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A l'Ouest, rien de nouveau
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NoSerious Man
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4,5
Publiée le 30 avril 2020
1914 en Allemagne, une classe d'étudiants dont Paul Baümer (Lew Ayres) est à la tête se retrouve enrôlée en pleine Guerre mondiale par l'enthousiasme du professeur Kantorek (Arnold Lucy). Motivés dans un premier temps, les jeunes gens vont voir alors s'ouvrir à eux un chaos monstre et seront soumis à un enseignement absurde, qui les persuadera du bienfait de la guerre... Dès les premières scènes de cette adaptation par Lewis Milestone ("Les Révoltés du Bounty") du célèbre roman éponyme d'Erich Maria Remarque publié en 1929 (soit un an plus tôt), les différents moyens du cinéma sont employés pour rendre compte du mouvement d'une nation partant en guerre, son énergie et ses émois collectifs. Le récit, classique mais palpitant, se focalise essentiellement sur le parcours de ceux qui deviennent ces jeunes soldats, encouragés par leur ambitieux professeur à s'aventurer au front. L'enthousiasme des civils planqués dans leurs établissements se propage à l'extérieur dans les mouvements des soldats qui défilent sous les hourras de la foule, pour "contaminer" ces étudiants rassemblés dans leur salle de cours. Le caractère dominé et réduit dans lequel se tiennent les « conquérants » dans le cadre fait immédiatement douter de la réussite de leur mission, ceux-ci étant montré comme des individus encore fragiles dans cette zone du cadre. La jeunesse est opprimée par le projet sacré que leurs aînés leur imposent. C'est à partir d'ici que l'influence presque monstrueuse du professeur se propage sur les six personnages que nous suivrons par la suite. Durant ce court instant, les constantes clameurs du défilé militaire disparaissent temporairement de la bande-son. Le "handicap" de cette production dont on célèbre le 90e anniversaire cette année faisait que la musique (aussi importante soit-elle dans une scène) et les dialogues ne puissent se marier dans une telle circonstance. La disparition des clameurs voisines à la salle de classe renforce l'aspect cocon de la salle de classe, et leur réintroduction se signale donc comme un événement se manifestant sauvagement. À chaque passage, le mouvement de la guerre repart de plus belle, et progresse toujours plus par le biais des nouveaux espaces à conquérir. A contrario, tous ceux se déroulant au dortoir, nous replongeons dans l'ambiance du lycée, désormais déserté, lorsqu'on voit nos héros investir joyeusement leur nouvel "espace vital". Le message s'éclaircit alors: "Oubliez tout ce que vous avez été, tout ce que vous avez appris !". Le film installe ainsi une puissante démonstration antimilitariste, développée sur toute sa longueur et dont l'ultime mouvement résonne en nous, tel le glas d'un cour de récréation, longtemps encore après.
Un tel film devrait être obligatoirement visionné par les élèves qui étudient la 1ère guerre mondiale. Oh, pas pour apprendre les dates importantes, les faits d'armes significatifs. Non, pour apprendre ce que fut la guerre vécu de l’intérieur. Vu par un jeune, des jeunes dont aucun ne sortirent indemne, s'ils en sortirent. On y voit pas trop d'horreur, mais ce film à la force de nous faire ressentir cette horreur, nous la faire vivre. On assiste à la lente évolution des mentalités quant à l'opportunité de cette guerre. Et franchement, on peut même se demander si toutes les guerres et tous les "guerriers" ne suivent pas le même chemin. Ce film est quasi obligatoire et doit être vu de tous.
Paul Bäumer est jeune, fringant et plein d'idéaux. Lui et ses camarades de classe se font convaincre de s'enrôler dans l'armée afin de défendre la mère patrie allemande. Après une courte formation, ils se retrouvent au front, confrontés aux réalités du terrain qui n'ont rien à voir avec les beaux discours assénés sur les bancs d'école...
