À l’heure où les films de super-héros fleurissent, rivalisant de vertus, corps musclés et de costumes designs, « Hancock » prend tout le monde à contre-courant en tournant à l’auto-dérision le sien, et c’est le moins que l’on puisse dire. Il joue d’originalité en nous proposant une franche remise en question de ces héros adulés à outrance, tandis que lors de leurs combats contre « les méchants » ils ne dédaignent pas de semer la destruction sur leur passage, gratte-ciels, infrastructures emblématiques, monuments, tant que des vies sont en jeu tout peut y passer, pourtant dans l’indifférence la plus totale. Les pertes matérielles cataclysmiques conséquentes de leurs pouvoirs ne sont que trop indulgemment supportées par la population qui en est victime, et les médias sensées soulever la polémique sont relégués aux abonnés absents. On ne peut qu’être d’accord avec ce point de vue. La satire est poussée jusqu’au personnage lui-même qui est l’antipode même du super-héros de base. Nonchalant, maladroit, grossier et dépressif jusqu’à en être alcoolique, il sauve des vies sans pourtant s’attirer les faveurs de quiconque. Son mal-être, sa mentalité insouciante, et son comportement odieux, remarquablement interprétés par Will Smith, ne l’aidant pas, suscitent quant à eux et à notre plus grand bonheur autant de situations comiques que de clins d’oeils à ces autres super-héros sacralisés à tel point qu’il n’ont pas le droit d’avoir quelques gros défauts. Saluons également la performance de l’autre star du casting, en la personne de la sublime Charlize Theron qui nous réserve son petit lot de surprises. Si l’on ajoute à tout cela un scénario très riche, parsemé d’une panoplie de scènes d’actions aux effets spéciaux délicats et suffisants, rythmé par une BO agréable et variée, toujours dans une ambiance humouristique de bon goût, on obtient un sacré bon film qui aurait pu finir en apothéose si ses séquences finales étaient mieux maîtrisées. Il fallait un belle paire
en l’occurence Hancock et son alter ego Mary
pour oser s’incruster dans le milieu mondain des super héros de cette manière, et pourtant « Hancock », avec si peu de maladresses commises, est bien parti pour casser la baraque, tout en venant souffler un véritable vent de fraîcheur au genre.