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Misoramengasuki
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5,0
Publiée le 23 février 2007
Kim Ki-Duk avait déjà étonné avec "L'île" en 2001, qui se déroulait dans un cadre semblable et abordait aussi le thème de la rédemption. Mais là, il s'affirme définitivement comme un maître. Un vieux moine élève un enfant dans un temple construit au milieu d'un lac. Cinq saisons, cinq périodes de la vie, cinq étapes initiatiques, de l'enfance aux portes de la vieillesse. Un cycle qui commence, se déroule, s'achève, puis recommence. Un maillon dans la longue chaîne de transmission de la sagesse entre les générations. Du début à la fin, on est soufflé par la beauté des images. Cadre naturel sublime, renouvelé à chaque volet du film par le rythme des saisons. On est surtout emporté par le rythme du film, la sérénité et l'assurance du réalisateur. Kim Ki-Duk sait ce qu'il veut dire. Il le dit calmement, posément, sans affectation, sans temps mort, avec une précision et une concision absolues. Il ne manque rien, rien n'est en trop. C'est extrêmement impressionnant. Les références bouddhiques sont évidemment nombreuses, le film se concluant sur la vision de Miroku bosatsu, le Bouddha de l'avenir, qui contemple le lac où un nouveau cycle est en train de commencer. C'est beau le cinéma, quand ça parle avec talent de choses essentielles...
Encore un chef d'oeuvre de Kim Ki-Duk ! Très poétique, très beau et passionnant ! Une scène m'a marquée à vie, celle du jeune homme apaisant son âme en gravant et en peignant une prière dans le bois jusqu'à l'épuisement. C'est aussi un film très sombre. On y découvre que l'histoire se renouvelle sans cesse, que l'on a beau conseiller et enseigner tout son savoir et son expérience à quelqu'un, rien ne l'empêchera de commettre les mêmes erreurs. Il aura lui aussi à payer pour elles et à méditer pour (re)trouver la paix. Il essaiera lui aussi d'éduquer un enfant dans lequel il se reconnaît. En vain. Cette succession de saisons n'illustre pas simplement les différentes étapes de la vie d'un homme, mais celle de presque tous. Cependant, j'ai été quelque peu déçue par la seule apparition féminine du film : la pauvre mère abandonnant son enfant et mourant à cause de ce crime odieux...
S'il existe un film beau dans le cinéma coréen, c'est peut être celui-ci. Printemps, été, automne, hiver...et printemps est un film contemplatif, qui séduit par sa mise en scène minimaliste ( ce qui ne veut pas dire pour autant qu'elle n'est pas ambitieuse ) et son intrigue originale ( je trouve intéressant le fait de construire un film sur le thème des quatre saisons, et ce pour illustrer le parcours initiatique d'un jeune disciple face à son maître ). Le projet était donc d'envergure ( le réalisateur Kim Ki-Duk a fait construire un temple spécialement pour son oeuvre, temple entouré d'eau qui apporte une dimension magnifique au film ), et le résultat est efficace. Privilégiant la photographie et les silences ( il n'y a que très peu de dialogues ), le cinéaste coréen nous invite au voyage, voyage certes dépaysant mais somptueux et servit par une excellente musique...J'ai ma petite préférence pour la partie automne, qui est selon moi la plus poignante ( la mort du maître sur sa barque est bouleversante ). Un OVNI à recommander à tous les adeptes d'expériences atypiques...
Très difficile de critiquer un tel chef d'oeuvre, je cherche encore dans l'histoire du cinéma asiatique un film témoignant d'une sagesse aussi noble et humble, digne du plus grand respect, et témoignant de bien plus que ce que d'autres en complications sophistiquées prennent pour tâche. Alors une énorme félicitation et remerciement, et ce cadeau donné de deux fins de peu différentes en formes, le fond reste le fond, les troubles sont en surface et la glace est là pour garder intact et indemne ce qui vaut le plus au monde ... Après une telle leçon comment l'humanité ne peut-elle mieux s'abonnir que jamais auparavant ... Verrons ce qui est vu, déjà vu, mais la conscience ouverte relègue aux actes leurs authentiques implications et conséquences dans les générations ... perdues et à venir ... celle de l'à présent . Alors Vivement le Printemps que le yi king fasse un avec le qi kong.
