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4sur5 En 1985, Ridley Scott, auteur de trois films seulement, est déjà passé maître de la SF grâce à ses classiques Blade Runner et Alien. Il s'essaie alors à l'heroic-fantasy, non sans heurts : Legend fait partie de ces films charcutés par ses producteurs, mal reçus par le public et la critique de l'époque, considéré comme un des mauvais canards de l'oeuvre de leur auteur, avant d'être finalement être érigé en culte par une poignée de fans jusqu'au-boutiste qui par leur enthousiasme assureront à leur Graal le passage à la postérité. Avec Legend, Scott s'accomode des codes incontournables du genre tout en s'en servant d'écrin à une fantasmagorie animée d'une beauté plastique renversante. Ainsi, le lyrisme candide côté lumineux (notamment les chants de la princesse dans la première partie, proche de la niaiserie façon Blanche-Neige) se dilue totalement dans une grandiloquence paroxystique (Enfers merveilleux, abominables créatures gothiques et médiévales). Surprise, des traits d'humour honnêtes, fait rare dans le domaine. Si le scénario demeure excessivement léger, c'est le délice plastique qui prime. A l'instar, dans un autre registre, de Dune (autrement plus dense et bouffi), la somptuosité des décors et leur irréalité rendent le spectacle fascinant. Le spectateur voyage en terre inconnue, tout juste retenu par ces fameux codes de genre (les farfadets des bois et autres lutins gardiens du temple nous rappellent à l'ordre – quoique leur côté crypto-gay instaure encore un décalage), dans un univers fait de fastes, de kitsch, d'excès et de surprises graphiques. Scott introduit des fétiches hors-normes, en tête ce démon sensuel, monstre cousin de ceux de Cabal, qui inspirera Guillermo del Toro à plusieurs reprises et notamment pour son Labyrinthe de Pan. Tiraillé entre ses repères enfantins et le conte pour adulte avec ses avatars terrifiants, le film est suffisamment sombre, suave et ambiguë (la sexualité est omniprésente) pour envoûter l'adulte. On en retiendra, une fois n'est pas coutume chez le réalisateur, des visions grandioses, en particulier dans la seconde partie avec la plongée dans l'antre de la Créature. Aujourd'hui encore, impossible de rester insensible aux abstractions dantesques très glam trash de cette immersion, morceaux de bravoure dignes du clip mansonien The Long Hard Road Out of Hell (magique danse macabre).
Ajoutée le 27 janv. à 10h40 Signaler un abus
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