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Un visiteur
5,0
Publiée le 31 mars 2016
Pourquoi ce film de Terry Gilliam rend-il mal à l’aise ? Parce qu’il s’agit d’un pur instant de poésie dans ce remake d’Alice au Pays des merveilles. Sauf qu’ici, les merveilles ont disparu derrière la violence de la drogue et de la folie. La jeune Jeliza-Rose est-elle en train de sombrer dans la folie ou bien a-t-elle créé un monde imaginaire autour d’elle pour se protéger de la folie du monde ? La scène finale est plutôt optimiste, ce qui est rare chez Gilliam, car le tour de force du réalisateur est d’entamer un grand moment d’espoir au milieu du carnage d’un train déraillé. Oui, le monde déraille. Tout est métaphore et subtilité.
D'ordinaire, Gilliam utilise dans ses contes pour adultes une touche de bouffonnerie consciente, qui semble dire avec irrévérence qu'il préfère encore vivre dans ses rêveries ridicules que dans le réel d'une société qu'il abhorre. Ce choix de ton a également quelque chose de doucement pervers, puisqu'il navigue dans les limites du récit enfantin pour les éclater par des accès de violence grotesque qui interdisent de ranger ses long-métrages dans la case "film pour enfants". Comme si, tapi quelque part, une voix malsaine s'apprêtait sans arrêt à rappeler sans la moindre pitié que nos vies et nos tentatives imaginaires pour s'en extirper sont aussi vaines que laides. Je n'ai jamais adhéré au procédé, d'habitude laissé à l'état germinatif, et cette fois porté à la puissance dix par un traitement complètement dérangeant. Pourtant, les règles du goût en cinéma ne suivent en rien celles de l'arithmétique, et cette accentuation de traits que je déteste d'ordinaire a bien failli me plaire, tant on sent derrière sa volonté de déranger, le besoin de Gilliam de capter l'attention et de mettre à jour ce qui n'est plus un vague dégoût mais bel et bien une souffrance presque insupportable. L'univers de Tideland, glauque dans le plus pur sens du terme, puisqu'il pervertit le voile sacré dont on recouvre d'habitude l'enfance et la mort, est quand même bien plus conséquent que les ordinaires facéties grotesques et burlesques de l'ex-Monty Python, et fait état d'un mal-être, ou du moins semble puiser dans un sentiment nettement plus tiraillant que dans tout ce que le britannique avait pu tourner jusque là (même Las Vegas Parano). Le problème, c'est encore ce traitement complètement foutraque, sans direction, sans progression. Des monologues, des freaks, des images inégales. À un moment donné, l'excuse de l'univers désarticulé et en pleine anomie ne suffit plus à justifier un récit qui ne va nulle part, et n'offre du cinéma que par de rares fulgurances. Bref, c'est le bordel au pays des tarés.
Un veritable conte macabre, triste et genant, merveilleux et horrible a la fois. La petite actrice est formidable tout comme l'ensemble des comédiens, on sent que Terry Gilliam y a mis son coeur dans cette fable surréaliste
Euh... ok... c'est dingue, lorsque j'étais au collège Terry Gilliam et Tim Burton étaient mes deux réalisateurs préférés et c'est absolument effarant comment les deux ont pu se planter en adaptant Alice au pays des merveilles... (enfin on se comprend
Parce que Tideland, si j'aime toujours l'inventivité visuelle de Gilliam, sa folie, j'aime quand elle est au service de quelque chose, que ça ne soit pas juste n'importe quoi... Or c'est vraiment l'effet que ça m'a fait et je me suis pas mal ennuyé devant ce déluge de scènes plus ou moins ratées ne racontant pas grand chose. J'aurai bien aimé explorer la psyché d'une jeune fille, descendre au fond du trou, mais je là je ne saurais même pas dire où se situe le problème, sans doute un gros défaut d'écriture.
