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3,0
Publiée le 26 mars 2026
Avec A l'Ouest, rien de nouveau, Lewis Milestone signe une fresque pacifiste d’une puissance encore tangible, où la guerre est montrée dans sa brutalité la plus nue. Le parcours du jeune soldat, plongé dans l’absurdité du conflit, incarne une désillusion progressive rendue avec une certaine frontalité. La mise en scène, très efficace dans les scènes de combat, alterne avec des moments plus didactiques qui appuient le message antimilitariste. Cette volonté de démonstration, louable, tend parfois à simplifier la complexité des émotions en jeu. Reste un classique fondateur du film de guerre, marquant et engagé, mais dont l’approche peut aujourd’hui paraître un peu appuyée dans son propos.
À l’Ouest, rien de nouveau est un film qui ne raconte pas la guerre, il la rumine, la mâche et nous la recrache en boue, en tripes et en silence écrasé. Les tranchées y sont moins un décor qu’un intestin du monde, où l’on digère des garçons en uniforme pour chier des cadavres anonymes. La mise en scène, clinique et froide, refuse la gloire, refuse le panache : elle filme la chair comme du matériau, la jeunesse comme du consommable. On en sort écoeuré, vidé — et si l’on ose encore prononcer le mot « héroïsme » après ça, c’est qu’on n’a décidément rien compris.
Peut-être l’un des plus grands films de guerre du 20ème siècle. Celui qui vous intègre pleinement dans l’horreur de la Der des Ders, celui qui vous fait vous sentir mal face au quotidien si bien retranscrit des soldats dans les tranchées.
Dialogues et mise en scène classiques mais point de vue juste. Film sur les ravages physique et psychologique de la guerre. Scènes de batailles bordéliques mais spectaculaires pour l'époque (1930 !). J'aime que la seule musique soit celle des sifflements des obus et des cris.
Portrait d’une jeunesse (allemande) insouciante, sacrifiée la fleur au fusil dans l’enfer des tranchées. Un pamphlet antimilitariste puissant, intemporel et brillamment mis en scène malgré quelques longueurs, récompensé par deux Oscars, meilleur film et réal bim !
La désillusion est au cœur de ce roman et de cette première adaptation. L'enrolement via l'instituteur et l'institution mènent ces jeunes à une mort certaine. La camaraderie, la prise de conscience... la survie et peut-être un jour dans les pires conditions, un retour maison... avec des vérités pour prévenir du danger de la guerre et des idées basses. Une adaptation bien que vieillissante, laisse un rapport désarment de la jeunesse allemande contrainte.
D'une modernité stupéfiante dans sa réalisation (pensez que nous sommes "seulement" en 1930), l'adaptation par Lewis Milestone du livre d'Erich Maria Remarque est une merveille d'équilibre, qui réussit le tour de force de traverser l'intégralité du premier conflit mondial et l'ensemble de ses thématiques dans la narration du destin de ces jeunes allemands joyeusement envoyés vers une boucherie dont ils ignoraient tout. En même temps que la désillusion gagne du terrain, les péripéties vécues se font plus précises et poignantes, la mise en scène est fluide et les interprètes excellents. Le propos pacifiste est magnifié comme rarement, avec l'exposition radicale de la vie dans les tranchées. Implacable.
Ça a un peu vieilli. Le début est plutôt caricatural avec le discours du professeur et l'enthousiasme des jeunes étudiants pour partir à la guerre. Même si c'est vrai que la plupart des belligérants sont partis la fleur au fusil. Ensuite, les horreurs de la guerre, elles, sont bien rendues.
Totalement moderne, toujours passionnant et captivant, et même touchant, de part sa réalisation et son histoire. Un grand film qui traverse les décennies. Rien n'a changé depuis sa réalisation il y aura bientôt un siècle, tristement.
Très bon film de guerre qui montre aussi que les réels "méchants" de cette 1ere GM sont les chefs des deux armés qui se plaignaient d'un rien et demandait au soldats de se battre pour un pauvre petit bout de terre pendant qu'ils restaient bien confortablement dans leurs conforts... Sans doute le meilleur film de guerre que j'ai vu
Le succès-surprise de l’adaptation allemande de 2022 m’a fait réaliser que je n’avais jamais vu le premier film, américain, tiré du roman d’Erich Maria Remarque. C’est chose désormais réparée ! Je précise que cette critique porte sur la version restaurée et parlante de 2h13. On y retrouve Paul et ses camarades, lycéens allemands qui décident de s’engager dans l’armée en pleine Grande Guerre. Pleinement motivés ou suivant simplement l’engouement général, ces jeunes hommes troqueront leur innocence et leur chemise contre la brutalité et les casques à pointe… « All Quiet on the Western Front » est avant tout une œuvre antimilitariste et anti-guerre, particulièrement poignante pour l’époque. Pointant les détails sordides des tranchées, la boucherie des combats, ou l’absurdité de mourir pour son pays. Il est particulièrement ironique de voir ces éléments dans un film de 1930, alors que la décennie qui suivra sera celle de la montée du totalitarisme et du début de la Seconde Guerre Mondiale… Le film sera d’ailleurs sans surprise rapidement interdit en Allemagne. Un film courageux donc, qui anticipe allègrement la vague d’œuvre antimilitaristes des années 70. Tandis que sa réalisation s’avère inspirée. Quelques travelings remarquables : la transition entre le défilé militaire et la classe du professeur propagandiste, déconnecté des réalités ; ces plans naviguant au-dessus des tranchées. Et des séquences de combats saisissantes pour l’époque, qui n’ont pas peur de montrer le corps à corps. Le film est sorti avant la mise en place du code de censure Hays, ceci explique sans doute cela ! Une photographie qui exploite très bien les contrastes, d’autant plus que beaucoup de scènes se déroulent de nuit ou dans des abris. Avec quelques gros plans intenses qui rappellent le cinéma muet. Là encore, peu étonnant puisqu’il existe une version sans dialogue parlé. Comme la version 2022, le film souffre de ne pas avoir réellement d’intrigue, puisqu’il s’agit d’une chronique. Ce qui entraîne certaines longueurs. D’autant plus que l’on a au départ du mal à voir se détacher les protagonistes. Néanmoins cela est compensé par beaucoup d’humanité, qu’il s’agisse de situations terrifiantes (le plus souvent) ou de passages montrant que l’humanité passe aussi par la camaraderie. Une belle œuvre, toujours aussi pertinente.