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platinoch
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3,5
Publiée le 6 juillet 2016
Les histoires d'amour finissent mal en général. Jerry Schatzberg, qui s’était déjà intéressé dans son précédent film aux dérives de la toxicomanie, retrouve avec « Panique à Needle Park » un sujet qu’il connait bien. Mais loin du strass et des paillettes du show business qui pouvaient encore donner l’illusion dans « Portrait d’une enfant déchue », « Panique à Needle Park » ressemble davantage à une plongée quasi documentaire dans le milieu des junkies new-yorkais et de leur misérable quotidien. Résolument âpre et dur, le film est ainsi une sorte de plongée ultra-réaliste dans l’univers des toxicomanes. Une sorte de descente progressive au fin fond des enfers dont Schatzberg ne nous épargnera aucun détail, aussi choquant soit-il (seringues dans les veines, incroyable scène d’overdose, femmes qui se prostituent pour payer leurs doses), qui conduira les protagonistes vers leur propre déchéance (la fraiche et douce Helen se retrouve rapidement avec le même regard vitreux et le même comportement de zombie que ses camarades) et sans aucun espoir de retour (à l’image de ce chiot qui à peine adopter préfère aller se noyer que de rester avec ses maitres). A l’opposé de l’image des sixties des hippies pacifiques et joyeux s’adonnant aux drogues douces et à la fumettes, le réalisateur signe ici un film mélancolique et désespéré, qui marque en quelque sorte la fin d’une époque. D’ailleurs, « Panique à Needle Park » trouve un étrange écho dans d’autres films du Nouvel Hollywood qui sortiront à la même époque, tel le « French Connection » de William Friedkin qui sort la même année. Il annonce aussi, de manière plus indirecte et plus insidieuse l’hécatombe à venir des années SIDA. Cette fois c’est sûr, le rêve américain est bien mort. Autant que l’idéal libertaire, pacifique et psychédélique de la jeunesse américaine.
Cette très belle réalisation de Jerry Schatzberg bénéficie d’une mise en scène de haute précision, mais le scénario de ce drame très noir se révèle trop monocorde voire monotone pour faire de ce film un chef d’œuvre. Nous assistons pourtant à une excellente prestation d’acteurs du duo Kitty Winn - Al Pacino. Ce film a été récompensé par un prix d'interprétation féminine à Cannes pour Kitty Winn. Jerry Schatzberg recevra lui aussi la palme à Cannes 2 ans plus tard pour « L'Épouvantail » avec le même Al Pacino.
Jerry Schwatzberg nous embarque dans un descente aux enfers où se mêle la drogue, la prostitution et l’amour dans les bas fonds du West Side de Manhattan. Côté mise en scène, le réalisateur se pose comme un véritable observateur. Une curiosité qui inspire des images très réalistes, cela donne un petit côté documentaire par moments. Les bâtiments, le béton, les briques, ce cadre fait corps avec les protagonistes. La photographie est assez ténébreuse et intensifie bien l’ambiance froide et grisonnante.
L’histoire en elle même n’a rien d’originale mais les thématiques sont bien abordées. L’écriture est principalement appuyée sur les personnages et leurs évolutions au milieu de cet environnement hostile. La question qui rôde toujours dans notre tête c’est « Vont-ils s’en sortir ? »
On ne va pas y aller par quatre chemins, Al Pacino est génial ! On voit déjà toute la nervosité et la fougue dans le jeu de l’acteur. Pour son premier grand rôle au cinéma, il assure comme un chef.
Autre révélation du film, Kitty Winn qui campe à merveille le personnage d’Helen. On ressent à travers son regard et ses expressions, la détresse, la peur et la passion qu’elle a envers Bobby (Al Pacino). L’actrice a obtenu le prix d’interprétation à Cannes pour sa prestation, dommage qu’elle n’a pas continué sa carrière dans le cinéma.