Datant de 1930, ce film a à la fois pris un sérieux coup de vieux tout en ne perdant pas une ride. Il fait surtout vieillot au vu du jeu des acteurs, très différent de celui d'aujourd'hui, beaucoup moins exagéré. L'acteur qui incarne le personnage de Paul Bäumer, Lew Ayres (qui était là au tout début de sa carrière), est loin de livrer, on l'espère, sa meilleure performance. Par contre, ce film se laisse toujours très bien voir de par le sujet qu'il aborde : l'absurdité de la guerre et ce qu'elle fait à quiconque se retrouve sur le front. C'est une adaptation très fidèle au livre, qui aurait toutefois gagné à être tournée en allemand, pour rappeler au spectateur plus souvent que c'est bien le camp allemand qu'on suit dans cette Première Guerre mondiale. Le film colle vraiment bien aux désillusions et critiques développées par Erich Maria Remarque. On voit tous ces jeunes se faire happer par la propagande, arriver à leur formation comme dans une colonie de vacances et se faire envoyer au front comme s'ils étaient prêts alors qu'ils ont juste appris à marcher correctement en rang. On voit l'attente dans les tranchées, cette attente qui rend dingue, enfermé sans voir la lumière et le ventre creux pendant des jours. Le film ne fait notamment pas l'impasse sur les belles bottes de Kemmerich que tout le monde envie au point que c'est dur d'attendre que leur propriétaire meure pour se les approprier, rajoutant même de la profondeur au récit en créant presque une malédiction sur ces pompes qui passent de soldat en soldat au fur et à mesure qu'ils meurent, toujours avec le sourire quand ils les ont. Ou encore l'incompréhension des gens restés au pays (femmes, enfants et personnes âgées ; et par extension les généraux décideurs) qui trouvent ça facile de pousser un peu plus loin pour arriver à Paris et qui pensent que toute la bonne bouffe part au front alors que les soldats crèvent la dalle tout autant qu'eux. On se retrouve bien content quand c'est l'heure des scènes de guerre que le film soit en noir et blanc et sans bruitage, parce que l'horreur des combats est montrée vraiment de face. Même si c'est pas trash et qu'on ne voit personne se faire découper en deux (quoique...), les images restent assez explicites pour apprécier l'absence de rouge dans cette palette de gris. Au niveau des bémols, on pourrait noter cet appel ou cette référence à Dieu deux ou trois fois, qui n'est pas franchement du goût du livre. On sent là la patte d'Hollywood, voire tout simplement du protestantisme américain culturel. Ou bien la représentation de la femme, que le soldat finit par idéaliser, en "manque" après quelques années loin des jupons. Quatre comparses se retrouvent face à trois françaises alors qu'ils prennent leur bain tout nus dans la rivière et ils se mettent à nager vers elles en mode "léchage de babines". Ils se disputent les trois demoiselles comme ils se disputeraient un morceau de pain. Bonjour le respect (1930, oui on sait)... Si la fin joue un peu les prolongations (le film est quand même long au final), on se retrouve néanmoins avec deux scènes tout à fait marquantes, quand Bäumer revient dans la classe où tout a commencé et voit son ancien professeur appeler les nouveaux élèves à se battre pour l'Allemagne comme dans un cercle vicieux et où il en profite pour lui casser son discours bien rôdé car ça n'a rien d'héroïque d'aller à la guerre ; et quand c'est au tour de Bäumer de mourir une fois de retour au front, dans un moment absolument silencieux et poétique mais qui a mis du temps à arriver, avant qu'un fondu nous montre le visage de tous ces jeunes morts au combat, cette jeunesse brisée dont Remarque parle si bien. Une fin qui veut tout dire et qui laisse sans voix. A voir, même si le livre se suffit à lui-même.
Ce film date des années 30, c'est fou ! Excellent film, excellents acteurs ! c'était ultra pertinent de dénoncer la guerre du côté de l'ennemi. Bravo, on n'a plus droit de nos jours à de tels films. C'est très très loin du patriotisme américain ! A voir & à revoir.
A l'Ouest, rien de nouveau est un véritable Platoon avant l'heure. Le film est très fort. C'est une vraie ode à la paix et un pamphlet contre l'absurdité de la guerre. Les scènes de guerre sont extrêmement réalistes, c'est vraiment bluffant de la part d'un film des années 30. Les bombardements rendent véritablement fous. C'en est même trop, la 1ère heure est insupportables pour les oreilles. Le film est remarquablement complet sur la guerre : l'endoctrinement, le bizutage dans l'armée, le front, la douleur, la perte d'un membre, d'une personne, de son esprit, le traumatisme, ….spoiler: La scène finale (du papillon) est tout bonnement magistrale.