Car si tout le côte ultra glauque et dérangeant vu par une gamine qui n'en a pas conscience c'est plutôt intéressant, surtout au début, dès qu'elle part dans ses délires ça le devient beaucoup moins... sans doute car les personnes ne le sont pas. Pas que l'idée de ces personnages soit mauvaise, mais c'est ce qu'en fait Gilliam qui est mauvais, parce que finalement il n'en fait pas grand chose de plus (bon avec Dickens un peu plus qu'avec Dell).
En gros ça ne m'a jamais réellement intéressé parce que tout simplement j'ai juste vu un délire pénible sur grand écran... La gamine est assez insupportable en elle-même, elle fait déjà trop adulte dans certaines de ses réactions, alors que justement sa douce folie fait son charme.
Pour moi ça reste une curiosité. Mais d'une nullité incroyable, mais loin d'être regardable...
Certains crient au chef d'oeuvre. C'est vrai, l'imagination et la provocation sont au rendez-vous, mais c'est à peu près tout. L'histoire tient dans un dé à coudre. Les dialogues et les images sont à pleurer. Le thème particulièrement violent est inutilement gore, macabre et frise la morbidité malsaine. Certaines scènes sont dures à supporter [spoiler]comme par exemple les scènes pédophiles ou alors celle de la nécrophilie.
Un excellent film fantastique de Terry Gilliam avec un univers très enfantin. Une excellente adaptation du roman féerique de Mitch Cullin . Le légendaire Jeff Bridges joue le père de l'héroïne. Jennifer Tilly interprète une mère droguée . Le réalisateur s'inspire aussi du conte Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll.
Plus le temps passe et plus les films de Terry Gilliam divisent. Certains disent même que le génie dont il a pu faire preuve en réalisant entre autres "Brazil" ou "King Fisher" s'est éteint. Même si d'habitude j'adhère pleinement à ce genre d'univers très personnel, il faut avouer que là Gilliam s'est vraiment, totalement, malheureusement fourvoyé. Et soyons honnêtes avec nous-mêmes, on peut ici difficilement contredire les détracteurs du cinéaste, tant cette vision hallucinée et complètement faussée de la vie version "Tideland" paraît bancale et indigente. Le réalisateur ne sait jamais vraiment où il va, navigue de manière maladroite entre différents genre (fantastique, drame, aventure, thriller ?) sans trouver son créneau, et le scénario est la plupart du temps confus voire incompréhensible. Comme ci cela ne suffisait pas, il nous gratifie de scènes glauques (mais pas dénuées d'intérêt) sans but précis à part le fait de justifier le monde imaginaire dans lequel se sont enfermés les personnages. La pauvreté et la puérilité agaçante des dialogues n'arrangent rien, tout comme les comédiens qui se donnent à cœur joie dans la surenchère et les mimiques désagréables. Si la présence de certaines scènes et un univers visuel toujours aussi bien léché ne remontaient pas un peu sa cote, "Tideland" serait un désastre complet. Mais c'est tout de même bien trop maigre pour quelqu'un de l'envergure de Gilliam. Une grosse déception.
Au croisement entre "Psychose" et "Alice au pays des merveilles" cette fable glauque nous propose un voyage au cœur d'un monde fou et morbide.( attention malgré son coté film pour enfant ce long métrage n'est surtout pas destinés à un jeune public !!) Le film raconte l'histoire d'une petite fille tentant de survivre dans un monde et un univers à l'opposé total du notre, là ou les mots malsain ou glauque semblent définir chaque personnage et acteurs principaux ainsi que l'univers à tel point que l'on réalise clairement le génie du réalisateur quand il s'agit de donner au tout une touche de poésie surréaliste et enfantine. Comme un airbag pour le spectateur plongé au tréfonds du terrier, au travers du miroir, dans ce que l'on pourrait appeler "la version sombre d’Alice au pays des merveilles". Problème à la longue le film à tendance à devenir lassant, et même si les acteurs jouent superbement, et que la mise en scène colle parfaitement bien à l'univers, la musique est quelque peu écœurante (notes sucrées en voici en voila) et Terry Gilliam garde son imaginaire pour lui quitte à laisser le spectateur sur la case sur les 2/3 du film, car le départ est foutrement accrochant !