Pour voir la critique complète et détaillée, n'hésitez pas à consulter notre blog =)
Deux ans avant d’obtenir la palme d’Or pour L’épouvantail, Jerry Schatzberg avait déjà su révéler Al Pacino (qui explosera quelques mois plus tard grâce au Parrain) en lui donnant un rôle de jeune marginal, celui d’un trafiquant de drogue new-yorkais entrainant sa petite-amie dans sa chute. Cette adaptation, faite grâce au travail des scénaristes John Gregory Dunne et Joan Didion, du roman de James Mills s’impose comme l’un des tous premiers à aborder la question de drogue (très utilisé, depuis la fin du code Hays, en particulier pour caractériser, en toute légèreté, la culture hippie des années 60) par le prisme de la petite délinquance et du drame de la toxicomanie. Devenant en cela un film précurseur dans son approche ultra-réaliste du problème, Panique à Needle Park dresse une peinture très documenté et terriblement alarmante, appuyée par une photographie souillée, de ce quartier populaire de New-York vivant au rythme de ses approvisionnements en drogues dures, où la vente de narcotiques et la prostitution semblent les deux seules façons de gagner sa vie et où les overdoses apparaissent comme une fatalité par ses laissés-pour-compte.
Quasiment rien à reprocher à ce film si ce n'est la mise en situation un peu brute et mal choisie. Peut-être qu'une certaine narration aurait du être mis en place plutôt que la note du début afin de vraiment présenter ce "needle park" comme étant le lieux du drame.... Sinon on a devant nous le portrait d'une décadence ultra-réaliste, non prétentieuse, et qui s'éloigne des mélodrames à spectacle qu'on nous a offert ces dernières années. Les acteurs convaincants endossent leur rôle à la perfection. Et pas besoin de BO pour faire de la qualité, la performance suffit largement. Presque excellent 18,5/20
"Panique à Needle Park" nous fait suivre la descente aux enfers de deux junkies. C'est entre pénurie de drogue, omniprésence des flics ou encore "joie" de l'amour que ce couple va devoir survivre. C'est aussi leurs quotidiens. Par moment c'est presque un documentaire, mais c'est toujours bien fait. Le film est captivant, déjà par son ambiance morbide, et surtout réaliste (ce qui par moment fait froid dans le dos), et aussi par son suspense, l'évolution du couple est incertaine, jusqu'à une bonne fin. Par moment j'ai quand même un peu regardé ma montre, le film aurait pu être raccourcie de 15 minutes (notamment au milieu, avant la rencontre avec entre Helen et le flic), mais dans le fond ce n'est pas trop grave. Mais malgré plusieurs scènes "choc" j'ai trouvé que ça manquait un peu d'intensité dramatique, alors que le sujet est propice pour ça, même si ça reste un film fort. L'autre force du film, c'est Al Pacino, sa composition est époustouflante, que ce soit dans les moments dramatique ou ceux un peu plus heureux. La rare Kitty Winn aussi est excellente, au même titre que Pacino. Un bon film, agréablement surpris, qui fait peur par son réalisme.
Un film qui ne prête pas à la légèreté même si la mise en scène fait preuve de beaucoup de délicatesse, de retenue en étant peu démonstrative. De solides interprétations mais une œuvre qui a pas mal vieilli, au rythme très lent.
Le thème de la drogue, avec l'illustration de ses pratiques et de ses addictions, avait cessé d'être tabou dans le cinéma US depuis le milieu des années 1950 (L'Homme au bras d'or, Otto Preminger). Jerry Schatzberg a ainsi pu l'aborder librement, frontalement, même si son film a quand même été interdit aux moins de 17 ans aux États-Unis. Il l'a abordé dans l'esprit du Nouvel Hollywood dont il a été l'un des fers de lance : immersion dans un milieu underground, captation réaliste, nerveuse, d'une tranche de misère sociale et de détresse humaine. Ici, pas de voyeurisme, pas de "mélodramatisation" (comme pourrait le suggérer la base-line de l'affiche), mais un regard attentif et compatissant. Ce regard l'emporte sur quelques faiblesses du scénario et valorise par ailleurs la performance des acteurs : Kitty Winn, touchante, et Al Pacino, sur les nerfs.