Chaque image nous transporte dans une merveille d'onirisme et de beauté... Pour en apprécier l'intégralité, il faut prendre son temps dans la captation de chaque moment de ce long-métrage divin...
Au premier abord, on peut penser que c'est un film ennuyeux et lent, mais très rapidement, on est captivé et agréablement surpris, ce film est un véritable conte philosophique. Les images sont magnifiques, le déroulement est assez lent, mais on ne s'ennuie pas, on savoure chaque seconde...
Si l'unique décor est particulièrement magnifique, cette métaphore, très contemplative, du cycle de la vie est au final plutôt banale, les personnages trop simples peinent à nous émouvoir et on finit par se lasser.
Que dire de plus par rapport à tout ce qui a été écrit ici? Une oeuvre remarquable, contemplative, qui appelle au recueillement, à un vrai culte de la nature. Tout y est spirituel, mais c'est magnifique, avec pour décors un lac qui semble préservé du monde contemporain, presque le paradis en somme. Et même les profanes (ici des policiers) n'y ont pas droit de cité. Ajoutons le message résolument bouddhiste inclinant à la rédemption, ici à travers le personnage du jeune garçon qui grandit, pèche, mais chemine néanmoins dans la foi. Une foi que le moine - gardien d'un temple aussi invraisemblablement qu'exigu - s'ingénie à perpétuer avec une grande et admirable sagesse. Vraiment, tout y est : une mise en scène particulièrement soigneuse, une musique congruente, une intrigue fascinante (ni étouffante, ni lénifiante), des personnages suscitant l'empathie, un appel à l'harmonie, un paysage saisissant. En résumé, le film le plus abouti de Kim Ki-Duk, et un moment de cinéma unique.
Film sur le poids de l'existence. C'est vrai que la vie est un sacré fardeau. Lieu unique magnifique en guise de décor... Dire qu'un endroit pareil existe ça donne envie de devenir moine. Belle image et utilisation parfaite des saisons et des couleurs qu'elles proposent (notamment l'automne et l'hiver). Décidément Kim-Ki Duk arrive à se renouveller et à pondre des métrages très variés (tout en gardant certains thèmes et une patte identifiable : son économie de mots par exemple) à une cadence effrénée.
Merveilleux ? magnifique ? sublime ? exceptionnel ? calme ? zen ? Je ne sais pas quel est l'adjectif qui va le mieux. En tout cas ce film est presque parfait. On en ressort ZEN et heureux. Je sais pas trop comment l'expliquer, enfin, à voir à tout pris.
Il faut être d'humeur contemplative pour ce laisser bercer par ce film lumineux et posé où l'on suit avec plaisir le rythme des saisons de la vie d'un homme. Mais il ne faut pas trop venir y chercher un traité de Boudhisme (les rituels et le lieu ont été inventé pour le film) ou de métaphysique, le réalisateur n'osant réellement prendre son sujet à bras le corps. Ses cadres et son découpage sont trop frileux, trop occupé à créer de belles images et une jolie bande son, Kim Ki-Duk à peur de faire partir les spectateurs, alors il coupe ses plans, multiplie parfois inutilement les angles et sa mise en image devient vite redondante, sacrifiant son sujet au rythme et à la beauté facile. Ainsi on ne ressent jamais le temps qui passe (pas plus que les épreuves traversés par l'élève) on le constate simplement, en énumérant les saisons. C'est en effet très beau, la bande son flatte nos tympans, on passe un très agréable moment, mais vue les intentions initiales, c'est un peu "court".