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Arthur Debussy
189 abonnés
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4,0
Publiée le 19 mai 2012
Ah le surréalisme... Le terme est tellement galvaudé de nos jours, le concept tellement flou et tant d'oeuvres se réclament de ce mouvement qu'il est parfois synonyme de farce intellectuelle ou artistique, caution de biens des aberrations. Visionner «L'Age d'Or» permet de revenir au sources du surréalisme, et permet d'appréhender l'intérêt d'une telle conception de l'art : la subversion qu'elle peut apporter aux divers conformismes et autres convenances étriquées, l'affirmation du rêve sur la réalité, le retour à une certaine « vérité » de la pensée, bref la matérialisation d'une liberté artistique absolue, idéal suprême pour bien des esthètes. Le problème, c'est qu'à trop vouloir « choquer le bourgeois » ou à trop privilégier l'écriture automatique, les oeuvres surréalistes prennent le risque de se vider de toute substance, de ne rester qu'une suite d'images vides de sens et d'intérêts, que l'on parle de littérature ou de cinéma. Fort heureusement, Buñuel était suffisamment talentueux pour ne pas tomber dans le piège, il n'empêche, lorsqu'on regarde «Un Chien Andalou» ou «L'Age d'Or», on ne peut s'empêcher de se poser la question d'une possible fumisterie. Mais malgré l'amateurisme certain de ces deux oeuvres, leurs qualités sont indéniables, surtout que le second film de Buñuel s'avère plus maîtrisé que le premier à bien des égards. Il offre (malgré lui?) des pistes de réflexion d'un grand intérêt, des séquences magnifiques, comme des passages provocateurs inoubliables. La multiplicité des interprétations est toujours aussi bienvenue, bien que l'on s'interroge sur leur contradiction avec certains principes surréalistes : les associations d'idées sont elles voulues ou non? Sont-elles porteuse de sens? Là est la question. A la fois salutaire et mortifère pour l'Art (annonçant en un sens le funeste « post-modernisme »), fascinant et intriguant, le surréalisme trouve à l'évidence en «L'Age d'Or» l'un de ses meilleurs représentants! Incontournable. [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Quelle fascinant morceau d'histoire du cinéma que ce premier long-métrage de Luis Buñuel ! Peu de temps après son exceptionnel "Chien Andalou", le réalisateur surréaliste s'associe a Salvador Dali pour écrire "l'Âge d'Or", film assez court, a peine plus d'une heure, commençant curieusement par un documentaire sur les scorpions, passant par de nombreuses histoires farfelues et inattendues, pour finir sur une courte adaptation des 120 Journées de Sodome du Marquis de Sade... Un film donc des plus subversifs, complétement déjanté, rempli d'une originalité puissante, réalisé par une cinéaste de génie qui fait preuve la d'une imagination inimitable et montre son génie des ses débuts ! Un incontournable.
Le plus surréaliste des films surréalistes, inclassable, une des oeuvres les plus subversives et contreversées de tous les temps, "L'Âge d'or" est incroyablement jouissif. C'est barje, c'est bourré d'allégories anti-bourgeoises et anti-ecclésiastiques. Le visage complètement allumé de Gaston Modot, la vache sur le lit de la bourgeoise, cette dernière suçant l'orteil du pied d'une statut pour exprimer son besoin sexuel, le garde-chasse qui tue son fils parce qu'il est chiant devant l'indifférence amusée des bourgeois. Les bourgeois, les hautes-personnalités, sont pourris et quand on voit l'actualité on se dit que Buñuel était incroyablement lucide sur ces derniers. L'Eglise n'est pas mieux représentées avec cette étrange cérémonie des archevêques sur la plage qui finissent en squelettes et puis surtout l'image la plus scandaleuse du film pour la fin : Jésus présidant une orgie sadienne. Les films qui arrivent à faire mieux ressortir votre côté anarchiste, j'en vois pas beaucoup, et puis rien que par cette oeuvre Luis Buñuel peut concourir l'esprit tranquille au rang de cinéaste le plus subvertif de tous les temps.
L'Âge d'or, film remontant aux prémices du mouvement surréaliste, est une légende. On décortique, ou plutôt on essaye de décortiquer, des sens, des significations, des messages dans ce bric à brac de situations absurdes, burlesques. Mais le film n'est pas si décousu qu'il n'y parait, en effet le sens n'a pas besoin de la logique pour se faire comprendre. Le film est une analyse passionnée et passionnante de la situation sociale, culturel dans société des années 30. La passion est y peinte sous de nombreuse couture. C'est aussi un film extrêment corrosif, d'autant plus la scène finale est sûrement la plus grande baffe donné à l'Eglise Catholique dans l'histoire du cinéma.
