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Ponpon
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5,0
Publiée le 17 octobre 2019
Extraordinaire film de Claude Sautet ! Des acteurs époustouflants, dans une ambiance très particulière, enfumée, triste mais aussi pleine d'espoir pour Max et les ferrailleurs. Romy Schneider et Michel Piccoli forment un duo énigmatique. Le dénouement est terrible. Du grand art.
L'après guerre où les valeurs se cherchent.de gens perdus même dans l'élite . Ces personnes perdues feront les valeurs d'aujourd'hui au dépend de leur vie
comme je crois quatre vingt dix pour cent des spectateurs , j'ai été séduit par ce film bien foutu. et après je me suis dit que je me suis un peu faire avoir par une histoire présentée comme réaliste alors qu'elle ne l'est finalement pas du tout( ce qui dénote l'habileté du metteur en scène ) Tout d'abord ce qui est montré comme le quart monde est enjolivé. On voit les ferrailleurs se dorer la pilule au soleil dans une ambiance presque champêtre ou fréquenter un bar à l'ambiance bohême ou on joue de la trompette. Et quand ils commettent leur hold up, cela ressemble quasiment à une virée entre copains On peut preque dire qu'ils sont présentés comme gentils et innocents puisque s'ils n'avaient pas été manipulés ils n'auraient pas commis le hold up. En gros,Sautet nous livre une image édulcorée du quart monde qui me fait plus penser au milieu bohême de saint germain des années 50 ( Romy Schneider ne cédant rien en tant qu' égérie à juliette Greco) Voilà le côté lumière du film. Du côté sombre, on a droit à un policier particulièrement machiavélique du type névrosé obsessionnel qui va manipuler avec une certaine facilité les ferrailleurs par le biais d'une gentille prostituée qui n'en a pas du tout l'apparence et incarnée par la sublime Romy Schneider. Au départ le policier rencontre Bernard fresson, ancien copain de régiment qui dés les premières minutes de leur rencontre lui raconte ses magouilles alors qu'ils ne se sont pas vu depuis dix ans (encore une invraisemblance) Ce sera le point de départ d'une manipulation qui amènera les ferrailleurs a aller faire un braquage de manière aussi décontracté que s'ils allaient faire des courses au supermarché ( il suffit d'entrer dans la banque , de dire que c'est un hold up et de sortir de la banque avec l'argent) Je ne veux pas en dire plus pour ne pas trop spoiler mais tout est dans le même registre jusqu'au coup de théatre final aussi crédible que le reste. En tant que descriptif d'un milieu ( celui des policiers ou des gangsters ferrailleurs)le film n'arrive pas à la cheville des films de Melville. Mais bon , je fais un peu ma mauvaise tête car la réalisation est soignée ( comme toujours dans le cinéma de Sautet ) le couple assez mythique (Romy Schneider assise nue sur le bord de la baignoire avec son chapeau est trop sexy) et le film a indéniablement un certain charme.
Couple fusionnel dans les « choses de la vie » et couple fatal ici. L’amour dans les deux cas. Mais pourtant il n’y croyait pas lui-même, solitaire qu’il était depuis toujours. Mais prêt à trahir deux fois pour un idéal. Excellent film qui nous tient en haleine avec son hold-up préparé avec minutie par les deux parties..... et sa conclusion tragique mais inattendue pour le spectateur.
Je n'avais pas forcément un très grand souvenir des précédents films de Claude Sautet que j'avais vu, du coup Max et les ferrailleurs m'a agréablement surpris. Même si son histoire est plus que tirée par les cheveux je suis arrivé à passer outre intrigué par le duo de personnage formé par une incroyable Romy Schneider et un intriguant Michel Piccoli. J'ai été fasciné par leur présence, le curieux sentiment qui semble se nouer entre eux, jusqu'à un final inattendu. Une belle découverte pour ma part.
Excellente histoire, machiavélique, que celle de ce flic cynique qui tend un piège des plus sournois à une petite bande de zonards pour leur faire sauter le pas et mieux les coffrer... tout en manipulant bien entendu à l'envi la copine de l'un d'entre eux !
Excellents acteurs également avec un Michel Piccoli obsessionnel et tourmenté, un Bernard Fresson en mauvais garçon, un François Périer toujours solide et une Romy Schneider plus convaincante que d'habitude (une fois n'est pas coutume) et aussi belle et ravissante que jamais.
Partant de là, le film devrait très logiquement être un chef-d'oeuvre, l'un des monuments du cinéma français ou bien au moins un "petit" chef-d'oeuvre, une valeur sûre à citer en exemple ou quelque chose dans ce genre-là. Normalement.
