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Thomas Lesta
45 abonnés
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5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Au lieu d'aller voir Mr & Mrs Smith, j'ai opté pour le couple Adam & Amanda, et c'est que du Bonner! On s'amuse de voir comment est traité en 1949 le sujet de l'égalité hommes-femmes devant la loi (à l'époque, ça ne faisait que 4 ans que les françaises pouvaient voter). Le jeu authentique des acteurs nous fait chavirer entre scènes burlesques au tribunal et scènes intimes (élégamment pudiques, époque oblige) chez les Bonner.
"Madame porte la culotte" a un gros défaut : toute sa dernière partie. "Madame porte la culotte" a une énorme qualité : tout ce qui précède sa dernière partie. Le duo Amanda / Adam Bonner permet un exemple formidable de complicité au Cinéma. Katharine Hepburn et Spencer Tracy sen donnent à cur joie, grimaçant, se taquinant et se chamaillant à qui mieux mieux. Féministe convaincue, madame est avocate. Traditionaliste, monsieur est procureur général. Sur une idée simple et enthousiasmante pour le spectateur mais au grand dam dAdam, ils vont se confronter durant le procès de Doris Attinger (Judy Holliday). Cette dernière a ouvert le feu sur son mari volage alors quil était dans les bras de sa maîtresse. Le jury populaire verra t-il en elle une hystérique ou une mère au foyer dont le geste est explicable ? Amanda Bonner fait du procès de sa cliente le procès de légalité des femmes avec les hommes devant la Justice. Les hommes étant ce quils sont, cette idée na malheureusement pas toujours été vue dun bon il La scène de sélection des jurés en témoigne. George Cukor nen était pas à son premier brûlot féministe, une nouvelle fois il véhicule avec efficacité sa bonne parole. Son discours moderne est appréciable au plus haut point et Katharine Hepburn sempare avec délectation du rôle de sémillante femme libérée quil lui a offert. Il met également en évidence deux conceptions radicalement opposées du mariage. Ce long-métrage plein de charme et dintelligence sembourbe brusquement une fois le verdict rendu, nous laissant quelques regrets quil se prolonge ainsi. Ça avait pourtant si bien commencé Le reste de la distribution sillustre, en particulier David Wayne (Kip Lurie, leur voisin et ami chanteur), parfait lorsquil entonne le "Farewell Amanda" de Cole Porter. Dans le rôle de la méprisante amante Beryl Caighn, on découvre Jean Hagen. En 1952, cest elle qui interprètera Lina Lamont, lhilarante actrice à la voix insupportable de "Chantons sous la pluie".