16 173 abonnés
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4,0
Publiée le 23 octobre 2009
"L'âge d'or" est incontestablement l'oeuvre la plus importante que le mouvement surrèaliste orthodoxe ait donnèe au cinèma! Construit à la manière d'un rêve, ce film ètonnant, dont le scènario fut ègalement ècrit en collaboration par le peintre catalan Salvador Dali, suscita l'hostilitè de la droite rèactionnaire, qui en fit interdite la projection! Comme la plupart des membres du groupe surrèaliste, Luis Bunuel mit bientôt son art au service d'une conception rèvolutionnaire de l'histoire! "L'âge d'or" a produit quelques-unes des images les plus marquantes de l'histoire du cinèma: les èvêques momifiès, la vache sur le lit dans une èlègante villa bourgeoise, Lya Lys suçant l'orteil d'une statue, le Christ angèlique et ses libertins èpuisès de plaisir sur le pont-levis du château...Tout Bunuel est dèja dans "L'âge d'or", c'est une rèfèrence qui existe hors du temps et qui continue toujours autant à fasciner...
Devant ce sommet de surréalisme, on ne peut que se demander quel est le sens littéral que Dali et Buñuel ont voulu donner à leur curiosité visuelle. Devant l’absence de sens de cette œuvre déroutante sans précédent, le but parait sans conteste d’être de donner au public une source d'émerveillement aussi poétique que provocatrice à travers de splendides visions oniriques inoubliables et choquantes. Considérée comme subversive par les autorités à sa sortie, il est aujourd’hui trop baroque pour être apprécié par d’autres spectateurs que les purs cinéphiles.
Date-clé pour l'histoire du surréalisme, "l'age d'or" est le deuxième film de Luis Bunuel, co-écrit avec Salvador Dali. Enorme choc, cette oeuvre ne laissera pas indifférent. Enorme cri de liberté et énorme plaisir à casser la morale bien pensante des bourgeois ! Enorme liberté également par rapport aux conventions cinématographiques. Si l'intrigue est plus ou moins claire, on flirte souvent avec l'abstraction et on a l'impression de voir juste des succesions d'images sans rapport les unes avec les autres. Et puis Bunuel montre tout son talent pour créer des images surréalistes marquantes. Elles sont en grande partie entrées dans la mémoire collective cinématographique. La puissance sensuelle de ce film traverse le temps, grâce au grand talent de Bunuel pour filmer les passions, les étreintes, les mouvements suggérant le désir. Souvent sans dialogues, il fait passer beaucoup dans des images pourtant assez simples. On peut penser par exemple aux deux amants qui tout en étant éloignés semblent se voir l'un et l'autre grâce au montage de Bunuel et à ses raccords non conventionnels. On ne souligne pas assez la qualité de l'utilisation musicale de Bunuel, qui aime employer la grandeur de la musique classique en l'associant avec des images choquantes. En résumé, Bunuel fait preuve d'une énorme audace à tous les niveaux pour faire de "l'age d'or" un film indispensable de l'histoire du cinéma, qui marquera encore longtemps et continuera de choquer !
Le même onirisme que dans "Un chien andalou" mais tendu vers une subversion délibérée. Les autorités politiques et morales (c'est à dire l'Eglise catholique) sont tournées en dérision. L'animalité, le sexe, l'incongruité viennent perturber le monde policé et pour finir Sade lui-même est convoqué, via une évocation des "120 jours de Sodome". Et ça a été réellement une bombe censurée pendant des décennies...
Ah ! Un grand moment de cinéma... Le début est assez abrupte, les premières minutes n'emportent pas vraiment. Le grossier de la situation tend à nous faire sortir de la salle, et puis...non. Il commence à se passer quelque chose. Ce couple improbable, l'enchaînement de situations extraordinairement burlesques, une musique entraînante, des acteurs bien drôles, et la puissance visuelle de Bunuel font que, après avoir vu ce film...on se dit que le cinéma dans les années 30, c'était l'âge d'or.
Deux choses géniales dans ce film : l'humour du surréalisme tant dans les dialogues que dans certaines scènes ou images ; le questionnement sur la morale et principalement sur la relation entre faute et punition. Pourquoi considérons-nous la violence gratuite comme mauvaise ? (sur les animaux notamment) mais aussi pourquoi cette violence est-elle en nous ? Comment mesurer la valeur d'une faute et la valeur de la punition infligé au fauteur ? (la scène du gamin et du fusil...). Rien que pour ces deux points, c'est un grand film !
Le chef d'oeuvre du maître. Un film dans lequel tout est dit ou plutôt suggéré. Tous les thèmes chers de Bunuel y sont déjà: poids des traditions, des conventions et de la religion jusqu'à empêcher les gens de vivre. Sublime démonstration par l'absurde.