Hélas ! 1000 fois hélas ! visez un peu par qui c'est réalisé : Claude Sautet... et la messe est dite, le sommeil profond, Monsieur deux de tension à deux doigts du co-ma ré-a-li-se son sa-ta-né film. D'où la mise en scène de tor-tue et les lon-gueurs i-nu-ti-les... lesquelles plombent le rythme mais ne parviennent pas à l'euthanasier malgré tous les efforts de l'andouille de réalisateur pour saborder et saboter.
Car la fin, très bien écrite, ne déçoit en aucune façon, et force au contraire le respect par son inventivité. Quel dommage tout de même ! au moins reste-t-il un truc regardable, ç'aurait pu être (bien) pire.
Quelques longueurs mais c'est là un bon polar français, bien mis en scène avec le troublant couple Schneider-Piccoli, qui tient tout le film. Romy au sommet de sa beauté.
Un film assez réussie. Il faut dire qu'il y a un sacré casting d'acteurs. Romy est belle comme jamais elle ne l'avait été auparavant. Piccoli en flic froid et cynique régale. de plus la mise en scène et les dialogues sont eux aussi tout aussi bon. Ce qui cloche si on est un petit peu tatillon c'est le scénario. Pourquoi le flic s'entête t il a faire tomber des petites frappes si peu dangereuses en leurs forçant la main pour un gros coup? Pour récolter les lauriers du flagrant délit et réussir son souhait jadis loupé ? Ok, OK.... Malheureusement pour lui il sera rattrapé par un autre facteur auquel il n'avait pas pensé et c'est: ... L'amour. Bien.
Claude Sautet qui s'attaque au polar me semblait déjà une chose intrigante. Mais c'est un pari réussi avec ce film, où chaque personnage est idéalement campé et très bien développé, dans cette histoire portant sur l'obsession et les apparences. Chacun veut se donner un genre qu'il n'a pas, grand truand ou grand flic. Au milieu de ce marasme et à côté de l'interprétation tout en froideur et retenue de Michel Piccoli, Romy Schneider irradie l'écran, et Sautet promène sa caméra sur les visages de toute cette faune avec un luxe de détails. Le film est étonnant jusque dans son final. Un très bon Sautet.
Après le chef d'œuvre Les Choses de la vie, Claude Sautet réuni à nouveau le duo Schneider Piccoli, pour un résultat plus mitigé... En effet, si la qualité de la réalisation, et celle des acteurs est au rendez-vous, c'est du côté de l'histoire que l'on ressent une petite déception. L'histoire de ce flic prêt à tout puis qui change d'avis, ça n'est pas très convaincant... dommage.
Indéniablement l'un des moins ambitieux films de Sautet. Alors que César & Rosalie ou encore Les Choses de la vie se présentent comme des chefs d’œuvres des années 1970, Max & les ferrailleurs passe sur nous sans jamais non happer et ce malgré la sensualité et la désinvolture de Romy Schneider.
Un an après Les Choses de la Vie, Claude Sautet retrouve Michel Piccoli et Romy Schneider pour Max et les Ferrailleurs, où il met en scène un flic solitaire qui va se consacrer à une affaire de pillages et vols.
Dès les premières secondes, Claude Sautet nous immerge au coeur du récit et au plus près du personnage du flic, où l'on suit sa solitude et ses obsessions qui vont peu à peu le pousser à tout faire pour coincer en flagrant délit les "ferrailleurs". L'oeuvre prend de plus en plus d'ampleur et une dimension particulière lorsqu'il rencontrera la prostituée, dès lors Sautet dressera deux portraits humains passionnants, touchants et d'une incroyable justesse, que ce soit dans les sentiments, les non-dits ou les intentions de chacun. Tous deux bénéficient d'une grande qualité d'écriture, notamment dans leurs évolutions tandis que Sautet trouve toujours le bon équilibre entre les tons, souvent pessimistes avec une petite touche de mélancolie.
Une justesse que l'on retrouve tout simplement dans la vision de la vie par Sautet, mais aussi la complexité des sentiments et les failles de l'âme humaine. Le metteur en scène de Classe tous risques nous plonge dans la vie de ces deux-là, nous donne la sensation de partager leur intimité mais aussi leurs sentiments. On s'attache à eux, et ce qu'importent leurs défauts (notamment un très inquiétant Piccoli) tandis que Sautet filme merveilleusement la vie et ses difficultés, les états d'âme ou encore la faiblesse humaine, que chacun arrivera à trouver chez l'autre. Sautet se montre toujours sobre, étudiant la psychologie des personnages sans être lourd mais toujours avec finesse et intelligence, pour mieux nous y immerger.