Un an avant "Le Parrain", Al Pacino a déjà joué dans un film culte en l’occurrence "Panique à Needle Park". Le mot "Panique" ne renvoie pas ici à une quelconque catastrophe mais plutôt au langage utilisé par les drogués pour désigner une pénurie de came. Dès son deuxième film, Jerry Schatzberg signe un classique instantané, plongée hyper réaliste au sein des bas-fonds New Yorkais. Par son aspect quasi documentaire, il nous livre une sociologie de ce quartier et son groupe social. En réalité, "Panique à Needle Park" vient sonner la fin d'une époque ; loin de l'ambiance détendue, gaie et musicale des années soixante, Schatzberg dépeint des hommes et femmes à l'agonie, violents et constamment sous tension. Leur vie quotidienne se résume ainsi à de la prostitution, des overdoses et des piqures longuement filmées en plan fixe à la limite du soutenable. Le tout sans le moindre morceau musical ; une superbe introspection.
Effrayante plongée dans la vie d'héroïnomanes new-yorkais. Un voyage dur et sans concession dont on se remet difficilement, qui révéla l'immense Al Pacino.
Une belle histoire très réaliste sur l'univers dur de la drogue. Le film est tourné à la manière d'un documentaire. En conséquence, le spectateur peut mieux imaginer la misère des personnages, et leur quête désespérée pour se fournir suffisamment d'héroïne. Dans l'ensemble, le film est captivant mais a un côté répulsif du fait que le réalisateur n'hésite pas à filmer des shoots en gros plan. Les personnages sont pitoyables et font de la peine. Ils parviennent à invoquer à la fois de la sympathie et en même temps du mépris. Les acteurs sont très bons, Al Pacino est tout jeune mais déjà très doué, Kitty Winn montre tout son côté sensible et fait une performance remarquable, ce qui lui vaudra le prix d'interprétation féminine à Cannes. Dommage que son apparition à l'écran soit devenue rare par après. A voir.
Malgré les bonnes compositions d'un Al Pacino tout jeunot et de sa partenaire, le film est un peu long et n'évolue pas. Cela reste tout de même un document réaliste et assez effrayant sur la vie des drogués à New York.
Pour cet ancien photographe de mode qu'était Jerry Schatzberg,ce second film sonne comme le contrepied de la vision joyeuse et hallucinogène de la drogue de la fin des années 60.S'ancrant ici dans un réalisme poissard,poisseux,avec une mise en scène quasi-naturaliste;il montre la descente dans les abîmes d'un jeune couple de paumés,lui petit frappe et dealer local;elle dépressive et suicidaire.C'est pour ainsi dire le premier rôle d'Al Pacino au cinéma,avec déjà son jeu nerveux,agité,presque agressif face à la douce et souffreteuse Kitty Winn.Le contraste est saisissant,tout comme la vision des bas-fonds de New York,à une époque où les camés avait du mal à se ravitailler,suite à une rafle de la police.Schatzberg ne nous épargne ni le sevrage,ni les piqûres,ni les overdoses,ni la prostitution pour s'en procurer."Panique à Needle Park"(1971)m'a cependant laissé hermétique,à cause d'un manque complet de fond sonore,d'un pessimisme trop déprimant et d'un manque d'attachement à des personnages de toute façon irrécupérables.Un film sans concessions donc.
Des marginaux encore et toujours, égarés dans la Big Apple. Al Pacino crève l'écran et s'impose immédiatement comme un acteur immense. Un film fort, dense et simple. Du très bon cinéma.
Une atmosphère glauque, noire et pesante. L'enfer de la drogue humainement retranscrite. L'âge du film en fait son charme. Le jeu des acteurs est terrible. Sa particularité: pas de musique et pas de fin. La drogue dure est une histoire sans fin qui fait tourner l'homme en rond jusqu'au décès... Je vous le conseille en V.O. Frôlant le 4 étoiles. -----Août 2012-----