Une oeuvre très inspirée d'un réalisateur pourtant mineur. Le film est résolument pacifiste et est le meilleur film sur la Grande guerre grâce aux scènes de combat très réussies (Milestone avait filmé sur le front pendant la guerre) et une histoire cruelle et poignante fauchant de tout jeunes gens. L'interprétation est parfaite et la tension constante.
Au début du film, on se dit (surtout du fait de la mauvaise conservation de la bobine d’origine) que le film a un peu vieilli mais on se laisse prendre peu à peu par l’histoire. Tous les éléments tragiques propres à la dramaturgie cinématographique des films de guerre que sont le volontarisme idéologique, la solidarité entre soldats, les désillusions face à l'horreur, la résignation, la peur de la mort, l’ennui, la faim, l'insalubrité des conditions de vie ou bien encore la douleur physique sont tous présents et bien illustrés dans ce long-métrage qui retient encore le spectateur 90 ans après avoir été tourné.
Le fait que cette première guerre mondiale soit vue du côté allemand ne présente au final que peu d'intérêt. En effet, le film se veut pacifiste, et c'est bien le ressenti du soldat, de l'homme qui se cache derrière cet uniforme, qui est ici recherché, peu importe le camp auquel il appartient. Les fameux effets de la guerre sur la psychologie de ses combattants étaient donc déjà évoqués en 1930, "A l'Ouest, rien de nouveau" met les choses au clair et dénonce cette façon de vendre la guerre aux soldats et le traumatisme réel qui en résulte. De la manipulation de ces jeunes soldats à l'effondrement de leurs convictions, "A l'Ouest, rien de nouveau" intervient comme le contre-pied du film de propagande et laisse l'héroïsme de côté pour se pencher sur les méthodes de formatage employées et le ressenti de ces combattants. Derrière cette illusion de rêve se cache un douloureux cauchemar pour ces soldats !
En adaptant le roman de Erich Maria Remarque, Lewis Milestone réalise un excellent film sur la Première Guerre mondiale. Adoptant le point de vue allemand, le cinéaste aborde de nombreuse thématiques lié à ce violent conflit et adopte un ton dénonciateur. Les absurdités de la guerre sont effectivement pointées du doigt avec intelligence, sans virer dans une grossière caricature. En plus de ces réflexions, Milestone et ses scénaristes signent une intrigue passionnante, quasi-épique, mêlant les émotions. A cela s'ajoute un visuel remarquable notamment la reconstitutions des tranchées et des bombardements. Difficile d'imaginer que ce long métrage date de 1930. Incontournable !!!!!
Le plus grand film sur La Première Guerre Mondiale je trouve. Ce n'est pas un film de propagande auquel on assiste, ici on nous montres de jeunes recrues Allemandes confrontées aux horreurs de la guerre, leur point de vue et et leur obligation de se rendre sur le champ de bataille.
Le film à très bon scénario et qui montre le côté Allemand (d’où son originalité et son côté intéressant) est parfaitement bien mis en scène, les décors sont sombres et représentatifs ainsi que les effets spéciaux et bruitage pour l'époque sont très bien. On assiste à des scènes horribles presque un documentaire et réalistes mais aussi à de bons moments et de bonnes relations qui se forment entres ces hommes. Une fin poignante et un film bouleversant montrant les atrocités de cette guerre et l’héroïsme des ces hommes qui y ont perdus pour beaucoup leurs vies en défendant leur pays. Ce film sublime d'une grande intensité, efficace et très bien réussis pour l'époque seul petit bémol : les voix françaises qui sont pas top. Il est difficile de ne pas succomber au charme de ce film de guerre de très grande qualité et je le recommande à tous les mordus de ce genre.