Il retranscrit parfaitement cette ambiance désenchantée et humaine, donnant encore plus de puissance à son oeuvre tandis qu'il montre une réelle maitrise derrière la caméra. De nombreuses scènes sont mémorables, à l'image des séquences plus intimes entre Picolli et Romy Schneider, celle où ils jouent aux cartes ou la séance photo, là où Sautet capte l'instant et les simples moments de bonheur durant une vie ou période compliquée. Michel Piccoli se montre d'une froideur à la hauteur de son machiavélisme et fait preuve d'une vraie présence à l'écran, tandis que son tandem avec la magnifique et inoubliable Romy Schneider fonctionne parfaitement.
C'est au coeur d'une vie tourmentée que Sautet nous immerge pour nous faire suivre l'errance de deux âmes perdues sur cette terre, et c'est avec autant d'émotion que de finesse, intelligence et puissance qu'il le fait.
Après l'immense succès des "Choses de la vie" qui lui donne un style et une identité, Claude Sautet aborde à nouveau le genre policier qui lui avait permis de faire ses réels débuts de réalisateur ("Classe tous risques" en 1960). Très novateur et toujours flanqué de Jean-Loup Dabadie, il adapte le roman éponyme de Claude Néron sorti trois ans plus tôt pour proposer une revisite du genre peu banale. Il est fasciné par le personnage de Max (Michel Piccoli) qui lui rappelle ce qu'il nomme "la perversité des théoriciens" à laquelle il a été confronté dans sa jeunesse quand il naviguait dans la mouvance du Parti Communiste. Comment une idéologie poussée jusqu'à l'absurde peut-elle amener à justifier l'injustifiable ? Lénine, et Staline et avec eux tous les dictateurs et terroristes ont théorisé assez aisément sur le sujet à partir d'idées prémâchées qui expliquent qu'au nom d'une cause juste on peut être amené à employer les moyens peu recommandables de celui ou de ceux que l'on dénonce et entend combattre. C'est de cette trempe qu'est fait Max, spoiler: ancien juge d'instruction devenu flic qui frustré des maigres résultats qu’il obtient dans la lutte contre le grand banditisme décide de se fabriquer lui-même un flagrant délit en amenant des petits malfrats sans envergure à monter un hold-up vers lequel il les aura patiemment aiguillés. Pour se faire, il se servira d’Abel un ancien camarade de classe (Bernard Fresson) retrouvé par hasard, devenu un petit trafiquant de ferraille, vivant la bohème avec sa petite bande dans la plaine de Nanterre encore un bidonville à cette époque et de Lily prostituée allemande, compagne d’Abel et égérie du groupe qui lui servira bien involontairement d’agent de liaison facilitateur à travers une liaison tarifée jamais consommée. Mécanique infernale au service de principes moraux plus que contestables, minutieusement orchestrée par un Piccoli magistral de froideur obstinée dont les certitudes ne basculeront qu’à la toute fin quand il prendra enfin conscience de l’horreur de sa démarche qui consiste à utiliser des êtres humains comme objets d’assouvissement d’une obsession qui interroge fortement quant à ses motivations profondes. Si l’inanité de la justice et de la police habille pudiquement l’horrible dessein, on peut se demander si ce n’est pas un refus pathologique de l’altérité qui ronge Max découvrant chez Abel et Lily une liberté et une capacité à transgresser qu'incapable d'atteindre il décide de réprimer. Les producteurs avaient pensé à Delon ou Montand pour le rôle de Max mais leur refus permit à Sautet d’envisager de placer le couple Piccoli/Schneider dans un contexte diamétralement opposé à celui du couple de bourgeois qu’ils formaient dans «Les choses de la vie ». Romy Schneider a rarement été aussi belle que dans ce film où déjà elle laisse entrevoir sa faculté dangereuse à côtoyer la détresse. Max dont la nature perverse et machiavélique du projet est évidente, agit avec la complicité sournoise de sa hiérarchie (sublime Georges Wilson) qui aura beau jeu de se lamenter une fois le désastre constaté. Formidablement ciselé dans sa narration qui ressort presque de l‘horlogerie suisse, « Max et les ferrailleurs » était celui de ses films que préférait Sautet qui n’avait rien trouvé à lui enlever ou rajouter à posteriori comme il le faisait souvent. On ne peut qu’être d’accord avec lui en revoyant ce joyau d’une noirceur infinie.