Ce film est un Chef-d’Œuvre ! Et il ne faut pas forcément être fan du cinéma de Gilliam pour apprécier Tideland, moi-même n'ai pas trop aimé Las Vegas Parano (même si j'ai cependant adoré les Monty Python). Et ne faites pas l'erreur d'hésiter à voir Tideland à cause des avis mitigés (erreur que j'ai faite) ! Tideland vaut assurément le détour ; Gilliam a dit qu'il espérait que les spectateurs seront "surpris, déroutés, séduits, émus", qu'il y aurait des "rires et des émotions" ; et bien je peux vous assurer que Tideland à bien tout ça ! C'est le Cinéma que j'aime ! L'univers dans lequel nous sommes transportés est tellement inquiétant et fabuleux à la fois, on ne ressort pas indemne de ce film, c'est impossible.
Difficile de rester insensible face à ce film. Difficile également d'avoir une idée précise de ce que l'on peut ressentir. Un film qui oscille entre les moments attachants, poétiques et d'autres plus confus, plus déstabilisant, sans être choquant comme j'ai pu le lire parfois. La fillette tient le film sur ses épaules et contribue grandement à sa réussite. Les autres rôles ne sont pas à oublier... Terry Gilliam parvient encore une fois à faire disparaître la dure réalité des choses, à cacher les douleurs et blessures derrière une poésie, certes morbide, mais qui a le pouvoir de nous faire sourire, de nous enchanter!!
Terry Gilliam qui nous emmène dans le monde imaginaire d’une petite fille vivant seule avec son père ancienne rock star devenue junkie. C’est sûr comme d’autres : Lynch , Greenaway ou Burton , Gilliam offre un univers qui lui est propre. Une fois ce constat établi il revient à chacun de le suivre ou non en fonction de son propre imaginaire. La poésie de Burton ou à la folie de Lynch sont peut-être plus accessibles que le foisonnement d’images proposé par le cinéma de l’ex-Monty Python qui fait plus facilement mouche quand il s’attaque au genre comique ou à la farce. Il reste malgré tout le plaisir de voir l’immense Jeff Bridges dans un rôle court mais frappant (mort pendant les 2/3 du film) et surtout la prestation époustouflante de la jeune Brendan Fletcher qui assume quasiment seule le délire visuel de son démiurge. Le reportage sur Gilliam dans les bonus vaut à lui seul l’achat du DVD. A voir.
Terry Gilliam est il une petite fille? Le cinéma fait très peu souvent honneur aux enfants et à leur univers, ce qui m'as beaucoup plus dans ce film est qu'il ne confond pas l'imaginaire de l'enfant et la naïveté. Le scénario est assez simple mais le but du film est dans sa réalisation, ses acteurs et de son atmosphère qui le rendent incroyablement envoûtant. Terry G. fait preuve une fois de plus qu'il sait manier le glauque, toujours proche d'un extrême mais jamais écœurant.
Quelques mois à peine après l'échec critique des Frères Grimm, Terry Gilliam tente son retour en fanfare avec ce drame onirique. Jeliza-Rose, une petite fille solitaire confrontée aux affres d'une vie morose, tente de s'évader de son quotidien en faisant appel à son imagination (thème récurent chez ce réalisateur). Et Gilliam de filmer cela, constamment à la limite du sublime et de l'indécence. Malheureusement, un film ne peut reposer entièrement sur un imaginaire débridé et une folie visuelle. Il faut une structure narrative pour canaliser l'énergie créatrice du réalisateur vers un but précis, un semblant de cohérence. Faute de cette dernière, Tideland tourne en rond et s'avère assez vain et de mauvais goût. Décidément 2005 était une année noire pour Terry Gilliam.