la première guerre mondiale vue du côté allemand par des jeunes étudiants allemands qui s'engagent pour combattre et défendre leur pays; un réquisitoire contre la guerre et une ode à la paix; que l'on soit dans un camp ou dans l'autre, les victimes et les morts d'une guerre n'ont aucune différence, on souffre tout autant d'un côté comme de l'autre; la conclusion est qu'une guerre ne sert à rien; c'est ce que constatera un jeune soldat en permission devant la bêtise de ceux restés à l'arrière et qui finira à ce même soldat par le conduire à nouveau sur le front
La réalité de la guerre à l'état brut. Un film assez effrayant par son aspect documentaire sur les combats et la peur. C'est aussi la désillusion de la jeunesse face à la croyance des aînés qui idéalisent le combat (scène pénible du jeune soldat qui revient voir son professeur) mais la vérité arrive à la fin: "on vit dans les tranchées, parfois on meurt, parfois non". Une fin bouleversante avec cette ultime désir de rester en vie symbolisé par ce papillon... Pour le cinéphile c'est également l'occasion de retrouver une scène émouvante qui rappelle "l'homme que j'ai tué" de Lubitsch quand il demande pardon à l'homme mourant à ses côtés et promet qu'il ira voir sa famille. Je me demande aussi si Ozon n'a pas repris le nom de ce soldat mort "Frantz" pour la reprise qu'il a faite en 2016 de ce film de Lubitsch justement. Film terrible et fort.
(...) Un choix fort de Milestone, c'est tout d'abord d'avoir évité d'utiliser une illustration musicale. Ainsi, l'émotion est plus brute et n'est dictée que par la puissance des images. Car oui, plus de 85 années après sa fabrication, "A l'Ouest, rien de nouveau" reste un des films de guerre d'une puissance émotionnelle rare, visuellement grandiose et qui respecte à la fois son sujet et l'intelligence du spectateur. Sur la forme, on trouve plusieurs plans sidérants comme ces incroyables travellings au-dessus des tranchées qui nous montrent les combattants avant l'attaque qui se préparent à "accueillir" les assaillants puis ces travellings à hauteur du sol qui nous montrent ces mêmes assaillants fauchés par les balles de mitrailleuse. Les corps s'écroulent par grappe de 12, les explosions ravagent le sol tandis que les combats au corps-à-corps s'engagent peu après, avec une sauvagerie assez incroyable pour l'époque. En effet, le film est tourné avant l'apparition du Code Hays et le studio Universal laissa Milestone assez libre de montrer toute la violence qu'il estimait nécessaire. C'est ainsi que nous pouvons voir les personnages se débattre au milieu de la boue, les visages ensanglantés et marqués par l'effort tandis que quelques plans gores parsèment le tout. Les scènes nocturnes restent d'une grande beauté, baignant dans une lumière noire traversée par les fusées éclairantes lancées dans le ciel par les armées françaises et britanniques. Aussi virtuose que soit le film de Milestone dans l'illustration des séquences guerrières, il marque aussi le spectateur d'une toute autre manière. Le roman proposait une plongée très introspective dans le quotidien du soldat Baumer et le film colle également à son parcours. Ne recourant nullement à la voix off (un choix payant), l'équipe de scénaristes préfère travailler les dialogues (le film sera également tourné dans une version muette) et si c'est parfois un peu plus didactique, on arrive à retrouver l'ambiance et certaines subtilités du livre. (...) Le jeu d'acteur est par contre un des gros points faibles du film, parfois trop outré et manquant souvent de naturel, les acteurs jouant parfois certaines scènes comme dans les westerns d'époques ou bien certaines comédies, une technique issue du théâtre mais aussi un reste du cinéma muet. Mais attention, ces petits bémols n'enlèvent rien des immenses qualités du film. Les dialogues sont très réussis, les acteurs sont bons, les péripéties sont assez variées et on sent un vrai esprit de corps qui les lie, quand bien même le film échoue à nous faire ressentir un peu d'émotion à la mort de certains d'entre eux, mais ça reste un plaidoyer très fort contre l'absurdité de la guerre. La critique complète ici
Il s'agit-là d'un chef d'oeuvre. Je le note pour la distraction que j'en ai eu : Les acteurs ne jouent pas très bien mais l'attention est facilement maintenue. Beaucoup d'effets sont naïfs, surtout dans les tranchées, mais ils ont le mérite d'amener un sentiment d'horreur et de perte d'innocence chez les jeunes soldats additionnée à une sensation d'absurdité totale. L'effet psychologique est parfaitement amené, le retour du soldat également. Le film est extraordinaire pour son époque et n'a malheureusement pas réussie à dissuader une Seconde Guerre Mondiale. Mais il s'agit d'une sacrée belle représentation de l'époque. On a du mal à croire qu'il ait été tourné il y a bientôt 100 ans. Incontournable si vous vous intéressé à la Première Guerre.