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Claude DL
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4,0
Publiée le 2 avril 2012
J'ai beaucoup aimé ce scénario fondé sur une rencontre involontaire entre une femme dépressive voulant voir un psy et un conseiller fiscal qui se retrouve psy malgré lui. Va naitre un amour platonique entre les deux personnages grâce à une écoute mutuelle presque surnaturelle qui va progressivement les transcender. Bien sûr on peut avoir du mal à croire au maintien platonique de la relation, mais c'est ce qui fait le charme du film. Et quels acteurs !
Tout simplement EX-CE-LLENT... Quand je pense que plus jeune il me semblait que je n'appréciais pas beaucoup Fabrice Luchini! Quelle erreur quand j'y pense... Associé à Sandrine, un chef d'œuvre...
Patrice Leconte délaisse la comédie grasse pour une romance ambigüe et subtile. Les deux acteurs sont formidables mais les personnages évoluent lentement plombant le rythme du récit. La musique semblant sortir d'un thriller est hors-sujet et agaçante.
Leconte est certes un cinéaste reconnu mais assez peu estimé car contenu par l'intelligentsia dans le registre des comédies, genre dont on sait bien le peu de crédit dont il bénéficie au sein de la critique française. En réalité le metteur en scène des "Bronzés" est capable comme Richard Fleischer avant lui à Hollywood d'aborder tous les genres sans jamais démériter. Parmi sa prolifique filmographie on peut ressortir au moins 4 chefs d'œuvre ("Tandem"," Le mari de la coiffeuse" , "Monsieur Hire" et "Ridicule"). Partageant ici l'écriture du scénario avec Jérôme Tonnerre, il s'immisce avec bonheur dans le suspense psychologique teinté d'une petite musique hitchockienne fort agréable. Cette histoire fondée sur un quiproquo pour le moins surprenant, permet à Leconte de dérouler avec l'aide de deux acteurs à leur meilleur une histoire parfaitement linéaire et sans aucune fausse note. Le petit conseiller fiscal enfermé dans le cabinet qu'il a repris à la suite de son père, se trouve brutalement sorti de sa routine quand une jeune femme le prend par erreur pour le psy qu'elle venait consulter. Par cet astucieux procédé, Leconte nous montre que le processus du transfert psychanalytique peu fonctionner hors la présence du praticien. Le problème ici posé étant que l'interrogation sur soi-même va gagner petit-à-petit le psy de remplacement qui par ricochet va consulter à son tour le thérapeute initialement choisi par Anna. Un curieux trio s'instaure qui réinvente sous nos yeux une nouvelle approche de la psychanalyse. Qu'en adviendra-t-il ? William Faber pratiquant improvisé va-t-il comme lors d'un exorcisme prendre toute la charge affective d'Anna sur lui et se retrouver le dindon de la farce comme on le pressent un moment? C 'est tout le charme du film de nous amener à ces questions par le biais d'un suspense fort bien instillé grâce à une musique idoine et des décors étouffants. Bien sûr le film ne serait rien sans ses acteurs et c'est tout l'art de Leconte que d'être parvenu à dompter un Fabrice Luchini dont les traits de génie mal canalisés peuvent phagocyter tout l'écran comme autrefois feu Michel Simon. C'est sans doute ici la meilleure performance de Luchini à l'écran qui rejoint dans la panoplie des grandes réussites de Leconte, le Michel Blanc de "Monsieur Hire", le Gérard Jugnot de "Tandem" ou le Jean Rochefort du "Mari de la coiffeuse". Sandrine Bonnaire est de son côté égale à elle-même c'est-à-dire parfaite, idem pour Michel Duchaussoy. Avec ce film il est peut-être enfin temps de considérer Patrice Leconte pour ce qu'il est, un formidable directeur d'acteurs aux initiatives hardies quelquefois ratées mais souvent heureuses.
Et si Leconte était le synonyme de triste, on pourrait dire voilà un film très "Lecontien". Voici surtout un film magnifique avec un peu d'humour et des dialogues décapants, pour alléger le fond extrêmement noir et déprimant. Ce qui donne l'impression d'un état de grâce, c'est que tout est à sa place, même les jeux de mots scabreux du psychiatre ne cassent pas la délicate harmonie. Et on peut parler d'une caméra parfaite, toujours en éveil, qui cherche à briser la longueur avec un peu d'inventivité, notamment en bougeant insensiblement, comme le fait le regard de l'amant sur son alter ego. Lucchini enfin supportable en sortant du rôle du bouffon. Pour la première fois, Bonnaire est presque belle. Musique parfaite. Anne Brochet n'a pas le beau rôle, il faut bien une critique... Une réussite, qui dépasse "Tandem", l'un de ses films les plus humains. Pour le reste, c'est un peu lent, il ne se passe pas grand chose, ce n'est pas un divertissement haletant, et pour une fois, c'est le charme français qui triomphe ! Cela dit, on sent un virage à la Woody Allen (de la grande époque, et pas à cause du sujet) qu'il faudra étudier. Leconte est bien parti pour sa troisième période de cinéaste.
