par sa modernité. Une puissance visuelle absolument fascinante. C'est dans un tel moment de cinéma que l'on commence à se dire que...les cinéastes actuels n'ont que peu de mérite, quand, sans son, tant de choses peuvent si bien passer, de manière universelle. Par le génie de Murnau, FAUST finit par devenir un thriller que l'on suit avec attention et grande tension. Conclusion : si c'est pour le cinéma, comme Faust, je donne mon âme au Diable. Et quel Diable, ce Murnau !!!
Les quatre étoiles que j’accorde à ce film pourraient amplement se justifier ne serait-ce que par sa beauté remarquable. Mais il y a bien plus. Il y a Faust, ce mythe fascinant, traité ici de manière à la fois un peu magique et clairement esthétique, avec ses ombres et lumières entrecoupés de caractères gothiques qui ne disent que l’essentiel. Si bien que malgré quelques reproches mineurs aisément concédés (quelques longueurs, manque de profondeur des personnages, manichéisme un peu poussé), le film passe aussi vite qu’un rêve, et laisse dans nos mémoires quelques accords musicaux tourmentés, sur le fond noir et blanc d’une beauté irréelle et qui se fait malheureusement bien trop rare.
Au delà du temps. Cela s'appelle un mythe. Telle est l'histoire de Faust, mais aussi du génie de Murneau, de la beauté de l'expressionnisme allemand. Quand le cinéma rencontre l'Art, et même l'âme (sans la voler ni l'acheter!)
Le « Faust » de Murnau est probablement l’une des influences les plus importantes du cinéma d’horreur avec « Nosferatu » et « Caligari ». Une pure splendeur visuelle. L’arrivée du diable qui sème la maladie et la désolation sur une petite ville du moyen âge, est un grand moment de magie cinématographique qui n’a pas pris une ride, malgré des effets spéciaux rudimentaires proche de Meliès dans l’esprit. L’histoire d’amour entre Marguerite et Faust est peut être un peu trop naïve, d’autant plus qu’elle est sensé venir contrebalancer les maléfices de Satan, mais elle retrouve une force émouvante vers la toute fin, achevant le film sur une note poignante.
Blasphème me direz-vous de mettre trois étoiles à "Faust" ? C'est vrai que j'ai pas mal hésité mais bon il faut admettre que le moralisme est vraiment trop présent dans ce film notamment dans la dernière séquence ! Aussi il y a une certaine perte de rythme qui m'a un peu ennuyé. Après pour le reste, quelle maîtrise ! La première demi-heure est spectaculaire, le travelling où Méphisto se cache pour laisser entrer Faust et la belle italienne impressionnant, bref tant de scène émouvantes et réussies que l'on ne peut tout de même que s'incliner devant cette oeuvre ! Sachez qu'elle est d'ailleurs disponible sur googlevideo, bon c'est en ancien anglais mais c'est tout de même agréable d'avoir un film si difficile d'accès !
Je suis touché, complètement bouleversé par ce film. Sans que je sache comment, la magie de ce film opère et son message acquiert une force et une beauté indicibles. Cela faisait longtemps qu'un film ne m'avait pas tant bouleversé...
Le génie pictural, le sens symbolique du cinéma expressionniste allemand reste confondant quatre vingts ans après. « Faust » évoque la tentation nihiliste, la perversité du monde, la candeur salvatrice et restitue magnifiquement l’imaginaire de la chrétienté médiévale comme le romantisme goethéen. Murnau appartient au cercle des plus grands génies du cinéma. C’est une évidence, une banalité de l’énoncer.
Murnau revisite le mythe de Faust avec une utilisation brillante de la mise en scène, que ça soit au niveau des costumes, décors, maquillages et autres effets spéciaux remarquables pour l'époque. Cette lutte entre le Bien et le Mal est constamment symbolisée par les jeux de lumière qui oscillent entre le clair et l'obscur tel un tableau de Georges de la Tour. Malgré quelques longueurs, on ne peut que féliciter le travail d'un réalisateur qui a su utiliser l'art pictural à merveille. Et cette histoire est tellement universelle qu'elle ne peut laisser personne indifférent.
Un chef d'oeuvre que cet excellent film de Murnau, techniquement abouti, avec des effets spéciaux impressionnants pour l'époque, une esthétique très soignée, une symbolique très subtile et parfaitement utilisée. L'excellent Emil Jannings, méconnaissable dans le rôle de Mephistophélès, livre une interprétation démente et fantastique promise à rester dans toutes les mémoires. L'influence de l'expressionnisme se fait sentir dans les décors magnifiques et peaufinés jusque dans les moindres détails. Le film mêle très habilement humour, malaise, pour donner un ensemble à la fois inquiétant et loufoque qui se révèle très intrigant. un film aussi réussi que Nosferatu ou Le dernier des hommes.
"Faust", réalisé en 1925 par F.W. Murnau, intervient trois ans après le chef-d'oeuvre de ce dernier, j'ai nommé "Nosferatu". Comme tout le monde le sait, Murnau faisait partie de ce mouvement que l'on appelle l'expressionnisme et qui a trouvé son apogée au cinéma durant les années 20 de manière assez concentrée en Allemagne. Ici, on retrouve l'adaptation d'une vieille légende nationale assez célèbre et méritant un traitement en images dont s'est chargé le cinéaste, à mi-chemin entre le fantastique classique et l'ambiance gothico-religieuse. Les symboles sont ultra-présents tout le long et agrémentent un scénario déjà riche de quelques touches bienvenues, notamment dans l'approfondissement du caractère des personnages, tourmentés sans être complexes. Le cadre bénéficie d'un travail de précision facilement admirable, duquel on peut analyser chaque plan, chaque position de caméra afin d'en comprendre les conésquences sur le spectateur. L'éclairage est utilisé là encore de manière assez minutieuse dans une ambiance relativement sombre mais pas évidente à restituer dans la mesure où tout le film n'est qu'un combat constant entre le bien et le mal. Si la mise en scène s'avère brillante et que l'intrigue comporte de nombreux rebondissements passionnants, on pourra regretter une narration simpliste faisant perdre le ton crescendo qui aurait été bénéfique à l'oeuvre. Le rythme s'aplatit parfois, au profit de longueurs malvenues franchement pas soutenues par une interprétation assez grossière de certains acteurs (j'exclus Emil Jannings). La morale est somme toute assez lourde et ce n'est pas son côté mystique atypique qui me fera penser le contraire. Le propos perd ainsi une certaine force et la violence des événements ne nous cloue pas tel qu'on l'aurait souhaité. "Faust" est largement en-dessous de "Nosferatu" mais demeure un film à voir.
C'est l'un des chef-d'oeuvre du cinéma expressionniste allemand. L'atmosphère est lourde, dure, sombre... mais aussi irréelle. On croirait que le diable qui apparait à l'écran est un véritable démon et non un personnage campé par un acteur. Film remarquable !