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Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Le premier quart d'heure, on hésite à sortir de la salle. Le symbolisme est exaspérant, le film semble tourner en rond, en vain... Et puis, lentement, avec les deux autres histoires d'amour, Kitano gagne son pari : le film devient une horrible chanson triste, on admire ces amoureux capables de sortir de la société, mais qui ont tout perdu à cause de leur peur... A voir, mais pas un samedi soir, et seul, sans personne à côté pour vous perturber...
Magnifique... Simple, lumineux, contemplatif. Kitano joue la carte du sentimentalisme à fond et signe un chef d'oeuvre en racontant trois histoires d'amour déçues à cause de la nature de l'Homme ou de l'homme. En plus d'être un film admirable sur l'amour, c'est aussi un hymne aux femmes absolument extraordinaire. Du grand cinéma!
Takeshi Kitano fait encore une fois preuve d'une grande sobriété dans sa façon de mettre en scène ces 3 histoires d'amour. La vanité, précédant les remords, de l'homme plongeant la femme dans la solitude et la folie. La qualité première de ce film, évoluant au rythme des 4 saisons, hormis de sublimes costumes et une musique de Joe Hisaishi en accord parfait avec le scénario, est de nous faire découvrir ces histoires, mais de ne pas nous plonger dans un mélodrame à l'épilogue socio- psychologique outrancier...
Amateurs de films d'action allergiques aux rythmes lents, passez votre chemin, ce film n'est pas pour vous. Cette oeuvre très contemplative et mélancolique détonne un peu dans la filmographie de Kitano mais ne surprend pas vraiment. On y retrouve des personnages au bout du rouleau. Mais cette fois, c'est l'amour qui les a rendus fous (à moitié ou totalement comme Sawako)ou désespérés. A travers 3 histoires reliées entre elles par le passage des deux amoureux maudits, le réalisateur explore les voies qui mènent à l'amour et celles qui en ressortent, menant ceux qui sont pris dans ses filets à des situations extrêmes (folie, mort, mutilation, mais aussi dévouement sans limite pour l'être aimé). Kitano frappe juste. On est touchés, parfois tristes, parfois émus, parfois encore choqués par ce qui arrive aux protagonistes. Même si les situations paraissent invraisemblables, d'excellents acteurs parviennent à les rendre crédibles. Techniquement, c'est une merveille. Les plans sont tous très travaillés. La réalisation est sans faille, adaptée au contenu du film. Le rythme, lent, permet une contemplation sereine de magnifiques tableaux, traversés par les amants, le tout bercé par la somptueuse musique de Joe Hisaishi. Une belle réussite.
2 étoiles pour l'esthétique du film. Par contre, que c'est LENT, mais LENT! Si l'histoire tient finalement la route, on a du mal à savoir où l'on va pendant tout le film: vous me direz ça change de bon nombre d'oeuvres, OK mais faut s'accrocher, les liens entre les différents récits étant quand même ténus. Ceux concerant le Yakuza, et la star et son fan, sont cependant parvenus à m'accrocher.
Un film magnifique, trois histoires d'amours touchantes qui se croisent dans des décors superbes, une musique si bien intégrée qu'elle semble faire partie de l'image même. Une véritable poésie visuelle.
Seul bémol: passez votre chemin si vous aimez l'action, le film en est totalement dénué.
Bienvenu dans Dolls, le dixième film de l'Asakusa Kid! La structure narrative du film est des plus intéressantes. Le film commence par un spectacle de poupées du théatre Bunkaru, ultime hommage à sa grand-mère puisque c'est un art dans lequel elle excellait. Cette scène, de prime abord sans rapport avec le film, est à la fois le prélude du long métrage lui même, l'explication incarnée du titre et son résumé au triptyque. La première histoire est celle de Matsumoto et Sawako. Couple model au début du film, puis détruit par l'égoisme de Matsumoto, cette histoire est le fil rouge de l'histoire, dans tous les sens du terme... En effet, après une tentative de suicide manquée de Sawako, cette dernière se retrouve déficiente mentalement. Elle est à jamais enfermée dans un monde intérieur la caractérisant et dont son corps ne sert plus que de contenant. Matsumoto, rongé par les remords et son Amour pour la belle qu'il avait décidé d'ignorer, abandonne tout pour s'occuper de Sawako. Afin de ne plus jamais la perdre et sûrement pour expier ses fautes, il attache autour de leurs corps une longue corde rouge les reliant mutuellement l'un à l'autre. Deuxième histoire: Hiro, un puissant chef yakusa, effectue un pélérinage nostalgique dans un parc. En effet, trente ans plus tôt, il avait été contraint, par la force des choses, d'abandonner la femme de sa vie dans ce même parc. Troisième et dernière histoire: Haruna, une ex-star de la chanson populaire Japonaise, se retrouve borgne à la suite d'un malheureux accident. Nukui, son plus grand fan, tente de se rapprocher de cette femme tombée depuis dans l'oubli et la désuétude du public. Tout l'intérêt de film revêt dans sa qualité graphique indéniable et surtout impressionante! Les couleurs chatoyantes mettent en exergue les sentiments des protagonistes. A voir, pour tous les Amoureux du cinéma mais surtout de la vie.