Patrice Leconte sort la tête de l'eau bien aidé par ce duo d'acteurs talentueux. L'histoire, originale, manque toutefois de pertinence, de justesse et laisse le spectateur de côté. Manque de génie certain chez Leconte.
Ce qui est sûr avec Leconte, c'est qu'il sait choisir et surtout diriger ses acteurs. Ici, Sandrine Bonnaire fait du meilleur Bonnaire, et c'est parfait, Fabrice Luchini fait du meilleur Luchini, et ça frise le sublime. Les seconds rôles, en particulier l'épouse et la secrétaire du héros (magnifiquement ordinaire), sont au diapason. Il y a pourtant peu de matière, peu de rebondissements, peu d'histoire et d’intérêt, néanmoins, on ne perd pas son temps, car le talent ainsi exprimé est jubilatoire. Et c'est une autre performance d'avoir réussi à faire tenir debout un film sans aucun plancher.
Un film enrichissant empli d'humanité, d'émotion. L'interprétation de Sandrine Bonnaire est très juste, tout comme celle de Fabrice Luchini. Et surtout, la fin ne m'a pas déçu.
film avec de bons acteurs, les quelques lenteurs sont balancées par quelques touches d'humour. Les descriptions de la psychologie des personnage sont intéressantes mais ne sont malheureusement restées que sous la forme d'ébauches un peu baclées.
Une narration visuellement hyper stylisée mais qui rythmiquement devient distante, et presque narcissique, à l’image des « héros ». Tout cela, au détriment de l'action et du suspense qui eux, en deviennent poussifs, et engourdissent le spectateur. Une fin à l’image de l’ensemble : d’une grande plasticité formelle, mais dont la finalité reste grandement masturbatoire.
J'ai eu la chance de pouvoir assister à la projection pour l'équipe de CONFIDENCES TROP INTIMES. Ce nouveau Leconte est un très grand cru !
Il s'agit d'un thriller psychologique, ou peut-être devrait-on dire un thriller ''psychanalytique'', une relation trouble née d'un acte manqué, entre deux personnages aux motivations énigmatiques : Anna (Sandrine Bonnaire) en allant chez un psychanalyste se trompe de porte, et entre chez un conseiller fiscal (Fabrice Luchini), à qui elle va se confier et qui ne va pas oser l'arrêter. S'en suivra une relation ambigüe et des rapports oscillant entre thérapie, sentiments, mensonges, soupçons, désir... et conversations truffées de labsus. Enigmatique à souhait. Tendu, sans relâche, traversé par quelques personnages inquiétants comme celui de Gilbert Melki.
A ce sujet, le synopsis qui est donné sur allociné me semble trop orienté "comédie" : certes, le film n'est pas dénué d'un humour piquant (les interventions de Michel Duchaussoy, qui joue un véritable psy, sont des moments d'anthologie !). Mais ce n'est pas une comédie.
Les comédiens sont époustouflants. Il faut dire qu'avec un casting pareil, c'était assuré ! Sandrine Bonnaire est énigmatique à souhait. On peut citer Anne Brochet, très émouvante. Et Luchini, dans un registre sobre (c'est-à-dire que pour une fois, il n'en fait pas trop :-), joue parfaitement le comptable à la vie bien réglé et qui se laisse dépasser par les événements.
Le scénario est admirablement construit, il fourmille de références psychanalytiques.
Enfin, la musique du film signée Pascal Estève sous-tend l'ensemble à merveille. Elle souligne les tensions intérieures des deux protagonistes, et leur évolution.
L'ambiance du film rappelle un peu celle de "l'appartement" de Gilles Mimouni, avec Vincent Cassel et Romane Bohringer.
Anna traverse une période difficile, son mariage bat de l'aile et sa vie l'ennuie. À défaut d'avoir quelqu'un à qui se confier elle prend rendez-vous avec un psy, mais pour sa première consultation elle se trompe de porte et se retrouve en face de William Faber, conseiller fiscal. Un quiproquo surprenant s'installe, se croyant au bon endroit elle raconte ses problèmes les plus intimes. Faber étant habitué à jouer le rôle de confident il met quelques minutes à comprendre la situation. Quelques minutes à écouter une femme séduisante et mystérieuse lui parler de ses angoisses et de sexe, intrigué, il lui cache la vérité et accepte le prochain rendez-vous... À ce jour (avril 2010) le dernier grand film de Leconte, on est loin de la Guerre des miss ou les Bronzés 3... Qui est cette Anna et que veut-elle exactement ? Pourquoi Faber lui consacre-t-il autant de temps ? Cette relation qui oscille entre tension sexuelle et psychologique est merveilleusement écrite, jouée et réalisée. À voir absolument.
Comme dans la plupart des films de Leconte, il y a beaucoup d’outrances et d’invraisemblances. Et alors ? Le cinéma doit-il être un organe officiel de la vérité ou une machine à rêves ? La réponse me paraît évidente... Les rapports entre les personnages sont étudiés au millimètre, la caméra est discrète autant qu'efficace et les deux acteurs sont prodigieux. Un véritable spectacle et une réflexion de plus sur les rapports complexes qu’entretiennent entre eux les êtres humains.